Nous constatons le démantèlement du service public dans le domaine culturel. Presque tous les pays sont concernés. Nous assistons à la fermeture d’instituts culturels, à la suppression de postes d’attachés linguistiques et à la diminution des crédits alloués aux services culturels des ambassades de l’ordre de – 20% à – 50% dans certains secteurs. Même l’Alliance française est touchée par la réduction des postes d’expatriés alloués par le ministère qui sont passés de 495 postes à 235 postes aujourd’hui. Cependant certains conservent leur budget tels Culturesfrance, dirigé par Olivier Poivre d’Arvor, chargé des échanges artistiques et des grands projets.
La mission culturelle est une mission historique du Quai d’Orsay dont nous devrions fêter le centenaire cette année puisque c’est en 1909 que fut créé le Bureau des oeuvres. Aujourd’hui, la présence culturelle à l’étranger est assurée par 141 instituts présents dans 136 pays et 2 500 emplois d’expatriés, plus de 1000 Alliances françaises présentes dans 135 pays (458 000 étudiants) et enfin 253 lycées français, dans le réseau de l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger (AEFE), présents dans 135 pays et leurs 164 000 élèves.
Au-delà de la crise des moyens le ‘réseau’ souffre aussi d’une crise identitaire. Le transfert de la Direction de l’audiovisuel extérieur du Quai d’Orsay au ministère de la Culture à l’automne dernier est un exemple du regroupement des Administrations mais aussi du retrait graduel de la culture de ce ministère qui semble désormais concentrer ses moyens sur la coopération internationale et le développement.
Bernard Kouchner doit présenter la réforme de notre politique culturelle extérieure en ce début d’année 2009. On parle de la création d’une agence autonome, un peu sur le modèle de l’AEFE qui s’appellerait ‘Espace France’.
Il est important pour le Parti socialiste de définir sa politique culturelle pas seulement en réponse ou en opposition de celle présentée par le ministre mais comme politique qu’il entend proposer dans la gestion du ‘réseau’ culturel extérieur de la France. Nous ne pouvons pas rester passifs devant les changements radicaux qui touchent ce ‘réseau’. Nous devons décider entre la mise en place d’un opérateur culturel autonome libre de sa politique dans le respect d’un cahier des charges mis en place sous la tutelle MAE et restaurer l’action culturelle dans sa dimension régalienne et redonner les moyens publics dévolus au ‘réseau’.
