Relations Nord/Sud

La disparition du réseau diplomatique français

 

Point de vue

La diplomatie française n’est plus qu’un château de sable

LEMONDE | 23.06.11 | 13h52  •  Mis à jour le 24.06.11 | 14h57

Sur les planches de Deauville, accueillant le G8 hier, sur la Croisette demain pour le G20, il est facile de jouer une pièce de théâtre et de laisser croire que la France a les moyens de ses grandes ambitions déclaratoires. 

Nous aimerions applaudir sans réserve à cette séduisante mise en scène. Il y a tant à faire pour gagner les paris d’une mondialisation plus juste et plus humaine. Mais, si on passe dans les coulisses, les illusions s’évanouissent. Le château de sable de la diplomatie française est proche de s’écrouler à la prochaine marée… 

Alain Juppé avait exprimé en juin 2010, dans une tribune partagée avec Hubert Védrine, ex-ministre des affaires étrangères, la crainte que "l’instrument (diplomatique) soit sur le point d’être cassé". Il vit maintenant tous les jours l’état dramatique du ministère. Saura-t-il convaincre le gouvernement d’inverser la tendance pour assurer au ministère des affaires étrangères les moyens des ambitions affichées ? 

La diplomatie de crise, des communiqués et des coups médiatiques est la plus visible. Mais, à l’opposé de la diplomatie "de perron", la diplomatie de l’influence et la coopération souffrent gravement. La France est en train de perdre la bataille du soft power, qui se joue sur le terrain et à long terme.  

Se vanter dans les discours officiels de disposer du deuxième réseau diplomatique après les Etats-Unis est de la poudre aux yeux. Année après année, ce réseau s’appauvrit et devient une coquille vide. Qu’est-ce qu’une politique d’influence sans hommes et sans femmes pour la faire vivre sur le terrain ? Après avoir réduit ses effectifs de 10 % entre 1994 et 2005, le petit ministère des affaires étrangères (15 500 agents au total) doit en sacrifier deux mille de plus d’ici 2013, au titre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). 

Tandis que les chancelleries et les consulats manquent de personnels essentiels, ceux du secteur culturel et de la coopération, servant de principale variable d’ajustement, diminuent comme peau de chagrin… Au même moment pourtant, de nouveaux emplois "honorifiques" et très coûteux sont donnés à des amis(e) s politiques, dont l’action comme ambassadeurs itinérants ou thématiques est aussi floue que les missions, ou qui font fi des règles déontologiques s’imposant aux diplomates en continuant de mener leur carrière politique nationale. 

D’un débat budgétaire à l’autre, les gouvernements successifs ne disent pas la vérité et le Parlement se voile la face. Deux des 5 milliards d’euros dont est "crédité" le Quai d’Orsay ne font en fait que transiter pour faire face à nos engagements internationaux, tels que la contribution au Fonds de développement européen (FED) ou celle destinée aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, qui augmentent chaque année. 

Le budget effectif du ministère n’est que de 3 milliards environ. Subissant des coupes drastiques, il est largement insuffisant pour financer un réseau mondial et conduire une politique d’influence ambitieuse. 

Ce que l’on appelle la diplomatie culturelle, universitaire et scientifique a été sévèrement touchée et ne dispose plus que d’un budget dépassant à peine les 200 millions d’euros, soit l’équivalent de celui de deux grandes écoles françaises comme Polytechnique, ou du tiers du coût de nos opérations militaires en Afghanistan. La réforme en cours est un fiasco, vue du terrain. Le budget des bourses données à des étrangers est aussi en chute libre, passant de 105 millions d’euros en 2006 à 61 millions d’euros en 2010. Notre réseau scolaire – plus de 460 établissements qui accueillent 250 000 élèves, dont la moitié sont des étrangers qui paient leur scolarité et seront des vecteurs essentiels de rayonnement pour notre pays – est menacé par les conséquences d’engagements présidentiels inconsidérés. 

Les contributions volontaires aux programmes des Nations unies, qui témoignent de notre attachement au multilatéralisme et aux valeurs humanistes et de solidarité, ont diminué de moitié en trois ans : avec un total de 48 millions d’euros, la France devient un contributeur secondaire. Elle n’est plus qu’au 17e rang des contributeurs du Haut-Commissariat pour les réfugiés ou de l’Unicef, au 15e rang de l’Unwra (Aide aux 4 millions de réfugiés de Palestine), etc. Dans le même temps, 360 millions d’euros ont été promis par le président de la République pour le Fonds mondial sida. Où les prendra-t-on ? Où est la cohérence de notre action ? 

On pourrait multiplier les exemples. Quel que soit le secteur d’activité – culturel, linguistique, coopération universitaire et scientifique, audiovisuel, missions et invitations de jeunes talents et d’experts -, la baisse des moyens depuis 2008 varie de moins 33 % à moins 50 %, voire conduit à la disparition de pans entiers de notre coopération. 

Nos partenaires y voient au mieux la marque d’un décalage entre les paroles et les actes, au pire, celle d’un sérieux déclin, et les amis de la France s’en inquiètent partout dans le monde. 

Enfin, en matière d’aide publique au développement, nous nous vantons d’être le troisième donneur d’aide derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. En fait, l’aide publique au développement (APD) française repose pour 40 % de son montant sur des remises de dettes et sur la croissance très rapide des prêts bancaires accordés par l’Agence française de développement (AFD) aux pays émergents. 

Les flux encore positifs aujourd’hui deviendront négatifs demain quand le remboursement de ces prêts devra être comptabilisé. En tendance, l’aide publique au développement française est plus proche des 0,3 % du revenu national brut (RNB) que des 0,5 % annoncés publiquement à l’OCDE, et très loin de l’engagement pris lors du sommet du Millénium de porter notre aide à 0,7 % du RNB en 2015. 

La comparaison avec le Royaume-Uni est éclairante. Les deux pays affichent aujourd’hui des montants globaux comparables de l’ordre de 10 milliards d’euros, mais le décrochage de la France est patent au regard de l’argent "cash" que le Royaume-Uni investit dans des projets sur le terrain sous forme de dons, à travers des programmes bilatéraux ou multilatéraux, et qui est six fois supérieur au nôtre. Faute de peser financièrement, nous influençons de moins en moins les débats et les décisions dans les pays africains prioritaires pour nous, et ce sont les Anglo-Saxons qui s’imposent dans les enceintes où se concertent les bailleurs. 

Des mesures d’urgence s’imposent : L’acte I doit être la négociation du budget 2012, pour donner un coup d’arrêt à la dégradation et fixer un nouveau cap pluriannuel. Au-delà, une réflexion plus globale s’impose. Des états généraux de l’influence de la France dans le monde pourraient permettre de mobiliser l’opinion publique et d’identifier les voies et moyens du redressement nécessaire. Notre pays dispose (encore) d’atouts dans la compétition mondiale. Il n’est que temps de réagir.

Groupe Marly, diplomates français 

Article paru dans l’édition du 24.06.11

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L’épopée électorale des guerres sarkoziennes

 Depuis quelques semaines, un frisson patriotique parcourt le pays et les rédactions de presse : ça y est, la France est de retour, cocorico ! Nos soldats se déploient partout, en Libye, en Côte d’Ivoire, non pas pour intégrer quelque force d’interposition défensive et impuissante, mais pour attaquer et faire chuter les tyrans. Même les néoconservateurs américains fustigent la pusillanimité d’Obama et soupirent après l’impétueux Sarkozy, c’est dire ! Oublié l’inéluctable déclin de la puissante française : le drapeau tricolore flotte à nouveau fièrement aux quatre coins du monde.

Du moins est-ce là ce que l’on entend nous vendre, et auquel voudrait nous faire adhérer l’Élysée car  il y a le Président de la République, sa politique extérieure, la mise en scène de cette politique extérieure, et ses répercussions espérées sur la politique intérieure. Autant de paramètres qu’il faut prendre en compte si l’on veut porter un regard un peu plus lucide sur les événements qui se jouent sous nos yeux.

Nicolas Sarkozy joue sa réélection et il sait bien qu’elle est tout sauf acquise en raison de l’échec de sa politique intérieure. Il avait donc décidé de faire de cette année une grande séquence internationale, utilisant G20 et G8 pour se remettre à flot et tenter d’inverser le cours plongeant de son mandat. Mais ce plan soigneusement préparé est venu se briser sur l’imprévu, sous la forme du vent de liberté qui a traversé les pays arabes depuis le début de l’année. Et le moins que l’on puisse dire est que la réaction de la France, lors des premiers soubresauts en Tunisie puis en Égypte, n’a pas été à la hauteur : lenteur, réactions inappropriées et en retard, sorties malheureuses sur l’aide « au maintien de l’ordre ». La diplomatie française et l’Élysée ont complètement raté le tournant de ces révolutions démocratiques et ont même, comble du comble, donné le sentiment d’être les derniers soutiens des dictateurs en place.

Ce contexte et cette histoire très récente éclairent et expliquent ce qui se passe actuellement. L’intervention en Libye a tout autant été un geste nécessaire et courageux qu’une fuite en avant pour redorer, sur un coup de dé, le blason bien terni de la France. Peu importe : il fallait porter secours aux rebelles libyens qui étaient à deux doigts de se faire écraser dans un bain de sang. Mais une fois le principe de l’intervention acquis, ce sont ses modalités qui importent. Et là, que voit-on ? Une capitulation, après quelques rodomontades pour la forme, devant l’OTAN (n’oublions pas que c’est Nicolas Sarkozy qui a œuvré pour la pleine réintégration de la France en son sein) ; et par suite, une soumission à des objectifs de guerre pour le moins obscurs, avec des interventions au compte-gouttes qui redonnent un peu d’air aux rebelles, puis les laissent échouer à reprendre l’avantage sur l’ennemi, puis reprennent à nouveau, pour les sauver «in extremis», quand les troupes de Khadafi reprennent l’avantage. On voudrait semer le chaos dans ce pays que l’on ne procéderait pas autrement ; et gare au retournement de l’opinion libyenne, qui pourrait bien dans un avenir très proche se lasser de ces « sauveurs » français et alliés.

 

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L’Afrique aussi attend la reprise économique

 

Lu dans la presse d’hier, mercredi 20 Janvier: 

 

Assèchement des investissements dans les pays du Sud

Selon la Cnuced, les flux étrangers directs en direction de l’Afrique ont plongé de 36%, affectant principalement le secteur minier. Une reprise modeste est attendue cette année.

Attendu comme la remise des Oscars par les banques d’affaires, le classement réalisé en fin d’année afin d’identifier celles ayant orchestré les plus importants rapprochements d’entreprises a aussi été l’occasion de confirmer le coup de frein connu par les rachats d’entreprises en 2009. Selon le bureau d’étude londonien Dealogic, le montant total de ces fusions, en déclin de 24%, n’a jamais été aussi faible depuis 2004. Liée à la crise économique et à l’assèchement des financements disponibles, cette moindre propension des multinationales à s’engager dans de nouvelles conquêtes masque un phénomène plus sombre encore: le déclin de leurs investissements étrangers directs dans les pays du Sud.

Six années d’afflux d’argent

Selon le dernier pointage dévoilé mardi par la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement, seuls 620 milliards de dollars ont été dirigés vers les pays en développement l’an dernier, soit 35% de moins qu’en 2008. Cette chute met fin à six années d’augmentation ininterrompue de ces flux. Dans les trente-trois pays les moins favorisés du continent africain, cet assèchement des investissements touche en particulier les projets miniers, en raison de «l’atonie de la demande mondiale de matières premières», explique James Zhang, directeur de la division Investissement et entreprises de l’organisation basée à Genève. Les rachats transfrontaliers d’entreprises du continent se sont littéralement effondrés, passant de 21,2 milliards à 5,7 milliards de dollars en l’espace d’un an; 2009 n’ayant été marqué par «aucune acquisition d’ampleur».

Projets remis au placard

Ainsi, au cours de 2009, la «rationnalisation» de leur dépenses par les géants miniers Rio Tento et BHP a touché leurs activités en Afrique. De son côté, l’opérateur mobile indien Bharti Airtel a abandonné son projet d’acquérir 49% du sud-africain MTN. De même les filiales des banques portugaises Banco Espirito Santo Angola et Angolan Comercial Imobiliara ont été revendus à des établissements locaux.

Redémarrage en 2010

Au total, au niveau mondial, les investissements directs réalisés d’un pays à l’autre – rachat d’entreprises, mais aussi nouvelles installations (usines, infrastructures…) – se sont limités à 1000 milliards de dollars l’an dernier, loin des records affichés en 2007. Les économistes de la Cnuced ne s’attendent qu’à une «reprise modeste» de ces projets en 2010, si l’amélioration de la conjoncture permet aux entreprises de reprendre leur développement à l’étranger. A en croire James Zhang, ces investissements directs devraient remonter à 1200-1400 milliards de dollars cette année, pour, peut-être, revenir vers 1500-1800 milliards de dollars en 2011.


Graphique: projets annulés ou reportés en Afrique entre 200 et 2009 selon la CNUCED 

 

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Penser aux haïtiens, aujourd’hui et demain

  


Le journal Le Temps rend aujourd’hui un vibrant hommage à ce qui a été Port-au-Prince, "ce mélange de flamboyance créole et de contradictions insulaires dont les grands écrivains caraïbes ont chanté la séduction". Il est douloureux de devoir parler de cette ville au passé, comme le dit l’éditorialiste, mais il est encore plus douloureux de voir ces images de dévastation, de souffrance, de peur, et de solitude dans la panique des heures qui ont suivi le tremblement de terre. 

L’aide afflue peu à peu. Dans l’urgence, le Président Obama et Dominique Strauss-Khan ont annoncé que les USA et le FMI mettraient à disposition des moyens financiers colossaux, à hauteur de la catastrophe. Nous organisons localement avec une association irlandaise qui intervient dans les zones touchées par des désastres naturels une petite équipe de gens formés prêts à aller au secours des autres. La réponse internationale est rassurante. Il faut simplement espérer qu’elle durera suffisamment longtemps et que la population ne soit pas trop vite oubliée. La solidarité devra s’appliquer bien au-delà des quelques semaines de secours, et s’attacher à reconstruire un pays en ruine, pas seulement physiquement mais aussi moralement. 

 

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L’argent chinois inonde l’Afrique

C’est une pluie de dollars qui s’abat sur l’Afrique. Fin septembre, la Chine a attribué à la République démocratique du Congo (RDC) un énorme prêt, d’au moins 5 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros), partiellement remboursable en titres miniers. Une vraie aubaine pour un pays détruit par la guerre et qui servira à reconstruire voies ferrées, routes, écoles et hôpitaux.

Beaucoup d’Africains se réjouissent de cette arrivée en force de l’argent chinois, qui profitera peut-être à la Guinée (bauxite) ou au Tchad (pétrole). Ils tiennent les mises en garde du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour une manifestation de mauvaise humeur des Occidentaux, dont les monopoles miniers sont enfin battus en brèche.

Les dangers de cette manne sont pourtant bien réels. On n’injecte pas sans conditions de telles sommes dans des pays très pauvres comme la RDC, où les trois quarts des habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour, sans déséquilibrer la balance commerciale, le budget et la structure même d’un Etat encore embryonnaire.

Ce n’est pas tant que la Chine prête à l’Angola ou au Soudan qui choque, mais qu’elle prête à des pays surendettés. Comment la RDC obtiendra-t-elle l’effacement des 14 milliards de dollars de son fardeau après avoir accepté un crédit chinois de 5 milliards ?

En fait, la question n’est pas l’origine chinoise des crédits : les 4 milliards de dollars que miseraient des sociétés américaines dans la bauxite camerounaise présentent les mêmes défauts.

Ces prêts rappellent les comportements vicieux de la guerre froide, lorsque l’Occident et l’Union soviétique subventionnaient les dictateurs et leurs « éléphants blancs », ces projets aussi inutiles que pharaoniques, dans le but de les attirer ou de les maintenir dans leur camp.

Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de rallier les Africains à une idéologie, mais d’exploiter leur sous-sol, et l’opacité des contrats – qui se révéleront, un jour, léonins – risque de favoriser une corruption ravageuse pour ces pays.

Le bon exemple vient du Sénégal. Il s’est vu, le 4 octobre, octroyer une aide de 3,9 milliards de dollars. La différence est que cette aide est multilatérale, puisqu’elle associe le FMI, la Banque mondiale, la Commission européenne, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la France et l’agence de coopération américaine Usaid.

Elle est sous la surveillance d’un groupe consultatif qui s’assure de sa cohérence avec l’état de santé du pays. Elle est ciblée sur la réduction de la pauvreté et ne devrait donc pas trop s’égarer dans les poches de prédateurs.

Mais ce bon exemple n’en est peut-être pas un : le Sénégal n’a pas de matières premières tentatrices…

Alain Faujas Le Monde Article paru dans l’édition du 17.10.07.

Le blog "Idées pour le développement"

Idées pour le développement, blog international de réflexion sur le développement, a été lancé le 21 octobre 2007 à Washington à l’occasion des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Rassemblant sept spécialistes du développement, cette plateforme offrira aux internautes un lieu de débats et d’échanges inédit sur internet.

Des dirigeants d’organisations internationales participeront au blog:

· Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement,

· Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation de la francophonie,

· Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement,

· Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce,

· Supachai Panitchpakdi, secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement,

· Jean-Michel Severino, directeur général de l’Agence française de développement,

· Josette Sheeran, directrice générale du Programme alimentaire mondial.

Plateforme d’échanges novatrice dans sa forme comme dans son contenu, Idées pour le Développement proposera de nombreuses fonctionnalités telles que la vidéo, le flux RSS et l’abonnement par courriel. Accessible en trois langues – anglais, français et espagnol –, il permettra de croiser les regards des contributeurs du monde entier.

Si les questions de développement font aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant sur internet, les blogs qui leur sont consacrés restent le fait d’anonymes ou d’institutions. Idées pour le développement permettra aux personnalités impliquées de débattre autour de leurs convictions personnelles et de dialoguer directement avec les internautes.

Afin de garantir un débat contrasté et pluraliste, d’autres spécialistes du développement participeront au blog dans le cadre de partenariats avec des organisations non gouvernementales et des universités de renom.

Le site sera accessible le jour même de son lancement.

Adresse du blog : http://www.ideas4development.org

La lutte contre le paludisme

Je rentre d’un voyage au Burkina Faso et au Mali avec, sur la peau, quelques traces laissées par les moustiques. J’aurai la chance de faire le test de la « goutte épaisse » si ça ne va pas bien dans quelques jours et d’avoir les médicaments appropriés. Ce n’est pas le cas pour beaucoup de gens. On n’a pas besoin d’aller dans les campagnes pour voir des gens qui ont le strict minimum. A Bamako comme à Ouagadougou la pauvreté est visible partout. Pourtant, certaines initiatives sauvent les vies des plus démunis. J’ai rapporté cette histoire que j’aimerais vous faire partager.

NONANDA, 18 octobre 2007 (IRIN) – Kalifan Keita, petit paysan, n’a ni formation médicale, ni salaire, ni moyen de transport, à part sa petite bicyclette branlante ; pourtant, il a réussi là où ont en grande partie échoué le gouvernement malien et plusieurs décennies d’aide occidentale. Il sauve la vie à des centaines d’enfants frappés par le paludisme, dont beaucoup auraient péri après avoir sombré lentement et atrocement dans le délire et l’inconscience. « Je ne fais pas de miracle », dit-il. « Ce que je fais est simple ». M. Keita parcourt à vélo les six villages de sa région en transportant une petite boîte blanche marquée d’une croix rouge. Cette boîte contient des bâtonnets blancs et des aiguilles. Lorsqu’il arrive dans un village, les femmes dont les enfants sont malades se réunissent. M. Keita sort alors ses seringues et pique le bout de l’index de chaque enfant, pour imprégner le bâtonnet d’une goutte de sang, et permettre ainsi d’indiquer rapidement si l’enfant souffre ou non de paludisme. Sur les 14 tests effectués par M. Keita le jour où IRIN l’a rencontré, 12 étaient positifs. Fort de ce constat, M. Keita a remis six pilules aux mères concernées dans le cadre d’un traitement combiné à base d’Artémisinine (ACT), et leur a recommandé d’en donner deux par jour à chaque enfant. En trois jours, tous les enfants avaient recouvré la santé. M. Keita est bénévole dans l’une des 18 communautés qui participent à un projet pilote dirigé par l’organisation non-gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières (MSF) dans une région du Mali où le paludisme est endémique. La nouveauté, c’est que les bénéficiaires du projet reçoivent le traitement contre le paludisme à domicile, et ne sont plus obligés de parcourir de longues distances pour se rendre dans des centres de santé éloignés – et que ce système fonctionne. Ces projets communautaires sont d’une simplicité rafraîchissante. Les frais généraux ne dépassent pas le coût du matériel d’analyse et des médicaments. A Nonanda, la couverture anti-paludique englobe une centaine de villages, pour un coût total d’environ 400 000 dollars. La principale critique susceptible d’être objectée à ces programmes repose sur le fait qu’ils dépendent trop de la motivation des bénévoles, et de la capacité du gouvernement central ou des autorités sanitaires à s’assurer que ces bénévoles éloignés et isolés sont bien équipés. Bien que leurs projets aient donné de bons résultats dans une régionincapable de venir à bout de ce fléau, les défis n’en restent pas moins de taille. En effet, le Mali est un vaste pays enclavé, composé de milliers de kilomètres d’eaux stagnantes à la surface desquelles des essaims de moustiques géants se forment à chaque saison des pluies. Le pays présente un des taux de prévalence du paludisme les plus élevés du monde. Les enfants sont plus nombreux que les adultes à y perdre la vie car ils n’ont pas eu le temps de développer une immunité contre la maladie. Ainsi, selon les estimations du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le paludisme contribue à au moins 30 pour cent des décès d’enfants au Mali. Ce n’est qu’en prévenant les cas de paludisme qu’on peut commencer à penser à apporter des améliorations de fond au système de santé.

Pas de signature APE

Les Accords de partenariat économique (APE) supposés créer une zone de libre échange entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne au plus tard le 31 décembre 2007 ne seront pas mis en œuvre. Il n’y aura pas de signature le 31 décembre . Telle est la dernière information en date du côté de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) concernant la mise en œuvre des Accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest. « L’Afrique de l’Ouest n’est pas prête », a indiqué M. Ablassé Ouédraogo, conseiller du président de la commission de la CEDEAO le lundi 24 septembre 2007 à Ouagadougou. Selon ses explications, « la région ouest africaine est en quête d’un accord équilibré qui tienne compte des faiblesses des différentes économies ». Et d’ajouter que l’intégration régionale doit être renforcée dans le cadre des APE et non le contraire.

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Stratégie de l’UE pour l’Afrique: pour une dimension parlementaire plus forte

La stratégie de l’UE envers l’Afrique nécessite une dimension parlementaire plus forte, selon un rapport d’initiative approuvé par la commission du développement du PE ce mercredi. Le rapport fixe les priorités de cette stratégie qui doit être approuvée lors du deuxième Sommet UE/Afrique qui se tiendra à Lisbonne en Décembre, les députés européens devant rencontrer leurs homologues africains dans la capitale portugaise à la veille de cette réunion… Plus sur

La fin des négociations APE

Les ministres européens du développement se réunissent ce week-end au Portugal. Il faut espérer qu’ils tombent d’accord afin d’exiger de la Commission européenne qu’elle abandonne ses propositions actuelles sur les accords de partenariat économiques (APE), accords de libre échange en cours de négociation avec les pays ACP (Afrique, Caraibes, Pacifique), puisque ces accords vont à l’encontre de la réduction de la pauvreté et mettent directement en péril certains emplois dépendent des exportations. En l’absence d’un accord signé, Peter Mendelson a annoncé que la Commission serait contrainte d’augmenter ses droits de douanes. Ce changement aurait un effet désatreux sur les industries telles la pêche ou l’horticulture.

Comment prétendre aider au développement quand les pays sont forcés de signer des accords? Des milliers d’emplois sont menacés. Il serait intéressant de connaitre la position de la France. Est-ce que notre Fédé. peut demander au national de poser la question.

Solidaires pour l’Afrique

Ce n’est pas le discours du Président Sarkozy à Dakar qui va améliorer nos relations avec les populations africaines. Si certaines attitudes de complaisance sont condamnables, il faut regarder avec un œil objectif l’engagement de la France en Afrique. 20 000 coopérants en 1981 et 1 500 en 2007. Le désengagement est évident au moment où la démographie des populations est incontrôlée, où l’analphabétisme reste trop grand, où l’état sanitaire avec les endémies – paludisme et sida empire. Les capitaux autrefois investis en Afrique vont aujourd’hui ailleurs et les grands groupes continuent le pillage des ressources naturelles de ce continent sans retour aux populations locales. Plus le pays est riche en ressources naturelles plus la mise de la population est grande. La présence de certains pays asiatiques est d’ailleurs de plus en plus inquiétante.

Si l’Europe était l’avenir de la France comme le disait Mitterrand, l’Afrique pourrait bien être celui de l’Europe. La France ne peut pas tout faire toute seule. Elle devrait au moins être l’avocate de l’Afrique auprès de l’Occident.

Le Changement c’est maintenant!

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