Eliminer l’inégalité entre les sexes: des pistes à méditer
Ces quelques articles ont retenu mon attention ce matin. A noter la publication du rapport annuel sur l’égalité entre les sexes, que je vous recommande de consulter si vous en avez le temps (c’est un gros mais riche document).
Egalité des sexes : l’Europe du Nord montre la voie
LEMONDE.FR | 12.10.10 | 10h40 • Mis à jour le 12.10.10 | 12h00 La parité entre hommes et femmes, il y a ceux qui en parlent et ceux qui la mettent en œuvre. Dans son rapport annuel sur l’inégalité entre les sexes publié ce matin, le Forum économique mondial place l’Islande, la Norvège, la Finlande et la Suède aux quatre premières places d’un classement comprenant 134 pays. "Les pays nordiques continuent de montrer la voie à suivre pour éliminer l’inégalité entre les sexes", affirme Klaus Schwab, le président du Forum économique mondial.
En queue de peloton, se trouvent le Pakistan (132e), le Tchad (133e) et le Yémen (134e).
La France se trouve à la 46e place, derrière la Fédération de Russie, et a perdu 28 places à cause de Nicolas Sarkozy. La raison de cette dégringolade ? Le remaniement gouvernemental du 23 juin 2009, qui a vu le départ de Rachida Dati, Christine Boutin et Christine Albanel. Le rapport constate qu’elles sont en revanche un peu plus représentées dans les instances législatives. Dans le monde du travail, les disparités restent flagrantes. Les chiffres rassemblés par le Forum, qui proviennent de sources telles que le Programme des Nations unies pour le développement, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation internationale du travail (OIT), confirment que la France est encore à la traîne, notamment en termes d’écarts salariaux, la France se plaçant à la 127e place… Hormis la politique et l’économie, la France reste bien classée dans les domaines de l’éducation et de la santé. Les femmes ont ainsi autant de chances de suivre les mêmes études que les hommes et leur espérance de vie est au moins aussi importante.
Pour réfléchir:
"Les femmes ne doivent pas imiter les hommes", par la ministre Christine Lagarde
La discrimination n’explique pas toujours les retards en termes de parité, un chat sur LeMonde.fr
The Global Gender Gap Report 2010
Je suis bônoise

Je suis née à Bône, une jolie ville côtière algérienne qui s’appelle aujourd’hui Annaba et qui possède tous les charmes de la Méditerranée. Mes parents, jeunes mariés, y sont partis travailler pour une entreprise de bâtiment, chargée de construire des immeubles, grande tendance des années 60. Mon arrivée a perturbé leur projet et nous sommes rentrés en France quelques jours après ma naissance. Nous avons habité d’abord en Provence puis à Lyon où je suis allée à l’école primaire. J’ai bientôt quitté mon aire de jeu qu’était ma chambre et le balcon de notre appartement pour embrasser la liberté de vivre à la campagne. Dans une ferme appartenant à mes grands-parents, accompagnée de mes nombreux cousins, j’ai appris à connaitre les animaux, les senteurs de la terre, les récoltes qui ponctuent les saisons, les fruits que l’on cueille sur les arbres. Mes parents ont enfin construit leur maison et le retour dans la vallée du Rhône a coïncidé avec mon entrée au collège. J’étais fasciné par les mathématiques et ai naturellement rejoint la section scientifique au lycée. Comme mes camarades de classe je devais logiquement entrer en Maths Sup ou médecine après mon bac. Je décidai alors de m’inscrire en faculté de Lettres pour une année et rattraper ainsi un peu tout ce que je n’avais jamais eu le temps de faire. Je passais quelques nuits blanches avec mes anciens camarades de lycée pour les aider à réviser avant leur concours mais je profitai surtout de tous les modules qui étaient offerts dans ma faculté de Lettres, autant que du cinéma que je fréquentais assidument. Il restait cependant une lacune majeure à la fin de cette année qui était de ne pas parler anglais. Je passai mon examen d’allemand avec succès mais la langue de Shakespeare restait un mystère. Je décidai alors de partir comme au-pair avec une étudiante rencontrées sur les bancs d’un cours de linguistique qui était devenue une amie. Pendant un déjeuner, un jour de juin, nous avons choisi l’Irlande, au hasard, sur la carte du monde. En septembre de la même année nous nous retrouvions à l’aéroport d’Orly où je rencontrai le premier Irlandais de ma vie en la personne de monsieur Conway. Il me prêta son nom deux années plus tard.
Ainsi commença mon apprentissage de la vie active. Chargée de trois enfants en bas âge et d’une maison mes cours du soir étaient une échappatoire. J’y rencontrai des jeunes de tous les pays. Mon amie Dominique s’est retrouvée un dimanche soir chez moi après avoir refusé de repasser une dizaine de chemises pour le lendemain. Elle devait donc trouver du travail et un logement. Ce fut le cas quelques jours plus tard dans un restaurant et comme elle ne pouvait pas louer seule un logement j’ai quitté ma famille d’accueil. J’ai commencé à travailler dans une boutique de mode, et un tabac où j’ai très vite appris toutes les marques de cigarettes, chocolat et journaux. Il fallait payer le loyer, les cours et les sorties. Avec les cours du soir et les cours de Lyon II qui me parvenaient régulièrement pour me préparer à l’examen de fin d’année je ne me suis pas ennuyée.
Avec le temps, l’inscription en médecine paraissait de plus en plus difficile et, avec mon DEUG en poche, il ne me restait plus qu’une année pour obtenir une licence. Je décidai de m’inscrire et prospectai pour trouver un poste dans une école à Dublin puisque j’avais décidé de m’installer en Irlande. Je réussis ma licence en juin et commençai à enseigner en septembre. Avec une classe de jeunes filles qui, à un ou deux ans près avaient le même âge que moi, je débutai ma carrière dans l’enseignement. C’était il y a 29 ans.
Ma carrière
J’ai complété mes études supérieures par un Higher Diploma Education (équivalent CAPES) puis un Master en philosophie à Trinity College Dublin. J’ai ensuite passé le Ceard Teastas Gaeilge, diplôme d’irlandais obligatoire pour intégrer la fonction publique irlandaise. J’ai complété mes études par un Postgraduate Certificate in Management and Leadership de l’université d’Ulster.
J’ai débuté ma carrière dans l’enseignement secondaire avant de rejoindre l’enseignement supérieur en 1984. Mon parcours universitaire m’a permis d’acquérir une expérience internationale, avec notamment la création d’un réseau Tempus puis Erasmus pour le département de langues que je dirige au Dublin Institute of Technology et plus récemment l’ouverture de liens avec la Chine. J’enseigne la communication interculturelle à Paris1 Panthéon-Sorbonne à des étudiants de mastère de l’Institut de Recherche et d’Etudes Supérieures en Tourisme et enfin je participe activement à la chaire Unesco « Culture, tourisme et développement » qui regroupe 21 pays.
Burqa: la liberté et la dignité sont déjà au coeur de la Loi française
Depuis quelques semaines, un débat a lieu au sein de la FFE sur le port de la burqa, similaire à celui qui a fait rage dans l’actualité et chez les politiques. J’ai trouvé les interventions à la fois pertinentes et riches en arguments, peut-être parce qu’elles se plaçaient toutes du point du vue de la femme et de ce que le port de ce vêtement signifiait pour celles qui le portent. C’est une offense à l’histoire que de prétendre qu’elles sont ainsi vêtues comme les femmes du prophète. Il est tout aussi mensonger que de proclamer que c’est une obligation religieuse. Ce vêtement ne permet pas à une femme d’avoir une vie sociale normale et les exclut de facto de la société. Aujourd’hui, nous parlons de ce cas d’exclusion de la femme mais les exemples sont malheureusement nombreux dans l’histoire du monde.
Alors que notre gouvernement cherche à tout prix à légiférer au plus vite sur le sujet, nos voisins députés belges ont voté l’interdiction de la burqa dans l’espace public, devenant ainsi le premier pays occidental à légiférer en la matière. Faut-il reprendre le même exemple en France ? Doit-on forcément passer par la loi ?
Je n’ai nul doute sur le fait qu’il faille interdire le port de la burqa par solidarité avec toutes les femmes pour qui la liberté du choix est illusoire et qui est la plupart du temps le résultat d’un conditionnement de leur environnement. La burqa ne peut être vue autrement qu’une négation de toutes les valeurs fondamentales à la base de notre démocratie. Il y en va de la négation de la femme, de la soustraction de son identité pour un modèle misogyne. Comment pouvons-nous tourner la tête pour ne pas voir ce qui se passe sous nos yeux et tolérer cet esclavage?
Ce qui m’inquiète le plus est cette nécessité de légiférer en la matière. Ce que notre gouvernement a dû oublier, vu sa volonté permanente de vouloir légiférer dès qu’un problème se pose. C’est devenu symptomatique ! Or, sur une question aussi sensible, il est bon de s’ouvrir au dialogue et à la réflexion. Car, dans tous les cas, ce n’est que par l’éducation et le dialogue que l’on parvient à changer les consciences et faire évoluer les mentalités.
Une nouvelle loi interdisant spécifiquement le port de la burqa dans les espaces publics risque de stigmatiser une nouvelle fois la communauté musulmane. Plus encore, ce sont les plus faibles et les plus pauvres de cette communauté qu’elle mettrait en porte-à-faux. S’il faut légiférer, le droit français dispose déjà d’éléments pouvant permettre d’interdire le port de la burqa dans les lieux publics puisqu’il est déjà interdit de se cacher le visage en public. De même, la loi interdit de porter atteinte à la dignité des femmes. Voilà une autre solution pour lutter contre ce genre de pratique intégriste. Le Conseil d’État a déjà rejeté dans son avis du 30 mars 2010 l’option d’une interdiction générale et absolue du port de la burqa. Pourquoi donnerait-il un avis différent aujourd’hui ? Si la loi est censurée les extrémistes gagneront. Il faut certainement réagir sur ce sujet, trop grave et trop sensible pour être passé sous silence, même s’il ne s’adresse qu’à une infime part de la communauté musulmane. Cela ne se fera pas sur la base d’une loi trop fragile politiquement et juridiquement.
Mon Corps, Mes Droits: pour une santé maternelle universelle – Journée internationale de la Femme
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Mon Corps, Mes Droits :
Toutes ensemble pour une santé maternelle universelle
En vue de la Journée internationale de la Femme en 2010, le PSE Femmes lance une campagne sous le slogan « Mon corps, mes droits ». Le PSE Femmes entend ainsi centrer sa campagne sur le thème plus général de la santé et des droits génésiques et sexuels des femmes. « Mon corps, mes droits » est une campagne qui s’étend sur un an et qui est axée sur trois piliers : la défense du droit universel à la santé maternelle, la lutte contre la violence envers les femmes et la Journée mondiale contre le SIDA.
La Journée internationale de la Femme se déroule cette année alors que se réunit la Commission de l’ONU pour la condition de la Femme, qui commémorera le 15ème anniversaire du programme d’action de Beijing. L’objectif du programme d’action était de créer une plateforme pour la promotion des droits des femmes avec des objectifs spécifiques dans les différents domaines politiques. Pourtant, quinze après son lancement, le programme d’action est loin d’avoir atteint ses objectifs, tant en Europe que dans le reste du monde, en particulier en ce qui concerne les droits génésiques et sexuels des femmes. Nous constatons même une régression en la matière. Malgré les efforts supplémentaires consentis dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui contribuent directement à améliorer les droits des femmes et à renforcer l’égalité des sexes, y compris la santé maternelle, il semble que nos objectifs ne seront pas atteints à l’horizon 2015. Par conséquent, le PSE Femmes a décidé d’ouvrir sa campagne « Mon corps, mes droits » en lançant un appel particulier afin de garantir l’universalité de la santé maternelle.
A lire: la déclaration appelant les gouvernements à réitérer leur engagement envers la santé maternelle afin de garantir un renforcement des capacités des femmes dans le domaine de la santé, de leurs droits sexuels, socioéconomiques et financier.
Pour en savoir plus: www.pes.org
