Archive pour la catégorie ‘Mobilité’
De la nécessité de l’histoire et de la géographie en Terminale S ou l’apprentissage d’un esprit critique citoyen et humaniste
D’après Nicolas Sarkozy l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire. Ce n’est pas une raison pour en faire sortir les élèves de terminale S. D’autant que notre président aime à convoquer Jaurès, Blum et Jules Ferry dans ses propres discours, à moins qu’ils n’aient été que d’ordre décoratif. L’histoire de France, qui semble encore utile au tribun politique, ne doit plus encombrer les cerveaux de l’élite de nos lycées. Ainsi en a décidé Luc Chatel le 7 décembre 2009 qui présentait une nouvelle partie de sa réforme du lycée, avec la suppression de l’histoire-géographie pour les élèves de Terminal S. La nouvelle m’avait choquée. Plus je réfléchis au sujet plus je pense que cette réforme est une grave erreur que nous ne pouvons laisser passer. Elle touche à l’enseignement secondaire général français et concerne donc l’ensemble des lycées français de par le monde. Il en va de l’enseignement mais aussi des repères, que nous souhaitons apporter aux jeunes générations pour qu’elles comprennent le monde, avant de contribuer à leur tour à l’histoire. Or, à l’heure de la mobilité et, dans une autre mesure, du débat initié par le Gouvernement sur l’identité nationale, cette réforme paraît complètement incongrue. Comment apprendre à se connaître soi-même et à connaître les autres sans les enseignements qu’apportent l’histoire et la géographie ? Quels bénéfices en tireront les élèves?
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LE DROIT D’ASILE COMPROMIS PAR LES PRÉOCCUPATIONS SÉCURITAIRES DES PAYS D’ACCUEIL
Les soucis de sécurité dans bon nombre de pays compromettent les opérations d’asile accordé aux réfugiés du monde entier, selon un rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
Lors de la réunion annuelle du Comité exécutif du HCR composé de 72 pays, la Haut Commissaire adjoint de l’UNHCR à la protection, Erika Feller, s’est déclarée particulièrement inquiète du nombre croissant de détentions arbitraires, y compris celles des enfants, et la privatisation des procédures de détention, indique un communiqué publié le 9 octobre à Genève. En outre, a-t-elle indiqué, dans certaines régions de la planète, le droit d’asile est devenu « une loterie », les dispositions de la Convention de Genève de 1951 pour les réfugiés étant différemment appliquées selon le pays d’accueil.
Pour une politique de gauche : l’égalité des chances
La France a connu plusieurs vagues migratoires. Elle les a encouragées aux moments où son développement en avait besoin. En général, les individus quittent leurs pays en quête d’une vie meilleure. Ils y sont parfois forcés et sont prêts à tout afin de s’en sortir. Ils deviennent alors des proies faciles pour tous ceux qui font du trafic humain. Lorsqu’ils arrivent à se faire une petite place au soleil ils acceptent souvent des conditions de vie déplorables parce qu’elles sont quand même meilleures que celles qu’ils ont connues. Ainsi se sont développés certains ghettos que l’on préfère appeler banlieues mais qui sont tout simplement les quartiers les plus défavorisés de nos grandes villes. En proie à l’échec scolaire et au chômage la nouvelle génération exprime sa révolte par la violence et un repli communautaire. Ils rejettent les conditions de vie qu’ont acceptées leurs parents.
La répression dont nous avons tous été témoins lors des émeutes de janvier 2005 n’est certainement pas la solution. Le modèle d’intégration ne fonctionne pas. On prétend l’ignorer jusqu’au moment où le feu reprend et alors on joue aux surpris! Si au moins on commençait par réinstaurer les subventions promises aux associations de quartiers qui font un travail remarquable auprès des jeunes ; si des moyens étaient mis pour la formation et l’apprentissage ; si une aide était donnée à l’apprentissage du français et d’autres langues qui favoriserait la mobilité des jeunes et leur donnerait une chance égale de réussite.
Michel Rocard disait que « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » mais il est indécent d’utiliser le vocabulaire mercantile réservé aux marchandises et d’envisager des quotas. L’environnement va accentuer les flux migratoires et il faudra bien que les pays développés s’y préparent.
L’enjeu est de refaire de l’immigration une chance
L’enjeu est de refaire de l’immigration une chance. Nous, Français de l’étranger, nous avons la chance d’observer ce qui marche et de comparer nos situations locales avec l’évolution de la société en France. Il est souvent difficile de transposer ce qui marche bien dans un contexte déterminé à un autre. Il est cependant intéressant de partager nos expériences et la réaction actuelle des Irlandais en matière d’immigration est particulièrement enrichissante.
Dès l’entrée des nouveaux pays dans l’Union européenne l’Irlande a ouvert ses frontières au moment de l’histoire du plombier polonais en France. En l’espace de deux ans, 250 000 Polonais se sont installés en Irlande. Ils arrivent prêts à travailler dans tous les secteurs de l’économie, en particulier dans ceux qui connaissent encore aujourd’hui un chômage négatif comme la construction, les milieux financiers et les services. Ils participent activement à l’expansion de l’immobilier et de la croissance économique en général. Les Polonais sont les plus remarqués parce qu’ils sont arrivés en grands nombres mais ne sont pas les seuls immigrés. Près de 200 000 Chinois sont aussi arrivés récemment. Dans cette masse nos 20 000 Français sont invisibles !
Cette immigration est brutale dans le sens qu’il n’y a que quatre millions d’habitants et que la société irlandaise n’a aucune tradition d’accueil. Jusqu’aux années 90, les Irlandais quittaient en masse le pays qui avait un taux de chômage de près de 18% ainsi qu’un endettement massif. Aujourd’hui le plein emploi, de gros investissements dans la recherche et une confiance totale en sa jeunesse font de ce petit pays un modèle de réussite. En juillet le SMIC est passé à 1 500 euros/mois.
Le monde est désormais un village global. On peut s’attendre à ce que les migrations atteignent des proportions inégalées au cours des prochaines années. Les mesures protectionnistes tels les tests ADN, les difficultés à obtenir un visa donnent de la France une image d’un pays fermé sur lui-même qui ne croit pas en l’avenir. Si elle était prête à s’inspirer des exemples positifs qui l’entourent elle y puiserait quelques bonnes idées.
Tour de vis à l’immigration familiale
Le texte instaure des tests de langue pour les candidats au regroupement familial. Si son niveau de « connaissance de la langue française et des valeurs de la République » est jugé insuffisant, l’étranger(e) se voit imposer une formation d’une « durée maximale de 2 mois ». Le projet réévalue les revenus nécessaires à un regroupement familial et créé un contrat d’accueil et d’intégration « famille » dont le non-respect peut entrainer la suppression des allocations familiales.
On voit bien que tout est fait pour faire obstacle au regroupement familial. Ajouter à cela l’amendement du député Mariani qui propose des tests ADN pour s’assurer de la filiation des enfants candidats au regroupement familial, voté hier à l’Assemblée, et on se demande pourquoi les frontières ne sont pas tout simplement fermées puisque, de fait, toutes ces mesures vont dans ce sens. Comment pouvons-nous montrer notre opposition à ces mesures extrèmes? Pouvons-nous la marquer par une motion émanant de la FFE?
Courage à nos sénateurs pour les débats qui s’annoncent.
Hélène Conway Dublin