Conseil de la création artistique: un grand coût pour rien
J’avais exprimé ma surprise il y a deux ans à la suite de la création du conseil de la création artistique. Cette officine privée, sous contrôle direct du Président de la République au mépris du rôle du ministère de la Culture a été supprimée comme elle a été créée, en catimini et suivant la volonté du Prince.
Ce conseil n’aura donc marqué l’histoire culturelle que par son coût de 10 millions d’euros pendant que les budgets dévolus à la création artistique et notamment au spectacle vivant n’ont cessé de diminuer. Paradoxalement, sa suppression, annoncée par un simple communiqué de l’ Elysée, ne fait mention d’aucun grief. Sur ce sujet, comme sur d’autres, Nicolas Sarkozy passe désormais son temps à défaire ce qu’il a fait. Sous sa présidence, la France culturelle perd du temps et pire, sur bien des points, régresse.
On imagine facilement comment ces 10 millions auraient pu être dépensés par notre nouvel Institut français.
Olivier Py, victime du mépris et de l’arbitraire
Je n’arrive pas à m’habituer à ces décisions qui relèvent du fait du prince et qui sont caractéristiques du mépris et de l’arbitraire avec lesquels ce gouvernement traite ceux qui n’ont pas le bonheur de lui plaire. La décision du Ministre de la Culture de ne pas reconduire Olivier Py pour un second mandat à la tête du Théâtre National de l’Odéon en est un bel exemple.
Depuis sa nomination Olivier Py a porté un projet artistique exigeant marqué notamment par l’invitation de poètes et d’auteurs contemporains, l’ouverture au jeune public et la coopération européenne avec la création d’une association de théâtres qui, dans toute l’Europe, promeuvent la création contemporaine. Ce travail a été récompensé par l’augmentation du nombre de spectateurs et d’abonnés. Il a été unanimement salué par le public, les artistes et la critique.
Nous devons continuer à dénoncer et réprouver ces décisions qui passent inaperçues pour le grand public mais qui restent néanmoins indicatives de la façon dont notre pays est gouverné.
Les voeux du Président
Lors de la cérémonie de présentation des vœux le Président n’a pas hésité à s’enorgueillir d’investir dans la culture, la recherche, l’éducation et l’université, alors que d’autres pays affirme-t-il font « d’autres choix ». D’autres choix incontestablement : la part de la recherche et du développement dans le PIB a baissé, depuis 2002, de 10%, alors que celle de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Japon ont crû pendant la même période. Quant à la culture, le dégel annoncé ne masque pas la réalité d’un budget stagnant, qui permet à peine de financer les projets évoqués par Nicolas Sarkozy lui-même (rénovation du Grand Palais, Musée de la Méditerranée à Marseille…).
L’éducation nationale, déjà exsangue, perd 16000 postes, dont une grande partie dans le premier degré, au moment où les études internationales pointent du doigt les conséquences dramatiques de la faiblesse de l’investissement français dans l’école primaire. Comment Nicolas Sarkozy peut-il afficher avec tant d’aplomb son attachement à la formation et oser appeler de ses vœux « une formation pratique » après le désastre de la mastérisation et la suppression de l’année de stage dont son gouvernement est responsable ? Comment peut-il parler de l’importance de la rémunération après la mascarade de la « revalorisation » qui a laissé les deux tiers des enseignants à l’écart d’une fort modeste augmentation de salaire ? Comment peut-il évoquer « l’autonomie des enseignants » pour justifier et défendre le recrutement direct des équipes pédagogiques par les chefs d’établissement ?
La mobilisation prévue le 22 janvier pour la défense de l’éducation lui montrera qu’il est le seul aujourd’hui à croire encore ce qu’il dit.
Placer la culture au sein du projet européen
Chers toutes et tous,
Je vous fais parvenir la première lettre publiée par Pierre Raterron, représentant Culture du Parti Socialiste français au Parti Socialiste Européen et membre de la Commission nationale Cutlure. Les camarades de la FFE ont un rôle majeur à jouer dans ce projet s’il doit se concrétiser et rassembler toutes celles et ceux qui ont envie de contribuer à l’échange d’information en matière culturelle mais aussi qui entendent placer la culture au sein du projet européen. Ce message est un appel à tous les camarades susceptibles d’une part de participer et d’autre part d’indiquer les relais dans leur pays de résidence capables de nourrir l’étude sur l’état de la cuture dans les pays de la communauté.
Le projet a été très bien accueillie à l’Université de La Rochelle, entre autres, par Jean Christophe Cambadélis, Catherine Trautmann, Alain Richard ( VP du PSE), Philip Cordery et François Lamy. Le programme ci-dessous est proposé :
- Réunion à Paris ou Lille (sept / oct 2011) des militants (de 30 à 50) qui se seront impliqués
- Structuration du Groupe Culture, élection d’un Bureau et d’une Commission exécutive
- Interroger la FEPS afin d’obtenir la tenue d’ateliers ( sur la culture) à la même époque, afin d’une part éditer un livre blanc à cette occasion, et, d’autre part, faire bénéficier les invités venant de l’étranger de conditions avantageuses (voyage, hébergement, restauration)
- Dès qu’une date sera arrêtée, nous ferons en sorte que Poul soit là , bien entendu avec Martine et Philip.
Je vous recommande le lien avec le Blog PES, où la Newsletter a été mise en valeur: http://www.pes.org/en/blogs/pes-blog/culture-des-europeens-premiere-lettre-dinformations-du-groupe-culture
J’encourage toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de contacter directement Pierre dont vous trouverez les coordonnées dans la lettre.
Je pense que les membres de la FFE ont toute leur place dans ce projet et, en tant que membre du Bureau fédéral chargée de la Culture et de l’enseignement, j’espère que nous contribuerons ensemble à le faire vivre.
L’Institut Français, marchand de culture? 13ème session AFE, réponse au Ministre Darcos
Monsieur Xavier Darcos est venu présenter l’Institut Français, fruit de la réforme voulue par Bernard Kouchner afin de gérer le réseau culturel francais. J’ai été chargée de répondre à l’ancien ministre au nom du groupe FdM ADFE.
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Monsieur le Ministre,
Vos propos ont le mérite de la clarté mais il subsiste cependant quelques zones d’ombre dans mon esprit, suffisamment opaques pour qu’elles suscitent quelques interrogations.
En préambule à mes questions, je voudrais rappeler quelques éléments tant il est vrai que « quand le passé n’éclaire plus l’avenir, on marche vers l’obscurité ».
Photo Alain Fontaine
Journées du Réseau français à l’étranger 2010
Je vous fais ici un compte-rendu très succinct des Journées du Réseau français à l’étranger de Juillet 2010.
Pierre Sellal, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et européennes a officiellement ouvert les journées. Il a déclaré que le réseau bénéficiait de moyens exceptionnels puisque les coupes budgétaires avaient affecté tous les ministères mais que les crédits des bourses n’avaient pas été affectés. Il s’est aussi félicité que pour la première fois une loi soit consacrée à l’action culturelle extérieure de la France. Il a rappelé que celle-ci restait de la compétence du MAE et donc de l’ambassadeur. Il a enfin souligné que la réforme, qui a trois ans pour être mise en place, passera par la concertation entre les différents ministères, un partenariat avec le monde de l’audio-visuel et la coordination avec l’Alliance Française.
Dans les prochains mois un document cadre sera élaboré, les nouveaux EPIC seront opérationnels dès le 1er janvier 2011, les actions de formation seront amplifiés. Quinze débats-flash sont organisés.
Ma réaction personnelle est que "le paraître" et l’auto-satisfaction évidente des responsables ne sont pas partagés par les près de 2200 participants dont l’inquiétude est grandissante chaque année. Cacher la nouvelle réduction de 10 pour cent qui frappe les postes par l’annonce du maintien de l’enveloppe des bourses (en omettant d’ajouter qu’elle n’est pas suffisante) est malhonnête. Parler de la mise en place d’une réforme dont personne ne connait aujourd’hui les véritables objectifs paraît déjà obsolète d’autant que le prochain ministre risque fort d’avoir sa propre feuille de route. Le gout amer décrit par nos sénateurs domine ces journées.
Liens:
Les Journées du réseau français dans le monde 2010 (19, 20 et 21 juillet 2010) sur www.diplomatie.gouv.fr
Journées du Réseau culturel français à l’étranger 2010 sur le site de l’ADFE – Français du Monde
Le multilinguisme n’est plus un luxe
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, nous dit le dicton. Mercredi soir, je lançais des magazines. Hier soir, je rentrais chez moi au lieu de prendre l’avion pour Paris où je devais assister aujourd’hui à une conférence donnée par le général Mc Chrystal. Ce soir je rencontrerai des écrivains qui font partie du festival de littérature de Dublin sur le thème de la ville « The City ».
Mercredi soir nous avons lancé des magazines en français, espagnol, allemand et irlandais au bureau de la représentation du parlement européen à Dublin. Ces magazines sont produits par les étudiants en journalisme du Dublin Institute of Technology. Nous voulions montrer que Dublin est aujourd’hui une ville multiculturelle et multilingue. Dans mon intervention j’ai rappelé que l’Europe est basée avant tout sur la libre circulation des hommes et des femmes, et pas seulement celles des marchandises. Ces étudiants en journalisme ont la chance de vivre sur un continent où la diversité culturelle fait partie de notre héritage. Celle-ci est portée par de nombreuses langues dont nous avons besoin pour nous comprendre et communiquer. Le multilinguisme n’est plus un luxe mais une nécessité. 
Ensuite, Mary Fitzgerald, chargée de couvrir les nouvelles internationales pour l’Irish Times a parlé de ses expériences en Iran lors de la dernière élection présidentielle, en Afghanistan, au Darfour et au Tchad d’où elle envoie ses billets. Elle a souligné l’importance des langues pour les journalistes de demain dont la profession est en train de changer de façon radicale. L’ambassadeur d’Allemagne était présent et la soirée s’est terminée autour un verre de vin.

Photos Helene Conway
La diversité de la francophonie
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Le 20 mars 1970 la Convention de Niamey était signée par des pays dont l’engagement militant de tous ceux qui l’ont fidèlement promue a permis à la francophonie de s’agrandir et de fructifier. Elle compte aujourd’hui 70 membres qui forment l’Organisation internationale de la Francophonie et qui partagent la langue française. Ce n’est pas la langue maternelle de la majorité des pays représentés mais elle a créé un espace de dialogues, de rencontres et d’échanges qui permettent aux Etats d’essayer de dégager des positions communes.
La diversité des systèmes politiques, des conditions économiques et écologiques vécues inscrivent la francophonie dans la pratique quotidienne de la diversité des cultures. Elle donna d’ailleurs un bel exemple de mobilisation auprès de l’Unesco qui adopta, sous son impulsion, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Mediaterre, site francophone pour le développement durable qui attire plusieurs millions de visiteurs par an, est un autre exemple de projet commun qui a abouti. Les réussites sont nombreuses mais la plus marquante est sans nul doute ce laboratoire de la diversité et de la solidarité que constitue la francophonie. Un dialogue responsable et fructueux entre les pays est nécessaire pour dessiner un avenir plus équitable, plus démocratique. Ce partage des cultures est aujourd’hui perçu comme un facteur de paix. Les objectifs n’ont pas changé en quarante ans. Ils demeurent vouloir obstinément que la liberté, le progrès, la prospérité et l’égalité ne soient pas le privilège de quelques uns, mais un droit pour tous.
Il semblerait que le combat pour la défense de ces valeurs soit de plus en plus rude. Et puis, il y a cet autre combat celui de la langue française qui véhicule notre diplomatie culturelle, dite d’influence. Il passe par la défense de notre réseau à l’étranger et les beaux outils qui la font vivre, tels nos centres culturels, les Alliances françaises, l’AEFE, TV5 et France 24, RFI. Il ne manque qu’une forte volonté politique qui donnerait enfin les moyens à ce réseau de continuer à faire partager notre langue et nos valeurs avec tous ceux qui y croient encore. Cette volonté nous anime et nous saurons redonner à la culture la place qu’elle mérite au cœur de notre projet.
L’impossible réforme de la diplomatie culturelle

Les parlementaires entament un débat qui devrait aboutir sur la création de l’agence a l’automne prochain.
Sans stratégie visible ni possibilité de moyens financiers pour mettre en place cette reforme nos parlementaires n’ont pas la tache facile, comme le note l’article ci-dessous.
Pour moi le nom même d’Institut Victor Hugo pose problème. Si le nom choisi ne représente pas ce qu’il contient la partie est faussée avant de débuter.
En effet, cette marque va entrer en concurrence direct avec le Goethe, Cervantes, Camoes, et les nouveaux entrants sur le marché comme l’Institut Adam-Mickiewicz ou le Confucius qui ont tous des crédits en hausse afin de soutenir le volet "culture" de leurs activités en plus des cours de langue, délivrance de diplômes et contrats de coopération qui rapportent beaucoup. Or, la reforme annonce que notre Institut Victor Hugo devra s’auto-financer. Une exposition de photos n’est pas montée pour faire de l’argent , et bien heureusement! Les fonds viendront donc de la structure Ecole de langues. On peut imaginer que sa mise en place dévorera les quelques crédits qui restent au Centres culturels actuel et qu’elle constituera la partie essentielle de l’Institut a terme. D’autre part, il est difficile d’associer le scientifique et le technique avec Victor Hugo. Institut francais était trop simple et trop parfait!
Nous suivrons les débats avec attention.
L’impossible réforme de la diplomatie culturelle
Ce devait être le grand œuvre de Bernard Kouchner. Pas un traité historique ni un de ces discours inoubliables auxquels rêvent les ministres des affaires étrangères. Non, il allait faire opérer au Quai d’Orsay une révolution culturelle, une véritable décolonisation. Grâce à lui, les quelque 150 instituts français et centres culturels disséminés à travers le monde allaient échapper au giron pesant des ambassades, se rassembler dans une grande agence et gagner leur indépendance. Il avait tout : le modèle, le nom, le casting. Ne restait qu’à convaincre ses troupes et le président de la République…
Un busy weekend
Et oui même quand on est fonctionnaire on bosse le week-end, surtout si en plus on est militante !
Samedi dernier, de 10h à 13h, j’ai retrouvé les secrétaires fédéraux à la Culture au Musée social, rue Las Cases à Paris. J’ai quelque peu élargi la notion de Région pour y inclure le reste du monde et parler de l’importance de la qualité de la production française, qui reste un problème français, mais qui est aujourd’hui un problème global et du rôle de la culture dans notre politique d’influence diplomatique. Des rendez-vous sont pris avec le National mais aussi avec le représentant du PS auprès du PSE.
L’après midi j’ai retrouvé mes collègues de la Chaire Unesco « Culture, Tourisme et Développement » sur le projet de module de formation en gestion touristique des sites du patrimoine mondial que nous avons créé. Ce module devrait aider nos collègues dans les pays en voie de développement à former les futurs décideurs à prendre en compte l’environnement et le développement durable dans la mise en valeur des sites touristiques. Des projets notamment en Amérique du sud sont en cours de construction pour la mise en valeur de sites. Il est important de protéger à la fois la culture d’origine et ne pas s’adapter aux envies des touristes qui risquent de dénaturer la forme originelle des produits tout en protégeant l’environnement et l’impact que la présence humaine a sur la faune et la flore d’un environnement jusqu’alors protégé.
Dimanche matin, lecture et sélection de résumés en vue de la conférence « Sites du patrimoine mondiale et Tourisme » organisée par l’université de Laval les 3 et 4 juin prochains sur le thème. En temps que membre du comité scientifique d’organisation j’ai reçu 270 résumés alors que nous en attendions une cinquantaine. Le sujet passionne !
Aucune ambition pour la culture française à l’étranger
J’avais donc raison de penser que cette réforme n’en est pas une si personne ne veut de cette agence. Je crains que les parlementaires ne la votent, faute d’autre solution présentée pour résoudre la crise profonde que connaît le réseau aujourd’hui. Cette crise est causée par un manque de moyens endémique et un désengagement progressif de l’Etat. Pourquoi est-ce que les Affaires étrangères ne seraient plus du ressort de l’Etat comme la santé et l’éducation? Il est naïf ou inconscient de croire qu’en pleine crise financière et économique nous pourrons faire appel aux entreprises et au prive en général.
A lire dans Le Figaro aujourd’hui:
Rufin renonce à la nouvelle diplomatie culturelle
Mohammed Aissaoui et Alain Barluet
26/01/2010
L’écrivain devait diriger une grande agence pour coordonner la culture française à l’étranger.
Tout était prêt, ce devait être annoncé le jeudi 11 février : l’écrivain et ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Christophe Rufin, allait être le nouveau visage de la culture française à l’étranger. L’académicien devait diriger une grande agence chargée de coordonner et d’unifier la politique culturelle de la France dans le monde, sur le modèle de ce qui se fait en Allemagne avec l’Institut Goethe ou en Grande-Bretagne avec le British Council. Le nom de l’Institut Victor-Hugo a même été évoqué.
D’après nos informations, Jean-Christophe Rufin, peu satisfait de la tournure que prenait l’agence, n’a pas souhaité donner suite. Question d’ambition : entre ce qu’on lui avait promis – une grande agence dotée de moyens -, et ce dont la réforme a accouché – la structure actuelle légèrement améliorée -, le fossé est grand. D’où, sans doute, son refus. Le retrait de ce « joker » très médiatique survient après un long débat au Quai d’Orsay : parti sur l’idée de changements en profondeur, Bernard Kouchner a été contraint au fil des mois de revoir son projet à la baisse devant les résistances internes, efficacement appuyées à l’Élysée.
L’idée première, suggérée par le livre blanc des Affaires étrangères, en 2007, était d’inclure dans le périmètre de la nouvelle agence le bras armé de la diplomatie culturelle : un réseau unique au monde, présent dans 160 pays. Objectif de la réforme : dans un contexte de diète budgétaire, rendre cette agence plus efficace et plus souple dans sa gestion, en créant une entité autonome par rapport au pouvoir régalien. « On aurait alors un effet de levier permettant de nouer des partenariats avec les entreprises et les collectivités territoriales », note une source proche du dossier. Car le vrai problème demeure : l’extrême dispersion des forces et des intervenants. « Si tout le monde s’occupe de culture, personne ne s’en occupe » , regrette un diplomate.
Kouchner tergiverse
Début 2009, un projet est remis à Bernard Kouchner par Olivier Poivre d’Arvor, le patron de l’actuel opérateur, CulturesFrance. Des oppositions s’expriment alors contre le « dépeçage » du ministère, notamment de la part d’ambassadeurs soucieux de garder la main sur le secteur culturel.
Face à la pression, les annonces du ministre sont différées. Un groupe de réflexion est mis en place qui préconise, début juillet, le rattachement du réseau à la nouvelle Agence. En juin, Kouchner se rend à Dakar pour mettre sur les rangs son ami Rufin. Mais des caciques du ministère sonnent l’alarme jusqu’à la présidence de la République et, en quelques jours, font capoter la réforme. Le 17 juillet, devant les représentants du « réseau » culturel, Kouchner tergiverse. Durant l’été, il sollicite un autre avis, celui d’un magistrat de la Cour des comptes, Dominique de Combles de Nayves, qui conclut que le rattachement du réseau à l’Agence, quoique coûteux, n’est pas insurmontable et permettrait d’« afficher une ambition emblématique ».
Entre-temps, un projet de loi a été déposé au Sénat. Examiné le mois prochain, il prévoit bien la création d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), d’une part, et, d’autre part, la fusion des services culturels des ambassades et des centres culturels. Mais l’éventuel rattachement de l’un à l’autre est renvoyé à trois ans – ce qui ressemble fort à un enterrement. « Pourquoi ferions-nous demain, ce que nous ne faisons pas aujourd’hui ? », s’interroge un diplomate qui ne cache pas sa déception.
Rupture entre DirectTV et TV5Monde: soyons « consomm’acteurs »
Le problème est simple et compliqué a la fois.
DirectTV, face aux mauvais résultats financiers de leur plateforme, entend remplacer certaines chaînes existantes par des chaînes qui rapporteront plus d’argent à leurs actionnaires.
Ma première réaction avait été de doubler une action citoyenne d’une action diplomatique. Je réalise qu’il serait difficile d’organiser une délégation d’ambassadeurs au siège de New York. En revanche, les postes pourraient communiquer le mécontentement de la communauté française et francophone dans leurs pays. FdM -ADFE peut jouer le rôle fédérateur de ce mouvement.
D’autre part les abonnés peuvent s’adresser à leur fournisseur qui change son offre et donc modifie les termes du contrat en supprimant une chaine du bouquet offert. Ils peuvent menacer de rompre le contrat ou tout au moins expliquer que cette suppression est intolérable.
Cette affaire est basiquement commerciale. DirectTV notera que sa décision n’est pas conséquente quand des pétitions et des courriers lui parviendront.
En conclusion, je pense que vous pouvez jouer un rôle central et utiliser votre statut de "consommateur" comme moyen de pression auquel Direct TV sera sensible; agir auprès des services culturels des postes par le biais de pétitions; enfin vous servir de vos relais tels les sénateurs et moi même.
Je crois que c’est important et que nous devons soutenir les Français qui veulent rester connectés et pour qui TV5 est le seul lien avec le français. Ce n’est pas là le vieux combat de la défense de la francophonie qui est dépassé et obsolète, c’est le respect de la diversité culturelle qui est un autre combat.
Changeons pour ne rien changer
Chers amis,
A la lecture des premiers paragraphes de la lettre envoyée le 29 octobre par le ministre Bernard Kouchner je pensais nous avions enfin notre réforme. Annoncée à grands bruits en mars dernier il me paraissait étrange que le ministre ne convie pas la presse. J’ai malheureusement vite compris pourquoi. Sa réforme est vide de contenu. Le ministre fait preuve d’un immobilisme étonnant. Nous avons là un superbe exemple de fausse réforme.
Triste anniversaire pour le Ministère de la Culture
Il est temps de revenir à la politique qui nous intéresse certainement plus que les polémiques médiatiques. Il faut espérer que le porte parole du PS aura tiré une leçon du dernier épisode. Nous payons cher de vouloir imiter la droite, prise dans la course effrénée d’être toujours le premier et présent à tout prix dans les médias. C’est au président de la République d’assumer ses nominations mais au ministre de répondre de son ministère et là nous avons des choses à dire.
Des annonces, toujours des annonces.
Depuis la création en 1909 du Bureau des œuvres au Quai d’Orsay qui ajoutait à la diplomatie un volet culturel « l’exportation » de la culture française est soumise à rude concurrence, en particulier par nos voisins anglais, allemands et espagnols, mais aussi chinois et américains qui voient dans la « diplomatie de l’intelligence » ou « soft power » d’énormes avantages. Plus d’un milliard d’euros par an sont dépensés pour financer les centres culturels, les lycées français et l’audiovisuel extérieur. Et pourtant, les critiques visant l’action culturelle extérieure de la France « diminution des crédits », « perte d’influence », « démotivation des agents », « panne de stratégie » reviennent comme des antiennes.
Enseignement et affaires culturelles
Nous constatons le démantèlement du service public dans le domaine culturel. Presque tous les pays sont concernés. Nous assistons à la fermeture d’instituts culturels, à la suppression de postes d’attachés linguistiques et à la diminution des crédits alloués aux services culturels des ambassades de l’ordre de – 20% à – 50% dans certains secteurs. Même l’Alliance française est touchée par la réduction des postes d’expatriés alloués par le ministère qui sont passés de 495 postes à 235 postes aujourd’hui. Cependant certains conservent leur budget tels Culturesfrance, dirigé par Olivier Poivre d’Arvor, chargé des échanges artistiques et des grands projets.
La mission culturelle est une mission historique du Quai d’Orsay dont nous devrions fêter le centenaire cette année puisque c’est en 1909 que fut créé le Bureau des oeuvres. Aujourd’hui, la présence culturelle à l’étranger est assurée par 141 instituts présents dans 136 pays et 2 500 emplois d’expatriés, plus de 1000 Alliances françaises présentes dans 135 pays (458 000 étudiants) et enfin 253 lycées français, dans le réseau de l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger (AEFE), présents dans 135 pays et leurs 164 000 élèves.
Au-delà de la crise des moyens le ‘réseau’ souffre aussi d’une crise identitaire. Le transfert de la Direction de l’audiovisuel extérieur du Quai d’Orsay au ministère de la Culture à l’automne dernier est un exemple du regroupement des Administrations mais aussi du retrait graduel de la culture de ce ministère qui semble désormais concentrer ses moyens sur la coopération internationale et le développement.
Bernard Kouchner doit présenter la réforme de notre politique culturelle extérieure en ce début d’année 2009. On parle de la création d’une agence autonome, un peu sur le modèle de l’AEFE qui s’appellerait ‘Espace France’.
Il est important pour le Parti socialiste de définir sa politique culturelle pas seulement en réponse ou en opposition de celle présentée par le ministre mais comme politique qu’il entend proposer dans la gestion du ‘réseau’ culturel extérieur de la France. Nous ne pouvons pas rester passifs devant les changements radicaux qui touchent ce ‘réseau’. Nous devons décider entre la mise en place d’un opérateur culturel autonome libre de sa politique dans le respect d’un cahier des charges mis en place sous la tutelle MAE et restaurer l’action culturelle dans sa dimension régalienne et redonner les moyens publics dévolus au ‘réseau’.