Armée française : risque de surchauffe (Le Monde)
| 12.07.11 | 12h00 • Mis à jour le 12.07.11 | 12h13
Le ministère des finances a décidé que le défilé militaire du 14-Juillet coûtait trop cher. Comme d’autres démocraties, la France renonce à sa démonstration annuelle. Elle se contentera d’un logiciel de simulation pour donner au pays un aperçu des capacités de son armée.
Ce scénario de fiction le restera-t-il longtemps ? Le 14 juillet 2011 a lieu dans un climat tendu entre les armées et le pouvoir politique. Le débat actuel sur la"surchauffe" que provoqueraient les opérations en cours en témoigne.
En France, comme au Royaume-Uni au même moment, les chefs militaires ont averti : ils ont des difficultés pour durer. Après l’Afghanistan, la lutte antiterroriste au Sahel, la Côte d’Ivoire, ils ont pu répondre aux demandes urgentes de la"diplomatie militaire" en Libye grâce à une bonne planification. La période est à la "suractivité" comme l’a dit le chef d’état-major de la marine, l’amiral Pierre-François Forissier, plus qu’à la "surchauffe". Mais celle-ci est pour demain. Car les armées n’ont plus assez de marge pour, à la fois, combattre et régénérer le potentiel militaire.
Pendant que la marine et l’armée de l’air remplissent leur mission en Libye, la formation des jeunes pilotes est arrêtée. Si l’opération dure jusqu’à la fin 2011, l’unique porte-avions français, outil-vitrine à disposition du président, sera au port en 2012 pour renouveler les équipements et qualifier les hommes aux normes exigées par l’OTAN. Plus généralement, à l’arrière du front, les matériels manquent pour l’entraînement. La disponibilité est mauvaise, moins de 50% pour les avions. Le moral n’est pas bon.
RESTRUCTURATIONS, PROJECTIONS EXTÉRIEURES, PHASES DE CONTRAINTE FINANCIÈRE…
Les responsables militaires qui se sont exprimés ont été convoqués et rappelés à l’ordre ; ceux qui voulaient le faire en ont été empêchés. L’appareil militaire est"au taquet", a pourtant convenu le ministre de la défense, Gérard Longuet. Depuis les années 1960, les armées ont connu des restructurations, des projections extérieures et des phases de contrainte financière.
"Mais jamais les trois à la fois comme aujourd’hui", souligne le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud. "Les armées sont fragiles et fragilisées, il ne faut pas le nier ni se voiler la face : nous sommes dans une situation difficile", admettait-il, en mai, devant l’Institut des hautes études de défense nationale. Les contraintes financières "grèvent notre endurance opérationnelle"et "demain (…) pourraient remettre en cause notre régénération, c’est-à-dire notre aptitude à assumer les missions qui nous sont confiées". Au moment où, bien davantage que l’affaiblissement du lien entre l’armée et la nation, la crise met en péril la cohésion nationale, les exigences financières dominent le débat stratégique.
Souvent comparées, les opérations aériennes du Kosovo en 1999 et de la Libye depuis mars, divergent ainsi sur un point notable. La guerre contre le colonel Kadhafi a été d’emblée jaugée au prisme de ce qu’elle coûte. C’est 1,2 million d’euros par jour, a dû indiquer le ministère de la défense, 100 millions en trois mois. Le surcoût des opérations extérieures dépassera sûrement 1 milliard d’euros à la fin 2011, quand 640 millions ont été budgétés.
L’argent dépensé de la sorte est "aberrant", a estimé Daniel Cohn-Bendit, coprésident des Verts au Parlement européen. Le député évoquait, en juin, la situation de la Grèce, pays aux 100 000 soldats pour 11 millions d’habitants, lancé dans une course aux armements avec la Turquie. Quel sens cela a-t-il de demander à des fonctionnaires de baisser leur salaire, quand leur pays vient d’acheter à la France pour 3 milliards d’euros d’armement, ainsi que six sous-marins à l’Allemagne, pour 1 milliard, s’est interrogé M. Cohn Bendit ? Selon lui, une initiative européenne pour le désarmement serait plus efficace pour régler la crise grecque.
LA SÉCURITÉ COMME THÈME DE CAMPAGNE ?
Dans ce contexte, la France partage avec les puissances occidentales un même défi : disposer d’une armée "au juste prix". Professionnelle et resserrée. Moderne et efficace. Soutenable par l’opinion et disponible dans l’heure pour le pouvoir politique comme ce fut le cas pour l’armée de l’air en Libye. Contrairement aux Européens, les Etats-Unis se définissent comme une "nation en guerre". Mais au moment où la question de la dette rattrape l’Amérique, les sommes dépensées en Afghanistan, 450 milliards de dollars (320 milliards d’euros) en dix ans, apparaissent, elles aussi, exorbitantes.
Si les militaires s’inquiètent de perdre à ce jeu, c’est que les budgets de défense européens ne cessent de baisser au profit des priorités économiques et sociales. L’effort ne peut pas être regardé comme faible dans l’absolu, avec une dépense annuelle de 31 milliards, dont 18 milliards d’acquisition, le premier budget français d’investissement public.
La question est bien celle du hiatus entre les ambitions et les moyens alloués. La contradiction est devenue par trop manifeste. "La question n’est pas : avons-nous ce qu’il nous faut ? Elle est : dites-moi ce que vous voulez que je fasse", indique l’amiral Guillaud. Le chef d’état-major "souhaite que la défense soit non un enjeu, mais un sujet pour 2012."
La stratégie nationale établie en 2008 dans le Livre blanc doit être révisée en 2012. Un Livre vert est à l’étude, qui poserait, avant l’élection présidentielle, un premier diagnostic sur la sécurité du pays et les menaces qu’il affronte. Une étape consensuelle. Sa déclinaison concrète – quelles opérations, avec quels moyens ? – exige un débat plus âpre. L’exécutif ne veut pas l’ouvrir avant la présidentielle.
Nathalie Guibert Article paru dans l’édition du 13.07.11
Elections nationales 2011 et 2012: c’est parti
Le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, a présenté aujourd’hui devant le Conseil des ministres le calendrier des élections nationales prévues en 2011 et 2012, qui confirme les dates des 22 avril et 6 mai pour les deux tours de la présidentielle de 2012. Les élections législatives auront lieu les 10 et 17 juin suivants, a précisé le porte-parole du gouvernement, François Baroin, en rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres. Quant aux élections sénatoriales programmées en 2011, elles auront lieu le 25 septembre prochain, a annoncé M. Baroin.
Pour l’élection présidentielle, la candidature du président sortant Nicolas Sarkozy ne semble plus faire de doute: début mai, il a indiqué dans un entretien à l’hebdomadaire L’Express qu’il était "juste" de penser qu’il briguera un second mandat de cinq ans en 2012.
Très affaibli dans les sondages, M. Sarkozy avait indiqué jusqu’à présent qu’il ferait part de ses intentions à l’automne 2011. C’est également à cette période que le nom de son principal concurrent, le candidat socialiste, sera connu, à l’issue d’une primaire.
Le favori, Dominique Strauss-Kahn, patron du Fonds monétaire international (FMI) et à ce titre tenu à une obligation de réserve, n’a pas encore annoncé non plus officiellement sa candidature.
Le candidat socialiste quel qu’il soit est pour l’instant donné gagnant par les sondages au second tour de la présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Certaines enquêtes donnent même la présidente du Front national (extrême droite) Marine Le Pen qualifiée pour le second tour, au détriment du président sortant.
Conseil de la création artistique: un grand coût pour rien
J’avais exprimé ma surprise il y a deux ans à la suite de la création du conseil de la création artistique. Cette officine privée, sous contrôle direct du Président de la République au mépris du rôle du ministère de la Culture a été supprimée comme elle a été créée, en catimini et suivant la volonté du Prince.
Ce conseil n’aura donc marqué l’histoire culturelle que par son coût de 10 millions d’euros pendant que les budgets dévolus à la création artistique et notamment au spectacle vivant n’ont cessé de diminuer. Paradoxalement, sa suppression, annoncée par un simple communiqué de l’ Elysée, ne fait mention d’aucun grief. Sur ce sujet, comme sur d’autres, Nicolas Sarkozy passe désormais son temps à défaire ce qu’il a fait. Sous sa présidence, la France culturelle perd du temps et pire, sur bien des points, régresse.
On imagine facilement comment ces 10 millions auraient pu être dépensés par notre nouvel Institut français.
Olivier Py, victime du mépris et de l’arbitraire
Je n’arrive pas à m’habituer à ces décisions qui relèvent du fait du prince et qui sont caractéristiques du mépris et de l’arbitraire avec lesquels ce gouvernement traite ceux qui n’ont pas le bonheur de lui plaire. La décision du Ministre de la Culture de ne pas reconduire Olivier Py pour un second mandat à la tête du Théâtre National de l’Odéon en est un bel exemple.
Depuis sa nomination Olivier Py a porté un projet artistique exigeant marqué notamment par l’invitation de poètes et d’auteurs contemporains, l’ouverture au jeune public et la coopération européenne avec la création d’une association de théâtres qui, dans toute l’Europe, promeuvent la création contemporaine. Ce travail a été récompensé par l’augmentation du nombre de spectateurs et d’abonnés. Il a été unanimement salué par le public, les artistes et la critique.
Nous devons continuer à dénoncer et réprouver ces décisions qui passent inaperçues pour le grand public mais qui restent néanmoins indicatives de la façon dont notre pays est gouverné.
L’épopée électorale des guerres sarkoziennes
Depuis quelques semaines, un frisson patriotique parcourt le pays et les rédactions de presse : ça y est, la France est de retour, cocorico ! Nos soldats se déploient partout, en Libye, en Côte d’Ivoire, non pas pour intégrer quelque force d’interposition défensive et impuissante, mais pour attaquer et faire chuter les tyrans. Même les néoconservateurs américains fustigent la pusillanimité d’Obama et soupirent après l’impétueux Sarkozy, c’est dire ! Oublié l’inéluctable déclin de la puissante française : le drapeau tricolore flotte à nouveau fièrement aux quatre coins du monde.
Du moins est-ce là ce que l’on entend nous vendre, et auquel voudrait nous faire adhérer l’Élysée car il y a le Président de la République, sa politique extérieure, la mise en scène de cette politique extérieure, et ses répercussions espérées sur la politique intérieure. Autant de paramètres qu’il faut prendre en compte si l’on veut porter un regard un peu plus lucide sur les événements qui se jouent sous nos yeux.
Nicolas Sarkozy joue sa réélection et il sait bien qu’elle est tout sauf acquise en raison de l’échec de sa politique intérieure. Il avait donc décidé de faire de cette année une grande séquence internationale, utilisant G20 et G8 pour se remettre à flot et tenter d’inverser le cours plongeant de son mandat. Mais ce plan soigneusement préparé est venu se briser sur l’imprévu, sous la forme du vent de liberté qui a traversé les pays arabes depuis le début de l’année. Et le moins que l’on puisse dire est que la réaction de la France, lors des premiers soubresauts en Tunisie puis en Égypte, n’a pas été à la hauteur : lenteur, réactions inappropriées et en retard, sorties malheureuses sur l’aide « au maintien de l’ordre ». La diplomatie française et l’Élysée ont complètement raté le tournant de ces révolutions démocratiques et ont même, comble du comble, donné le sentiment d’être les derniers soutiens des dictateurs en place.
Ce contexte et cette histoire très récente éclairent et expliquent ce qui se passe actuellement. L’intervention en Libye a tout autant été un geste nécessaire et courageux qu’une fuite en avant pour redorer, sur un coup de dé, le blason bien terni de la France. Peu importe : il fallait porter secours aux rebelles libyens qui étaient à deux doigts de se faire écraser dans un bain de sang. Mais une fois le principe de l’intervention acquis, ce sont ses modalités qui importent. Et là, que voit-on ? Une capitulation, après quelques rodomontades pour la forme, devant l’OTAN (n’oublions pas que c’est Nicolas Sarkozy qui a œuvré pour la pleine réintégration de la France en son sein) ; et par suite, une soumission à des objectifs de guerre pour le moins obscurs, avec des interventions au compte-gouttes qui redonnent un peu d’air aux rebelles, puis les laissent échouer à reprendre l’avantage sur l’ennemi, puis reprennent à nouveau, pour les sauver «in extremis», quand les troupes de Khadafi reprennent l’avantage. On voudrait semer le chaos dans ce pays que l’on ne procéderait pas autrement ; et gare au retournement de l’opinion libyenne, qui pourrait bien dans un avenir très proche se lasser de ces « sauveurs » français et alliés.
Le fait du Prince, encore et toujours
Malgré sa compétence et son attachement au projet de modernisation des Archives nationales, qui ont été unanimement loués, la directrice des Archives nationales de France est aujourd’hui la victime collatérale des caprices d’un Président dont le projet de musée de l’histoire de France a révélé la méconnaissance profonde de l’Histoire et sa volonté de l’instrumentaliser.
La décision expéditive de son éviction relève du fait du prince et traduit la pratique autoritaire d’un pouvoir qui ne supporte pas que ses projets contestables concernant notre patrimoine soient discutés par ceux qui ont la charge de la conserver. Est-ce là ce que l’on attend d’un président élu démocratiquement ? Est-il normal qu’entre deux élections celui-ci s’accorde le pouvoir absolu et que le seul rôle de l’opposition soit celui de dénoncer ces abus ?
Est-ce bien le modèle démocratique que nous avons encore la prétention de vouloir voir adopter par d’autres ?
Les voeux du Président
Lors de la cérémonie de présentation des vœux le Président n’a pas hésité à s’enorgueillir d’investir dans la culture, la recherche, l’éducation et l’université, alors que d’autres pays affirme-t-il font « d’autres choix ». D’autres choix incontestablement : la part de la recherche et du développement dans le PIB a baissé, depuis 2002, de 10%, alors que celle de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Japon ont crû pendant la même période. Quant à la culture, le dégel annoncé ne masque pas la réalité d’un budget stagnant, qui permet à peine de financer les projets évoqués par Nicolas Sarkozy lui-même (rénovation du Grand Palais, Musée de la Méditerranée à Marseille…).
L’éducation nationale, déjà exsangue, perd 16000 postes, dont une grande partie dans le premier degré, au moment où les études internationales pointent du doigt les conséquences dramatiques de la faiblesse de l’investissement français dans l’école primaire. Comment Nicolas Sarkozy peut-il afficher avec tant d’aplomb son attachement à la formation et oser appeler de ses vœux « une formation pratique » après le désastre de la mastérisation et la suppression de l’année de stage dont son gouvernement est responsable ? Comment peut-il parler de l’importance de la rémunération après la mascarade de la « revalorisation » qui a laissé les deux tiers des enseignants à l’écart d’une fort modeste augmentation de salaire ? Comment peut-il évoquer « l’autonomie des enseignants » pour justifier et défendre le recrutement direct des équipes pédagogiques par les chefs d’établissement ?
La mobilisation prévue le 22 janvier pour la défense de l’éducation lui montrera qu’il est le seul aujourd’hui à croire encore ce qu’il dit.
Retraites: l’arrogance de l’UMP dénoncée sur les ondes irlandaises
Parmi les moyens de combattre la réforme des retraites, j’ai choisi de passer sur les ondes et d’expliquer pourquoi les gens sont dans la rue pour manifester. De toute évidence les Français rejettent le modèle anglo-saxon qu’a adopté Nicolas Sarkozy qui nous fait croire que le bonheur passe par toujours plus d’argent. Les Français veulent une réforme juste dont le poids financier soit supporté également par tous, suivant leurs moyens.
C’est ce que j’ai exprimé dans l’émission "The Wide Angle", présentée par Karen Coleman, une émission d’actualité phare dans le paysage politique irlandais, diffusée sur Newstalk, radio nationale dont les programmes sont très suivis.
Pour écouter la deuxième partie de l’émission de ce 30 octobre : http://media.newstalk.ie/listenback/229/sunday/2/popup
L’entretien commence à la 6ème minute, après les nouvelles et la météo, pour un total de 30 minutes. Mon intervention commence à la 22ème minute.
L’ambassadeur a défendu la ligne du gouvernement qui consiste a souligner le caractère indiscutable du vote, sur la base que le parlement était l’expression démocratique du peuple et que celui-ci venait d’ approuver la loi sur la réforme des retraites.
Pour ma part j’ai développé un argument sur le type de société que nous voulions qui ne passe pas nécessairement par une explication comptable à tous les problèmes. D’autre part il ne faut pas oublier le CPE: le parlement vote les lois mais le peuple continue à être souverain. Cet épisode est encore frais dans les mémoires. Il était important de montrer que les Français ne sont opposés aux réformes. Une concertation qui aurait permis la promulgation d’une loi plus juste dont le coût aurait été mieux partagé n’aurait certainement pas provoqué une telle réaction de la rue. Pour rendre l’intervention pertinente, il fallait garder à l’esprit que les auditeurs irlandais partent à la retraite à 65 ans et bientôt à 67 ans et que la situation économique et financière du pays est si catastrophique qu’on parle maintenant d’une intervention probable du FMI.
Image: Newstalk www.newstalk.ie
A l’étranger aussi, nous sommes inquiets pour l’avenir des retraites en France !
Le Parti Socialiste appelle à suspendre le débat sur les retraites au Sénat
A l’étranger aussi, nous sommes toujours plus nombreux à nous inquiéter pour l’avenir des retraites en France !
L’avenir des retraites concerne tous les Français, en France comme à l’étranger. En effet, selon la reconstitution de sa carrière, un Français établi à l’étranger peut dépendre du système français de retraites. La loi de finance de la sécurité sociale de 2010 prévoit que le prix du rachat des trimestres passés à l’étranger sera multiplié par 4 à compter du 1er janvier 2011. La retraite peut subir une décote de 20%, voire plus, si aucune action n’est entreprise individuellement avant le 31décembre 2011.
La situation des conjoints est encore plus grave : carrières interrompues, activité locale impossible et retraites tronquées. C’est le montant des pensions de réversion qui est en jeu.
Une autre réforme que celle de la droite, qui prenne en compte la situation de tous les Français, en France et à l’étranger, est possible.
La force et l’ampleur croissante de la mobilisation dans notre pays peuvent encore faire reculer le Gouvernement. C’est une nécessité: malgré quelques faux-semblants dans le débat au Sénat, la réforme Sarkozy-Woerth reste profondément injuste et ne règle rien. Elle ne garantit ni le financement du système par répartition ni le pouvoir d’achat des retraités.
Les mesures du Gouvernement vont :
· Transformer les jeunes retraités en vieux chômeurs, en obligeant les seniors à cotiser plus longtemps et contraindre les femmes qui ont eu des carrières fractionnées à partir à 67 ans ;
· Entraîner une baisse du niveau des pensions, comme après les précédentes réformes de la droite ;
· Exclure la prise en compte de la pénibilité, qui ne saurait être confondue avec l’invalidité ;
· Faire porter plus de 90 % des nouveaux efforts sur les seuls salariés et rien ou presque sur les revenus du capital ;
· Piller le fonds de réserve des retraites pour maquiller les déficits en vue des échéances 2012 sans régler durablement la question du financement.
Le Parti Socialiste propose :
1. Le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, la protection pour les salariés ayant commencé à travailler le plus tôt et la liberté de choix pour tous ;
2. Une juste prise en compte de la pénibilité, sur base de l’espérance de vie liée aux parcours professionnels ;
3. Le financement des retraites du premier au dernier Euro par des efforts partagés : les revenus du capital et les banques doivent aussi contribuer à l’effort de solidarité ;
4. La reconnaissance par des mesures démographiques de l’allongement de la durée de la vie ;
5. Un fonds de réserve des retraites garanti pour amortir les chocs démographiques et économiques.
Mobilisons-nous pour une réforme juste, qui préserve nos retraites et celles de nos enfants !
Fédération des Français à l’Etranger : 00 33 1 45 56 77 82
Retrouvez toutes les propositions du PS sur les retraites à www.parti-socialiste.fr
Derrière la violence urbaine, une insécurité sociale persistante…
La période estivale a été le théâtre d’un sujet devenu malheureusement récurrent dans l’Etat français, celui des violences urbaines. Le quartier de Villeneuve à Grenoble s’enflamme après que la police ait abattu un braqueur en fuite au pied de son immeuble. Des confrontations extrêmement tendues entre habitants du quartier et forces de l’ordre, des tirs à balle réelle de la population vers la police, des menaces… Une situation qui met des semaines à s’apaiser et dont le déroulé judiciaire se poursuit actuellement.
Preuve que le problème des violences urbaines n’est pas réglé, et que la réponse que Nicolas Sarkozy a voulu apporter, aujourd’hui comme hier, avant ou pendant son mandat présidentiel, n’est pas la bonne. La répression n’est pas la solution. Elle tait le problème plus qu’elle ne le résout. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit. À force de ne s’intéresser qu’à la montée de la violence urbaine, à coup de sur-traitement et de surenchère médiatique, on oublie de regarder ce qu’elle cache malheureusement d’insécurité sociale. Pourtant ce n’est pas comme si le sujet était nouveau et qu’il n’avait jamais été traité ! De nombreuses causes à l’insécurité sociale sont connues : l’enclavement urbain ou la ghettoïsation, la stigmatisation ethnique et sociale, la précarité sous toutes ses formes, les limites de l’éducation nationale, de ses capacités d’intégration et de son « égalité des chances »… Un programme de politiques publiques qui commencerait par réellement se saisir de ces problématiques irait dans le bon sens. Il existe suffisamment d’études où sont proposées des solutions, d’exemples à suivre dans d’autres pays européens ou outre-Atlantique pour que nous ne soyons pas capables, en France, d’améliorer ces situations d’insécurité sociale grandissantes. Citons simplement un exemple dans un domaine que je connais particulièrement et qui me tient à cœur, l’éducation.
Ainsi, aux Etats-Unis, les professeurs peuvent recevoir une augmentation ou une promotion quand leurs élèves viennent en cours et réussissent leur année d’études. Le système a été repris en France, mais inversé. L’académie de Créteil tente d’enrayer l’absentéisme scolaire qui frappe les établissements professionnels en offrant aux élèves la possibilité de financer un projet commun décidé en concertation avec l’équipe éducative s’ils respectent des objectifs d’assiduité et de réussite fixés en début d’année. De nombreux autres exemples sont possibles. Le rapport établi par la Cour des Comptes cette année, intitulé « L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves », propose toute une série de mesures et de réorganisations au sein de l’éducation nationale qu’il serait plus qu’important de mettre en place pour permettre une véritable « égalité des chances » à l’école, une lutte plus efficace contre l’échec scolaire, et ainsi une meilleure intégration sociale. Ce serait un premier pas.
Résoudre les causes de l’insécurité sociale, améliorer le bien-vivre ensemble, aider à l’émancipation et à l’intégration de tous, tous ces objectifs méritent mieux que des annonces politiques faites pour racoler des points dans les sondages, ou pour gagner des voix en vue des prochaines élections. La question doit être traitée dès à présent, à l’échelle nationale, elle ne doit pas juste ressortir lors la prochaine échéance électorale.
Du jour où je ne serai plus indignée…
Le blog est de retour après une courte interruption due à un problème technique. Je n’ai pas arrêté de travailler pour autant et vous ferai part de mes réflexions de ces derniers jours dans plusieurs billets à suivre. En attendant je souhaite partager avec vous une citation, transmise par Valérie de la section de Madrid, en rapport avec l’actualité du gouvernement qui décidément semble prêt à tout pour séduire un électorat qui n’écoute que ses plus bas instincts.
Certaines couches de la société n’évoluent guère malgré le temps qui passe. Notre président, qui entend bien jouer sur l’émotionnel, se sert de la peur pour divertir et attirer l’attention loin des scandales divers et des réformes qu’il fait passer par la force. Vue de l’étranger l’image de la France est ternie. Tout ce qui faisait d’elle une terre d’accueil est effacé d’un revers « de discours ». Pour nous, Français de l’étranger, immigrés dans nos pays d’accueil respectifs il est difficile de reconnaitre notre terre d’attache.
Gustave Flaubert à George Sand, le 12 juin 1867
«Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.»
Volume 3 de la Correspondance, Pléiade, p 653-654.
Photo Vincent van Gogh, Les roulottes, campement des bohémiens, Arles 1888
L’Institut Français, marchand de culture? 13ème session AFE, réponse au Ministre Darcos
Monsieur Xavier Darcos est venu présenter l’Institut Français, fruit de la réforme voulue par Bernard Kouchner afin de gérer le réseau culturel francais. J’ai été chargée de répondre à l’ancien ministre au nom du groupe FdM ADFE.
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Monsieur le Ministre,
Vos propos ont le mérite de la clarté mais il subsiste cependant quelques zones d’ombre dans mon esprit, suffisamment opaques pour qu’elles suscitent quelques interrogations.
En préambule à mes questions, je voudrais rappeler quelques éléments tant il est vrai que « quand le passé n’éclaire plus l’avenir, on marche vers l’obscurité ».
Photo Alain Fontaine
Contre la politique du pilori: je signe!
Je viens de signer l’Appel citoyen "Contre la politique du pilori" et vous invite à le faire également: //nonalapolitiquedupilori.org
A signaler le rassemblement du 4 septembre pour manifester notre attachement aux fondements de notre République, meurtrie par une politique gouvernementale abjecte.
L’Europe se mobilise également. Le réseau européen contre le racisme (ENAR) organise samedi à 14h des rassemblements un peu partout, en écho aux manifestations qui ont lieu dans toute la France contre la politique xénophobe du gouvernement Sarkozy. Plus d’infos: http://www.enar-eu.org/Page_Generale.asp?DocID=25135&langue=FR
A lire et diffuser, le communiqué du PSE qui prend évidemment part à cette action: La question des Roms ou le populisme abject du gouvernement français. De nombreux Militans du PSE seront dans la rue dans plusieurs capitales.
La réforme de l’éducation nationale ou comment réduire les chances d’égalité et de réussite scolaire des élèves.
Curieuse période que la nôtre. Alors que le ministère de l’Education nationale continue bille en tête son projet de réforme du primaire et du secondaire à coups de suppression de postes, de regroupements scolaires, d’augmentation d’effectifs dans les classes, la Cour des comptes présente un rapport fort instructif sur la bonne tenue par le ministère de ses engagements en termes de pourcentage de réussite des élèves. Et oui… Le ministère aussi a des objectifs autres que budgétaires ! Il doit faire en sorte que 100 % des élèves sortent qualifiés ou diplômés à la fin du secondaire, que 80 % des élèves accèdent au niveau du baccalauréat et que 50 % soient diplômés de l’enseignement supérieur. Or, force est de constater que le système éducatif français a échoué à la fois face à ses objectifs de réussite pour tous et de réduction des inégalités sociales. Il ne semble pas aujourd’hui se diriger vers une voie plus favorable. Le chemin que prend la réforme engagée par Luc Chatel ne va pas dans le sens des recommandations adressées par la Cour des comptes.
En effet, alors que la Cour des comptes pointe l’aggravation de l’écart entre les résultats scolaires des meilleurs et plus faibles élèves, révélant un problème aigu, spécifique et croissant de traitement de la difficulté scolaire, Luc Chatel demande la suppression des Rased, les réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté. Mais il n’y a pas que ça. Sous prétexte que « des études et des expériences récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites classes ne s’avèrent pas plus « performantes » », le ministère demande aux inspecteurs d’académie d’encourager les regroupements d’écoles, ainsi que l’augmentation des effectifs au primaire. L’objectif n’est pas l’augmentation des chances de réussite scolaire pour les élèves, mais la suppression de 16 000 postes d’ici 2011.
Or d’autres « études et expériences » ont également montré qu’une organisation différente des conditions de scolarité permet de lutter efficacement contre la difficulté scolaire. Ainsi, les pays de l’OCDE obtenant les meilleurs résultats sont ceux où il y a le moins d’heures de cours mais où l’on développe prioritairement le traitement de la difficulté scolaire comme en Suède par exemple.
C’est là-dessus que je souhaiterais insister. Au lieu de perdurer dans un système éducatif uniforme, il serait intéressant de mettre en place une scolarité plus souple, répondant à la demande des élèves. Outre une base commune à tous, plus limitée dans le nombre de matières obligatoires, celle-ci s’adapterait aux besoins des élèves, en leur offrant l’aide et le soutien dont ils ont besoin dans les matières où ils rencontrent des difficultés. Il est aussi important de réfléchir aux journées surchargées.
Notre système éducatif ne parvient effectivement pas à remplir les objectifs de réussite qui lui sont donnés. Par exemple, en 2008, la proposition de bacheliers généraux ou technologiques atteignaient les 51,2% soit moins de 80% de diplômés. De telles conditions ne permettent pas de remplir l’objectif de 50 % d’étudiants diplômés de l’enseignement supérieur.
On pourrait commencer par exemple à se demander si l’on doit envoyer les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés dans les établissements les plus sensibles. S’il est indéniable que la vocation des professeurs est ainsi testée cela peut avoir pour effet que de les décourager. Ce fut mon expérience personnelle. Il faudrait un recrutement plus adéquat, comme cela existe déjà pour les postes en classe préparatoire, pour trouver des enseignants dont le profil correspondrait mieux à ces établissements. Pourquoi décider de l’orientation d’un élève au collège ou au lycée selon ses échecs, et non selon ses réussites ? Pourquoi aujourd’hui la réussite d’un élève dépend tant de l’établissement où il est affecté et des enseignants qui le prennent en charge ? D’autres facteurs socioprofessionnels , culturels, sont à prendre en compte. Néanmoins, la France est l’un des pays où les destins scolaires sont le plus fortement corrélés aux origines sociales et au statut culturel des familles, alors que le système éducatif devrait être garanti d’intégration sociale, d’égalité des chances pour tous.
La réforme de l’éducation nationale doit être repensée pour remettre les élèves et leur réussite au cœur du projet et lui redonner pour base l’égalité sociale qu’il n’aurait jamais dû perdre.
Ainsi que je l’ai mentioné à Christophe Borgel (Secrétaire National du PS en charge des élections), nous pourrions nous inspirer, à titre de grille de lecture, du rapport rédigé par Hervé Mariton en juillet 2009 à la demande de Jean-François Copé et intitulé