Europe

26 et 27 novembre : deux jours à Bruxelles

Ces deux jours furent très riches en rencontres et en réflexion. A mon arrivée, j’ai rencontré notre candidat à la députation Philip Cordery, aussi l’un des principaux organisateurs de la Convention qui a réuni plus de 2 500 personnes en deux jours et fut un vrai succès grâce à la diversité et la qualité des débats. Le programme a aussi laissé le temps à la culture et a facilité les échanges. Nous avons fait le point sur sa campagne et sommes convenus du soutien que je lui apporterai. Après le travail budgétaire qui nous occupera jusqu’à la fin de l’année les premiers mois de l’année 2012 seront consacrés aux échéances électorales.

Ensuite j’ai participé à divers ateliers avant de modérer le débat qui a suivi la projection du film d’Anis Lassoued et Chema ben Chaaben « un été à Sidi Bouzekri ». Ce film donne la parole à ceux qui ne l’ont pas, ceux-là mêmes qui ont conduit la révolution. Attachant par ses personnages et la force de ses images, parfois choquantes mais toujours très respectueuses des personnes on ne peut que souhaiter à Anis de pouvoir continuer à produire ce genre de témoignages dont nous avons tant besoin.

Un atelier m’a particulièrement intéressé « LGT people equality and humans rights : are European socialists leading ? » Les problématiques soulevées pendant le débat ont montré tout le chemin qu’il nous faut encore parcourir.

J’ai eu le plaisir de retrouver des camarades de Berlin, Londres et Dublin dont les militants étaient venus nombreux mais aussi de prendre de nombreux nouveaux contacts.


 

Enfin dimanche matin Brigitte Tout avait invité les membres de la section FdM/ADFE à prendre un petit déjeuner au « Tout bon » à 10h. Nous nous sommes donc retrouvés à douze. Nous avons discuté pendant plus de deux heures des élections, du travail parlementaire et de la vie de la section. Ce moment est privilégié pour moi et reste le plus important. Je sais que je retournerai avec plaisir retrouver les amis et camarades bruxellois.

 

A Bruxelles pour la Convention progressiste européenne du PSE

 

 Je serai à Bruxelles en fin de semaine, le 25 et 26 novembre, pour participer à la première grande Convention Progressiste organisée par le Parti Socialiste Européen. Le programme, disponible ici, est très riche. 

J’y retrouverai des membres du PS français et du Labour irlandais, beaucoup de camarades parmi les 1600 participants attendus. Nous discuterons de l’avenir de l’Europe telle que nous la voulons: solidaire, généreuse, ouverte. Il sera question de préparer une sortie de cette crise de l’euro qui n’en finit pas, mais aussi de réfléchir à un nouveau modèle de société.  

Beaucoup de blogueurs et indignés seront présents, notamment des acteurs des printemps arabes. Je serais heureuse de modérer un débat sur le rôle de la culture dans l’engagement politique samedi après-midi. Il fera suite à la projection d’un film de Anis Lassoued, "un été à Sidi Bouzekri", dont vous pouvez voir une présentation en cliquant ici

Je vous invite à suivre les travaux directement sur le site du PSE et sur Facebook. Quand à celles et ceux qui seront sur place, j’espère que nous nous croiserons. 

 

Leçons à tirer de la crise ou la solidarité illusoire au sein de l’Union européenne.

 L’Irlande et l’Islande ont servi de laboratoires à la crise. Frappées toutes deux en 2008 aucune concession ne leur a été faite. La France, derrière le FMI et la BCE, a forcé l’Irlande a un emprunt énorme aujourd’hui remboursé par les contribuables irlandais. Les banques françaises protégeaient ainsi leurs investissements et, en plus, gagnaient 3% d’intérêts sur le dos des Irlandais puisqu’elles empruntaient à 3,5% à la BCE et prêtaient aux Irlandais à 6,5%. La menace de défaut de la Grèce a  soudain calmé l’avidité des banques françaises qui ont revu leurs taux d’intérêts à la baisse. Si Nicolas Sarkozy ne faisait pas passer les intérêts des banques avant celui des pays, y compris le sien, les décisions qui s’imposaient auraient été prises à temps.

Ces deux peuples se sont servis des processus démocratiques pour éloigner les responsables de la crise tant au niveau politique que financier dans leur pays. Ils attendaient des nouvelles équipes en place qu’elles soient courageuses et équitables. Les plans d’austérité furent sévères mais ces deux pays ont retrouvé un taux de croissanceraisonnable. Si ce n’était pour l’instabilité des autres pays européens et l’avidité des spéculateurs qui jouissent toujours d’une immunité parfaite tant que le système ne sera pas régulé  ces deux petits pays sont la preuve qu’il existe des solutions et que celles-ci passent par un courage politique qui se base sur une  perspective à long terme qui fait cruellement défaut. Qu’attendent aujourd’hui les pays ciblés par les spéculateurs pour imiter ce qui a marché ? Les mesures « Merkozy » ne sont pas à la hauteur de ce qui est nécessaire et arrivent trop tard.  Les décisions finalement prises cette semaine auraient du l’être au printemps 2010. Elles auraient évité à la France de perdre son triple A. L’indécision n’aura servie à rien et certainement pas à protéger leur système bancaire puisque Merkel et Sarkozy perdent tous deux toutes les élections dans leur pays respectifs.

Au fil des ans, gouvernements et législateurs ont répondu à des attentes catégorielles dans un système opaque. Cette approche a provoque d’incroyables inégalités. Pire encore les promesses non tenues éloignent un peu plus les peuples de la confiance qu’ils donnent aux politiques. Il ne suffit plus de tenir de bons discours le passage à l’acte se relève essentiel. L’Irlande avait perdu son âme à force de courir après le rêve vide et vain du bonheur matériel. Elle revient enfin à ses fondamentaux. Le candidat du Labour Michael D. Higgins gagnera certainement la présidentielle et continuera à apporter à la fonction la dignité que Mary Robinson puis Mary Mc Aleese lui ont donnée. Les élections qui se succèdent prouvent que les citoyens ont encore leur mot à dire et font le bon choix. Espérons qu’ils le feront massivement en 2012.

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L’Irlande et la crise économique

 En dehors des débats politiques qui nous intéressent nous avons l’avantage, nous Français de l’étranger, de pouvoir partager ce que nous observons dans nos pays de résidence. Nous pouvons y glaner ce qui marche et nous en inspirer dans nos propositions. Nous pouvons aussi témoigner des erreurs à éviter. 

Pendant près d’une décennie l’Irlande fut adulée par les medias. La presse française présenta le pays comme un Eldorado ; le pays où l’on trouvait du travail dans les 24 heures  (ce qui était vrai) et où tout était possible, en particulier pour les risques financiers. Les Irlandais étaient trop contents de croire au miracle et en ont profité sans penser aux lendemains puisque ceux-ci ne pouvaient être que plus sombres. Ils n’avaient pas eu le temps d’oublier leur passé.

Où va l’Irlande aujourd’hui ? A son arrivée au pouvoir le gouvernement de centre gauche a été forcé de revoir à la baisse toutes ses prévisions de croissance et à la hausse son endettement. Dans un élan de fierté nationale les Irlandais ont fait un point d’honneur de rembourser l’argent prêté par la BCE et le FMI. Ils paient le prix fort et le savent. Dans les vieilles lois et coutumes gaéliques, pour que la paix sociale demeure, il faut honorer ses dettes. Ils l’assument donc comme ils assument qu’ils ont joué à un jeu sans règles ni limites et qu’ils ont perdu. D’autres continuent de jouer et gagnent encore beaucoup d’argent. Les Irlandais, eux, n’ont plus rien à mettre sur la table. 

Il leur faut trouver des solutions et vite. Le gouvernement donne l’exemple avec la réduction des salaires des ministres et de leurs cabinets. Le service public connait les coupes les plus sévères. Aucun départ à la retraite n’est remplacé et des coupes successives de salaire ont atteint 14,5% pour la seule année 2010.  La consommation intérieure est pratiquement nulle alors ils misent tout sur les exportations. Ils stimulent l’investissement, en particulier les PME qui n’ont plus accès au crédit. Ils créent alors une banque publique d’investissement stratégique. La recherche et l’innovation sont les seuls domaines qui ont vu leurs crédits augmenter quand les réductions de budget touchent tous les secteurs de l’éducation. L’objectif premier est la réduction du chômage. Les allocations n’ont pas été affectées et le salaire minimum va être augmenté d’un euro l’heure à l’automne prochain. C’est toute la société irlandaise qui participe à l’effort de redressement des finances.

Il semblerait que les Irlandais aient passé la  phase de vouloir faire payer le prix fort aux banquiers pour les erreurs commises. Certains sont poursuivis par la brigade des fraudes. Aucun président ou directeur général en fonction en 2009 ne siègent aujourd’hui dans les banques dont ils étaient responsables. Du directeur de la banque centrale irlandaise aux principales banques encore présentes on ne trouve que des nouveaux visages. Confronté à une crise de liquidité et de solvabilité, le système bancaire ne doit sa survie qu’au soutien de l’Etat. La sortie de la crise est conditionnée à la maitrise de l’endettement et au succès de la stratégie de « désinflation compétitive », moteur de la croissance. Le gouvernement attend beaucoup des exportations qui rendraient les ajustements douloureux plus supportables.  Les Irlandais attendent de la BCE qu’elle cesse de se concentrer sur sa seule mission de contenir l’inflation et se préoccupe davantage de croissance et d’emploi. Ils attendent aussi de leurs partenaires plus de solidarité. Ils ne comprennent pas l’obsession du président Sarkozy sur le taux de 12,5% d’imposition sur les bénéfices appliqué en Irlande. Ce taux effectif est le taux réel, payé par tous, sans exception. Alors que le taux affiché de la France est de plus de 30% une étude de la banque mondiale et Pricewaterhouse Coopers viennent de démontrer que le taux effectif moyen est de 11% pour la France, grâce notamment a certaines dispositions fiscales qui permettent au groupe Total, par exemple, de ne payer que 8%. En tout cas, changer le système au moment où le pays a un besoin crucial d’attirer des investissements étrangers parait suicidaire.

La volonté de s’en sortir est palpable à tous les niveaux. Seuls deux ministres du gouvernement précédent furent élus il y a maintenant 4 mois aux législatives. Le vent du changement et du renouvellement a soufflé. Les Irlandais veulent croire qu’ils peuvent s’en sortir. Ils regardent avec inquiétude ce qui se passe en Grèce mais aussi au Portugal, en Espagne et en Italie. Il existe encore trop d’incertitudes pour savoir si les mesures en place suffisent. Seule certitude elles font mal et personne n’a envie de voir répété les erreurs du passé. La baisse de la note de l’Irlande par l’agence de notation Moody’s indique qu’en 2013 l’Irlande aura du mal à revenir sur le marché. Elle indique aussi de gros risques pour les investisseurs privés. Si l’Italie devait suivre le pays est trop important pour les mesures de sauvetage mises en place pour l’Irlande puissent être appliquées. Faut-il en arriver là pour que l’UE prenne enfin les mesures d’une politique économique commune qui protègent les Etats des spéculateurs ?

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Irlande : pourquoi la visite d’Elizabeth II est historique

 Cent ans que ça n’était pas arrivé. Le dernier voyage d’un monarque anglais en Irlande remontait à 1911. A l’époque, Georges V, grand-père d’Elizabeth II, avait tellement apprécié son séjour qu’il avait déclaré vouloir s’installer à Dublin d’où il gèrerait les affaires de l’Empire. 

Ce ne fut pas le cas, puisqu’il y eut l’indépendance irlandaise en 1921, aux termes d’un conflit qui laissera des traces profondes. Mais aujourd’hui, la reine semble montrer autant d’intérêt et de curiosité que son aïeul envers ce pays qu’elle découvre. 

Sa visite de quatre jours est chargée en symboles. Elizabeth II s’est d’abord recueillie au « Garden of Rememberance », qui commémore les Irlandais qui ont combattu l’Angleterre. Puis elle s’est rendue dans le stade de Croke Park, où l’armée anglaise avait tiré sur la foule pendant un match de football gaélique en 1920, en représailles des meurtres de quatorze agents britanniques. Mercredi, elle a rendu hommage à tous ceux qui avaient souffert du conflit.

 « Cher frère ennemi »

Les Irlandais n’ont jamais pardonné les 700 ans de colonisation qui perdure dans le Nord de l’île. Aujourd’hui, le ressentiment contre les Anglais est encore réel, et rien ne donne plus de plaisir aux Irlandais que de pouvoir battre les Anglais dans un sport. Mais la grande majorité a envie de fermer le livre du passé et d’en ouvrir un autre qui racontera l’histoire à venir. 

Il y a une certaine fierté de la part des Irlandais de voir que le grand frère ennemi concède enfin ce geste. D’autant qu’il s’ajoute au discours de David Cameron, en juin dernier, dans lequel il présentait ses excuses aux Irlandais du Nord pour le massacre du Bloody Sunday, en 1972. 

Les manifestations contre le voyage de la reine n’ont rassemblé qu’une centaine de personnes, dont certaines, ayant commis des violences, étaient fichées par la police pour trafic de drogue. Tous les partis politiques d’Irlande du Nord étaient présents pour la visite, sauf le Sinn Féin, qui défend la réunification de l’île et qui estiment que ce voyage était prématuré. 

Des relations économiques au beau fixe

Beaucoup reprochent au Sinn Fein d’avoir raté une occasion historique de serrer la main qui lui était tendue, de faire le même pari que celui de Nelson Mandela et son équipe de rugby, en Afrique du Sud. D’ailleurs, le président du Sinn Féin, Gerry Adams, d’abord très critique, a ensuite radouci le ton de ses remarques. 

En dehors des symboles, cette visite est aussi la reconnaissance de la République d’Irlande comme entité politique indépendante et partenaire économique du Royaume-Uni. 

Plus de six millions d’Irlandais résident au Royaume-Uni et de nombreux Anglais vivent en Irlande. Les échanges commerciaux sont privilégiés entre les deux pays, au point où ils surpassent les échanges avec d’autres partenaires plus grands et plus puissants. Quand la crise financière a frappé l’Irlande de plein fouet, le Royaume-Uni a immédiatement offert un prêt de 3,8 milliards d’euros en plus de l’aide reçue par la Banque centrale européenne. 

Des blessures longues à guérir

Une large délégation d’hommes d’affaires accompagne la reine et les rencontres se passent à tous les niveaux. David Cameron est arrivé pour discuter d’accords commerciaux et d’un possible passage de la flamme olympique en Irlande, à l’occasion des Jeux olympiques à Londres en 2012. Pour la première fois aussi un dîner aura rassemblé à Dublin les chefs d’Etat de la République d’Irlande, du Royaume-Uni ainsi que les représentants politiques d’Irlande du nord présents. 

La mémoire collective a transmis les erreurs du passé, la souffrance de la guerre de libération puis de la guerre civile. Si des pays comme la France et l’Allemagne ont pu abandonner leurs rancœurs après plusieurs guerres, on pourrait penser que les Irlandais seraient capable d’oublier aussi. La guerre civile au Nord s’est arrêtée il y a seulement une dizaine d’années. 

Il faudra donc encore certainement beaucoup de temps et de gestes très forts comme ceux de la reine pour que les deux pays aient enfin des relations d’amitié réelle. La volonté est sincère dans les deux camps. Il faut simplement laisser le temps faire son œuvre. 

Photo : la reine Elizabeth en visite à Saint-Patrick’s Rock à Cashel, le 20 mai 2011 (Reuters).

Tribune publiée sur Rue89.com

Placer la culture au sein du projet européen

Chers toutes et tous,

Je vous fais parvenir la première lettre publiée par Pierre Raterron, représentant Culture du Parti Socialiste français au Parti Socialiste Européen et membre de la Commission nationale Cutlure. Les camarades de la FFE ont un rôle majeur à jouer dans ce projet s’il doit se concrétiser et rassembler toutes celles et ceux qui ont envie de contribuer à l’échange d’information en matière culturelle mais aussi qui entendent placer la culture au sein du projet européen. Ce message est un appel à tous les camarades susceptibles d’une part de participer et d’autre part d’indiquer les relais dans leur pays de résidence capables de nourrir l’étude sur l’état de la cuture dans les pays de la communauté.

Le projet a été très bien accueillie à l’Université de La Rochelle, entre autres, par Jean Christophe Cambadélis, Catherine Trautmann, Alain Richard ( VP du PSE), Philip Cordery et François Lamy. Le programme ci-dessous est proposé :

- Réunion à Paris ou Lille (sept / oct 2011) des militants (de 30 à 50) qui se seront impliqués

- Structuration du Groupe Culture, élection d’un Bureau et d’une Commission exécutive

- Interroger la FEPS afin d’obtenir la tenue d’ateliers ( sur la culture) à la même époque, afin d’une part éditer un livre blanc à cette occasion, et, d’autre part, faire bénéficier les invités venant de l’étranger de conditions avantageuses (voyage, hébergement, restauration)

- Dès qu’une date sera arrêtée, nous ferons en sorte que Poul soit là , bien entendu avec Martine et Philip.

Je vous recommande le lien avec le Blog PES, où la Newsletter a été mise en valeur: http://www.pes.org/en/blogs/pes-blog/culture-des-europeens-premiere-lettre-dinformations-du-groupe-culture

J’encourage toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de contacter directement Pierre dont vous trouverez les coordonnées dans la lettre.

Je pense que les membres de la FFE ont toute leur place dans ce projet et, en tant que membre du Bureau fédéral chargée de la Culture et de l’enseignement, j’espère que nous contribuerons ensemble à le faire vivre.

 

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Contre la politique du pilori: je signe!

Je viens de signer l’Appel citoyen "Contre la politique du pilori" et vous invite à le faire également: //nonalapolitiquedupilori.org

A signaler le rassemblement du 4 septembre pour manifester notre attachement aux fondements de notre République, meurtrie par une politique gouvernementale abjecte.

 

L’Europe se mobilise également. Le réseau européen contre le racisme (ENAR) organise samedi à 14h des rassemblements un peu partout, en écho aux manifestations qui ont lieu dans toute la France contre la politique xénophobe du gouvernement Sarkozy. Plus d’infos: http://www.enar-eu.org/Page_Generale.asp?DocID=25135&langue=FR

 

A lire et diffuser, le communiqué du PSE qui prend évidemment part à cette action: La question des Roms ou le populisme abject du gouvernement français. De nombreux Militans du PSE seront dans la rue dans plusieurs capitales.

La solidarité européenne suffira-t-elle à la Grèce et à l’UE ?

L’Union européenne, avec en première ligne la France et l’Allemagne, a enfin déclaré soutenir la Grèce dans le comblement de son déficit. Celui-ci dépasse en effet très nettement ce que l’UE demande à ses Etats membres en application des traités de Maastricht et de Lisbonne, avec 12,9 % de déficit au lieu des 3 % demandés par Bruxelles. La dette publique représente  115 % du PIB grec. Le pays ne sera pas laissé à l’abandon. Il pourra recevoir l’aide du FMI s’il la demande ainsi que des aides bilatérales européennes, à condition qu’il persiste dans son plan de rigueur budgétaire, et ce malgré le fort grondement social s’élevant dans l’ensemble du pays. Mais faut-il vraiment être soulagé ? Outre les risques réels de contagion à d’autres pays de l’Union (le Portugal, l’Espagne et l’Irlande en premier lieu), la crise grecque pose deux questions : celle de la solidarité des pays dans la zone euro et celle de la régulation de la finance au niveau de l’Union européenne

Dans quelle mesure les Etats membres de l’Union doivent-ils rester solidaires ? Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré : « Nous avons toujours fait preuve de solidarité avec tous les Etats membres de l’UE, et nous montrerons qu’à l’avenir la Grèce peut compter sur notre solidarité ». Une démarche que n’approuvent pas l’ensemble des 27, sachant qu’ils devront augmenter leur propre dette et celle de l’UE au risque d’un certain mécontentement de leurs propres opinions. Il s’agira là forcément de démarches volontaires puisque le traité de Maastricht prévoit qu’aucun Etat ne peut être forcé à en secourir un autre.

Or, le traité de Lisbonne prévoit dans ses articles la suppression des droits de vote pour les pays ne suivant pas les règles budgétaires communes, voire même leur expulsion en cas d’atteintes multiples aux principes démocratiques européens. L’Allemagne souhaiterait d’ailleurs élargir cette possibilité aux multiples dérapages économiques afin de sortir des Etats de la zone euro. Des mesures plus coercitives aideraient peut-être plus les Etats à tenir une gestion plus stricte de leur économie ?

Cette crise ne montre-t-elle un pan manquant à l’UE ? Les gouvernements ont répugné jusqu’à présent à s’effacer devant un gouvernement économique commun. Les plus libéraux ont même bloqué toute évolution car ils espéraient faire jouer une concurrence fiscale entre les vingt-sept et organiser une baisse des impôts et de la protection sociale. Asphyxiée par plus de vingt ans de désinflation compétitive l’Europe risque fort de ne pas résister aux  marchés prêts à dégommer l’euro. On savait que l’euro ne ferait pas l’Europe. Il représente cependant encore cette monnaie unique qui devait permettre à l’UE de se battre à armes égales avec l’Amérique et les puissances asiatiques. Après les échecs diplomatiques successifs de Copenhague et de Doha l’UE frise l’humiliation en devant s’en remettre au FMI pour régler un problème interne. L’aveu est fait qu’elle ne peut s’en sortir seule et que les pays qui la composent se préoccupent plus de leur destin personnel que du destin collectif.  Le politique semble crispé entre une opinion publique fixée sur son pouvoir d’achat et les marchés obsédés par la rentabilité.

Si l’UE veut survivre elle sera forcé de se réinventer, plus politique et plus solidaire, plus inscrite dans une logique fédérale. Portées par la déroute libérale, les gauches européennes ne doivent pas avoir peur de proposer l’accélération de l’harmonisation économique ainsi que des mesures fortes  qui  tordront le cou à la crise comme l’avait fait Roosevelt en encadrant la spéculation sur les marchés des produits dérivés et en décourageant les excès de la cupidité par des taux élevés d’imposition.

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Les 50ans de l’Alliance Française

Le 5 mai l’Alliance Française de Dublin, la 3ème Alliance d’Europe après Paris et Bruxelles, fêtait ses cinquante. Petite fille d’une grande dame née en 1883 sous l’égide de Paul Cambon et de Pierre Foncin, encadrée dès 1884 par Ferdinand de Lesseps, Louis Pasteur, Ernest Renan, Jules Verne, Armand Colin qui comptaient parmi les membres du conseil d’administration de l’Alliance française de Paris, elle en conserve tous les plus beaux attributs. En particulier, son dynamisme qui la verra participer aux Etats généraux des Alliances d’Europe qui se tiendront à Bruxelles en octobre prochain.

Membre de son conseil d’administration je suis sensible à la mission qu’elle s’est donnée. J’observe qu’elle s’attache modestement à favoriser l’écoute et la découverte, à donner des moyens de mieux lire le monde et de comprendre les autres puisque son but final, dans le fond, est d’enrichir la compréhension entre les hommes, de contribuer à leur épanouissement, et de donner un peu plus de paix et de saveur à la planète.

La présidente de la République, Mary Mc Aleese, a honoré la soirée de sa présence. Elle a rappelé dans son discours l’importance des relations franco-irlandaises, le rôle que la France a joué dans l’histoire de son pays, l’influence de la pensée et de la langue française que l’on retrouve chez de nombreux écrivains irlandais, dont Beckett et Joyce sont les représentants les plus connus. Une belle soirée pour un bel anniversaire.

 

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A quand la fin de l’économie de Casino ?

Nous vivons avec la politique néolibérale depuis le début des années 80. Thatcher et Reagan ont introduit les baisses d’impôts pour les plus riches, soutenu la dérégulation des marchés, démantelé les services publics et fait la promotion du libre-échangisme et de l’innovation financière. Nous supportons cette politique à laquelle Nicolas Sarkozy a mis un coup d’accélérateur pour la France depuis son arrivée au pouvoir. Les inégalités s’accroissent, les richesses sont transférées du bas vers le haut mais comme la France, comme beaucoup d’autres pays, a laissé filer sa dette pour laisser quelques miettes aux plus démunis tout le monde s’en sort un peu mieux et le peuple est silencieux.

Seulement quand l’équilibre penche vers la finance pour un rapport de 80 pour 20 laissés à l’économie réelle et que les marchés financiers n’ont plus aucune retenue alors le système bascule. Les pays qui soutiennent cet équilibre se trouvent attaqués comme de simples produits financiers sur lesquels les traders spéculent. L’UE contre attaque en imitant les pratiques du systèmes en place – voire les emprunts contractés en faveur de la Grèce.

Pour moi les questions fondamentales n’ont pas encore été posées. A quand la fin de l’économie de Casino ? A quand le retour d’un juste équilibre entre le travail et le capital ? A quand enfin l’introduction d’une régulation qui permettrait d’encadrer les folies que nous voyons tous les jours dans les journaux ? Au XIII siècle les Lombards ont introduit la régulation dans leurs échanges. Sommes-nous vraiment incapables de la même prudence ?

Tant que l’idéologie en place n’aura pas changé les ajustements resteront d’ordre cosmétique. Nous devrons commencer par sortir de la pensée unique et réaliser qu’un autre modèle de société est possible. Le diagnostic est fait mais aller chercher l’argent où il se trouve reste tabou. Alors à problème global solution collective pour être plus fort. L’Europe pourrait trouver sa force, si seulement elle en avait envie.

 

Le multilinguisme n’est plus un luxe

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, nous dit le dicton. Mercredi soir, je lançais des magazines. Hier soir, je rentrais chez moi au lieu de prendre l’avion pour Paris où je devais assister aujourd’hui à une conférence donnée par le général Mc Chrystal. Ce soir je rencontrerai des écrivains qui font partie du festival de littérature de Dublin sur le thème de la ville « The City ».

Mercredi soir nous avons lancé des magazines en français, espagnol, allemand et irlandais au bureau de la représentation du parlement européen à Dublin. Ces magazines sont produits par les étudiants en journalisme du Dublin Institute of Technology. Nous voulions montrer que Dublin est aujourd’hui une ville multiculturelle et multilingue. Dans mon intervention j’ai rappelé que l’Europe est basée avant tout sur la libre circulation des hommes et des femmes, et pas seulement celles des marchandises. Ces étudiants en journalisme ont la chance de vivre sur un continent où la diversité culturelle fait partie de notre héritage. Celle-ci est portée par de nombreuses langues dont nous avons besoin pour nous comprendre et communiquer. Le multilinguisme n’est plus un luxe mais une nécessité. 

Ensuite, Mary Fitzgerald, chargée de couvrir les nouvelles internationales pour l’Irish Times a parlé de ses expériences en Iran lors de la dernière élection présidentielle, en Afghanistan, au Darfour et au Tchad d’où elle envoie ses billets. Elle a souligné l’importance des langues pour les journalistes de demain dont la profession est en train de changer de façon radicale. L’ambassadeur d’Allemagne était présent et la soirée s’est terminée autour un verre de vin.

 

  

 

Photos Helene Conway

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Sécurité et multilatéralisme efficace. La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe, Partie 3.

La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Réflexion en 5 parties

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B. La Stratégie européenne de sécurité et le multilatéralisme efficace

La mondialisation a offert de nouvelles possibilités, et elle a également renforcé la complexité et l’interconnexion des menaces. La coopération internationale au sein des instances internationales et régionales est devenue de plus en plus importante pour la gouvernance mondiale. Cette coopération fondée sur les principes de la Charte des Nations Unies et sur les règles du droit international offre une garantie pour une meilleure protection de la sécurité internationale, dans un système ou les marchés, les menaces et les défis sont globaux. Dans ce contexte, la sécurité et la stabilité dépendent de plus en plus d’un multilatéralisme efficace, car aucun acteur n’est en mesure de faire face, seul, aux problèmes et aux menaces internationales complexes

 

Image: le Conseil de Sécurité de l’ONU

Un monde moins sûr. La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Partie 2

La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Réflexion en 5 parties

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

2. Un monde multipolaire et moins sûr

Le rapport qui s’établit entre la nature de la crise et sa globalité devrait nous permettre d’élargir notre perspective à des questions géopolitiques, notamment concernant la sécurité et la défense. En effet, le monde d’après la crise ne sera pas seulement différent en termes financiers et économiques. Dans ce contexte l’Union européenne a la responsabilité morale de saisir l’opportunité de cette crise et de jouer un rôle de stabilisateur et d’exportateur de sécurité.

La crise affecte déjà le système des relations internationales et les rapports de force entre les acteurs majeurs (Etats-Unis, Chine, Russie, Europe) seront profondément modifiés. De plus, la nouvelle multipolarité rend le système moins stable et plus concurrentiel. La crise aura aussi des conséquences profondes sur la sécurité de l’Union européenne et ses Etats membres. De ce fait, elle rend nécessaire une réflexion stratégique et des décisions politiques courageuses de la part des dirigeants européens.

Alors que le pouvoir financier et économique a basculé de l’Ouest vers l’Est, et que l’équilibre des forces qui s’oriente vers l’Est va être accéléré par la crise économique globale, les puissances émergentes deviennent plus fortes. La Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde et d’autres pays poursuivent des objectifs stratégiques bien définis et à long terme. L’Union européenne, ainsi que les Etats-Unis, doivent maintenant faire face à une situation où ils doivent s’appuyer sur des pays qui ne partagent pas nécessairement les mêmes valeurs et principes.

Les Etats-Unis sont devenus particulièrement vulnérable, principalement sur le terrain de l’éthique et de la moralité.En conséquence, leurs opposants (e.g. l’Iran, Corée du Nord) remettent en cause, défient son pouvoir politique et ses capacités militaires, alors que la Chine remet directement en cause l’autorité morale de l’Ouest concernant le nucléaire dans le cas de l’Iran.

Dans ce contexte, l’opportunité se présente pour la relation transatlantique, laquelle constitue un des éléments essentiels du système international, de prendre une nouvelle dimension et pour l’Union européenne de capitaliser sur ce terrain. La perception d’une Amérique « faible » profite à l’Union européenne. L’Union européenne peut être à la source de la stabilité et un intermédiaire de confiance dans les conflits et pour les régions dans lesquelles les Etats-Unis ne sont plus considérés comme crédibles.

La Chine a récemment durci ses positions sur sa politique étrangère et de sécurité. Il devient de plus en plus difficile d’atteindre un consensus au sein des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur les résolutions qui visent au maintien de la paix internationale et la sécurité. La Chine va très probablement continuer à maintenir sa politique consistant à retarder et donc affaiblir les sanctions contre l’Iran. Alors que la Chine a indiqué qu’elle soutenait un Moyen-Orient « sans nucléaire », elle ne veut pas sacrifier ses liens économiques avec Téhéran. Les contrats de vente d’armes par les Etats-Unis à Taiwan et la rencontre récente du Président Obama avec le Dalaï Lama à la Maison Blanche ne sont pas sans liens avec l’attitude et les actes de la Chine.

La Russie également essaye de s’affirmer comme un facteur de stabilité en Europe oriental et au Caucase. La crise en Géorgie a, depuis 2008, changé la donne géopolitique dans le Caucase. De plus, les relations de la Russie avec l’Ukraine ont eu des conséquences profondes sur la sécurité énergétique, y inclut pour les Etats membres de l’Union. La Russie essaye également d’affirmer son rôle majeur dans les affaires de sécurité en Europe, par le biais de propositions du Président Medvedev pour une nouvelle architecture de sécurité en Europe. Là encore se présente une opportunité pour l’Union européenne de mettre ses relations avec ce grand pays sur une base de coopération et pas de confrontation.

Alors que la concurrence entre des acteurs majeurs tells que les Etats-Unis, la Russie et la Chine va s’intensifier, les acteurs régionaux tels que le Brésil, l’Inde, l’Arabie Saoudite, l’Iran et d’autres trouvent là un environnement favorable pour développer des comportements et des actes visant à une hégémonie régionale.

Au regard de cette situation, l’Union européenne demeure un pôle de stabilité. L’Union dispose d’un éventail d’instruments à nul autre pareil. Néanmoins, l’influence accrue de l’Union comme puissance économique et commerciale et son incapacité à promouvoir ses propres intérêts globaux demeurent un paradoxe. Afin de pouvoir affirmer son identité, l’Union européenne doit rééquilibrer son rôle économique, financier et commercial, soutenue par une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) robuste et autonome.

A suivre.

 

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Pour la Grèce, les socialistes européens plus solidaires que jamais

Dès l’ouverture du Conseil Européen, Merkel et Sarkozy annoncent s’être entendus sur l’aide à apporter à la Grèce. On retiendra que Mme Merkel a déployé des talents de démagogie rares pour sauver une CDU en mauvaise postures dans des élections régionales à venir. Une posture qui fait un mal considérable et peut-être durable aux Grecs qui tentent de relever la tête alors que les mots ne sont pas assez dur en Allemagne pour condamner des gens qui ne sont en rien responsables des problèmes qu’ils subissent. De son côté, la famille sociale-démocrate européenne se serre les coudes.

 

Le Parti socialiste européen plaide pour des prêts en faveur de la Grèce

LEMONDE.FR avec AFP | 25.03.10 | 17h22

Le Parti socialiste européen (PSE) s’est réuni, jeudi 25 mars, avec le premier ministre grec Georges Papandréou. Le PSE veut convaincre les dirigeants de l’Union européenne d’étendre aux pays de la zone euro la possibilité d’obtenir des prêts européens, ce qui est impossible aujourd’hui. "Nous avons une solution très concrète que nous allons proposer ce soir" au sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, a annoncé le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen. "Il y a quelques années, la Commission européenne avait fait des prêts avantageux, évitant des taux élevés liés à la spéculation, à plusieurs pays en dehors de la zone euro, dont la Hongrie, la Lettonie et la Roumanie", a expliqué M. Rasmussen, s’exprimant devant la presse aux côtés du premier ministre grec. "Ce que nous proposons aujourd’hui est de changer la réglementation sur cette facilité communautaire destinée aux pays hors zone euro afin qu’elle couvre aussi les pays membres de la zone euro", a-t-il spécifié. "En pratique, cela veut dire que la Commission aura la possibilité d’utiliser sa capacité à faire des prêts sur le marché pour des pays comme la Grèce ou d’autres", et"je peux dire aux contribuables allemand que cela ne leur coûtera pas un euro", a ajouté M. Rasmussen.

Une crise globale et morale. La crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Partie 1.

 

La Crise actuelle, une opportunité pour l’Europe. Réflexion en 5 parties. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A. La crise actuelle offre une opportunité pour l’Union d’affirmer son rôle sur la scène internationale

1. Une crise ‘multi-facette’ globale et morale On peut se demander si la crise n’a pas permis de mettre à jour un phénomène plus profond qui, lié à la mondialisation, aurait profondément affecté la société occidentale en général. N’est-il pas temps de se demander si deux valeurs essentielles, la moralité et l’éthique, ne sont pas en voie de perdition ? La propagation des nouvelles technologies de la communication et d’information, le recours à des systèmes informatiques performants permettant la sur-performance humaine et le côté virtuel d’une grande partie de notre société n’ont-ils pas contribué à déconnecter l’humain de la valeur des choses ?

Les modèles mathématiques sont créés en des temps records, à des vitesses inimaginables il y a encore une vingtaine d’années. Les produits qu’ils engendrent (options sur indices, titrisations synthétiques) sont ensuite diffusés, partagés, commercialisés par les grands centres économiques (New York, Londres, Francfort, Paris) sans délai et sans interruption, voire sans barrières législatives ou réglementaires. La plupart de ces produits financiers n’ont pas de prix à leur sortie des systèmes, tout simplement parce qu’ils ne correspondent à aucun actif sous-jacent dont la valeur a été testée. Il fut un temps où la période de test était longue et les gouvernements pouvaient encore légiférer pour encadrer, limiter voire interdire certaines pratiques. Ce phénomène vaut pour la finance de haut vol, les matières premières, les valeurs instantanées d’entreprises dont le marché seul décide (cotation en Bourse), etc. Les questions ne sont-elles donc pas : N’est-il pas temps de redonner une vraie valeur aux choses ?

En premier lieu, au travail lui-même ? Une valeur qui ne découlerait pas d’un marché virtuel, toujours plus gros, toujours plus rapide à réagir, mais une valeur qui soit enfin mesurable à l’aune de l’être humain. Si les ordinateurs peuvent travailler 24/24, l’homme ne le peut pas. Cette crise, d’origine financière, n’est pas nécessairement à dissocier de nos problèmes environnementaux. Elle n’est pas non plus à dissocier de nos problèmes sociaux (révoltes des banlieues, manifestations, chômage).

Chez les jeunes en particulier, déconnectés par les situations virtuelles en tous genres, la menace est sérieuse : plutôt que d’amasser petit à petit, par l’effort et au mérite moyennant un travail , ne vaut-il pas mieux faire « des coups » (trafic de drogue, opérations risquées mais prometteuses) lesquels sont parfois directement liés aux menaces de la sécurité et de la stabilité nationale et internationale ? Comme nous l’avons évoqué plus haut, cette crise complexe est causée par les excès du capitalisme financier, déconnecté de la réalité économique.

Il est évident qu’il y a urgence à réguler le modèle globalisé et le système capitaliste. La crise actuelle est à la fois financière, économique, et sociale. Mais c’est avant tout une crise globale, politique et morale qui nécessite non seulement une régulation cohérente à l’échelle mondiale, mais aussi une coopération globale efficace.

A Suivre.

 

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« Il n’est de richesse que d’hommes », du leadership de l’Europe de la connaissance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des atouts européens à faire fructifier dans le cadre de l’économie de la connaissance. 

L’actualité internationale a tendance à se focaliser sur le G2 bien vite transformé en match « sino – américain » entre deux puissances rivales. La rivalité économique et militaire entre ces deux géants ne doit pas occulter le rôle majeur de l’économie européenne qui a la capacité de faire de l’économie de la connaissance le fondement de son attractivité et de sa réussite au niveau mondial.

L’Europe des 27 possède déjà une série d’atouts qui la place comme leader possible d’une compétition économique globale dans un monde multipolaire.

L’économie de l’union Européenne démontre sa prédominance dans de nombreux secteurs comme la pharmacie, la téléphonie mobile, les progiciels d’entreprise (avec l’allemand SAP, leader mondial) ou l’industrie du tourisme (53% des touristes internationaux se rendent en Europe qui est la première destination touristique mondiale).

Dans le classement de Fortune Globa, les entreprises multinationales européennes occupent 33% de l’ensemble des sièges des firmes contre 28% d’entreprises américaines.

Sur un plan plus macroéconomique, l’Europe réalise 30% du PIB mondial contre 24% pour les Etats-Unis et notre économie à 27 présente une diversité d’exportations et d’importations propre à une économie évoluée avec, à la fois, des biens produits faiblement transformés (produits laitiers, poissons, fer et acier) et des biens manufacturés à forte valeur ajoutée (produits pharmaceutiques, aéronautiques)

L’Euro, attaqué en ce moment par des spéculations financières honteuses qui s’appuient sur les difficultés de la Grèce, reste pour l’instant une monnaie solide.  Elle constitue la deuxième monnaie de réserve derrière le dollar. Elle est la première devise pour l’émission d’obligations. La présence d’une banque centrale européenne indépendante rassure les marchés. Les socialistes que nous sommes doivent militer pour une meilleure coordination des politiques économiques au niveau européen. Pour que « l’Europe puisse marcher sur ses deux jambes », selon l’expression de Jacques Delors au moment de la création de l’Euro, nous devons trouver une stratégie budgétaire cohérente pour permettre un développement économiquement durable, c’est-à-dire socialement cohérent.

L’Union Européenne constitue aussi une zone d’attractivité pour l’économie internationale. Elle est la source de 35% des IDE (investissements directs étrangers) entrants dans l’Europe des 27.  Cette attractivité se fonde essentiellement sur des systèmes de santé et éducatifs globalement performants.

Bien entendu, nous n’aurons pas la naïveté de Candide pour prétendre que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes européens possibles.

Le chômage structurel de 9% dans l’Union Européenne, qui dépasse les 12% dans certains pays,  pénalise des millions d’actifs qui ne trouvent pas d’emplois. Dans beaucoup de pays ils doivent maintenant se contenter d’indemnisations qui ont été fortement diminuées sous la pression de la politique de déflation compétitive. En France, la création de pole Emploi a provoqué une « traque aux chômeurs. Le dumping social et fiscal, la directive sur les travailleurs détachés, font que c’est parfois la clause de la nation la moins favorisée sur le plan du droit social et de l’emploi qui s’applique. Nous devons impérativement nous doter de minimas sociaux européens, dans le cadre d’une Europe sociale qui reste encore à faire.

L’Union européenne continue de consacrer proportionnellement moins de dépenses à la recherche et au développement que les Etats-Unis ou le Japon (1.9% du PIB contre 2.1 et 2.6%). Créer « une économie de la connaissance », c’est-à-dire faire un choix d’investissement à long terme dans la ressource humaine est essentiel, alors que la crise réclame des plans d’urgence budgétaire. L’Irlandaise Maire Geoghegan Quinn est une des neuf femmes membres de la Commission. Première femme nommée ministre en 1979 pour le Gaeltacht, puis chargée des Affaires européennes, du tourisme pour terminer ministre de la justice avant de quitter le parlement en 1994 Maire Geoghegan Quinn est aujourd’hui en charge de la recherche et de l’innovation. Son budget est assez important et devrait permettre à l’Union européenne, non seulement de garder ses chercheurs souvent forcés à l’expatriation mais de créer des emplois notamment dans les industries pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

La gauche est minoritaire dans les gouvernements nationaux des 27. Ainsi 18 des 27 commissaires de la nouvelle Commission européenne appartiennent aux rangs des conservateurs ou des libéraux.

Ce sera une des missions des forces européennes progressistes de permettre à l’Europe de renforcer sa stratégie pour une économie de la connaissance qui mise sur les investissements dans l’éducation et la recherche, pour faire de la pensée de Jean Bodin une réalité « il n’est de richesse que d’hommes ».

En ces temps de sinistrose et de crise, il me semblait utile de rappeler les atouts de l’Europe, mais aussi de montrer que l’économie de la connaissance, fondement de notre attractivité et de notre compétitivité au niveau mondial, doit être soutenue.

Nous avons donc des richesses à faire fructifier ensemble. Et ses richesses sont avant tout humaines. Le combat s’annonce rude pour faire triompher nos idées. 

 

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