identité nationale

La société, une question de choix politique

 Ainsi que je l’ai mentioné à Christophe Borgel (Secrétaire National du PS en charge des élections), nous pourrions nous inspirer, à titre de grille de lecture, du rapport rédigé par Hervé Mariton en juillet 2009 à la demande de Jean-François Copé et intitulé Reprendre la main sur les questions de société. Quelle méthode pour quels choix ?. Il peut être consulté à partir de ce lien.

Ce rapport, original, avait pour objet affiché de permettre une « reprise en main » de la droite politique sur les « questions de société ». Famille et transmission, bioéthique, place des femmes, individualisme, identité. Partant du présupposé que la droite est toujours perçue comme ayant tort – ou comme paraissant conservatrice – sur les questions de société, J.-F. Copé souhaitait qu’une série de problématiques soient identifiées dans la perspective des élections présidentielles de 2012. Il en résulte que les thématiques listées ont vocation à structurer le discours de la droite et ses différentes manifestations (Projets de lois, déclarations, colloques ou conférences) pendant les deux ans qui viennent. Il n’est pas innocent, en ce, que l’un des premiers thèmes retenus, celui de l’identité nationale, ait donné lieu à la « consultation Besson ».

L’UMP, avec ce rapport, me semble nous donner une guide line de ce que sera sa réflexion. Nous aurions tort de ne pas l’anticiper en y réfléchissant aussi .

 

Image: Les trois états de la société médiévale
Bibliothèque Nationale de France, département des Manuscrits

Quand la France renie ses enfants

Ce problème touche certains d’entre nous nés à l’étranger mais également nos enfants. Jusqu’à présent ils étaient français par le droit du sang. Devront-ils désormais le prouver?

 

A lire:   Français, vous avez dû prouver à l’administration votre nationalité.

Plusieurs centaines d’internautes du Monde.fr ont témoigné de leurs difficultés à faire refaire une pièce d’identité. Les personnes nées de parents nés à l’étranger – dans les anciennes colonies, naturalisés.. . – ou nées elles-mêmes à l’étranger de parents français ont eu le plus grand mal à "prouver" leur nationalité française.

sur Le Monde.fr 

 

A signer: Vous êtes Français ? Prouvez-le !

 
Appel 
A l’initiative de la LDH et de Daniel Karlin, documentariste, un appel a été lancé, signé par de nombreuses personnalités et publié dans Libération pour dénoncer les difficultés qu’ont certains citoyens à renouveler leurs papiers d’identité. 
Vous pouvez signer directement en ligne cet appel sur ce site
 

 

Je l’ai fait, je vous invite à signer aussi, et à diffuser largement.

 

Nos identités valent mieux que leurs rancoeurs

  

 

 

 

Aujourd’hui j’ai enfin pris une minute pour signer l’appel de SOS Racisme pour arrêter ce débat sur l’identité nationale qui prend des tournures proprement infâmes. 

Je dis oui au débat mais déconnecté de toute période électorale pour ne pas mélanger les sujets et pas sur l’identité nationale mais sur les identités.

Le "débat" mené par Eric Besson est hors contrôle, objet de tous les dérapages et de toutes les pulsions qui couvrent le gouvernement de honte. Ce n’est pas à cela que j’ai envie de participer, et certainement pas deux mois avant les législatives, mais bien à un débat de fond qui pourrait être mené avec les associations, les écoles etc.

Voici ci-dessous ce que j’avais déjà écrit sur ce sujet dans le cadre de l’ADFE, et je vous invite à cette occasion à suivre les contributions ô combien plus intéressantes et enrichissantes de Français vivant à l’étranger, qui nous parlent de leurs identités et de leur attachement à la France, sur le blog Français du Monde – Identités composites

 

 "Nous, immigrés volontaires, (…) nous avons certainement une riche contribution à apporter au débat.

 

Comme une majorité de Français, 64% des personnes interrogées, (enquête BVA les 27 et 28 octobre), je considère que l’objectif principal du gouvernement correspond, par le biais de ce débat, à une volonté de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales. D’autre part, il est inquiétant qu’un ministère créé en 2007 attende deux ans avant de tenter de se définir ! En même temps, cette opération 100% politique fait ressurgir un débat digne d’attention.

Nous, immigrés volontaires, au contraire de beaucoup forcés à quitter leur pays d’origine, nous avons certainement une riche contribution à apporter au débat. L’heure est à l’universalité. La France a apporté au monde une certaine conception de l’universalité des droits et de la République. Au XVIIIème siècle, les droits de l’Homme ne sont pas les droits des Français car le message se voulait universel. Cependant, comme tous les grands pays d’immigration, la France doit poser, ou reposer, la question de son identité nationale. Ses traits ne peuvent avoir la fixité d’un Dorian Gray mais s’enrichissent, s’ajustent et évoluent au gré des vagues migratoires. Si nous recentrons le débat sur la volonté de vivre ensemble et non simplement les références à l’histoire, à la « terre » et au « sang », alors la gauche a son rôle à jouer dans la définition contemporaine de l’identité française. Il n’est plus question de définir les soi-disant « bons Français » des mauvais. Le débat devient une dynamique de rassemblement, sous-tendue par des valeurs qui sont celles de la République. La République a un idéal « liberté, égalité et fraternité ». Elle a une langue, le français. Elle a enfin un acteur central, l’Etat, gardien de l’intérêt général. 

Les concepts d’identité et de nation existent depuis longtemps mais l’expression « identité nationale » n’existe que depuis les années 1980. Le premier livre dont le titre contient l’expression « identité nationale » remonte à 1978 (catalogue de la BNF). Il est plus facile d’écrire sur les nations, formées les unes par rapport aux autres et que certaines caractéristiques distinguent que sur les identités nationales qui sont des phénomènes transnationaux. La nation est le résultat de la volonté générale suivant le nationalisme républicain qui suppose l’adhésion à des valeurs communes. Au contraire elle est fondée sur l’hérédité, la terre et la religion catholique plutôt que la race suivant le nationalisme fermé de Maurras et Barrès. Mario Vargas Llosa nous rappelle combien ce nationalisme est dangereux : « Si l’on considère le sang qu’elle a fait couler au cours de l’histoire… l’alibi qu’elle a offert à l’autoritarisme, au totalitarisme, au colonialisme, aux génocides religieux et ethniques, la nation me semble l’exemple privilégié d’une imagination maligne ».

Les valeurs de gauche que nous défendons se retrouvent parfaitement dans une identité démocratique – expression que je préfère à identité nationale. Cette identité-là reflète les avancées politiques et les droits dont jouit le peuple – droit de vote, liberté de parole, droit à l’éducation etc. Cette identité démocratique n’a rien à voir avec une longue liste d’obligations que l’on devrait « cocher » pour se sentir bien Français, comme par exemple, connaitre les paroles de la Marseillaise. Elle ne peut constituer un obstacle pour refuser l’entrée sur le territoire français, comme le test sur les valeurs républicaines imposé à un étranger qui demande un visa. Elle n’autorise pas non plus un jeu d’opposition entre « nous » et « l’autre ». Elle ne permet pas le communautarisme mais réunit une communauté civique autour des principes juridiques et politiques et non simplement de langue et de traditions. 

Notre interrogation doit être aussi plus riche et plus durable. Le couplage de la nation avec l’identité ou avec l’immigration est dangereux et laisse la porte ouverte à toutes les dérives. Préférons au contraire les identités au pluriel. Interrogeons les processus d’adhésion et de rejet à une identité parfois assignée plutôt que choisie. Posons la question de l’intégration trop souvent perçue comme une assimilation et donc perte de sa culture. Enfin, posons des questions plutôt que d’essayer d’avancer des affirmations. Ce débat ne peut être figé dans le temps. Il ne faut pas qu’il devienne une machine à exclusion.

 

L’identité nationale

Comme une majorité de Français, 64% des personnes interrogées, (enquête BVA les 27 et 28 octobre), je considère que l’objectif principal du gouvernement correspond, par le biais de ce débat, à une volonté de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales. D’autre part, il est inquiétant qu’un ministère créé en 2007 attende deux ans avant de tenter de se définir ! En même temps, cette opération 100% politique fait resurgir un débat digne d’attention. Alors après le débat sur le débat je pense, comme Ségolène, que la gauche doit porter ce débat fondamental afin de reconquérir les valeurs de la nation.

Nous, immigrés volontaires, au contraire de beaucoup forcés à quitter leur pays d’origine, nous avons certainement une riche contribution à apporter au débat. L’heure est à l’universalité . La France a apporté au monde une certaine conception de l’universalité des droits et de la République. Au XVIII siècle, les droits de l’homme ne sont pas les droits des Français car le message se voulait universel. Cependant, comme tous les grands pays d’immigration la France doit poser, ou reposer, la question de son identité nationale. Ses traits ne peuvent avoir la fixité d’un Dorian Gray mais s’enrichissent, s’ajustent et évoluent au gré des vagues migratoires. Si nous recentrons le débat sur la volonté de vivre ensemble et non simplement les références à l’histoire, à la « terre » et au « sang » alors la gauche a son rôle à jouer dans la définition contemporaine de l’identité française. Il n’est plus question de définir les soi-disant « bons Français » des mauvais. Le débat devient une dynamique de rassemblement, sous- tendue par des valeurs qui sont celles de la République. La République a un idéal « Liberté, égalité et fraternité ». Elle a une langue, le français. Elle a enfin un acteur central, l’Etat, gardien de l’intérêt général.

Les concepts d’identité et de nation existent depuis longtemps mais l’expression « identité nationale » n’existe que depuis les années 1980.

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