Mois : mai 2009

Pérennité de la bourse Lavoivier

(publiée dans le JO Sénat du 07/05/2009)

Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques qui s’applique à l’ensemble des administrations françaises et qui fixe pour chacune d’entre elles des objectifs prioritaires, le ministère des affaires étrangères et européennes (MAEE) doit désormais recentrer son action, dans le domaine de la mobilité internationale étudiante, sur les futures élites étrangères désireuses de venir se former dans notre pays. Compte tenu de cette priorité affichée et de contraintes budgétaires accrues, le ministère des affaires étrangères et européennes a dû mettre fin au programme de bourses Lavoisier, à l’exception des allocations prévues pour les étudiants français admis au Collège d’Europe et à l’Institut universitaire européen de Florence, le MAEE étant lié à ces deux établissements par des conventions internationales et étant contributeurs directs à leur budget.

Pour mobiliser les citoyens européens

La campagne d’information pour les Européennes a été lancée à Moleworth Street, siège de la représentation du Parlement européen à Dublin. En ce mardi 28 avril la salle était pleine avec plus de 90 personnes. La presse, TV et écrite, était aussi présente. Public jeune et intéressé. Le représentant a rappelé du rôle du Parlement, une de ses collègues a présenté les sites internet et les dépliants créés pour l’occasion et puis le représentant de la communauté polonaise s’est exprimé. Il a beaucoup insisté sur le fait que les ressortissants européens peuvent voter dans leur pays origine ou en Irlande et a parlé de la communauté de près de 150 000 Polonais installée en Irlande ( 70 000 sont rentrés au pays depuis le début de la crise économique).

Des annonces, toujours des annonces.

Depuis la création en 1909 du Bureau des œuvres au Quai d’Orsay qui ajoutait à la diplomatie un volet culturel « l’exportation » de la culture française est soumise à rude concurrence, en particulier par nos voisins anglais, allemands et espagnols, mais aussi chinois et américains qui voient dans la « diplomatie de l’intelligence » ou « soft power » d’énormes avantages. Plus d’un milliard d’euros par an sont dépensés pour financer les centres culturels, les lycées français et l’audiovisuel extérieur. Et pourtant, les critiques visant l’action culturelle extérieure de la France « diminution des crédits », « perte d’influence », « démotivation des agents », « panne de stratégie » reviennent comme des antiennes.

Le nez dans le sable

Le titre ne fait pas référence à la politique de l’autruche. En mai 2008, l’Irlande surfait encore sur une vague de prospérité et de croissance, donnée comme exemple à suivre et gagnant tous les concours. La planche a soudain glissé de dessous nos pieds, sans annonce, et nous nous retrouvons tous le nez dans le sable. Chaque rouleau nous enfonce un peu plus et l’espoir de nous relever s’estompe avec le temps. Le choix de la croissance à celui du développement nous a entraînés dans la course de trop.