Archive pour la catégorie ‘Education/Recherche’

Une journée de la vie d’une fonctionnaire.

 

Il y a plus d’un an je partageais avec un collègue mon envie de créer un nouveau cursus qui nous permettrait de marier deux disciplines assez proches : le tourisme et les langues vivantes. La première offre une vitrine du passé, de la culture et la deuxième permet de la transmettre et d’en parler. Après avoir convaincu quelques collègues nous avons organisé une rencontre avec les professionnels du tourisme en janvier 2009. Ils étaient positifs et voulaient plutôt plus de langues sur la base que les compétences en tourisme peuvent s’apprendre sur le tas alors qu’il faut un peu plus de pratique et de temps pour l’apprentissage d’une langue. Puis, ce fut au tour des étudiants d’être sondés pour bien nous assurer que ce nouveau cursus les intéresserait. Nous ne pouvons pas proposer de nouveaux cours sans avoir complété une étude de marché. L’éducation c’est maintenant du business dans le sens que l’on ne peut pas perdre d’argent sur un cours. Il faut donc être assuré qu’il attirera un nombre suffisant d’étudiants. Nous sommes enfin passés à la phase « écriture des modules » pour aboutir à la phase finale du document de plus de 300 pages qui contient l’ensemble des recherches, des modules et de l’encadrement du futur cours.

Aujourd’hui 24 février, plus d’un an après la conception de l’idée, le cursus a été validé par un jury composé de sept personnes. Nous avons débuté à 9h ce matin par les présentations des personnes. Flanquée de mes deux directeurs de départements et accompagnée de mes collègues de la faculté de tourisme nous avons planché pendant plusieurs heures. Nous avons défendu nos choix et nos propositions. Les professeurs ont ensuite été entendus. Ce soir le verdict est tombé. Le programme est accepté mais est sujet à quelques conditions. Encore quelques réunions et des modules à revoir et puis, en septembre prochain, nous accueillerons nos premiers étudiants. Dernier message aux professeurs pour leur annoncer la bonne nouvelle et puis la fatigue mêlée à la satisfaction d’avoir réalisé un projet de longue date et de l’avoir réussi. Le prochain moment de bonheur sera le jour où je rencontrerai les étudiants. Le cursus prendra alors vie et ne sera plus seulement un gros livre, plein d’idées mises sur papier.

 

De la nécessité de l’histoire et de la géographie en Terminale S ou l’apprentissage d’un esprit critique citoyen et humaniste

 

D’après Nicolas Sarkozy l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire. Ce n’est pas une raison pour en faire sortir les élèves de terminale S. D’autant que notre président aime à convoquer Jaurès, Blum et Jules Ferry dans ses propres discours, à moins qu’ils n’aient été que d’ordre décoratif. L’histoire de France, qui semble encore utile au tribun politique, ne doit plus encombrer les cerveaux de l’élite de nos lycées. Ainsi en a décidé Luc Chatel le 7 décembre 2009 qui présentait une nouvelle partie de sa réforme du lycée, avec la suppression de l’histoire-géographie pour les élèves de Terminal S. La nouvelle m’avait choquée. Plus je réfléchis au sujet plus je pense que cette réforme est une grave erreur que nous ne pouvons laisser passer. Elle touche à l’enseignement secondaire général français et concerne donc l’ensemble des lycées français de par le monde. Il en va de l’enseignement mais aussi des repères, que nous souhaitons apporter aux jeunes générations pour qu’elles comprennent le monde, avant de contribuer à leur tour à l’histoire. Or, à l’heure de la mobilité et, dans une autre mesure, du débat initié par le Gouvernement sur l’identité nationale, cette réforme paraît complètement incongrue. Comment apprendre à se connaître soi-même et à connaître les autres sans les enseignements qu’apportent l’histoire et la géographie ? Quels bénéfices en tireront les élèves?

À l’heure actuelle, on ne peut plus penser l’enseignement ni une carrière professionnelle sans la notion d’ « échanges » et de « mobilité ». Nous sommes dans un monde mobile, où les gens, les savoirs, les traditions, les conflits se déplacent. L’histoire et la géographie sont nécessaires à la compréhension du monde et au développement d’un esprit critique. Comment comprendre ce qui se passe autour de nous si l’on ne sait pas d’où l’on vient ? Comme le disait Karl Marx, « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »… C’est par ces savoirs que nous parvenons lentement à faire tomber les dernières barrières tenaces de la xénophobie et de l’homophobie.

Sous prétexte d’allègement de l’emploi du temps pour favoriser l’enseignement des spécialités scientifiques, cette réforme m’inquiète sur le devenir de générations manquant de clés pour comprendre le monde, mais aussi sur le devenir de la discipline. L’éducation ne peut pas se positionner seulement dans une logique comptable de suppression de postes ! Les forums d’élèves et d’étudiants en parlent* : pourquoi vouloir enfermer les élèves de Terminale S dans leur environnement de sciences dures ? Pourquoi vouloir sacrifier une partie de leur culture générale ? Cette réforme oublie qu’une grande partie des élèves de Terminale S poursuivent leurs études supérieures dans les sciences sociales et humaines. Ces futurs bacheliers accuseront un certain retard face aux élèves issus d’autres filières. Et que dire de ceux qui souhaitent s’inscrire en classes préparatoires pour passer les concours des grandes écoles ?

On n’a simplement pas le droit de sacrifier l’apprentissage d’une citoyenneté critique et humaniste au profit d’une logique comptable et d’une rentabilité à court terme. Le prix à payer dans cette tentative d’habillage de la pénurie est beaucoup trop lourd.

 

 

*Forumdesados.net, planete-ados.com, facebook.com, forum MSN.

 

Pérennité de la bourse Lavoivier

(publiée dans le JO Sénat du 07/05/2009)

Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques qui s’applique à l’ensemble des administrations françaises et qui fixe pour chacune d’entre elles des objectifs prioritaires, le ministère des affaires étrangères et européennes (MAEE) doit désormais recentrer son action, dans le domaine de la mobilité internationale étudiante, sur les futures élites étrangères désireuses de venir se former dans notre pays. Compte tenu de cette priorité affichée et de contraintes budgétaires accrues, le ministère des affaires étrangères et européennes a dû mettre fin au programme de bourses Lavoisier, à l’exception des allocations prévues pour les étudiants français admis au Collège d’Europe et à l’Institut universitaire européen de Florence, le MAEE étant lié à ces deux établissements par des conventions internationales et étant contributeurs directs à leur budget.

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Erasmus a 20 ans

Depuis mes débuts dans l’enseignement j’ai toujours cru à l’importance des échanges. Lors de ma première année dans l’enseignement secondaire j’ai organisé un échange par lettres entre mes étudiantes et une école à Vienne, dans l’Isère. Trois ans plus tard, à l’université, j’ai géré un programme Petra qui m’a permis d’envoyer cinq étudiants en France et en Allemagne pour 6 mois passés dans chaque pays. J’ai enchainé sur un programme Tempus qui m’a permis d’accueillir trois étudiants arméniens d’Erevan puis cinq étudiants roumains d’Oradea. Tous ont complété avec succès leur mémoire de recherche et ont été reçus à leur retour dans leurs universités.

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ERASMUS MUNDUS

Le programme Erasmus connait un engouement grandissant pour les étudiants de premier cycle. Il est cependant essentiel de donner aux étudiants le choix de se spécialiser au niveau Mastère et de pouvoir sélectionner l’université la plus à même de leur offrir ce qu’ils recherchent. Pour le première fois, les étudiants sont sollicités pour améliorer le programme d’enseignement supérieur dans un rassemblement.

Le 11 octobre, Ján Figel’, commissaire européen à l’éducation, à la formation, à la culture et à la jeunesse, a accueilli plus de 100 étudiants et anciens étudiants Erasmus Mundus à Bruxelles.

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UNESCO: Pénurie croissante d’enseignants qualifiés

La France supprime des postes d’enseignants alors que le monde entier reconnait le rôle essentiel de l’éducation dans la vie de chaque individu. Certains collègues dont les carrières ne vont nulle part en France trouveront peut-être les rapports suivants intéressants. A l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, plusieurs agences des Nations Unies soulignent l’importance des enseignants pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment le deuxième, et s’inquiètent de leur pénurie dans le monde.

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L’homme doit seulement découvrir qu’il est solidaire de tout le reste.

Révérence à la Vie. 1999.
Théodore Monod

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