You have liked PIGS (Portugal, Ireland, Greece, Spain) you will love FUK them (France, UK).
Vous avez spéculé contre …. . je vous laisse le soin de traduire le reste. On pourrait se lasser des nouvelles bancaires toutes plus effrayantes les unes que les autres. L’annonce d’un « fund raising » lancé par la Bank of Ireland, suivie de la vente de ses œuvres d’art montre que celle-ci a besoin de liquide. Elle semble prête à aller le chercher partout où elle peut en trouver. Le gouvernement irlandais, lui, va le chercher dans le service public, principalement dans l’éducation et la santé. Il est dommage que personne ne pense aux paradis fiscaux d’où des banques américaines, mais aussi européennes, spéculent contre l’euro grâce à des plates-formes électroniques qui échappent à tout contrôle des autorités de régulation. Ces institutions financières spéculent sur les dettes publiques qu’elles ont contribué à creuser des Etats qui viennent de les renflouer. A quand une descente à Gibraltar ou à Monaco ?
Les retraites, le grand dossier social pour 2010
Le constat est là. Le rallongement de l’espérance de vie et l’augmentation du nombre de retraités en comparaison au nombre de cotisants requière une remise à plat du système des retraites actuel. Il est impossible de justifier de repousser ce problème à demain. Il ne peut que s’aggraver, en particulier avec le départ en retraite des enfants du baby-boom de 1945 à 1976. La prise de conscience doit être générale, et elle doit s’accompagner d’une réflexion approfondie sur les solutions envisageables et sur des propositions pertinentes. Nous devons nous montrer force de propositions. Or de nombreuses idées reçues existent sur ces questions et empêchent toute possibilité de réforme. Pour lutter contre cela, il faut plus et mieux informer la société, de sorte que les réformes se fassent progressivement dans un réel climat de dialogue social et non de confrontation entre l’idée géniale dont seule notre président est capable et la mise en place d’un système moins complexe et plus performant.
Il est aussi intéressant de voir ce qui se fait dans les autres pays européens sur ce même sujet des retraites. D’autant plus que nombres d’entre eux, dont la Suède, l’Italie et l’Espagne ont déjà réussi à entreprendre une série de réformes à la fin des années 90 et au début des années 2000. Cela permettrait d’apporter au problème un nouvel éclairage, et peut-être des solutions pour la France.
Le système français repose essentiellement sur un système dit de répartition basé sur un régime de base et un régime complémentaire, tous deux obligatoires, permettant de calculer le montant des retraites. Ce système traduit une réelle solidarité intergénérationnelle (les actifs d’aujourd’hui cotisent et payent pour les retraités d’aujourd’hui). Ce système montre malheureusement aujourd’hui ses limites. Il peut être complété par un régime par capitalisation où chaque cotisant économise de l’argent sur son salaire dans un compte épargne géré par l’Etat. Mais celui-ci est peu populaire en France, trop fluctuant, trop aléatoire. Il est largement utilisé dans d’autres pays européens tels que la Suède, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique par exemple où il représente une part variable de la retraite touchée (de 2 % en Italie à 28 % au Royaume-Uni).
Passons à l’âge légal et l’âge effectif de départ en retraite. Il est pour l’instant à 60 ans en France pour les hommes comme pour les femmes, alors qu’il oscille autour de 65 ans dans les autres pays européens pour les deux sexes, avec un système de prime à ceux travaillant au-delà de l’âge légal et un système de contre-points pour ceux s’arrêtant avant. Néanmoins l’âge de départ en retraite effectif demeure généralement avant l’âge légal. L’allongement de la durée de cotisation, et donc le retardement de l’âge de départ à la retraite, est souvent énoncé comme une des solutions pour réduire la dette créée par le système des retraites. Curieuse solution lorsque l’on voit la part de chômage chez les 55-64 ans en France ! 30,3 % en 2000, 40 % en 2008 ! Pourquoi vouloir rallonger l’âge de départ à la retraite alors que les plus âgés peinent à retrouver du travail et que les moins de 25 ans ont du mal à en trouver ?
Le nombre d’années de cotisation nécessaire pour toucher à ces droits à la retraite diffère également entre les Etats européens où certains ouvrent des droits après un nombre très bas d’années de cotisation (15 ans au Portugal, 20 ans en Russie) alors que la moyenne européenne est à une quarantaine d’années de cotisation, tout comme le secteur privé français (le secteur public ne cotise que 37,5 années). De plus, en France, de nombreuses différences existent comme par exemple les 25 dernières années sont comptées dans le privé pour le calcul de leur pension au lieu des 6 derniers mois d’activité pour les fonctionnaires. Les régimes spéciaux qui vont de la SNCF aux fonctionnaires de la Cour des Comptes ont leurs propres spécificités. La multiplicité des régimes rend l’application d’une harmonisation des systèmes pratiquement impossible. Force est de constater que le système français des retraites est trop complexe pour que l’ensemble des cotisants français s’y retrouve et comprenne ce qui leur ait du puisqu’il n’existe pas un seul système de référence. Preuve en est que la majorité ignore que le montant de la retraite versée par le régime de base ne peut excéder en théorie la moitié d’un plafond de la Sécu (2 885 euros), alors que dans la pratique on se retrouve à 43 % maximum (1 240, 55 euros) de ce montant-là. « Une anomalie sur laquelle les syndicats qui gèrent la Sécu ne s’étendent guère » [1]
L’information en la matière est limitée, et la mal-information entraîne les amalgames et empêche le dialogue social. Nous n’avons cependant pas le choix et nous devons nous attacher à ce que le système demeure viable pour les générations futures.
[1] Il s’agit d’un des « dix plus gros mensonges » sur les retraites repris et clarifiés par Laurence Allard dans un article du Point du 22 avril 2010.
Source Image: AFP
A quand la fin de l’économie de Casino ?
Nous vivons avec la politique néolibérale depuis le début des années 80. Thatcher et Reagan ont introduit les baisses d’impôts pour les plus riches, soutenu la dérégulation des marchés, démantelé les services publics et fait la promotion du libre-échangisme et de l’innovation financière. Nous supportons cette politique à laquelle Nicolas Sarkozy a mis un coup d’accélérateur pour la France depuis son arrivée au pouvoir. Les inégalités s’accroissent, les richesses sont transférées du bas vers le haut mais comme la France, comme beaucoup d’autres pays, a laissé filer sa dette pour laisser quelques miettes aux plus démunis tout le monde s’en sort un peu mieux et le peuple est silencieux.
Seulement quand l’équilibre penche vers la finance pour un rapport de 80 pour 20 laissés à l’économie réelle et que les marchés financiers n’ont plus aucune retenue alors le système bascule. Les pays qui soutiennent cet équilibre se trouvent attaqués comme de simples produits financiers sur lesquels les traders spéculent. L’UE contre attaque en imitant les pratiques du systèmes en place – voire les emprunts contractés en faveur de la Grèce.
Pour moi les questions fondamentales n’ont pas encore été posées. A quand la fin de l’économie de Casino ? A quand le retour d’un juste équilibre entre le travail et le capital ? A quand enfin l’introduction d’une régulation qui permettrait d’encadrer les folies que nous voyons tous les jours dans les journaux ? Au XIII siècle les Lombards ont introduit la régulation dans leurs échanges. Sommes-nous vraiment incapables de la même prudence ?
Tant que l’idéologie en place n’aura pas changé les ajustements resteront d’ordre cosmétique. Nous devrons commencer par sortir de la pensée unique et réaliser qu’un autre modèle de société est possible. Le diagnostic est fait mais aller chercher l’argent où il se trouve reste tabou. Alors à problème global solution collective pour être plus fort. L’Europe pourrait trouver sa force, si seulement elle en avait envie.
L’Irlande et la crise financière: un peuple fier face à l’arrogance et la tyrannie des banquiers

L’une des rares protestations de rue contre l’injustice des mesures de redressement
Depuis la publication d’Eurostats tout le monde sait que l’Irlande arrive en tête des déficits européens, loin devant la Grèce, l’Espagne et le Portugal avec lesquels ils forment les PIGS, surnom donné par ceux qui ont contribué à la chute de ces pays. Ici ce n’était plus un secret pour personne, pour nous dont les salaires ont diminué de 15% en six mois, nous dont les amis se retrouvent au chômage ou forcés à l’émigration. Le taux de chômage est passé de 3% à 13% en moins d’un an. On estime à près de 100 000 le nombre des départs dû à l’émigration économique et à 300 000 le nombre de familles menacées de perdre leur maison parce qu’elles ne sont plus en mesure de rembourser leurs emprunts.
Chaque jour amène son lot de mauvaises nouvelles. Hier, on annonçait la fermeture des trois piscines du centre ville, où se trouvent les quartiers les plus touchés par le chômage. Aujourd’hui c’est le non remplacement des départs à la retraite. Aucun recrutement n’aura lieu dans la fonction publique jusqu’à la fin de l’année. Le parlement vote toutes les taxes, dont la taxe carbone, pour faire rentrer autant d’argent que possible dans les caisses. En même temps il ne cesse de couper dans les finances publiques. Nous sommes particulièrement touchés à l’université où notre budget doit être réduit de 20% entre juin et décembre 2010. Mission impossible puisque la masse salariale représente la plus grosse partie du budget. Cette mesure est tout simplement l’annonce de fermetures de postes comme cela avait été le cas en Angleterre à l’ère Thatcher. Des départements entiers dans certaines universités avaient alors fermé.
Le problème principal reste que seul l’argent des contribuables semble pouvoir venir en aide aux banques. Les médias font une chasse féroce aux banquiers dont ils dénoncent les abus. Certains sont forcés de rendre le million qu’ils avaient reçu au moment de leur départ il y a quelques mois. Ils le font par obligation morale puisque les politiques expliquent inlassablement qu’il n’existe pas d’obligations juridiques. Pourquoi n’en demandent-ils pas ? Ils y seront peut-être bientôt poussés puisque la chasse aux sorcières les rattrape aussi. Maire Geoghegan Quinn, nouvellement nommée commissaire européen pour la recherche et l’innovation, continue à toucher sa retraite de ministre et député alors qu’elle reçoit un salaire de 238 918 euros par an. Là aussi le Premier ministre explique qu’il n’y a aucune obligation de remboursement. Elle a décidé d’y renoncer ce matin et maintenant la pression est sur les députés pour qu’ils en fassent de même. Certains touchent une retraite de ministre alors qu’ils siègent au parlement. Au-delà de la souffrance imposée aux familles cette crise a l’avantage de chasser les privilèges.
Il est intéressant de voir comment tout un système de cumuls et d’abus est dévoilé dans la presse. Le dénoncer semble servir de soupape de sécurité pour contenir la tension sociale. Nous avons des coupables et ils paient, peu mais assez pour tous ceux qui ne gagneront jamais en toute une vie le bonus rendu. Cependant le système n’est ni changé ni régulé. Le monde de la finance semble attendre que la colère du peuple passe et que les journalistes s’intéressent à d’autres histoires.

Ce monde parallèle est un monde où la sanction n’existe pas ; où l’on s’attribue des sommes colossales pour se remercier d’avoir bien ou mal travailler quand tous les autres n’ont que la satisfaction du travail bien fait comme récompense ; où l’on joue en inventant des règles non contraignantes ; où l’on gagne beaucoup d’argent en touchant la touche d’un clavier sans avoir à se préoccuper du monde réel. Ce monde se sent tellement indispensable qu’il peut continuer sans rien changer à ses habitudes avec la bénédiction des gouvernements qui en ont maintenant peur. Peur de devenir la prochaine cible de la spéculation financière qui prend les pays pour des produits financiers.
La tension sociale ne s’exprime pas dans la rue, comme en Grèce. Elle est contenue, par fierté peut-être. La fierté d’un peuple colonisé jusqu’au début du XX siècle qui veut prouver qu’il n’a besoin de personne. L’Irlande va prêter 400 millions à la Grèce, l’argent qu’elle a elle-même emprunté. Et puis il y a l’émigration qui sauve la face. Il y a enfin ce fatalisme que toute la richesse générée ne pouvait être que passagère dans ce pays habitué à la pauvreté et à la misère pendant trop longtemps. Les Irlandais sont plus aisés qu’ils ne l’ont jamais été. Ils reconnaissent avoir gaspillé une grande partie de cette richesse parce qu’’ils voulaient en profiter tout de suite. On dit ici que le climat influence l’humeur des gens et les force à changer au gré du jeu entre le soleil et la pluie (la grande gagnante !). Il nous apprend certainement à profiter du moment présent parce que rien n’est jamais acquis.
Source Image 1 et 2
Un nuage de cendres nous rappelle que la nature a aussi son mot à dire.
Depuis le mois de septembre je prends l’avion chaque semaine pour aller à Paris. Je me rends compte qu’un certain nombre d’Européens utilisent le transport aérien pour aller travailler comme d’autres prennent l’autobus ou le train. Une quinzaine de vols quotidiens relient l’Irlande à la France, sans compter les voyageurs qui transitent par l’Angleterre. Un nombre croissant de Français travaillent en Irlande auxquels viennent s’ajouter près de 400 000 touristes chaque année.
Depuis six jours aucun avion ne décolle ni n’arrive en Irlande. Nous nous rendons compte, que des milliers de personnes sont en fait bloquées. Rien de grave pour les deux, voire trois premiers jours mais les problèmes deviennent de plus en plus apparents, d’ordre financier tout d’abord dû à l’hébergement mais aussi d’ordre médical ou familial.
Une cellule de crise fonctionne depuis dimanche à l’ambassade. Tout le personnel a été réquisitionné pour recevoir les Français de plus en plus nombreux qui viennent au consulat et répondre au téléphone. La toute petite équipe de l’ambassade qui va du chauffeur au gendarme ainsi que tout le personnel consulaire assure la permanence. Nous avons fait appel aux associations afin de trouver des familles d’accueil, prêtes à loger pour quelques nuits les Français coincés à Dublin. Nous avons ouvert le gymnase du lycée pour deux groupes d’écoliers qui ont finalement préféré le confort d’une auberge de jeunesse où le consulat a négocié un tarif spécial. Trois hôtels nous ont aussi accordé un forfait préférentiel. Hier soir, lundi, deux autobus ont quitté Dublin avec à leur bord deux cents Français qui doivent rejoindre Paris ce soir vers 17h. Deux autres autobus partent ce soir. Il est toujours très difficile voire impossible de trouver une place sur les ferries.
L’Irlande exporte chaque jour pour 95 millions d’euros de fret. La relation avec l’Angleterre est toujours étroite et les échanges qui passaient principalement par les airs ( 30 vols par jour) se retrouvent concentrés sur le seul lien possible avec le continent qu’est la mer. On imagine alors facilement que la pression soit excessive et que nos pauvres touristes ne soient pas prioritaires. On comprend également que l’économie irlandaise, déjà en très mauvaise santé, n’avait pas besoin de ça. Aer Lingus et Ryanair perdent 5 millions d’euros par jour. La facture finale sera colossale.
Le principe de précaution qui a fermé la majorité des aéroports européens peut être critiqué mais que dirions-nous si des avions s’étaient écrasés entrainant des centaines de morts? Ce phénomène est suffisamment rare pour que nous n’ayons pas les données scientifiques ni l’expérience nous permettant de nous référer à des situations similaires dans le passé et prendre ainsi les décisions nécessaires. Voilà bien une opportunité pour l’Union européenne de mettre en commun des moyens pour une étude scientifique du phénomène et les réponses à lui apporter. Pourquoi attendre six jours pour organiser enfin une réunion des ministres des transports ? Si nous devons retenir une leçon il me semble qu’un temps de réaction plus rapide sera bienvenu à l’avenir.
Sécurité et multilatéralisme efficace. La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe, Partie 3.
La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Réflexion en 5 parties

B. La Stratégie européenne de sécurité et le multilatéralisme efficace
La mondialisation a offert de nouvelles possibilités, et elle a également renforcé la complexité et l’interconnexion des menaces. La coopération internationale au sein des instances internationales et régionales est devenue de plus en plus importante pour la gouvernance mondiale. Cette coopération fondée sur les principes de la Charte des Nations Unies et sur les règles du droit international offre une garantie pour une meilleure protection de la sécurité internationale, dans un système ou les marchés, les menaces et les défis sont globaux. Dans ce contexte, la sécurité et la stabilité dépendent de plus en plus d’un multilatéralisme efficace, car aucun acteur n’est en mesure de faire face, seul, aux problèmes et aux menaces internationales complexes
Image: le Conseil de Sécurité de l’ONU
Un monde moins sûr. La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Partie 2
La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Réflexion en 5 parties

2. Un monde multipolaire et moins sûr
Le rapport qui s’établit entre la nature de la crise et sa globalité devrait nous permettre d’élargir notre perspective à des questions géopolitiques, notamment concernant la sécurité et la défense. En effet, le monde d’après la crise ne sera pas seulement différent en termes financiers et économiques. Dans ce contexte l’Union européenne a la responsabilité morale de saisir l’opportunité de cette crise et de jouer un rôle de stabilisateur et d’exportateur de sécurité.
La crise affecte déjà le système des relations internationales et les rapports de force entre les acteurs majeurs (Etats-Unis, Chine, Russie, Europe) seront profondément modifiés. De plus, la nouvelle multipolarité rend le système moins stable et plus concurrentiel. La crise aura aussi des conséquences profondes sur la sécurité de l’Union européenne et ses Etats membres. De ce fait, elle rend nécessaire une réflexion stratégique et des décisions politiques courageuses de la part des dirigeants européens.
Alors que le pouvoir financier et économique a basculé de l’Ouest vers l’Est, et que l’équilibre des forces qui s’oriente vers l’Est va être accéléré par la crise économique globale, les puissances émergentes deviennent plus fortes. La Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde et d’autres pays poursuivent des objectifs stratégiques bien définis et à long terme. L’Union européenne, ainsi que les Etats-Unis, doivent maintenant faire face à une situation où ils doivent s’appuyer sur des pays qui ne partagent pas nécessairement les mêmes valeurs et principes.
Les Etats-Unis sont devenus particulièrement vulnérable, principalement sur le terrain de l’éthique et de la moralité.En conséquence, leurs opposants (e.g. l’Iran, Corée du Nord) remettent en cause, défient son pouvoir politique et ses capacités militaires, alors que la Chine remet directement en cause l’autorité morale de l’Ouest concernant le nucléaire dans le cas de l’Iran.
Dans ce contexte, l’opportunité se présente pour la relation transatlantique, laquelle constitue un des éléments essentiels du système international, de prendre une nouvelle dimension et pour l’Union européenne de capitaliser sur ce terrain. La perception d’une Amérique « faible » profite à l’Union européenne. L’Union européenne peut être à la source de la stabilité et un intermédiaire de confiance dans les conflits et pour les régions dans lesquelles les Etats-Unis ne sont plus considérés comme crédibles.
La Chine a récemment durci ses positions sur sa politique étrangère et de sécurité. Il devient de plus en plus difficile d’atteindre un consensus au sein des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur les résolutions qui visent au maintien de la paix internationale et la sécurité. La Chine va très probablement continuer à maintenir sa politique consistant à retarder et donc affaiblir les sanctions contre l’Iran. Alors que la Chine a indiqué qu’elle soutenait un Moyen-Orient « sans nucléaire », elle ne veut pas sacrifier ses liens économiques avec Téhéran. Les contrats de vente d’armes par les Etats-Unis à Taiwan et la rencontre récente du Président Obama avec le Dalaï Lama à la Maison Blanche ne sont pas sans liens avec l’attitude et les actes de la Chine.
La Russie également essaye de s’affirmer comme un facteur de stabilité en Europe oriental et au Caucase. La crise en Géorgie a, depuis 2008, changé la donne géopolitique dans le Caucase. De plus, les relations de la Russie avec l’Ukraine ont eu des conséquences profondes sur la sécurité énergétique, y inclut pour les Etats membres de l’Union. La Russie essaye également d’affirmer son rôle majeur dans les affaires de sécurité en Europe, par le biais de propositions du Président Medvedev pour une nouvelle architecture de sécurité en Europe. Là encore se présente une opportunité pour l’Union européenne de mettre ses relations avec ce grand pays sur une base de coopération et pas de confrontation.
Alors que la concurrence entre des acteurs majeurs tells que les Etats-Unis, la Russie et la Chine va s’intensifier, les acteurs régionaux tels que le Brésil, l’Inde, l’Arabie Saoudite, l’Iran et d’autres trouvent là un environnement favorable pour développer des comportements et des actes visant à une hégémonie régionale.
Au regard de cette situation, l’Union européenne demeure un pôle de stabilité. L’Union dispose d’un éventail d’instruments à nul autre pareil. Néanmoins, l’influence accrue de l’Union comme puissance économique et commerciale et son incapacité à promouvoir ses propres intérêts globaux demeurent un paradoxe. Afin de pouvoir affirmer son identité, l’Union européenne doit rééquilibrer son rôle économique, financier et commercial, soutenue par une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) robuste et autonome.
A suivre.
Une crise globale et morale. La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Partie 1.
La Crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Réflexion en 5 parties.

A. La crise actuelle offre une opportunité pour l’Union d’affirmer son rôle sur la scène internationale
1. Une crise ‘multi-facette’ globale et morale On peut se demander si la crise n’a pas permis de mettre à jour un phénomène plus profond qui, lié à la mondialisation, aurait profondément affecté la société occidentale en général. N’est-il pas temps de se demander si deux valeurs essentielles, la moralité et l’éthique, ne sont pas en voie de perdition ? La propagation des nouvelles technologies de la communication et d’information, le recours à des systèmes informatiques performants permettant la sur-performance humaine et le côté virtuel d’une grande partie de notre société n’ont-ils pas contribué à déconnecter l’humain de la valeur des choses ?
Les modèles mathématiques sont créés en des temps records, à des vitesses inimaginables il y a encore une vingtaine d’années. Les produits qu’ils engendrent (options sur indices, titrisations synthétiques) sont ensuite diffusés, partagés, commercialisés par les grands centres économiques (New York, Londres, Francfort, Paris) sans délai et sans interruption, voire sans barrières législatives ou réglementaires. La plupart de ces produits financiers n’ont pas de prix à leur sortie des systèmes, tout simplement parce qu’ils ne correspondent à aucun actif sous-jacent dont la valeur a été testée. Il fut un temps où la période de test était longue et les gouvernements pouvaient encore légiférer pour encadrer, limiter voire interdire certaines pratiques. Ce phénomène vaut pour la finance de haut vol, les matières premières, les valeurs instantanées d’entreprises dont le marché seul décide (cotation en Bourse), etc. Les questions ne sont-elles donc pas : N’est-il pas temps de redonner une vraie valeur aux choses ?
En premier lieu, au travail lui-même ? Une valeur qui ne découlerait pas d’un marché virtuel, toujours plus gros, toujours plus rapide à réagir, mais une valeur qui soit enfin mesurable à l’aune de l’être humain. Si les ordinateurs peuvent travailler 24/24, l’homme ne le peut pas. Cette crise, d’origine financière, n’est pas nécessairement à dissocier de nos problèmes environnementaux. Elle n’est pas non plus à dissocier de nos problèmes sociaux (révoltes des banlieues, manifestations, chômage).
Chez les jeunes en particulier, déconnectés par les situations virtuelles en tous genres, la menace est sérieuse : plutôt que d’amasser petit à petit, par l’effort et au mérite moyennant un travail , ne vaut-il pas mieux faire « des coups » (trafic de drogue, opérations risquées mais prometteuses) lesquels sont parfois directement liés aux menaces de la sécurité et de la stabilité nationale et internationale ? Comme nous l’avons évoqué plus haut, cette crise complexe est causée par les excès du capitalisme financier, déconnecté de la réalité économique.
Il est évident qu’il y a urgence à réguler le modèle globalisé et le système capitaliste. La crise actuelle est à la fois financière, économique, et sociale. Mais c’est avant tout une crise globale, politique et morale qui nécessite non seulement une régulation cohérente à l’échelle mondiale, mais aussi une coopération globale efficace.
A Suivre.
« Il n’est de richesse que d’hommes », du leadership de l’Europe de la connaissance

Des atouts européens à faire fructifier dans le cadre de l’économie de la connaissance.
L’actualité internationale a tendance à se focaliser sur le G2 bien vite transformé en match « sino – américain » entre deux puissances rivales. La rivalité économique et militaire entre ces deux géants ne doit pas occulter le rôle majeur de l’économie européenne qui a la capacité de faire de l’économie de la connaissance le fondement de son attractivité et de sa réussite au niveau mondial.
L’Europe des 27 possède déjà une série d’atouts qui la place comme leader possible d’une compétition économique globale dans un monde multipolaire.
L’économie de l’union Européenne démontre sa prédominance dans de nombreux secteurs comme la pharmacie, la téléphonie mobile, les progiciels d’entreprise (avec l’allemand SAP, leader mondial) ou l’industrie du tourisme (53% des touristes internationaux se rendent en Europe qui est la première destination touristique mondiale).
Dans le classement de Fortune Globa, les entreprises multinationales européennes occupent 33% de l’ensemble des sièges des firmes contre 28% d’entreprises américaines.
Sur un plan plus macroéconomique, l’Europe réalise 30% du PIB mondial contre 24% pour les Etats-Unis et notre économie à 27 présente une diversité d’exportations et d’importations propre à une économie évoluée avec, à la fois, des biens produits faiblement transformés (produits laitiers, poissons, fer et acier) et des biens manufacturés à forte valeur ajoutée (produits pharmaceutiques, aéronautiques)
L’Euro, attaqué en ce moment par des spéculations financières honteuses qui s’appuient sur les difficultés de la Grèce, reste pour l’instant une monnaie solide. Elle constitue la deuxième monnaie de réserve derrière le dollar. Elle est la première devise pour l’émission d’obligations. La présence d’une banque centrale européenne indépendante rassure les marchés. Les socialistes que nous sommes doivent militer pour une meilleure coordination des politiques économiques au niveau européen. Pour que « l’Europe puisse marcher sur ses deux jambes », selon l’expression de Jacques Delors au moment de la création de l’Euro, nous devons trouver une stratégie budgétaire cohérente pour permettre un développement économiquement durable, c’est-à-dire socialement cohérent.
L’Union Européenne constitue aussi une zone d’attractivité pour l’économie internationale. Elle est la source de 35% des IDE (investissements directs étrangers) entrants dans l’Europe des 27. Cette attractivité se fonde essentiellement sur des systèmes de santé et éducatifs globalement performants.
Bien entendu, nous n’aurons pas la naïveté de Candide pour prétendre que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes européens possibles.
Le chômage structurel de 9% dans l’Union Européenne, qui dépasse les 12% dans certains pays, pénalise des millions d’actifs qui ne trouvent pas d’emplois. Dans beaucoup de pays ils doivent maintenant se contenter d’indemnisations qui ont été fortement diminuées sous la pression de la politique de déflation compétitive. En France, la création de pole Emploi a provoqué une « traque aux chômeurs. Le dumping social et fiscal, la directive sur les travailleurs détachés, font que c’est parfois la clause de la nation la moins favorisée sur le plan du droit social et de l’emploi qui s’applique. Nous devons impérativement nous doter de minimas sociaux européens, dans le cadre d’une Europe sociale qui reste encore à faire.
L’Union européenne continue de consacrer proportionnellement moins de dépenses à la recherche et au développement que les Etats-Unis ou le Japon (1.9% du PIB contre 2.1 et 2.6%). Créer « une économie de la connaissance », c’est-à-dire faire un choix d’investissement à long terme dans la ressource humaine est essentiel, alors que la crise réclame des plans d’urgence budgétaire. L’Irlandaise Maire Geoghegan Quinn est une des neuf femmes membres de la Commission. Première femme nommée ministre en 1979 pour le Gaeltacht, puis chargée des Affaires européennes, du tourisme pour terminer ministre de la justice avant de quitter le parlement en 1994 Maire Geoghegan Quinn est aujourd’hui en charge de la recherche et de l’innovation. Son budget est assez important et devrait permettre à l’Union européenne, non seulement de garder ses chercheurs souvent forcés à l’expatriation mais de créer des emplois notamment dans les industries pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
La gauche est minoritaire dans les gouvernements nationaux des 27. Ainsi 18 des 27 commissaires de la nouvelle Commission européenne appartiennent aux rangs des conservateurs ou des libéraux.
Ce sera une des missions des forces européennes progressistes de permettre à l’Europe de renforcer sa stratégie pour une économie de la connaissance qui mise sur les investissements dans l’éducation et la recherche, pour faire de la pensée de Jean Bodin une réalité « il n’est de richesse que d’hommes ».
En ces temps de sinistrose et de crise, il me semblait utile de rappeler les atouts de l’Europe, mais aussi de montrer que l’économie de la connaissance, fondement de notre attractivité et de notre compétitivité au niveau mondial, doit être soutenue.
Nous avons donc des richesses à faire fructifier ensemble. Et ses richesses sont avant tout humaines. Le combat s’annonce rude pour faire triompher nos idées.
Crise: l’heure fatidique du courage politique
Session de mars de l’Assemblée des Français de l’étranger
Les élus de l’assemblée des Francais de l’étranger viennent de débattre pendant cinq jours des sujets qui préoccupent les compatriotes que nous représentons dans nos circonscriptions. Nous avons fait quelques propositions importantes en matière électorale, bien resumees par notre vice-president.
Il est difficile d’apporter des solutions a bon nombre de problèmes, tout simplement parce que l’Etat se désengage de plus en plus. Nous dénonçons cette situation depuis des années mais le manque de moyens est de plus en plus évident.
Il est vrai qu’en septembre 2007 Francois Fillon declarait: "Je suis a la tête d’un Etat en faillite sur le plan financier… Ca ne peut plus durer". Il dut revenir sur sa déclaration l’après midi même tant il était scandaleux pour un politique de dire la vérité. Cette vérité, elle, a été longtemps cachée en Grèce et nous en voyons aujourd’hui le résultat.
Il est peut-être temps que le President montre un certain courage politique, quitte a deplaire a ses amis, et revienne sur certaines de ses promesses electorales. Comment peut-il pretendre vouloir continuer a diriger un pays qu’il entraîne délibérément vers la faillite? S’il compte débuter un deuxieme quinquennat par un plan d’austérité, 2012 sera l’année de la deuxième revolution francaise. A moins que le peuple ne choisisse une autre voie.
Pourquoi il faut revenir aux valeurs fondamentales

Pour pousser la réflexion à l’extrême, ne faut-il pas repenser nos systèmes en fonction des valeurs fondamentales, y compris celle du partage ? Est-il moral de s’enrichir en quelques instants pour des montants supérieurs aux salaires cumulés annuels de familles entières ?
Les enfants du Tigre celtique ne font plus la fête
L’année du Tigre chinois débute. Pendant ce temps le Tigre celtique reste résolument sonné par la crise économique et ne donne aucun signe de vie.
Les statistiques font peur. 13000 chômeurs en plus pour le seul mois de janvier. Prés de 500 000 chômeurs pour 4 millions d’habitants. L’émigration des jeunes a repris avec un jeune sur trois de moins de 25 ans qui aujourd’hui touche le chômage. Les queues devant l’ANPE, image frappante des années 80, grandissent chaque semaine. Il est temps de reparler des citoyens qui paient cher les erreurs de quelques-uns. Le chômage est un de ces dégâts collatéraux.
Photo © Hélène Conway
La gestion de la crise par les Etats, leçons à tirer du passé et initiatives pour le futur. Partie 3: Problématiques pour l’avenir

Problématiques à prendre en compte pour l’avenir
A) a) Positif
Les fondamentaux de la croissance mondiale demeurent. L’émergence de deux milliards d’individus et des nouvelles technologies.
Les crises ont, semblent-ils, eu un effet favorable sur le référendum sur Lisbonne et donc pour l’Etat en tant que Gouvernement qui le soutenait. Un renforcement du sentiment européen s’est fait sentir. Changement dans l’échelle des valeurs et leur priorités où le collectif, le besoin de solidarité reviennent en force.
Les crises auront permis, une fois sortie de la récession, de faire regagner à l’Irlande une certaine compétitivité (baisse des salaires, de l’immobilier, de coût de la vie en général) et donc de la rendre plus attractive aux investissements étrangers, base de la stratégie économique depuis 20 ans.
Les crises auront également permis de renforcer la coopération inter-étatique (lutte contre les paradis fiscaux, renforcement du rôle de régulation de Bruxelles), parfois même contre l’avis de certains Etats ultra libéraux en la matière, notamment la Grande Bretagne et certainement l’Irlande.
A) b) Négatif
La nouvelle criminalité mondialisée est le premier ennemi de la démocratie. Elle est multiforme et elle s’insère dans les réseaux internationaux. Elle est basée sur le trafic de drogue et le trafic humain. L’argent sale représenterait jusqu’à un tiers des transactions internationales. Les démocraties se révèlent démunies face à ces nouvelles mafias.
Les deux types de crises ont énormément déstabilisées certains Etats (Etat au sens du pays), notamment avec un recul pour l’Irlande du PIB de -2,5% en 2008 ; -7,5% en 2009 et probablement -3% en 2010, mais aussi éprouvé son système financier, partiellement nationalisé et sous perfusion.
La gestion de la crise par les Etats, leçons à tirer du passé et initiatives pour le futur. Partie2: La réaction des Etats

La réaction des Etats au niveau mondial face à la crise financière
Le G20 va-t-il replacer le G8 pour gérer les problèmes de la planète ? Depuis qu’a éclaté la crise en septembre 2008, les dirigeants des économies représentant 85% du PIB mondial se sont réunis à Washington, Londres et Pittsburgh, soit 20 pays au lieu des 8 (pays industrialisés du nord et la Russie). Ils se retrouveront tous au Canada qui présidera le G8 en 2010 et devra aussi orchestrer le rapprochement avec le G20. Ce sera au tour de Paris de présider la rencontre en 2011. La poursuite du conciliabule international limité au G8 eût été un signe de protectionnisme et de raidissement des égoïsmes nationaux. La première victoire du G20 est donc celle d’une réponse globale à une crise globale.
Les pays émergents vont monter en puissance au capital du Fonds monétaire international (FMI) et ceci au détriment des Européens. 5% des quotes-parts devraient changer de mains. La répartition actuelle est jugée inéquitable. Par exemple, le Brésil détient 1,4% des voix alors qu’il a une économie trois fois plus grande que la Belgique qui en détient 2,1%. La France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique devront réduire leur part mais il n’est pas certain que la Russie, l’Arabie Saoudite et l’Argentine, qui disposent de parts supérieures à leur poids économique, acceptent de faire des sacrifices. Les Etats-Unis qui ne sont pas surreprésentés ne sont pas concernés.
Le rééquilibrage des quotes-parts au sein du FMI est jugé décisif pour rétablir la confiance des pays du Sud dans une institution appelée à surveiller la coordination macroéconomique. Dans le cadre de la réforme du FMI la France propose que les décisions soient prises non plus par les fonctionnaires mais par les ministres des finances. L’essentiel des pouvoirs réglementaires et de supervision vont rester de la compétence nationale et, en plus, communautaire pour les pays de l’Union européenne.
Le FMI devrait donc assister le G20 qui prône le maintien des mesures de relance monétaire et budgétaire. Il devrait aussi être centré sur la cogestion des crises bancaires et financières de nature systémique, en coopération étroite avec les banques centrales et les gouvernements. Cela suppose de lui conférer des compétences réglementaires propres qui restent à définir.
Au-delà de la crise financière 2009 aura aussi été l’année de la remise en cause du fonctionnement des marchés du commerce, des capitaux et des ressources rares. Le G20 est aussi l’expression du caractère global de la négociation qui doit s’instaurer. Il s’agit aujourd’hui de négocier l’équilibre énergétique mondial, et, à travers cela, les marges acceptables de fluctuations pour une croissance équilibrée. La forte baisse du prix de l’énergie et des produits de base a fortement soutenu l’économie mondiale depuis un an. Mais on a vu que les prix réagissent violemment au moindre signe. Supporter simultanément chômage, cure de désendettement et choc pétrolier tient du scénario catastrophe. Il faudra aussi trouver un nouvel accord mondial sur l’investissement en production agricole. Il faudra enfin définir des règles de la propriété du capital, comme prises de contrôle d’entreprises par des non-résidents. Sur le plan mondial des plans de soutien importants vont être nécessaires, au moins pour la moitié de l’économie mondiale. Un contrôle des taux de change va s’imposer afin de ne pas créer de déséquilibres majeurs.
La position de l’Union européenne et son rôle
La réponse européenne à la crise bancaire aura été des plans nationaux juxtaposés. Trop préoccupée par la mise en place du Traité de Lisbonne qui devait enfin voir la mise en place de ses institutions l’Union européenne souffre encore de ne parler d’une seule voix et de ne pouvoir mettre son poids dans la balance mondiale. Elle pourrait donner le meilleur d’elle-même, la capacité de définition de ce soft power des temps modernes dont la mondialisation a besoin si seulement elle arrivait à articuler une position commune aux vingt-sept. Elle pourrait aussi donner l’exemple à ces pays où un capitalisme débridé s’allie à des régimes politiques qui n’assurent pas l’Etat de droit. L’opposition et la presse restent muselées. La Russie, la Chine et le Vietnam conjuguent liberté d’entreprendre et autoritarisme. Les élites anciennes y sont reconverties aux échanges et au marché le plus risqué après avoir été formées au sein du Parti communiste pour la Chine, l’ex- KGB en Russie, au même titre que les dirigeants français sont formés à l’ENA en France.
