Leçons à tirer de la crise ou la solidarité illusoire au sein de l’Union européenne.
L’Irlande et l’Islande ont servi de laboratoires à la crise. Frappées toutes deux en 2008 aucune concession ne leur a été faite. La France, derrière le FMI et la BCE, a forcé l’Irlande a un emprunt énorme aujourd’hui remboursé par les contribuables irlandais. Les banques françaises protégeaient ainsi leurs investissements et, en plus, gagnaient 3% d’intérêts sur le dos des Irlandais puisqu’elles empruntaient à 3,5% à la BCE et prêtaient aux Irlandais à 6,5%. La menace de défaut de la Grèce a soudain calmé l’avidité des banques françaises qui ont revu leurs taux d’intérêts à la baisse. Si Nicolas Sarkozy ne faisait pas passer les intérêts des banques avant celui des pays, y compris le sien, les décisions qui s’imposaient auraient été prises à temps.
Ces deux peuples se sont servis des processus démocratiques pour éloigner les responsables de la crise tant au niveau politique que financier dans leur pays. Ils attendaient des nouvelles équipes en place qu’elles soient courageuses et équitables. Les plans d’austérité furent sévères mais ces deux pays ont retrouvé un taux de croissanceraisonnable. Si ce n’était pour l’instabilité des autres pays européens et l’avidité des spéculateurs qui jouissent toujours d’une immunité parfaite tant que le système ne sera pas régulé ces deux petits pays sont la preuve qu’il existe des solutions et que celles-ci passent par un courage politique qui se base sur une perspective à long terme qui fait cruellement défaut. Qu’attendent aujourd’hui les pays ciblés par les spéculateurs pour imiter ce qui a marché ? Les mesures « Merkozy » ne sont pas à la hauteur de ce qui est nécessaire et arrivent trop tard. Les décisions finalement prises cette semaine auraient du l’être au printemps 2010. Elles auraient évité à la France de perdre son triple A. L’indécision n’aura servie à rien et certainement pas à protéger leur système bancaire puisque Merkel et Sarkozy perdent tous deux toutes les élections dans leur pays respectifs.
Au fil des ans, gouvernements et législateurs ont répondu à des attentes catégorielles dans un système opaque. Cette approche a provoque d’incroyables inégalités. Pire encore les promesses non tenues éloignent un peu plus les peuples de la confiance qu’ils donnent aux politiques. Il ne suffit plus de tenir de bons discours le passage à l’acte se relève essentiel. L’Irlande avait perdu son âme à force de courir après le rêve vide et vain du bonheur matériel. Elle revient enfin à ses fondamentaux. Le candidat du Labour Michael D. Higgins gagnera certainement la présidentielle et continuera à apporter à la fonction la dignité que Mary Robinson puis Mary Mc Aleese lui ont donnée. Les élections qui se succèdent prouvent que les citoyens ont encore leur mot à dire et font le bon choix. Espérons qu’ils le feront massivement en 2012.
Photos AP
Des Primaires ouvertes et européennes

La section de Dublin a eu la chance de bénéficier de la générosité du parti irlandais pour installer un bureau de vote dans ses locaux pour les deux tour des Primaires du PS. Nous avons vécu un beau moment d’amitié et de coopération entre nos deux partis. Ce fut un bonheur de passer du temps avec nos amis du Labour Party, de discuter de l’élection présidentielle irlandaise, de la préparation de la notre, et de se conforter dans l’idée que nous regardons dans la même direction.

Je tiens à remercier tout particulièrement Ita McAuliffe, secrétaire générale du Labour Party, et Brian O’Connor, Sean Rooney et Desmond O’Toole pour leur aide précieuse.
C’est une expression des liens qui existent entre nos deux partis, aussi dans le cadre du PSE, et qui ne peuvent que se renforcer avec le temps.
La campagne permanente auprès des Français
Je fais le tour des grandes entreprises qui emploient des Français pour leur parler de leurs droits et devoirs. Ici la dernière réunion avec des Français travaillant à Google, dans leur locaux. L’élue locale garde ses habitudes d’aller à la rencontre des Français. La qualité des questions et la richesse des débats m’impressionnent toujours.

Et vous, que ferez-vous face aux frères Marché?
Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.
Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait.
Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie.
Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes.
Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.
Constatant qu’il n’en restait plus un seul ce jour-là, il fit savoir qu’il reviendrait en acheter à 500 euros l’unité dans huit jours et il quitta le village.
Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l’unité.
Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.
Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.
Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt.
Le cours de l’âne s’effondra : les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier.
Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant.
Or, celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement!
Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.
Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale…
On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front.
On les appelle les frères Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants …
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place? Que ferez-vous?
En Irlande, des élections cruciales pour l’avenir du pays
Ce vendredi 25 février, les Irlandais choisissent leurs nouveaux députés, dans un scrutin proportionnel plurinominal qui permet aux électeurs de voter pour un parti mais aussi pour des candidats. Ce vote est crucial. Il intervient dans un contexte de crise aiguë avec une quasi faillite de l’Irlande et après la dissolution de la chambre basse (en principe élue pour cinq ans) du Parlement irlandais, le Dáil Éireann, consécutive au rejet de la classe politique dirigeante.
L’Irlande, un pays dynamité
En 15 ans, l’Irlande, autrefois contrée rurale et pauvre, en proie aux famines régulières, terre traditionnelle d’émigration, est devenue un État hyper dynamique, à la pointe des nouvelles technologies, et urbain – la capitale Dublin accueille le quart de ses 4 millions 500 000 concitoyens. Et voici qu’elle régresse radicalement : les jeunes qui ont grandi dans des familles aisées et immobiles, doivent à nouveau partir comme leurs grands parents, s’ils veulent survivre. L’une des étudiantes d’Hélène Conway reste ainsi interdite face à la décision de son père, imprimeur ruiné, jusqu’à récemment à la tête d’une fabrique d’étiquettes, et qui vient de décider de partir tenter une nouvelle chance en Australie, à 50 ans passés.
EN COLÈRE MAIS PAS RÉVOLUTIONNAIRES
Pourtant, si les électeurs irlandais rejettent massivement le parti au pouvoir de centre droit, le Fianna Fail, ce ne sera pas pour embrasser des idées révolutionnaires. Leurs voix devraient se porter sur le Fine Gail, légèrement moins à droite et sur Enda Kenny, probable futur Premier ministre, un ancien instituteur, son pâlichon et inexpérimenté chef de file, selon le Financial Times. Le Fianna Fail et le Fine Gail se partagent ainsi le pouvoir de la jeune République irlandaise, depuis 90 ans, dans un mouvement d’oscillation faible et perpétuel.
Malgré leurs inquiétudes pour l’avenir le Labour peine à séduire au delà des quartiers prolétaires et d’une classe ouvrière quasi inexistante. Les socialistes (Aliance de la gauche unie) passent pour de terrifiants gauchistes, tandis que les Verts peinent à s’affirmer, dans la mesure où leurs idées sont désormais reprises par tous les partis qui veulent pousser l’économie verte et promouvoir une énergie renouvelable et indépendante. Les nationalistes du Sinn Fein (branche politique de l’Ira – armée républicaine irlandaise) ne représentent plus grand monde, et les eurosceptiques de Libertas ont disparu de la scène politique.
REPENTANTS ET PRÊTS À REPARTIR
Les Irlandais semblent tout à la fois en colère et résignés. En colère contre leurs dirigeants mais résignés à payer leurs pots cassés et à accepter les plans de rigueur du FMI et de l’Union européenne, mais aussi leurs prêts qui permettent de payer les fonctionnaires. « Les Irlandais, sans doute en raison de leur catholicisme enraciné, ont fait leur mea culpa et leur repentance : j’ai pêché donc je doit passer à la caisse, se disent-ils », commente encore Hélène Conway.
Du coup, la campagne électorale, courte et intense, a été entièrement dominée par les questions sociales et économiques. Les Irlandais veulent juste avoir des réponses à des angoisses très concrètes : comment vont-ils pouvoirs continuer à rembourser leurs emprunts immobiliers « toxiques » ? Combien de postes de fonctionnaires seront-ils supprimés ? Comment pourront-ils continuer à payer les études de leurs enfants ? À cette dernière question, le Fine Gail (les favoris de centre droit) a très clairement répondu que, contrairement à la politique ultra libérale menée au Royaume Uni et qui a poussé les étudiants britanniques dans la rue, l’Irlande continuera à subventionner les frais d’inscription dans les universités. C’est sur ces petites différences-là que les électeurs de l’Eire départageront les candidats et leurs programmes.
Le fait du Prince, encore et toujours
Malgré sa compétence et son attachement au projet de modernisation des Archives nationales, qui ont été unanimement loués, la directrice des Archives nationales de France est aujourd’hui la victime collatérale des caprices d’un Président dont le projet de musée de l’histoire de France a révélé la méconnaissance profonde de l’Histoire et sa volonté de l’instrumentaliser.
La décision expéditive de son éviction relève du fait du prince et traduit la pratique autoritaire d’un pouvoir qui ne supporte pas que ses projets contestables concernant notre patrimoine soient discutés par ceux qui ont la charge de la conserver. Est-ce là ce que l’on attend d’un président élu démocratiquement ? Est-il normal qu’entre deux élections celui-ci s’accorde le pouvoir absolu et que le seul rôle de l’opposition soit celui de dénoncer ces abus ?
Est-ce bien le modèle démocratique que nous avons encore la prétention de vouloir voir adopter par d’autres ?
Ballade irlandaise
L’histoire commence avec un pays pauvre. Famine, oppression du colonisateur anglais puis de l’église catholique, misère décrite dans « les cendres d’Angèle » nous donnent les paroles de la chanson, triste comme le sont toujours les chansons irlandaises. Tout cela fait partie de la mémoire collective et de la réalité qu’ont vécue des générations d’Irlandais. Et puis, un jour, cette petite île que seuls les descendants de ceux qui l’ont quittée viennent découvrir ainsi, que quelques Européens curieux, connait la prospérité. Elle est adulée par ses partenaires européens, montrée en exemple dans les journaux financiers du monde entier et elle devient un Eldorado qui attire des milliers de jeunes à la recherche d’un emploi. Le salaire minimum double en dix ans, les allocations et aides de toutes sortes augmentent, le chômage est un mauvais souvenir. Les banques encouragent et soutiennent les dépenses. Elles prêtent sans garantie et les spéculateurs prennent de plus en plus de risques. Grisé par cette richesse soudaine qui est dépensée comme s’il n’y avait aucun lendemain le pays a tous les symptômes du nouveau riche qui ne sait pas gérer sa nouvelle fortune. Avec la même rapidité qui avait amené la richesse la bulle a soudain éclaté. La crise financière qui suit entraine en quelques mois une crise économique pour déboucher sur une crise sociale. Le gouvernement, trop proche des milieux financiers, est lent à prendre les décisions nécessaires. Le peuple qui souffre, à qui on fait payer les erreurs de quelques-uns, a besoin de faire payer les coupables. En moins de six mois le Premier ministre n’a plus que 14% de soutien dans la population. Pourtant son parti est l’un des deux partis fondateurs de la République et est au pouvoir depuis des décennies. Il s’accroche au pouvoir et gagne une série de motions de défiance présentées au parlement et au sein de son propre parti. Si l’Irlande n’était pas une démocratie elle aurait connue la révolte du peuple comme l’ont connue la Tunisie et l’Egypte. Sa chute sera finalement provoquée par la révélation qu’il avait rencontré le directeur général d’Anglo Irish Bank deux semaines avant sa nationalisation. Depuis la nationalisation de cette banque l’Etat a versé 35 milliards d’euros, financés par les contribuables. Le salaire des fonctionnaires a été baissé de 15% en six mois. Le chômage est passé de 3 à 14,8% et on estime à près de 100 000 le nombre de jeunes qui vont quitter le pays.
Les leaders des cinq partis politiques qui espèrent gagner l’élection législative du 25 février débattent et présentent leurs programmes. Tous proposent de créer un environnement qui stimulera l’emploi, changera radicalement le parlement et réformera les institutions. Il est évident qu’ils ont tous pris la mesure de la crise et que les solutions pour en sortir ne peuvent être qu’impopulaires. Le courage politique n’est pas très visible quand ceux qui le pratiquent sont engagés dans un jeu de séduction et les promesses restent vagues. Le srutin approche, les débats se terminent. Ils furent tous peu convaincants mais la démocratie donne l’espoir de lendemains meilleurs. On connait trop le présent pour lui offrir le mot de la fin. On terminera notre ballade en pensant que « Tomorrow is another day ! »
L’Irlande à la dérive: une crise financière, économique, sociale, et maintenant politique

Cet homme, à terre alors que passent les officiels du FMI, vous le reconnaissez ?
Ce qui se passe en Irlande est très grave. La gestion de l’état est catastrophique et les politiques accusent les banquiers qui ne sont pas les seuls fautifs. La souveraineté du pays leur échappe. Conclusion pour l’Europe: une gouvernance commune des budgets (rien de nouveau mais Bruxelles l’exigera quand on sera vraiment au bord du gouffre). Les prochaines victimes sont déjà connues le Portugal et l’Espagne.
Alors que les experts de l’UE et du FMI ont commencé lundi à Dublin à mettre au point les détails d’un vaste plan de sauvetage à l’Irlande l’agence de notation Moody’s a jugé que le plan de sauvetage UE/FMI destiné à l’Irlande aurait un impact négatif sur la note de Dublin, puisqu’il transfèrerait sur le secteur public le fardeau de la crise bancaire et creuserait la dette souveraine. «Une dégradation de plusieurs crans, qui laisserait la notation de la République (d’Irlande) en catégorie d’investissement, est désormais l’issue la plus probable de notre réexamen de la dette souveraine", note l’analyste Dietmar Hornung, dans un document de travail. A Londres, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a indiqué que le Royaume-Uni allait fournir à l’Irlande un prêt bilatéral d’environ 7 milliards de livres, soit 8 milliards d’euros. La Suède, également non membre de la zone euro, envisage un prêt bilatéral de 530 millions à 1,06 milliard d’euros à l’Irlande. L’aide internationale à l’Irlande pourrait faire l’objet d’un premier versement en janvier, a déclaré lundi le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, qui estime que l’aide à l’Irlande ne devrait pas dépasser les 100 milliards d’euros. L’euro a réagi à la hausse, touchant un plus haut d’une semaine à 1,3786 dollar avant de retomber légèrement à 1,3742 dollar.
Cette crise financière nous entraine vers une crise politique dont nous voyons les premiers prémices aujourd’hui. Les Verts qui forment un gouvernement de coalition avec Fainne Fail ont annoncé à l’heure du déjeuner qu’ils se retireront du gouvernement en janvier. Les deux indépendants qui soutenaient jusqu’alors le gouvernement ont déclaré dans la foulée qu’ils ne le soutiendraient plus. Si le budget n’est pas voté et que le plan de rigueur promis ne peut être mis en place il est improbable que l’aide de 100 milliards soit donnée. Des militants du Sinn Feinn sont entrés par la force dans le parlement il y a quelques heures. Tout s’enchaine si vite que l’on ne sait trop où l’on va. Le gouvernement n’a plus aucune crédibilité mais on craint fort de découvrir une situation encore plus catastrophique que celle qui a été annoncée.
Nominations au CESE: le Président en campagne verrouille la République, bafouée par l’UMP
Le Conseil des ministres du 27 octobre a procédé, sur proposition du Premier ministre, à la nomination des 40 personnalités qualifiées appelées à siéger au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ces nominations ont été officialisées par un décret du 28 octobre (J.O., 29 oct. 2010).
Conformément à l’article 7 de la loi organique du 28 juin 2010 relative au CESE, le gouvernement devait désigner – sans consultation préalable de l’Assemblée des Français de l’étranger – un représentant des activités économiques françaises à l’étranger parmi les dix personnalités choisies en raison de leur expérience dans le domaine économique.
Force est de constater que les nominations auxquelles il a été procédé remettent en cause de manière inacceptable le pluralisme et l’indépendance de la troisième assemblée constitutionnelle de la République, elles ont été manifestement décidées sur des critères exclusivement politiques, et les personnalités nommées, quasi exclusivement toutes liées à l’UMP, ne semblent pas posséder pour nombre d’entre elles les compétences requises dans les champs sociaux, économiques ou écologiques que le CESE doit représenter.
Depuis 1984, les Français établis hors de France étaient représentés au CESE par deux conseillers nommés par décret pris sur le rapport du ministre des affaires étrangères après consultation de l’AFE.
Le gouvernement a injustement supprimé cette représentation en invoquant le fait que les Français établis hors de France disposent de leur propre assemblée, qu’ils sont représentés au Sénat et qu’ils seront prochainement représentés à l’Assemblée nationale. Il a cependant simultanément maintenu l’obligation pour le gouvernement de nommer des représentants des activités économiques à l’étranger.
Nous pensons qu’une erreur manifeste d’appréciation et une erreur de droit entachent ce raisonnement :
L’argument suivant lequel les français établis hors de France seraient déjà représentés au Sénat et demain à l’Assemblée de telle sorte qu’ils pourraient être exclus du CESE est inopérant. C’est une obligation légale.
Dans la liste des 40 nommés, personne ne possède le profil de représentant des activités économiques à l’étranger, ce qui constitue une erreur manifeste d’appréciation de la part du gouvernement.
Motion proposée
La FFE dénonce sur le fond et la forme ces nominations:
Nous sommes sincèrement attachés à une représentation au CESE qui soit conforme à l’expression de tous les Français établis hors de France dans leur diversité sociologique ;
Nous rappelons que deux millions de compatriotes vivent à l’étranger en assurant à
Nous ne pouvons nous résoudre à voir les français de l’étranger ainsi écartés d’une assemblée dans laquelle ils ont tant à apporter et à voir le CESE ainsi privé, de fait, d’une partie de sa légitimité.
Image AFP
Rapport Colot / Joissains: l’UMP flatte la volonté présidentielle au mépris de la réalité et de la démocratie
Le rapport Colot / Joissains sur la Prise en Charge des frais de scolarité des lycéens du réseau AEFE a déjà fait couler beaucoup d’encre.
Au-delà des détails techniques que notre critique ne peut se passer d’examiner, il existe pour moi, avant toute chose, un problème fondamental sur lequel nous devons nous arrêter : nous avons un président qui décide de tout et qui bafoue toutes les valeurs de la République dont fait partie le parlement et le rôle qu’il est censé jouer dans le processus démocratique.
Il nous revient de commencer par dénoncer les nominations et les rapports partisans qui oublient de faire la lumière sur le réel pour satisfaire la volonté du président. Quand aucune critique n’est recevable et qu’aucune proposition n’est entendue en dehors de ce qui a été décidé par avance par ce même homme, n’avons-nous pas le devoir de le dénoncer ? L’opposition tout comme le peuple doit agir comme contre pouvoir quand il y a abus.
Nous devons apporter des propositions concrètes et en premier lieu la principale que nous martelons depuis bien longtemps : il n’est pas acceptable qu’un enfant soit écarté du système scolaire pour des raisons financières. Nous devons continuer à défendre la nécessité de prendre en compte les critères socio-économiques pour aider ceux qui seraient exclus, mais aussi le fait que lorsqu’une mesure fait exploser le budget et renforce l’exclusion elle doit impérativement être revue. D’excellentes réactions on déjà été exprimées, il ne faut pas avoir peur d’aller au cœur du problème qui est à l’Elysée où se trouve aujourd’hui un candidat en campagne. La nôtre doit commencer aussi et ne pas attendre que le président du G20 accumule les bons points, avec son nouveau gouvernement qui fera du tout sécuritaire et qui passera à l’écoute du peuple maintenant que les réformes qu’il souhaitait sont votées.
Je vous joins ci-dessous le communiqué que j’ai fait parvenir à la FFE.
Rapport parlementaire Colot/Joissains sur la PEC.
La FFE dénonce le rapport sur la prise en charge des frais de scolarité des lycéens du réseau AEFE des deux parlementaires UMP qui est loin de la réalité vécue sur le terrain par les élus et les familles et qui défend une mesure destinée à satisfaire une clientèle électorale qui n’a rien de commun avec une mesure de justice sociale. Le rapport ne propose aucune solution à l’impasse budgétaire et préfère rejeter la faute de l’explosion du budget sur la gestion de l’AEFE. Aucune solution n’est apportée au développement du réseau et la gestion de l’immobilier.
Ce rapport remet aussi en question le rôle des parlementaires qui devraient porter un jugement impartial dans les missions qui leur sont confiées et non agir pour plaire au président de la République. Il est enfin un nouvel exemple de la présidentialisation des institutions et du déséquilibre des pouvoirs que nous contestons fermement.
Pour lire le communiqué des Sénateurs des Français du Monde
La gestion de la crise par les Etats, leçons à tirer du passé et initiatives pour le futur. Partie 3: Problématiques pour l’avenir

Problématiques à prendre en compte pour l’avenir
A) a) Positif
Les fondamentaux de la croissance mondiale demeurent. L’émergence de deux milliards d’individus et des nouvelles technologies.
Les crises ont, semblent-ils, eu un effet favorable sur le référendum sur Lisbonne et donc pour l’Etat en tant que Gouvernement qui le soutenait. Un renforcement du sentiment européen s’est fait sentir. Changement dans l’échelle des valeurs et leur priorités où le collectif, le besoin de solidarité reviennent en force.
Les crises auront permis, une fois sortie de la récession, de faire regagner à l’Irlande une certaine compétitivité (baisse des salaires, de l’immobilier, de coût de la vie en général) et donc de la rendre plus attractive aux investissements étrangers, base de la stratégie économique depuis 20 ans.
Les crises auront également permis de renforcer la coopération inter-étatique (lutte contre les paradis fiscaux, renforcement du rôle de régulation de Bruxelles), parfois même contre l’avis de certains Etats ultra libéraux en la matière, notamment la Grande Bretagne et certainement l’Irlande.
A) b) Négatif
La nouvelle criminalité mondialisée est le premier ennemi de la démocratie. Elle est multiforme et elle s’insère dans les réseaux internationaux. Elle est basée sur le trafic de drogue et le trafic humain. L’argent sale représenterait jusqu’à un tiers des transactions internationales. Les démocraties se révèlent démunies face à ces nouvelles mafias.
Les deux types de crises ont énormément déstabilisées certains Etats (Etat au sens du pays), notamment avec un recul pour l’Irlande du PIB de -2,5% en 2008 ; -7,5% en 2009 et probablement -3% en 2010, mais aussi éprouvé son système financier, partiellement nationalisé et sous perfusion.
L’Etat chasse la Justice
Je partage les objections au projet de réforme qui prévoit la suppression de la fonction de juge d’instruction. L’un deux me disait récemment que "quand l’Etat entre dans le prétoire la justice en sort". Ces juges là sont trop libres pour un président qui a besoin de tout contrôler.
Par contre je trouve plutôt affligeant le spectacle auquel se donnent nos représentants politiques. Je ne suis pas convaincue que nous puissions nous réjouir de voir des personnes en charge des plus hautes fonctions de l’Etat préférer passer devant les tribunaux que devant les électeurs. Le désarroi dans lequel se trouvent un grand nombre de jeunes, de personnes en fin de droit et une grande partie de nos compatriotes nécessite autre chose que des opérations de communication pour remonter dans les sondages. On ne soigne pas la souffrance sociale avec des statistiques. On n’efface pas non plus les problèmes en concentrant l’attention sur le futile et l’éphémère. Je me fais une autre idée de l’engagement politique.
Pétition de soutien pour Loubna Ahmed Al Hussein
Je signe et vous invite à signer la pétition en ligne sur le site de
l’Association des femmes euro-méditerranéennes contre les intégrismes (A.f.e.m.c.i.)

"Loubna Ahmed Al Hussien a été victime de cette humiliation, condamnée à 40 coups de fouet parce qu’elle a porté un pantalon jugé à leur yeux un peu trop serré. D’autres femmes soudanaises vivent les mêmes injustices et les mêmes crimes comme l’excision et le mariage forcé.
AFEMCI lance une pétition pour la protection des femmes soudanaises et condamne cette pratique machiste et barbare à l’égard des femmes ."
Un jour de fête
J’ai été émue comme la plupart des gens qui ont regardé les images en direct de Berlin sur leur poste de télévision. Avant cela je suis allée boire un verre avec nos amis allemands du Goethe. J’ai partagé leur sentiment de bonheur, pas seulement à cause de la réunification de leur pays mais parce que 1989 a marqué le commencement d’une ère où les peuples décidaient de vivre en paix. 1989 marquait également la fin de la guerre froide qui avait vu la naissance d’une course folle à l’armement. Nous parlons aujourd’hui de l’abolition des armes nucléaires. La fin aussi de la menace permanente et de la peur de l’autre qui se cache de l’autre côté du mur. Des murs il en reste comme à Belfast. Il sépare deux communautés qui n’ont pas encore appris à vivre ensemble. On en construit encore entre les Etats-Unis et le Mexique et Israël et la Palestine. Cependant en Europe il est impensable aujourd’hui que des peuples se battent pour changer le cours d’une frontière. La chute du mur de Berlin devait entrainer le monde vers la liberté politique totale. Ses défenseurs ont gagné mais ont entrainé avec eux l’économie de marché. La prospérité n’a pas produit plus de liberté puisque nous assistons aujourd’hui au triomphe d’un capitalisme autoritaire, sans foi ni loi que les Etats ont du mal à contrôler. La criminalité mondialisée est l’autre revers de la médaille. Les démocraties se révèlent démunies face aux réseaux mafieux qui génèrent près d’un tiers des transactions internationales. Les inégalités s’accroissent. L’individualisme, la concurrenc e et le court terme ne peuvent s’appliquer aux biens collectifs comme l’éducation, la culture et la santé.
Ai-je le vin triste ? Doit-on regretter les temps passés d’avant les bonus, les stock-options, les parachutes dorés ou doit-on simplement changer de système ? Je crois que la démocratie est un combat de tous les jours.
Je voulais partager avec vous cet