Education/Recherche

Chinese Bridge

 Samedi 26 mars cinq étudiants du DIT étaient en compétition avec les étudiants d’autres universités irlandaises. Le « Chineses Bridge competition » avait pour objectif de sélectionner celui ou celle qui représenterait l’Irlande à Pékin en juin prochain pour la finale du meilleur étudiant occidental en chinois. Le DIT a décroché la deuxième et la troisième place. Nos étudiants passeront un mois dans une université chinoise pour parfaire leurs connaissances en langue et culture chinoises, tous frais payés. Nous avons créé le premier diplôme en chinois et commerce international en Irlande il y a cinq ans et nous sommes très fiers des résultats de nos étudiants.

Les voeux du Président

 Lors de la cérémonie de présentation des vœux le Président n’a pas hésité à s’enorgueillir d’investir dans la culture, la recherche, l’éducation et  l’université, alors que d’autres pays affirme-t-il font « d’autres choix ». D’autres choix incontestablement : la part de la recherche et du développement dans le PIB a baissé, depuis 2002,  de 10%, alors que celle de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Japon ont crû pendant la même période. Quant à la culture, le dégel annoncé ne masque pas la réalité d’un budget stagnant, qui permet à peine de financer les projets évoqués par Nicolas Sarkozy lui-même (rénovation du Grand Palais, Musée de la Méditerranée à Marseille…).

L’éducation nationale, déjà exsangue, perd 16000 postes, dont une grande partie dans le premier degré, au moment où les études internationales pointent du doigt les conséquences dramatiques de la faiblesse de l’investissement français dans l’école primaire. Comment Nicolas Sarkozy peut-il afficher avec tant d’aplomb son attachement à la formation et oser appeler de ses vœux « une formation pratique » après le désastre de la mastérisation et la  suppression de l’année de stage dont son gouvernement est responsable ? Comment peut-il parler de l’importance de la rémunération après la mascarade de la « revalorisation » qui a laissé les deux tiers des enseignants à l’écart d’une fort modeste augmentation de salaire ? Comment peut-il évoquer « l’autonomie des enseignants » pour justifier et défendre le recrutement direct des équipes pédagogiques par les chefs d’établissement ?  

La mobilisation prévue le 22 janvier pour la défense de l’éducation lui montrera qu’il est le seul aujourd’hui à croire encore ce qu’il dit.

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MIRES: promesses non tenues, mensonges et dissimulations


 Le projet de budget 2011 de la mission recherche et enseignement supérieur (MIRES) est en discussion actuellement au Parlement. Comme chaque année, depuis 2007, une propagande soutenue tente d’accréditer l’idée d’un effort exceptionnel en faveur de ce secteur. Or la réalité est toute autre lorsqu’on examine de près les chiffres.

La construction budgétaire de la MIRES devait, pendant la durée du quinquennat, respecter l’engagement présidentiel d’une augmentation de 9 milliards d’euros sur la période, soit en moyenne 1,8 milliards par an. Or, sur 2007-2012, l’effort affiché inclut 732 millions d’euros d’autorisations d’engagement dont 238 millions en 2011, crédits qui ne peuvent être comptés que par fraction annuelle sur une durée de 25 à 30 ans. Les créances de crédits impôt recherche (CIR) représentent environ 40% de l’effort affiché alors même que rien ne laissait penser en 2007 que ces dépenses fiscales entreraient en ligne de compte dans les moyens nouveaux en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La présentation du budget 2011 – consultable sur le site du ministère de l’enseignement supérieur – affiche d’autres montants en « fausse monnaie » budgétaire. Le budget 2011 compte ainsi 270 M€ d’intérêts au titre des 5 milliards de l’Opération Campus. Les budgets 2009 et 2010 affichaient déjà, respectivement, dans la présentation de l’effort annuel consenti, 157 M€ et 164 M€. De fait, ces crédits virtuels n’ont ni été mis à disposition des établissements, ni dépensés dans les projets fonciers ou immobiliers que l’Opération Campus est censé financer. Il est probable que les 270 M€ suivent le même sort que les intérêts des années précédentes : des montants fictifs destinés à gonfler artificiellement l’enveloppe budgétaire de la MIRES.

S’agissant du budget 2011, il est clairement entré en stagnation, d’une part, parce que plus de 150 millions d’euros du plan de relance vont être « repris », d’autre part, parce que les établissements d’enseignement supérieur ont dû également sacrifier à la réduction des dépenses applicable sans distinction à tous opérateurs de l’Etat. On prend bien d’un côté, ce qui est donné de l’autre, d’où une stagnation des crédits. Ce ralentissement s’applique partout sauf pour un poste particulier : l’enseignement supérieur privé qui bénéficie d’une augmentation spectaculaire de +22% !

Ces présentations insincères ne permettent pas de mesurer l’effort réel en faveur d’un secteur prioritaire. Il est temps que le Parlement se saisisse très sérieusement de ce sujet. En particulier, des auditions régulières et approfondies des administrations chargées du budget de la MIRES s’imposent pour améliorer la transparence et la sincérité des constructions budgétaires. L’appui de la Cour des comptes peut être précieux dans cette démarche. On ne peut pas considérer que l’enseignement supérieur et la recherche constituent le secteur clé où se joue l’avenir du pays et poursuivre des présentations budgétaires mensongères dans le seul but de dissimuler des promesses non tenues.

 

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Rapport Colot / Joissains: l’UMP flatte la volonté présidentielle au mépris de la réalité et de la démocratie

 Le rapport Colot / Joissains sur la Prise en Charge des frais de scolarité des lycéens du réseau AEFE a déjà fait couler beaucoup d’encre.  

Au-delà des détails techniques que notre critique ne peut se passer d’examiner, il existe pour moi, avant toute chose, un problème fondamental sur lequel nous devons nous arrêter : nous avons un président qui décide de tout et qui bafoue toutes les valeurs de la République dont fait partie le parlement et le rôle qu’il est censé jouer dans le processus démocratique.  

Il nous revient de commencer par dénoncer les nominations et les rapports partisans qui oublient de faire la lumière sur le réel pour satisfaire la volonté du président. Quand aucune critique n’est recevable et qu’aucune proposition n’est entendue en dehors de ce qui a été décidé par avance par ce même homme, n’avons-nous pas le devoir de le dénoncer ? L’opposition tout comme le peuple doit agir comme contre pouvoir quand il y a abus.  

Nous devons apporter des propositions concrètes et en premier lieu la principale que nous martelons depuis bien longtemps : il n’est pas acceptable qu’un enfant soit écarté du système scolaire pour des raisons financières. Nous devons continuer à défendre la nécessité de prendre en compte les critères socio-économiques pour aider ceux qui seraient exclus, mais aussi le fait que lorsqu’une mesure fait exploser le budget et renforce l’exclusion elle doit impérativement être revue. D’excellentes réactions on déjà été exprimées, il ne faut pas avoir peur d’aller au cœur du problème qui est à l’Elysée où se trouve aujourd’hui un candidat en campagne. La nôtre doit commencer aussi et ne pas attendre que le président du G20 accumule les bons points, avec son nouveau gouvernement qui fera du tout sécuritaire et qui passera à l’écoute du peuple maintenant que les réformes qu’il souhaitait sont votées.

Je vous joins ci-dessous le communiqué que j’ai fait parvenir à la FFE.

 

Rapport parlementaire Colot/Joissains sur la PEC.

La FFE dénonce le rapport sur la prise en charge des frais de scolarité des lycéens du réseau AEFE  des deux parlementaires UMP qui  est loin de la réalité vécue sur le terrain par les élus et les familles et qui défend une mesure destinée à satisfaire une clientèle électorale qui n’a rien de commun avec une mesure de justice sociale. Le rapport ne propose aucune solution à l’impasse budgétaire et préfère rejeter la faute de l’explosion du budget sur la gestion de l’AEFE. Aucune solution n’est apportée au développement du réseau et  la gestion de l’immobilier.

Ce rapport remet aussi en question le rôle des parlementaires qui devraient porter un  jugement impartial dans les missions qui leur sont confiées et non agir pour plaire au président de la République. Il est enfin un nouvel exemple de la présidentialisation des institutions et du déséquilibre des pouvoirs que nous contestons fermement.

 
Pour lire le communiqué des Sénateurs des Français du Monde


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Derrière la violence urbaine, une insécurité sociale persistante…

 La période estivale a été le théâtre d’un sujet devenu malheureusement récurrent dans l’Etat français, celui des violences urbaines. Le quartier de Villeneuve à Grenoble s’enflamme après que la police ait abattu un braqueur en fuite au pied de son immeuble. Des confrontations extrêmement tendues entre habitants du quartier et forces de l’ordre, des tirs à balle réelle de la population vers la police, des menaces… Une situation qui met des semaines à s’apaiser et dont le déroulé judiciaire se poursuit actuellement.

Preuve que le problème des violences urbaines n’est pas réglé, et que la réponse que Nicolas Sarkozy a voulu apporter, aujourd’hui comme hier, avant ou pendant son mandat présidentiel, n’est pas la bonne. La répression n’est pas la solution. Elle tait le problème plus qu’elle ne le résout. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit. À force de ne s’intéresser qu’à la montée de la violence urbaine, à coup de sur-traitement et de surenchère médiatique, on oublie de regarder ce qu’elle cache malheureusement d’insécurité sociale. Pourtant ce n’est pas comme si le sujet était nouveau et qu’il n’avait jamais été traité ! De nombreuses causes à l’insécurité sociale sont connues : l’enclavement urbain ou la ghettoïsation, la stigmatisation ethnique et sociale, la précarité sous toutes ses formes, les limites de l’éducation nationale, de ses capacités d’intégration et de son « égalité des chances »… Un programme de politiques publiques qui commencerait par réellement se saisir de ces problématiques irait dans le bon sens. Il existe suffisamment d’études où sont proposées des solutions, d’exemples à suivre dans d’autres pays européens ou outre-Atlantique pour que nous ne soyons pas capables, en France, d’améliorer ces situations d’insécurité sociale grandissantes. Citons simplement un exemple dans un domaine que je connais particulièrement et qui me tient à cœur, l’éducation.

Ainsi, aux Etats-Unis, les professeurs peuvent recevoir une augmentation ou une promotion quand leurs élèves viennent en cours et réussissent leur année d’études. Le système a été repris en France, mais inversé. L’académie de Créteil tente d’enrayer l’absentéisme scolaire qui frappe les établissements professionnels en offrant aux élèves la possibilité de financer un projet commun décidé en concertation avec l’équipe éducative s’ils respectent des objectifs d’assiduité et de réussite fixés en début d’année. De nombreux autres exemples sont possibles. Le rapport établi par la Cour des Comptes cette année, intitulé « L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves », propose toute une série de mesures et de réorganisations au sein de l’éducation nationale qu’il serait plus qu’important de mettre en place pour permettre une véritable « égalité des chances » à l’école, une lutte plus efficace contre l’échec scolaire, et ainsi une meilleure intégration sociale. Ce serait un premier pas.

Résoudre les causes de l’insécurité sociale, améliorer le bien-vivre ensemble, aider à l’émancipation et à l’intégration de tous, tous ces objectifs méritent mieux que des annonces politiques faites pour racoler des points dans les sondages, ou pour gagner des voix en vue des prochaines élections. La question doit être traitée dès à présent, à l’échelle nationale, elle ne doit pas juste ressortir lors la prochaine échéance électorale.

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Shangai, un regard vers l’avenir

 

 Shanghai, ville de 22 millions d’habitants qui en aura 24,5 millions dans trois ans, est une capitale régionale tournée vers l’avenir. La bulle immobilière bat son plein et le business est partout, même dans la salle des petits déjeuners. L’expo universelle qu’elle abrite battra tous les records d’affluence.  

 Je peux en témoigner pour y avoir passé un jour et demi sur les trois jours de mon séjour. Plus de 500 000 personnes visitent le site chaque jour. Certains attendent jusqu’à 4 voire 5 heures avant de pénétrer dans un pavillion. Chaque pays présente une image qui se veut marquer les esprits des Chinois qui représentent la grande majorité des visiteurs. L’architecture du pavillion français est assez remarquable. Cependant, si j’avais fait la queue pendant 5 heures pour voir en un quart d’heure Jeanne Moreau quand elle avait vingt ans et Montmartre sous la neige je ne suis pas certaine que j’aurais retenu l’image dynamique d’une France à la pointe du progrès. 

 

 J’ai aussi assisté à une conférence passionnante sur les TICs et la ville durable. Des entrepreneurs recherchent la métropole industrielle idéale, tournée vers les services. Il faut repenser la consommation différement, les services à la personne, les déchets, la mobilité et la transformation de nos vies avec l’urbanisation. Le pavillon irlandais, entouré d’un beau gazon vert, m’a réservé la surprise d’un concert impromptu. Le groupe de Dannan a joué quelques morceaux de musique avant d’aller rejoindre la salle du Concert Hall. 

 J’ai profité de quelques heures de liberté pour aller à l’Alliance Française et à Campus France Rencontres enrichissantes puisqu’il existe 15 AF aux statuts particuliers, qui ont de surcroît une vraie vocation culturelle en dehors de leur objectif linguistique. Quant à Campus France on comprend aisément son rôle essentiel dans la préparation des milliers d’étudiants chinois qui désirent étudier en France.   

 

  

Enfin ma mission comprenait des rencontres universitaires. J’ai été reçue a l’université de Fudan, placée 7ème dans le monde. Collègues, cursus et campus impressionnants d’autant que des collègues américains de Harvard venaient apporter leurs savoirs. J’ai soudain réalisé combien l’Europe était menacée par ces deux géants. Nous investissons si peu en comparaison dans la recherche et l’innovation. 

 J’ai été à la fois fascinée et effrayée par ce que j’ai vu et entendu. Je ne crois pas avoir pris toute la mesure de mon séjour trop court mais si riche.

 

   

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos © Hélène Conway

 

La réforme de l’éducation nationale ou comment réduire les chances d’égalité et de réussite scolaire des élèves.

 Curieuse période que la nôtre. Alors que le ministère de l’Education nationale continue bille en tête son projet de réforme du primaire et du secondaire à coups de suppression de postes, de regroupements scolaires, d’augmentation d’effectifs dans les classes, la Cour des comptes présente un rapport fort instructif sur la bonne tenue par le ministère de ses engagements en termes de pourcentage de réussite des élèves. Et oui… Le ministère aussi a des objectifs autres que budgétaires ! Il doit faire en sorte que 100 % des élèves sortent qualifiés ou diplômés à la fin du secondaire, que 80 % des élèves accèdent au niveau du baccalauréat et que 50 % soient diplômés de l’enseignement supérieur. Or, force est de constater que le système éducatif français a échoué à la fois face à ses objectifs de réussite pour tous et de réduction des inégalités sociales. Il ne semble pas aujourd’hui se diriger vers une voie plus favorable. Le chemin que prend la réforme engagée par Luc Chatel ne va pas dans le sens des recommandations adressées par la Cour des comptes.

 

En effet, alors que la Cour des comptes pointe l’aggravation de l’écart entre les résultats scolaires des meilleurs et plus faibles élèves, révélant un problème aigu, spécifique et croissant de traitement de la difficulté scolaire, Luc Chatel demande la suppression des Rased, les réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté. Mais il n’y a pas que ça. Sous prétexte que « des études et des expériences récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites classes ne s’avèrent pas plus « performantes » », le ministère demande aux inspecteurs d’académie d’encourager les regroupements d’écoles, ainsi que l’augmentation des effectifs au primaire. L’objectif n’est pas l’augmentation des chances de réussite scolaire pour les élèves, mais la suppression de 16 000 postes d’ici 2011.

Or d’autres « études et expériences » ont également montré qu’une organisation différente des conditions de scolarité permet de lutter efficacement contre la difficulté scolaire. Ainsi, les pays de l’OCDE obtenant les meilleurs résultats sont ceux où il y a le moins d’heures de cours mais où l’on développe prioritairement le traitement de la difficulté scolaire comme en Suède par exemple.

C’est là-dessus que je souhaiterais insister. Au lieu de perdurer dans un système éducatif uniforme, il serait intéressant de mettre en place une scolarité plus souple, répondant à la demande des élèves. Outre une base commune à tous, plus limitée dans le nombre de matières obligatoires, celle-ci s’adapterait aux besoins des élèves, en leur offrant l’aide et le soutien dont ils ont besoin dans les matières où ils rencontrent des difficultés. Il est aussi important de réfléchir aux journées surchargées.

 

Notre système éducatif ne parvient effectivement pas à remplir les objectifs de réussite qui lui sont donnés. Par exemple, en 2008, la proposition de bacheliers généraux ou technologiques atteignaient les 51,2% soit moins de 80% de diplômés. De telles conditions ne permettent pas de remplir l’objectif de 50 % d’étudiants diplômés de l’enseignement supérieur.

On pourrait commencer par exemple à se demander si l’on doit envoyer les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés dans les établissements les plus sensibles. S’il est indéniable que la vocation des professeurs est ainsi testée cela peut avoir pour effet que de les décourager. Ce fut mon expérience personnelle. Il faudrait un recrutement plus adéquat, comme cela existe déjà pour les postes en classe préparatoire, pour trouver des enseignants dont le profil correspondrait mieux à ces établissements. Pourquoi décider de l’orientation d’un élève au collège ou au lycée selon ses échecs, et non selon ses réussites ? Pourquoi aujourd’hui la réussite d’un élève dépend tant de l’établissement où il est affecté et des enseignants qui le prennent en charge ? D’autres facteurs socioprofessionnels , culturels, sont à prendre en compte. Néanmoins, la France est l’un des pays où les destins scolaires sont le plus fortement corrélés aux origines sociales et au statut culturel des familles, alors que le système éducatif devrait être garanti d’intégration sociale, d’égalité des chances pour tous.

La réforme de l’éducation nationale doit être repensée pour remettre les élèves et leur réussite au cœur du projet et lui redonner pour base l’égalité sociale qu’il n’aurait jamais dû perdre.

 

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Une journée de la vie d’une fonctionnaire.

 

Il y a plus d’un an je partageais avec un collègue mon envie de créer un nouveau cursus qui nous permettrait de marier deux disciplines assez proches : le tourisme et les langues vivantes. La première offre une vitrine du passé, de la culture et la deuxième permet de la transmettre et d’en parler. Après avoir convaincu quelques collègues nous avons organisé une rencontre avec les professionnels du tourisme en janvier 2009. Ils étaient positifs et voulaient plutôt plus de langues sur la base que les compétences en tourisme peuvent s’apprendre sur le tas alors qu’il faut un peu plus de pratique et de temps pour l’apprentissage d’une langue. Puis, ce fut au tour des étudiants d’être sondés pour bien nous assurer que ce nouveau cursus les intéresserait. Nous ne pouvons pas proposer de nouveaux cours sans avoir complété une étude de marché. L’éducation c’est maintenant du business dans le sens que l’on ne peut pas perdre d’argent sur un cours. Il faut donc être assuré qu’il attirera un nombre suffisant d’étudiants. Nous sommes enfin passés à la phase « écriture des modules » pour aboutir à la phase finale du document de plus de 300 pages qui contient l’ensemble des recherches, des modules et de l’encadrement du futur cours.

Aujourd’hui 24 février, plus d’un an après la conception de l’idée, le cursus a été validé par un jury composé de sept personnes. Nous avons débuté à 9h ce matin par les présentations des personnes. Flanquée de mes deux directeurs de départements et accompagnée de mes collègues de la faculté de tourisme nous avons planché pendant plusieurs heures. Nous avons défendu nos choix et nos propositions. Les professeurs ont ensuite été entendus. Ce soir le verdict est tombé. Le programme est accepté mais est sujet à quelques conditions. Encore quelques réunions et des modules à revoir et puis, en septembre prochain, nous accueillerons nos premiers étudiants. Dernier message aux professeurs pour leur annoncer la bonne nouvelle et puis la fatigue mêlée à la satisfaction d’avoir réalisé un projet de longue date et de l’avoir réussi. Le prochain moment de bonheur sera le jour où je rencontrerai les étudiants. Le cursus prendra alors vie et ne sera plus seulement un gros livre, plein d’idées mises sur papier.

 

De la nécessité de l’histoire et de la géographie en Terminale S ou l’apprentissage d’un esprit critique citoyen et humaniste

 

D’après Nicolas Sarkozy l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire. Ce n’est pas une raison pour en faire sortir les élèves de terminale S. D’autant que notre président aime à convoquer Jaurès, Blum et Jules Ferry dans ses propres discours, à moins qu’ils n’aient été que d’ordre décoratif. L’histoire de France, qui semble encore utile au tribun politique, ne doit plus encombrer les cerveaux de l’élite de nos lycées. Ainsi en a décidé Luc Chatel le 7 décembre 2009 qui présentait une nouvelle partie de sa réforme du lycée, avec la suppression de l’histoire-géographie pour les élèves de Terminal S. La nouvelle m’avait choquée. Plus je réfléchis au sujet plus je pense que cette réforme est une grave erreur que nous ne pouvons laisser passer. Elle touche à l’enseignement secondaire général français et concerne donc l’ensemble des lycées français de par le monde. Il en va de l’enseignement mais aussi des repères, que nous souhaitons apporter aux jeunes générations pour qu’elles comprennent le monde, avant de contribuer à leur tour à l’histoire. Or, à l’heure de la mobilité et, dans une autre mesure, du débat initié par le Gouvernement sur l’identité nationale, cette réforme paraît complètement incongrue. Comment apprendre à se connaître soi-même et à connaître les autres sans les enseignements qu’apportent l’histoire et la géographie ? Quels bénéfices en tireront les élèves?

À l’heure actuelle, on ne peut plus penser l’enseignement ni une carrière professionnelle sans la notion d’ « échanges » et de « mobilité ». Nous sommes dans un monde mobile, où les gens, les savoirs, les traditions, les conflits se déplacent. L’histoire et la géographie sont nécessaires à la compréhension du monde et au développement d’un esprit critique. Comment comprendre ce qui se passe autour de nous si l’on ne sait pas d’où l’on vient ? Comme le disait Karl Marx, « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »… C’est par ces savoirs que nous parvenons lentement à faire tomber les dernières barrières tenaces de la xénophobie et de l’homophobie.

Sous prétexte d’allègement de l’emploi du temps pour favoriser l’enseignement des spécialités scientifiques, cette réforme m’inquiète sur le devenir de générations manquant de clés pour comprendre le monde, mais aussi sur le devenir de la discipline. L’éducation ne peut pas se positionner seulement dans une logique comptable de suppression de postes ! Les forums d’élèves et d’étudiants en parlent* : pourquoi vouloir enfermer les élèves de Terminale S dans leur environnement de sciences dures ? Pourquoi vouloir sacrifier une partie de leur culture générale ? Cette réforme oublie qu’une grande partie des élèves de Terminale S poursuivent leurs études supérieures dans les sciences sociales et humaines. Ces futurs bacheliers accuseront un certain retard face aux élèves issus d’autres filières. Et que dire de ceux qui souhaitent s’inscrire en classes préparatoires pour passer les concours des grandes écoles ?

On n’a simplement pas le droit de sacrifier l’apprentissage d’une citoyenneté critique et humaniste au profit d’une logique comptable et d’une rentabilité à court terme. Le prix à payer dans cette tentative d’habillage de la pénurie est beaucoup trop lourd.

 

 

*Forumdesados.net, planete-ados.com, facebook.com, forum MSN.

 

Pérennité de la bourse Lavoivier

(publiée dans le JO Sénat du 07/05/2009)

Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques qui s’applique à l’ensemble des administrations françaises et qui fixe pour chacune d’entre elles des objectifs prioritaires, le ministère des affaires étrangères et européennes (MAEE) doit désormais recentrer son action, dans le domaine de la mobilité internationale étudiante, sur les futures élites étrangères désireuses de venir se former dans notre pays. Compte tenu de cette priorité affichée et de contraintes budgétaires accrues, le ministère des affaires étrangères et européennes a dû mettre fin au programme de bourses Lavoisier, à l’exception des allocations prévues pour les étudiants français admis au Collège d’Europe et à l’Institut universitaire européen de Florence, le MAEE étant lié à ces deux établissements par des conventions internationales et étant contributeurs directs à leur budget.

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Erasmus a 20 ans

Depuis mes débuts dans l’enseignement j’ai toujours cru à l’importance des échanges. Lors de ma première année dans l’enseignement secondaire j’ai organisé un échange par lettres entre mes étudiantes et une école à Vienne, dans l’Isère. Trois ans plus tard, à l’université, j’ai géré un programme Petra qui m’a permis d’envoyer cinq étudiants en France et en Allemagne pour 6 mois passés dans chaque pays. J’ai enchainé sur un programme Tempus qui m’a permis d’accueillir trois étudiants arméniens d’Erevan puis cinq étudiants roumains d’Oradea. Tous ont complété avec succès leur mémoire de recherche et ont été reçus à leur retour dans leurs universités.

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ERASMUS MUNDUS

Le programme Erasmus connait un engouement grandissant pour les étudiants de premier cycle. Il est cependant essentiel de donner aux étudiants le choix de se spécialiser au niveau Mastère et de pouvoir sélectionner l’université la plus à même de leur offrir ce qu’ils recherchent. Pour le première fois, les étudiants sont sollicités pour améliorer le programme d’enseignement supérieur dans un rassemblement.

Le 11 octobre, Ján Figel’, commissaire européen à l’éducation, à la formation, à la culture et à la jeunesse, a accueilli plus de 100 étudiants et anciens étudiants Erasmus Mundus à Bruxelles.

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UNESCO: Pénurie croissante d’enseignants qualifiés

La France supprime des postes d’enseignants alors que le monde entier reconnait le rôle essentiel de l’éducation dans la vie de chaque individu. Certains collègues dont les carrières ne vont nulle part en France trouveront peut-être les rapports suivants intéressants. A l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, plusieurs agences des Nations Unies soulignent l’importance des enseignants pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment le deuxième, et s’inquiètent de leur pénurie dans le monde.

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Solidaires pour la formation, l’éducation

Comme le dit Pierre-Yves Le Borgn’ dans son Rapport fédéral d’activités de 2007 « Il n’y a d’avenir pour le Parti Socialiste que dans son ouverture à la société, à la jeunesse et à la diversité ». C’est aussi l’avenir de la France. Et pourtant l’Etat ne cesse de se désengager dans tous les domaines qui touchent de près ou de loin les jeunes. En France, les suppressions de postes dans l’enseignement vont encore plus fragiliser les établissements où l’encadrement des enfants devrait être renforcé.

A l’étranger, de plus en plus de familles aux revenus modestes renoncent à scolariser leurs enfants dans le système français faute de pouvoir payer des frais de scolarité trop élevés. Les Instituts et centres culturels voient leurs budgets fondre et mettre en péril le seul accès à la culture française possible quand ils ne sont pas tout simplement fermés (depuis 1994, 22 des 52 établissements que comptait le réseau dans l’UE ont été fermés). L’introduction de la gratuité en classe de terminale en septembre 2007 ne résout aucun problème financier tant pour les familles que pour la fragile situation budgétaire de l’A.E.F.E

Les enfants qui n’ont pas accès au réseau de l’Agence de Enseignement Français à l’Etranger (A.E.F.E) ou aux établissement de la Mission laïque sont les premiers intéressés par l’aide que peut leur apporter les Comités Consulaires pour l’Emploi et la Formation Professionnelle (CCPEFP). Or, le montant des crédits versés à ces comités consulaires est en baisse constante (1,96M d’euros en 2002 et 1,12M d’euros en 2007). Il touche principalement la communauté française binationale, qui est parfois coupée de la France et souhaite rester dans le pays de sa naissance.

La façon la plus efficace de prévenir le chômage passe par l’éducation et la formation professionnelle qui permettent de démarrer dans la vie ou de se recycler. Apprendre à raisonner est aussi une clé d’insertion sociale. L’économie française est en panne. Or, une situation de plein emploi permettrait de relancer la consommation et la confiance. Ce n’est certainement pas le moment de priver l’éducation d’investissements nécessaires à sa future population active. Si des sacrifices doivent être faits, ne sacrifions pas les jeunes !

Un pays qui traite mal la recherche naufrage son avenir

En 2002, j’étais responsable pour l’Education, la Culture et l’Audiovisuel au sein du Bureau Fédéral. Nous avons soutenu l’action des chercheurs français et signé la pétition nationale. Notre motion a été incluse dans la position du Parti. Malheureusement peu de choses changent en France quand la société de la connaissance se met en place dans le monde entier. Les moyens financiers et les créations de postes demandés n’ont pas été octroyés et ne sont toujours pas la hauteur des besoins. Le résultat est que de plus en plus de chercheurs français partent à l’étranger et que les médias français crient à la fuite des cerveaux. Ce n’est pas tout à fait vrai puisque beaucoup font le choix d’une expatriation qui fait partie d’un plan de carrière bien défini. L’attrait de travailler dans un environnement international aide à la publication presque obligatoire pour tout chercheur. L’avantage de travailler dans un cadre où les moyens (labos, bibliothèques) sont supérieurs est un autre facteur motivant l’expatriation.

La perte est certes importante pour l’Etat qui a investi dans l’éducation de la personne qui part alors qu’elle est prête à débuter dans la vie active. Force est de constater que les débouchés sont peu nombreux et que, passée son excellente formation universitaire l’Etat se soucie guère d’offrir des stages post doctoraux beaucoup plus nombreux à l’étranger, ou de se préoccuper du retour en France de ses chercheurs auxquels leur expérience internationale leur donne des atouts certains.


Nous devons faciliter le recrutement qui se fait suivant des protocoles contraires à l’égalité des chances. Il est aussi primordial que l’Etat continue à investir dans la recherche fondamentale. La recherche appliquée se développe rapidement. Elle est ciblée et répond à des besoins précis. Elle a pour support la recherche fondamentale qui, elle, demande une aide soutenue sur le long terme. Sans une recherche fondamentale forte nous nous privons de toute recherche à l’avenir.

Je suis ce dossier avec beaucoup d’attention. Je vous encourage à lire l’excellente étude réalisée par Catherine Dib sur le site de la FFE et à rejoindre son forum.

Le Changement c’est maintenant!

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