L’Irlande reste une terre d’espoir malgré tout
Malgré le retour du spectre de l’émigration, du fait de la crise actuelle, l’Irlande a la bonne surprise de compter 100 000 habitants de plus qu’envisagé. Le recensement de l’année 2011 confirme en effet l’augmentation de la population déjà constatée en 2006. L’Irlande compte désormais près de 4,6 millions d’habitants. Une bonne nouvelle pour l’économie, qui signifie que le gouvernement devra revoir ses prévisions notamment en matière de réorganisation des services publics.
La carte des hausses de population. Source CSO
En 2006, la barre des 4 millions d’habitants avait été passée pour la première fois depuis 1871, avec 4,2 millions de personnes vivant en Irlande. Avec 341.421 habitants en plus, l’Irlande compte désormais 4.581.269 personnes sur son sol, selon les résultats du recensement effectué en avril dernier.
La population a ainsi augmenté de 8,1 % en cinq ans et les résultats du recensement ont dépassé les attentes du CSO (Central Statistics Office), qui attendait 100.000 personnes de moins. En comptant 363.500 naissances et 140.700 décès, l’accroissement naturel de la population a été de 222.800 habitants. Le reste de la population vient de la migration d’étrangers en Irlande entre 2006 et 2011.
Une hausse disparate
L’augmentation de la population a en revanche été différente selon les comtés. Cavan (13,9 %), Fingal (13,8 %), Longford (13,3 %) et Meath (13 %) ont connu les plus forts accroissements de population. De leur côté, les villes de Cork et Limerick ont connu une baisse du nombre de leurs habitants. Limerick a ainsi perdu 5 % de sa population entre 2006 et 2011.
Le comté de Cork passe néanmoins la barre des 500.000 habitants pour la première fois depuis la Grande Famine.
Je suis bônoise

Je suis née à Bône, une jolie ville côtière algérienne qui s’appelle aujourd’hui Annaba et qui possède tous les charmes de la Méditerranée. Mes parents, jeunes mariés, y sont partis travailler pour une entreprise de bâtiment, chargée de construire des immeubles, grande tendance des années 60. Mon arrivée a perturbé leur projet et nous sommes rentrés en France quelques jours après ma naissance. Nous avons habité d’abord en Provence puis à Lyon où je suis allée à l’école primaire. J’ai bientôt quitté mon aire de jeu qu’était ma chambre et le balcon de notre appartement pour embrasser la liberté de vivre à la campagne. Dans une ferme appartenant à mes grands-parents, accompagnée de mes nombreux cousins, j’ai appris à connaitre les animaux, les senteurs de la terre, les récoltes qui ponctuent les saisons, les fruits que l’on cueille sur les arbres. Mes parents ont enfin construit leur maison et le retour dans la vallée du Rhône a coïncidé avec mon entrée au collège. J’étais fasciné par les mathématiques et ai naturellement rejoint la section scientifique au lycée. Comme mes camarades de classe je devais logiquement entrer en Maths Sup ou médecine après mon bac. Je décidai alors de m’inscrire en faculté de Lettres pour une année et rattraper ainsi un peu tout ce que je n’avais jamais eu le temps de faire. Je passais quelques nuits blanches avec mes anciens camarades de lycée pour les aider à réviser avant leur concours mais je profitai surtout de tous les modules qui étaient offerts dans ma faculté de Lettres, autant que du cinéma que je fréquentais assidument. Il restait cependant une lacune majeure à la fin de cette année qui était de ne pas parler anglais. Je passai mon examen d’allemand avec succès mais la langue de Shakespeare restait un mystère. Je décidai alors de partir comme au-pair avec une étudiante rencontrées sur les bancs d’un cours de linguistique qui était devenue une amie. Pendant un déjeuner, un jour de juin, nous avons choisi l’Irlande, au hasard, sur la carte du monde. En septembre de la même année nous nous retrouvions à l’aéroport d’Orly où je rencontrai le premier Irlandais de ma vie en la personne de monsieur Conway. Il me prêta son nom deux années plus tard.
Ainsi commença mon apprentissage de la vie active. Chargée de trois enfants en bas âge et d’une maison mes cours du soir étaient une échappatoire. J’y rencontrai des jeunes de tous les pays. Mon amie Dominique s’est retrouvée un dimanche soir chez moi après avoir refusé de repasser une dizaine de chemises pour le lendemain. Elle devait donc trouver du travail et un logement. Ce fut le cas quelques jours plus tard dans un restaurant et comme elle ne pouvait pas louer seule un logement j’ai quitté ma famille d’accueil. J’ai commencé à travailler dans une boutique de mode, et un tabac où j’ai très vite appris toutes les marques de cigarettes, chocolat et journaux. Il fallait payer le loyer, les cours et les sorties. Avec les cours du soir et les cours de Lyon II qui me parvenaient régulièrement pour me préparer à l’examen de fin d’année je ne me suis pas ennuyée.
Avec le temps, l’inscription en médecine paraissait de plus en plus difficile et, avec mon DEUG en poche, il ne me restait plus qu’une année pour obtenir une licence. Je décidai de m’inscrire et prospectai pour trouver un poste dans une école à Dublin puisque j’avais décidé de m’installer en Irlande. Je réussis ma licence en juin et commençai à enseigner en septembre. Avec une classe de jeunes filles qui, à un ou deux ans près avaient le même âge que moi, je débutai ma carrière dans l’enseignement. C’était il y a 29 ans.
Ma carrière
J’ai complété mes études supérieures par un Higher Diploma Education (équivalent CAPES) puis un Master en philosophie à Trinity College Dublin. J’ai ensuite passé le Ceard Teastas Gaeilge, diplôme d’irlandais obligatoire pour intégrer la fonction publique irlandaise. J’ai complété mes études par un Postgraduate Certificate in Management and Leadership de l’université d’Ulster.
J’ai débuté ma carrière dans l’enseignement secondaire avant de rejoindre l’enseignement supérieur en 1984. Mon parcours universitaire m’a permis d’acquérir une expérience internationale, avec notamment la création d’un réseau Tempus puis Erasmus pour le département de langues que je dirige au Dublin Institute of Technology et plus récemment l’ouverture de liens avec la Chine. J’enseigne la communication interculturelle à Paris1 Panthéon-Sorbonne à des étudiants de mastère de l’Institut de Recherche et d’Etudes Supérieures en Tourisme et enfin je participe activement à la chaire Unesco « Culture, tourisme et développement » qui regroupe 21 pays.
Couleurs et saveurs d’une enfance au Sud

Je ne prends jamais l’avion pour le sud sans un battement de cœur. Mais ce n’est pas seulement le plaisir de retrouver la belle lumière des cotes marocaines ou la chaleur qui vous enveloppe à Bamako ou à Ouagadougou. C’est plutôt l’impatience heureuse de retrouver les odeurs et les saveurs de mon enfance. Et surtout cette façon d’être ensemble, si légère et affectueuse à la fois, ces discussions tard dans la nuit, les rires des amis, les confidences, les espoirs d’une vie meilleure, et cet humour optimiste de celles et ceux qui ont eu le courage de partir pour y parvenir.

Photos Hélène Conway
Un busy weekend
Et oui même quand on est fonctionnaire on bosse le week-end, surtout si en plus on est militante !
Samedi dernier, de 10h à 13h, j’ai retrouvé les secrétaires fédéraux à la Culture au Musée social, rue Las Cases à Paris. J’ai quelque peu élargi la notion de Région pour y inclure le reste du monde et parler de l’importance de la qualité de la production française, qui reste un problème français, mais qui est aujourd’hui un problème global et du rôle de la culture dans notre politique d’influence diplomatique. Des rendez-vous sont pris avec le National mais aussi avec le représentant du PS auprès du PSE.
L’après midi j’ai retrouvé mes collègues de la Chaire Unesco « Culture, Tourisme et Développement » sur le projet de module de formation en gestion touristique des sites du patrimoine mondial que nous avons créé. Ce module devrait aider nos collègues dans les pays en voie de développement à former les futurs décideurs à prendre en compte l’environnement et le développement durable dans la mise en valeur des sites touristiques. Des projets notamment en Amérique du sud sont en cours de construction pour la mise en valeur de sites. Il est important de protéger à la fois la culture d’origine et ne pas s’adapter aux envies des touristes qui risquent de dénaturer la forme originelle des produits tout en protégeant l’environnement et l’impact que la présence humaine a sur la faune et la flore d’un environnement jusqu’alors protégé.
Dimanche matin, lecture et sélection de résumés en vue de la conférence « Sites du patrimoine mondiale et Tourisme » organisée par l’université de Laval les 3 et 4 juin prochains sur le thème. En temps que membre du comité scientifique d’organisation j’ai reçu 270 résumés alors que nous en attendions une cinquantaine. Le sujet passionne !
Le monde vu d’une autre oreille
Chers amis, cette radio veut parler de l’Europe, du monde et faire partager les expériences de vie de ses citoyens. Vous aimeriez peut-être participer. Nous l’avons fait.
Le 18 décembre 2009, Eur@dioNantes participe à un grand événement radiophonique. Le centre international de plaidoyer et de ressources sur les droits humains des travailleurs migrants organise en effet le projet Radio 1812. Une journée exceptionnelle qui réunit des groupes de migrants et des radios du monde entier pour produire, diffuser et partager des programmes en célébrant les réussites et en soulignant les difficultés rencontrées par les migrants dans le monde. Au total, 175 stations radios y ont déjà participé dans 48 pays et 4 continents. Le 18 décembre sur Eur@dioNantes, écoutez tout au long de cette journée des reportages et émissions dédiés à cette thématique.