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Le multilinguisme n’est plus un luxe

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, nous dit le dicton. Mercredi soir, je lançais des magazines. Hier soir, je rentrais chez moi au lieu de prendre l’avion pour Paris où je devais assister aujourd’hui à une conférence donnée par le général Mc Chrystal. Ce soir je rencontrerai des écrivains qui font partie du festival de littérature de Dublin sur le thème de la ville « The City ».

Mercredi soir nous avons lancé des magazines en français, espagnol, allemand et irlandais au bureau de la représentation du parlement européen à Dublin. Ces magazines sont produits par les étudiants en journalisme du Dublin Institute of Technology. Nous voulions montrer que Dublin est aujourd’hui une ville multiculturelle et multilingue. Dans mon intervention j’ai rappelé que l’Europe est basée avant tout sur la libre circulation des hommes et des femmes, et pas seulement celles des marchandises. Ces étudiants en journalisme ont la chance de vivre sur un continent où la diversité culturelle fait partie de notre héritage. Celle-ci est portée par de nombreuses langues dont nous avons besoin pour nous comprendre et communiquer. Le multilinguisme n’est plus un luxe mais une nécessité. 

Ensuite, Mary Fitzgerald, chargée de couvrir les nouvelles internationales pour l’Irish Times a parlé de ses expériences en Iran lors de la dernière élection présidentielle, en Afghanistan, au Darfour et au Tchad d’où elle envoie ses billets. Elle a souligné l’importance des langues pour les journalistes de demain dont la profession est en train de changer de façon radicale. L’ambassadeur d’Allemagne était présent et la soirée s’est terminée autour un verre de vin.

 

  

 

Photos Helene Conway

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La diversité de la francophonie

 Le 20 mars 1970 la Convention de Niamey était signée par des pays dont l’engagement militant de tous ceux qui l’ont fidèlement promue a permis à la francophonie de s’agrandir et de fructifier. Elle compte aujourd’hui 70 membres qui forment l’Organisation internationale de la Francophonie et qui partagent la langue française. Ce n’est pas la langue maternelle de la majorité des pays représentés mais elle a créé un espace de dialogues, de rencontres et d’échanges qui permettent aux Etats d’essayer de dégager des positions communes.

La diversité des systèmes politiques, des conditions économiques et écologiques vécues inscrivent la francophonie dans la pratique quotidienne de la diversité des cultures. Elle donna d’ailleurs un bel exemple de mobilisation auprès de l’Unesco qui adopta, sous son impulsion, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Mediaterre, site francophone pour le développement durable qui attire plusieurs millions de visiteurs par an, est un autre exemple de projet commun qui a abouti. Les réussites sont nombreuses mais la plus marquante est sans nul doute ce laboratoire de la diversité et de la solidarité que constitue la francophonie. Un dialogue responsable et fructueux entre les pays est nécessaire pour dessiner un avenir plus équitable, plus démocratique. Ce partage des cultures est aujourd’hui perçu comme un facteur de paix. Les objectifs n’ont pas changé en quarante ans. Ils demeurent vouloir obstinément que la liberté, le progrès, la prospérité et l’égalité ne soient pas le privilège de quelques uns, mais un droit pour tous.

Il semblerait que le combat pour la défense de ces valeurs soit de plus en plus rude. Et puis, il y a cet autre combat celui de la langue française qui véhicule notre diplomatie culturelle, dite d’influence. Il passe par la défense de notre réseau à l’étranger et les beaux outils qui la font vivre, tels nos centres culturels, les Alliances françaises, l’AEFE, TV5 et France 24, RFI. Il ne manque qu’une forte volonté politique qui donnerait enfin les moyens à ce réseau de continuer à faire partager notre langue et nos valeurs avec tous ceux qui y croient encore. Cette volonté nous anime et nous saurons redonner à la culture la place qu’elle mérite au cœur de notre projet.

 

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Une journée de la vie d’une fonctionnaire.

 

Il y a plus d’un an je partageais avec un collègue mon envie de créer un nouveau cursus qui nous permettrait de marier deux disciplines assez proches : le tourisme et les langues vivantes. La première offre une vitrine du passé, de la culture et la deuxième permet de la transmettre et d’en parler. Après avoir convaincu quelques collègues nous avons organisé une rencontre avec les professionnels du tourisme en janvier 2009. Ils étaient positifs et voulaient plutôt plus de langues sur la base que les compétences en tourisme peuvent s’apprendre sur le tas alors qu’il faut un peu plus de pratique et de temps pour l’apprentissage d’une langue. Puis, ce fut au tour des étudiants d’être sondés pour bien nous assurer que ce nouveau cursus les intéresserait. Nous ne pouvons pas proposer de nouveaux cours sans avoir complété une étude de marché. L’éducation c’est maintenant du business dans le sens que l’on ne peut pas perdre d’argent sur un cours. Il faut donc être assuré qu’il attirera un nombre suffisant d’étudiants. Nous sommes enfin passés à la phase « écriture des modules » pour aboutir à la phase finale du document de plus de 300 pages qui contient l’ensemble des recherches, des modules et de l’encadrement du futur cours.

Aujourd’hui 24 février, plus d’un an après la conception de l’idée, le cursus a été validé par un jury composé de sept personnes. Nous avons débuté à 9h ce matin par les présentations des personnes. Flanquée de mes deux directeurs de départements et accompagnée de mes collègues de la faculté de tourisme nous avons planché pendant plusieurs heures. Nous avons défendu nos choix et nos propositions. Les professeurs ont ensuite été entendus. Ce soir le verdict est tombé. Le programme est accepté mais est sujet à quelques conditions. Encore quelques réunions et des modules à revoir et puis, en septembre prochain, nous accueillerons nos premiers étudiants. Dernier message aux professeurs pour leur annoncer la bonne nouvelle et puis la fatigue mêlée à la satisfaction d’avoir réalisé un projet de longue date et de l’avoir réussi. Le prochain moment de bonheur sera le jour où je rencontrerai les étudiants. Le cursus prendra alors vie et ne sera plus seulement un gros livre, plein d’idées mises sur papier.

 

Un busy weekend

Et oui même quand on est fonctionnaire on bosse le week-end, surtout si en plus on est militante !

Samedi dernier, de 10h à 13h, j’ai retrouvé les secrétaires fédéraux à la Culture au Musée social, rue Las Cases à Paris. J’ai quelque peu élargi la notion de Région pour y inclure le reste du monde et parler de l’importance de la qualité de la production française, qui reste un problème français, mais qui est aujourd’hui un problème global et du rôle de la culture dans notre politique d’influence diplomatique. Des rendez-vous sont pris avec le National mais aussi avec le représentant du PS auprès du PSE.

L’après midi j’ai retrouvé mes collègues de la Chaire Unesco « Culture, Tourisme et Développement » sur le projet de module de formation en gestion touristique des sites du patrimoine mondial que nous avons créé. Ce module devrait aider nos collègues dans les pays en voie de développement à former les futurs décideurs à prendre en compte l’environnement et le développement durable dans la  mise en valeur des sites touristiques. Des projets notamment en Amérique du sud sont en cours de construction pour la mise en valeur de sites. Il est important de protéger à la fois la culture d’origine et ne pas s’adapter aux envies des touristes qui risquent de dénaturer la forme originelle des produits tout en protégeant l’environnement et l’impact que la présence humaine a sur la faune et la flore d’un environnement jusqu’alors protégé.

Dimanche matin, lecture et sélection de résumés en vue de la conférence « Sites du patrimoine mondiale et Tourisme » organisée par l’université de Laval les 3 et 4 juin prochains sur le thème. En temps que membre du comité scientifique d’organisation j’ai reçu 270 résumés alors que nous en attendions une cinquantaine. Le sujet passionne !

Le Changement c’est maintenant!

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