Environnement

Marine, enfant du carbone

 Je voulais partager avec vous cet article de Jean-Marc Jancovici, paru dans Les Echos.  

 

Jean-Marc Jancovici

Chroniqueur – Ingénieur-conseil

Quel rapport entre la première place dans les sondages de Marine Le Pen et le carbone ? Posée comme cela, la question rappelle fortement les blagues absurdes de notre adolescence. Et pourtant, non seulement la réponse existe, mais elle permet d’affirmer que, tant que nous ne nous mettrons pas la décarbonisation de l’économie au sommet de nos actions, ce qui nous attend au bout du chemin est hélas uniquement le chaos et le totalitarisme. En 2004 déjà, Marcel Boiteux, peu suspect d’être partisan de l’abandon de la démocratie, proposait ce genre de conclusion. Le grand homme avait-il abusé des mêmes substances que votre serviteur ?

Commençons par le commencement : l’économie n’est qu’une machine à transformer des ressources. De l’ordinateur sur lequel je tape ce manuscrit au papier sur lequel vous lirez ces lignes, tout ce qui a permis d’aller de l’un à l’autre (réseau télécoms, photograveurs, rotatives, usines de papier, usines de camions, puits de pétrole et raffineries, centrales électriques, magasins de journaux, et j’en passe) est constitué de ressources naturelles transformées par l’homme.

Or, par définition, même en physique, l’énergie est la grandeur qui quantifie le degré de changement d’un système. Il n’y a donc pas de transformation sans énergie, et donc pas d’économie sans énergie, fût-ce celle de nos muscles. Cette dépendance est devenue massive dans le monde moderne, car, depuis un siècle, pétrole, gaz, charbon et uranium ont permis de multiplier par plusieurs centaines la seule force de nos bras et de nos jambes, et par ce même multiple les flux de matière qui alimentent notre système productif.

Sans énergie, plus de transports, de tracteurs et d’engrais, d’hôpitaux, d’usines, de chaîne du froid, d’ordinateurs (et donc plus de banques, ni de téléphone), de pompes (donc d’eau potable), etc. ; sans exagérer, on peut dire que si, demain matin, la France devait être privée d’énergie, le PIB serait divisé par n’importe quoi entre 2 et 20, et évidemment notre pays sombrerait dans le chaos… et la dictature. Or la France importe 99 % de son pétrole, 97 % de son gaz, 100 % de son charbon, et 100 % de son uranium, même si ce dernier se stocke facilement. Et la quantité de pétrole et de gaz à la disposition des Européens (65 % du total à eux deux) a déjà commencé à baisser sous l’effet de la contrainte globale de stock. Rappelons que l’extraction d’un stock donné une fois pour toutes - ce qui est le cas pour le pétrole, le gaz et le charbon, qui ont mis des centaines de millions d’années à se former -ne peut rien faire d’autre, au cours du temps, que de passer un jour par un maximum pour décliner inexorablement ensuite. Le maximum mondial, nous y sommes pour le pétrole et nous y serons bientôt pour le gaz, même avec les gaz de schiste, qui déchaînent tant les esprits aujourd’hui.

Comme les Européens sont en compétition croissante avec les pays producteurs (qui ont de plus en plus de voitures) et les « émergents » (qui ont déjà pas mal émergé !), dès lors que la production mondiale de pétrole n’augmente plus, la quantité que nous pouvons importer décroît. La production de la mer du Nord, pour sa part, baisse depuis 2000. Résultat : - 10 % de pétrole disponible en Europe entre 2004 et 2009, et la tendance n’a aucune raison de s’inverser. Pour le gaz, c’est pareil : la mer du Nord a passé son pic de production il y a quelques années, et les importations ne compensent pas le déclin (et ne le feront pas à l’avenir) ; de 2005 à 2009, le Vieux Continent a eu 7 % de gaz en moins. Enfin l’Europe importe déjà 40 % de sa consommation de charbon, et comme c’est un matériau qui voyage mal et ne peut remplacer le pétrole dans les transports, la substitution ne se décrète pas si facilement.

Nous allons donc avoir moins de combustibles fossiles. Comme ces derniers fournissent 80 % de l’énergie mondiale (et 83 % en Europe) et que, pour des raisons physiques, nucléaire et renouvelables auront du mal à compenser en totalité, nous allons probablement avoir moins d’énergie tout court, donc moins de transformation, donc moins de valorisation monétaire de cette transformation, donc… moins de PIB. Quelques petits artifices financiers permettent de temporairement cacher la misère, en mélangeant bulles spéculatives (y compris sur l’immobilier) ou production de crédits (avec de l’endettement à la clef), mais la réalité physique nous rattrape désormais tous les cinq à dix ans, sous forme d’une crise plus ou moins grave, qui se manifeste par un choc pétrolier puis une récession. La seule question pour la prochaine est juste de savoir si elle sera en 2012 ou 2013 ! Tant que nous conserverons cette dépendance mortelle aux combustibles fossiles, nous connaîtrons périodiquement des récessions, et Marine Le Pen montera dans les sondages, même si elle n’a pas l’ombre d’un plan pour faire face au problème.

Eviter l’extrémisme porte donc un nom : c’est la décarbonisation de l’économie. Que tous les adversaires politiques de Marine Le Pen y travaillent un peu plus sérieusement qu’aujourd’hui !

 

Jean-Marc Jancovici est ingénieur et consultant, spécialiste de l’énergie et des questions climatiques

 

Pour un Grenelle de Gauche

                  Nous avons besoin d’un « Grenelle 3 » de gauche.

 

La croissance verte aurait dû être une chance pour la France depuis 3 ans. Le bilan n’est pas brillant. En recul sur de nombreux points par rapport au « Grenelle 1 », le texte du « Grenelle 2 » entérine le désengagement de Nicolas Sarkozy en matière d’environnement.

1. Recul sur l’énergie éolienne:

Au titre des énergies renouvelables, c’est surtout la filière éolienne qui reçoit un coup de frein. L’article 34 relatif aux implantations de champs éoliens finalement adopté prévoit les dispositions suivantes :

  • soumission des éoliennes au régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)
  • interdiction d’implanter des machines à moins de 500 mètres de toute habitation ou de zones destinées à l’habitation
  • la disposition prévoyant un seuil minimal de 15 MW pour tous les futurs champs a été abandonnée mais le nombre minimum de mâts à installer est maintenu à cinq (et les éoliennes – nouvelle génération- ont une puissance moyenne de 3 MW !)

Dans ces conditions, les acteurs de la filière clament qu’il sera impossible d’atteindre les objectifs fixés par le Grenelle 1 pour 2020 de 25 000 mégawatts de puissance et 50 000 emplois. C’est même, selon le Syndicat des Energies Renouvelables, les 10 000 emplois actuels de la filière qui sont menacés.

2. Recul sur la lutte contre les pesticides:

L’engagement initial du Grenelle de l’Environnement était de diviser par deux l’usage des pesticides en 10 ans. La France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le 4ème au niveau mondial.

Les amendements introduits témoignent que le gouvernement a cédé aux lobbies agrochimiques. La santé et la préservation de l’environnement passent au second plan après les intérêts économiques des fabricants de pesticides :

  • un amendement assujettit « la restriction ou le retrait d’un pesticide à l’évaluation des effets socio-économiques » et non plus simplement sanitaires ou sociaux. Cela signifie qu’on ne pourra plus simplement retirer l’homologation d’un produit alors qu’on aura démontré sa dangerosité pour la santé et/ou l’environnement.
  • Un nouvel article autorise la publicité pour les pesticides

3. Recul sur les transports propres:

La mise en œuvre de la Taxe Poids Lourds votée dans le Grenelle 1 a été reportée d’ « au moins un an » :

Cette taxe devait s’appliquer aux 800 000 camions de plus de 3,5 tonnes qui circulent chaque année en France. Cela représente un manque à gagner de 1,25 milliards d’euros de recette fiscales.

Par ailleurs, en dehors du Grenelle 2, le gouvernement a annoncé l’autorisation de circulation de camions de 44 tonnes en France, suite aux pressions des lobbies de l’agriculture intensive.

4. Recul sur l’habitat écologique:

Les obligations de performance énergétique et d’isolation des bâtiments sont reportées.

Il faut souligner également le manque d’ambition de la future Réglementation Thermique 2012 pour les bâtiments neufs par rapport à ce qu’avaient souhaité les députés Bataille et Birraux dans leur rapport présenté en décembre dernier.

Ce document préconisait entre autres l’instauration d’une limite d’émission de CO2. Mais finalement aucune limite n’a été retenue, les émissions de CO2 des bâtiments neufs devant seulement être indiquées à compter de cette date.

5. Recul sur l’étiquetage écologique :

L’engagement de rendre obligatoire l’étiquetage écologique des produits, notamment leur bilan CO2, devient une simple « expérimentation ».

Nous sommes dans le court terme, la soumission aux pressions des lobbies dont on voit les conséquences aux Etats-Unis et, pendant ce temps, nous ne traitons pas le problème environnemental. Les forces de gauche doivent avancer sur tous les points nommés ci-dessus et montrer une forte ambition dans la mise en place d’un modèle qui nécessite l’égalité d’accès aux équipements et aux sources d’énergie renouvelables par l’introduction d’une fiscalité incitative et non punitive.

 

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Un nuage de cendres nous rappelle que la nature a aussi son mot à dire.

 

  

Depuis le mois de septembre je prends l’avion chaque semaine pour aller à Paris. Je me rends compte qu’un certain nombre d’Européens utilisent le transport aérien pour aller travailler comme d’autres prennent l’autobus ou le train. Une quinzaine de vols quotidiens relient l’Irlande à la France, sans compter les voyageurs qui transitent par l’Angleterre. Un nombre croissant de Français travaillent en Irlande auxquels viennent s’ajouter près de 400 000 touristes chaque année.

Depuis six jours aucun avion ne décolle ni n’arrive en Irlande. Nous nous rendons compte, que des milliers de personnes sont en fait bloquées. Rien de grave pour les deux, voire trois premiers jours mais les problèmes deviennent de plus en plus apparents, d’ordre financier tout d’abord dû à l’hébergement mais aussi d’ordre médical ou familial.

Une cellule de crise fonctionne depuis dimanche à l’ambassade. Tout le personnel a été réquisitionné pour recevoir les Français de plus en plus nombreux qui viennent au consulat et répondre au téléphone. La toute petite équipe de l’ambassade qui va du chauffeur au gendarme ainsi que tout le personnel consulaire assure la permanence. Nous avons fait appel aux associations afin de trouver des familles d’accueil, prêtes à loger pour quelques nuits les Français coincés à Dublin. Nous avons ouvert le gymnase du lycée pour deux groupes d’écoliers qui ont finalement préféré le confort d’une auberge de jeunesse où le consulat a négocié un tarif spécial. Trois hôtels nous ont aussi accordé un forfait préférentiel. Hier soir, lundi, deux autobus ont quitté Dublin avec à leur bord deux cents Français qui doivent rejoindre Paris ce soir vers 17h. Deux autres autobus partent ce soir. Il est toujours très difficile voire impossible de trouver une place sur les ferries.

L’Irlande exporte chaque jour pour 95 millions d’euros de fret. La relation avec l’Angleterre est toujours étroite et les échanges qui passaient principalement par les airs ( 30 vols par jour) se retrouvent concentrés sur le seul lien possible avec le continent qu’est la mer. On imagine alors facilement que la pression soit excessive et que nos pauvres touristes ne soient pas prioritaires. On comprend également que l’économie irlandaise, déjà en très mauvaise santé, n’avait pas besoin de ça. Aer Lingus et Ryanair perdent 5 millions d’euros par jour. La facture finale sera colossale.

Le principe de précaution qui a fermé la majorité des aéroports européens peut être critiqué mais que dirions-nous si des avions s’étaient écrasés entrainant des centaines de morts? Ce phénomène est suffisamment rare pour que nous n’ayons pas les données scientifiques ni l’expérience nous permettant de nous référer à des situations similaires dans le passé et prendre ainsi les décisions nécessaires. Voilà bien une opportunité pour l’Union européenne de mettre en commun des moyens pour une étude scientifique du phénomène et les réponses à lui apporter. Pourquoi attendre six jours pour organiser enfin une réunion des ministres des transports ? Si nous devons retenir une leçon il me semble qu’un temps de réaction plus rapide sera bienvenu à l’avenir.

 

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Politique environnementale – politique économique : sœurs siamoises

 

 Suite à une série de séminaires sur le thème de l’environnement auxquels j’ai assisté récemment ainsi que la conférence de Brice Lalonde que vous pouvez trouver sur le site de l’Institut au www.iiea.com j’ai quelques réflexions à partager avec vous.

L’économie verte ne se développera pas au travers des investissements étatiques s’ils ne sont pas suivis de mesures incitatives au changement. La France était, grâce au rôle visionnaire de l’Etat, leader mondial en énergies solaires, en énergies marémotrices et en nucléaire 4ième génération. Elle avait par exemple le plus gros parc de véhicules électriques (EDF, les PTT…) et aujourd’hui plus rien, faute de relai dans le privé. Il est aussi un fait que les acteurs économiques cherchent avant tout le rendement financier. L’absence de stratégie à long terme de la part de l’Etat ne les incite donc pas à investir.

Autre handicap, la croyance en une croissance impliquant la création d’emplois tient plus du dogme que de la réalité. La création d’emploi est possible sans croissance, en respectant les impératifs économiques moyennant des politiques économiques et fiscales astucieuses.

Le dogme veut que la croissance crée l’emploi et la croissance crée le progrès par les gains de productivité. On comprend alors que si la croissance est inférieure aux gains de productivité il y a destruction d’emploi parce qu’il y a réduction du volume de travail. Autre possibilité la réduction du temps de travail par employé qui ne semble pas aujourd’hui l’objectif de celles et ceux qui accaparent nos ondes. Dans cette logique, le progrès humain passe par une croissance infinie qui reste impossible dans un monde fini. Ce dogme est à revoir.

 

Comment faire si on décide d’adopter une vision écologique et humaniste :

1/ La croissance doit être avant tout qualitative. Par exemple la croissance dans une production agricole standard augmente la pollution, gaspille les ressources fossiles et réduit les emplois. A l’inverse l’agriculture biologique à production égale, augmente le travail, économise les ressources et réduit la pollution.

2/ Vu du coté énergétique : 1kWh « sale » est aussi vertueux dans les calculs du PIB qu’1kWh propre, voire plus vertueux qu’1kWh économisé… alors que dans cette démarche une mine d’emplois existent (productions renouvelables, isolation des bâtiments, efficacité énergétique). Une étude Négawatt table pour +680 000 emplois nets en France en 2020 avec un scénario énergétique vertueux.

 

 

 

L’analyste Sir Nicholas Stern démontre que le coût de l’inaction sera d’un ordre de grandeur supérieur au coût de l’action. Pour qui ? Et bien pour nous tous puisque l’impact du réchauffement climatique touchera le PIB de tous les pays, entrainera des déplacements massifs de populations et augmentera les flux migratoires. Enfin, il sera à l’origine de nouvelles tensions pour l’accès et le partage de l’eau au sein même des pays entre agriculteurs et citoyens.

La solution est simple et désagréable pour certains. Elle passe par un meilleur partage des richesses.

L’écologie est probablement la meilleure voie pour un socialisme efficace.

 

L’environnement, l’affaire de tous.

Le Sommet de Copenhague a montré combien il est difficile de régler les questions de réchauffement climatique, et plus largement de protection de l’environnement, de développement social et écologique au niveau mondial. Ce n’est pas pour autant qu’il faut désespérer de pouvoir agir pour ces problématiques qui nous sont chères et de baisser les bras. De nombreuses initiatives sont possibles à tous les niveaux, tant communautaire que national, régional ou local et nous devons continuer à nous battre. En réponse à mon invitation Brice Lalonde a accepté de venir parler à l’Institut des Affaires européennes et internationales à Dublin le 18 février prochain (www.iiea.com). Le thème de sa conférence est « The Future Direction of International Climate Change negociation Post-Copenhagen ». La verte Irlande a bien l’intention de le rester. Une réflexion au niveau national est engagée à la fois sur la protection de l’environnement et sur la croissance verte qui pourrait sauver l’économie très touchée par la crise. Afin d’aider ce « Grenelle » irlandais de nombreuses conférences sont prévues en 2010 ainsi qu’une recherche sur les bonnes pratiques dans le monde. Souvent il suffit de regarder près de chez soi pour les trouver.

L’Union européenne propose plusieurs engagements ambitieux en matière de réduction des émissions globales, de « transport vert », de consommation et de production durables… À titre d’exemple, malgré l’échec de Copenhague, l’Union s’est engagée unilatéralement pour 2020 à réduire ses émissions globales de 20 % par rapport aux niveaux de 1990. L’environnement c’est avant tout un engagement de tous les jours. De nombreuses initiatives locales existent. La Région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, a une « énergie d’avance » comme le déclare sa profession de foi pour la régionale. Soutien à la production de voitures électriques, développement de l’agriculture biologique et interdiction des OGM, mesures à l’encontre des pesticides, plan d’énergie solaire s’appuyant sur la filière photovoltaïque… Les exemples sont nombreux et ils touchent tant à l’industrie qu’à l’agriculture, la recherche, l’énergie, l’éducation avec l’inauguration du lycée Kyoto à Poitiers, « premier lycée d’Europe 100 % énergies propres »… Ce qui montre encore une fois comment la protection de l’environnement est une donnée essentielle à encrer dans l’éducation de nos enfants, ces citoyens en devenir. De plus, ces initiatives régionales sont effectivement créatrices d’emploi. Plus de 15 000 emplois dans le pôle des éco-industries ont été créés dans cette région ces dernières années.

Il n’y a pas une bonne échelle à la protection de l’environnement. Et l’enjeu est trop important pour que nous nous passions tous la balle pour savoir qui est le plus à même d’agir. Nous le sommes tous, chacun à notre mesure. Les initiatives et les succès sont suffisamment nombreux pour qu’ils soient partagés et imités. 

 

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L’environnement et nous

Depuis le 7 décembre se tient le Sommet de Copenhague sur le climat. Dans quelques heures tout sera fini et tous les Grands de ce monde y seront venus. Cela pourrait être de bon augure car on imagine mal qu’ils veuillent rentrer chez eux bredouilles face à des opinions publiques de plus en plus pressantes. Mais comme la résolution des problèmes climatiques semble passer essentiellement par des questions financières les blocages sont nombreux et l’espoir d’un accord diminue chaque jour. Voilà pourtant une nouvelle occasion de réunir la communauté internationale autour de la question du changement climatique. Une nouvelle occasion aussi de nous rappeler combien l’environnement et le développement durable nous concernent tous… Il en va de notre présent, de notre futur et de celui de nos enfants.

Il est dommage que le sujet ait été autant « négligé » par l’ensemble des partis politiques jusqu’à ces dernières années, à tel point qu’il en était devenu l’exclusivité des Verts. Cela ne peut plus être le cas. L’environnement appartient à tous, car il appartient à tous la responsabilité d’un juste développement écologique et social. La protection de l’environnement ne peut être pensée sans une dimension sociale, inhérente à la place de l’homme dans la société. Le Parti Socialiste l’a compris. L’environnement est indissociable du social.

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Copenhague ou le compte à rebours pour la mobilisation écologique

Le 7 décembre s’est ouvert à Copenhague le sommet sur le changement climatique qui déterminera notre qualité de vie pour les décennies à venir. Cent quatre vingt dix pays parleront de l’avenir de la planète pendant deux semaines. On a assisté jusqu’ici à un jeu entre les pays riches et les pays pauvres, qui les accusent de mégoter sur le financement de la lutte contre le changement climatique. Ceux-ci répondent en demandant qu’ils soient imités dans leurs efforts de limitation d’émission de gaz à effet de serre. Nous vivons un tournant historique. Nous sommes devant quelque chose de plus important que le simple militantisme. Nous sommes face à une attitude citoyenne qui nous demande d’anticiper l’avenir avec une connotation éthique.

Il y a deux façons pour se mobiliser pour la cause écologique, celle du cœur et celle de la raison. La disparition accélérée des espèces de notre faune et de notre flore ne peut nous laisser indifférents.

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Le climat est notre affaire

Le réchauffement climatique n’est pas qu’un enjeu de survie et d’avenir de la terre. Enjeu économique et social il nous touche toutes et tous. Nous devons réfléchir non pas en terme d’impact à court terme sur notre bien-être mais de notre avenir et celui de nos enfants. Et agir, dans notre quotidien et au niveau politique.

EurActiv permet suivre la politique européenne en matière de changement climatique.

Il faut mentionner l’initiative Spring Alliance menée par plusieurs syndicats et ONG européens qui souhaitent s’organiser pour faire pression sur la Commission Européenne. A suivre.

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Ils nous promettent la lune, nous ne voulons que la terre!

Depuis que je sais que j’irai à Stockholm la semaine prochaine je suis attirée par les articles qui en parlent. J’ai découvert hier que c’était la ville la plus verte au monde. Elle sera aussi en 2010 la première capitale européenne de l’environnement. Nous célèbrerons ainsi notre environnement comme nous fêtons la culture, chaque année depuis 1985, en désignant une ville européenne capitale de la culture.

La vie 100% écolo parait si simple. Les émissions de dioxyde de carbone ont diminué de 95% en cinquante ans; le revêtement du tarmac de l’aéroport permet aux avions de dégager moins de CO2 ; les taxis verts ont priorité ; les embouteillages de vélos sont fréquents; les parcs et lacs sont protégés depuis les années 1980 ; les 70 millions d’euros que le péage imposé à l’entrée de la capitale rapporte par an sont réinvestis dans son réseau de transport en commun qui est l’un des plus denses au monde ; les quartiers verts sont une réussite.

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Pour une action commune sur les changements climatiques

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR UNE ACTION COMMUNE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Il est temps que la communauté internationale concrétise l’engagement des responsables politiques du monde entier pour une action commune sur les changements climatiques, a déclaré aujourd’hui Ban Ki-moon aux participants de la réunion ministérielle officieuse sur les changements climatiques qui se tient à Bogor, en Indonésie.

Le Secrétaire général a rappelé dans son message qu’il avait convoqué une réunion de haut niveau sur la question le 24 septembre à New York, à l’occasion de laquelle « pour la première fois », 72 chefs d’État et de gouvernement et 67 ministres avaient abordé ce sujet de préoccupation et exprimé leur souhait que la prochaine Conférence sur les changements climatiques, qui se tiendra sous les auspices des Nations Unies en décembre à Bali, marque le début d’une action concertée à l’échelle internationale sur les changements climatiques.

Après avoir rappelé que le quatrième rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental de l’ONU sur les changements climatiques, lauréat du Prix Nobel de la Paix pour cette année, avait formellement établi la responsabilité de l’homme dans les changements climatiques que connaît la planète, le Secrétaire général a invité les participants à esquisser un ordre du jour permettant aux États de définir à Bali un futur cadre d’action multilatérale en matière de changements climatiques.

L’après Kyoto

 »Préparation de la conférence internationale de Bali sur l’après-Kyoto »

En prévision de la conférence internationale de Bali où débuteront les négociations sur la lutte contre le changement climatique après expiration du protocole de Kyoto et qui aura lieu du 3 au 14 décembre, sous l’égide de l’ONU, la commission temporaire du Parlement européen sur le changement climatique organise six sessions thématiques dont la deuxième a donné la parole à des experts internationaux venus s’exprimer sur le défi de la protection du climat après 2012.

Cette session a notamment permis de mettre en évidence les divergences d’approche, entre l’Union européenne, les pays émergeants et les Etats-Unis, mais aussi pour le Parlement de réaffirmer sa position : « Le changement climatique ne se réduit pas à une question exclusivement environnementale, pas plus qu’il ne se réduit à une question de développement ou à une exigence purement technologique. Le changement climatique à une composante géopolitique et de sécurité internationale. Il concerne donc tous les aspects de notre vie : notre écosystème, notre santé, nos méthodes de production, notre sécurité. Le changement climatique a des effets de très vaste portée et à long terme : son combat est un impératif de la raison, un impératif de justice à l’égard des générations futures » a déclaré le Président du Parlement, M. Pöttering, selon qui il faut « trouver d’urgence une réponse globale, internationale et contraignante ».

Le représentant spécial du ministère britannique des Affaires étrangères pour le changement climatique, John Ashton, a quant à lui estimé que l’enjeu du débat réside essentiellement dans « l’effort à faire pour construire une économie mondiale qui, en matière d’énergie, devrait atteindre, à la fin du siècle un degré zéro de carbone ».

Pour l’ambassadeur de la mission japonaise auprès de l’Union, il faut s’orienter vers un régime « souple et diversifié » conciliant protection du climat et croissance économique.

Son homologue américain a quant à lui déclaré : « nous ne disposons pas encore des technologies nécessaires pour atteindre nos objectifs », et insisté sur l’espoir que place son pays dans le développement des techniques de capture du CO2.

Impasse sur l’écologie à gauche

Le 23 septembre j’ai écrit un texte pour mon blog. Ce qui me désole c’est que l’on attende un évènement pour parler d’écologie. Pas d’extase pour ce qu’a réalisé Al Gore mais il a quand même le mérite de nous ramener à l’essentiel, à savoir qu’il est urgent de nous préoccuper de notre avenir énergétique et de la pollution que nos façons de vivre génèrent. J’ai interprété la remise de son prix comme la reconnaissance de la prise de conscience des problèmes liés à l’écologie par des populations de plus en plus inquiètes. Le fait qu’il ait été Vice-Président des Etats-Unis a aussi grandement joué dans le succès qu’a rencontré son film.

Plusieurs générations ont vécu comme si les ressources naturelles étaient illimitées et que seule la consommation était source de bonheur. On se rend compte aujourd’hui que sans la mise en place d’énergies renouvelables nous ne pourrons pas suffire aux besoins croissants d’une population humaine en constante augmentation. D’autre part, le gaspillage des sociétés dites développées est impardonnable.

Après un voyage comme celui que je viens d’effectuer en Afrique j’ai toujours un sentiment de malaise à mon retour quant à l’écart qui existe entre la vie en Europe et d’autres parties du monde. Alors, j’aimerais avoir les moyens de faire plus pour notre planète, d’en parler et d’agir pour que de vraies mesures soient prises. Je suis attentivement ce qui sort du Grenelle de l’environnement et suis plutôt déçue. Il est important que notre Parti ait une position forte dans ce domaine. Pour cela il nous faut persévérer, nous militants, et contribuer au débat.

Les populations souffrent

DAKAR, 25 septembre 2007 (IRIN) – Près trois millions d’élèves des cours primaires et secondaires d’Afrique de l’Ouest démarreront les classes cette année avec plusieurs semaines de retard, alors que d’autres passeront leurs premiers jours de classe sous des hangars, en raison des inondations exceptionnelles qui ont frappé la région.

Après les pluies diluviennes, les salles de classe, dans de nombreuses régions, sont encore occupées par les familles déplacées et des routes et des ponts ont été emportés par les eaux ; une situation qui a contraint les gouvernements du Togo et du Mali à reporter la date de la rentrée scolaire.

Au Togo, où la région du nord-est a été durement frappée par les inondations, le gouvernement a reporté la date de la rentrée des classes dans tout le pays « pour éviter d’avoir un système éducatif à deux vitesses », a déclaré le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire sur les ondes de la télévision nationale. Pour les quelque 1,8 million d’élèves togolais, la rentrée des classes aura lieu le 17 octobre, soit un mois après la date initialement prévue.

Les autorités togolaises craignent que les inondations – dans la région nord des Savanes – n’aient aussi un impact à long terme sur l’éducation des enfants.

Outre la dégradation des bâtiments scolaires, Memounatou Ibrahima, ministre des Affaires sociales et de la promotion féminine a, dans une lettre adressée le 13 septembre au président Faure Gnassingbe, souligné que des familles avaient tout perdu et que leur vulnérabilité économique pourrait justifier la non scolarisation de leurs enfants.

Au Mali, la rentrée des classes pour les quelque deux millions d’élèves est prévue le 2 octobre, au lieu du 17 septembre. Dans d’autres pays affectés par les inondations, l’année scolaire démarrera à la date prévue, mais avec quelques perturbations, les communautés sinistrées devant nettoyer les dégâts causés par les inondations.

Mauritanie, Niger, Bénin

En Mauritanie, où plus de 30 000 personnes ont été affectées par les inondations, le gouvernement a maintenu la date du 1er octobre pour la rentrée scolaire. A Titane, une ville du sud-est frappée par les inondations, certaines communautés organiseront les cours sous des hangars en attendant la réhabilitation des salles de classe, a expliqué à IRIN Ali Fall, le secrétaire général de l’éducation nationale.

Au Niger, où le gouvernement affirme que les inondations ont affecté quelque 16 700 personnes, la rentrée des classes devrait avoir lieu comme prévu le 1er octobre, mais cette date pourrait être modifiée lors de la réunion du conseil de l’éducation nationale qui se tiendra les 25 et 26 septembre, a indiqué Maiga Younoussa, secrétaire général de l’enseignement du secondaire et supérieur.

Au Benin, certaines régions ont également souffert des inondations. Prévue initialement le 17 septembre, la rentrée scolaire a été reportée au 4 octobre pour des raisons administratives qui ne sont pas liées aux inondations, a confié à IRIN un fonctionnaire de l’éducation nationale.

Selon les estimations des Nations Unies, plus de 550 000 personnes ont été affectées par les inondations dans les 12 pays d’Afrique de l’ouest.

L’écologie humaine est en conflit avec l’écologie planétaire.

Les pays développés ont construit au fil du temps un milieu artificiel qui sert de remparts contre les aléas naturels. Ils pensaient avoir créé un milieu protégé et être à l’abri des grandes catastrophes mais voilà que les épidémies, les cyclones ne connaissent aucune frontière. Les principaux partis politiques de ces pays ont pendant longtemps négligé la question de l’environnement. Les rapports sur les effets désastreux du réchauffement climatique semblent finalement toucher les élites gouvernantes et financières. Le rapport du Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), publié début septembre, est le plus alarmant de tous. Il décrit comment l’augmentation de 2 degrés dans les 10 prochaines années entraînera sécheresse dans les régions les plus pauvres et affectera les récoltes agricoles en Inde -5% de mais et blé et -20% pour la Chine. Inondations, catastrophes naturelles n’épargneront aucun continent. Seules les conséquences économiques semblent émouvoir les dirigeants. Les déplacements massifs de population, les famines, le manque d’eau et les conséquences sur les populations sont quand même plus préoccupantes.

Pendant la campagne présidentielle, les propositions de Nicolas Hulot ont révélé l’importance de la prise de conscience des problèmes liés à l’écologie. La Chancelière Merkel vient de placer l’Etat allemand au cœur de ce débat alors que les propositions de l’actuel gouvernement français prennent corps autour du Grenelle de l’environnement qui doit aboutir fin octobre sur un vrai changement de cap. On saura alors si le discours de rupture relevait ou non d’un jeu de dupes.

Je souhaite que le Parti socialiste prenne aussi l’initiative d’un grand débat sur les problèmes écologiques comme il entend le faire sur la mondialisation, le marché et l’individu. Nous avons besoin de la définition de positions claires sur lesquelles nous réunir au-delà des clivages partisans.

Le Changement c’est maintenant!

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