Réformes

Armée française : risque de surchauffe (Le Monde)

 | 12.07.11 | 12h00   •  Mis à jour le 12.07.11 | 12h13

Le ministère des finances a décidé que le défilé militaire du 14-Juillet coûtait trop cher. Comme d’autres démocraties, la France renonce à sa démonstration annuelle. Elle se contentera d’un logiciel de simulation pour donner au pays un aperçu des capacités de son armée.

Ce scénario de fiction le restera-t-il longtemps ? Le 14 juillet 2011 a lieu dans un climat tendu entre les armées et le pouvoir politique. Le débat actuel sur la"surchauffe" que provoqueraient les opérations en cours en témoigne.

En France, comme au Royaume-Uni au même moment, les chefs militaires ont averti : ils ont des difficultés pour durer. Après l’Afghanistan, la lutte antiterroriste au Sahel, la Côte d’Ivoire, ils ont pu répondre aux demandes urgentes de la"diplomatie militaire" en Libye grâce à une bonne planification. La période est à la "suractivité" comme l’a dit le chef d’état-major de la marine, l’amiral Pierre-François Forissier, plus qu’à la "surchauffe". Mais celle-ci est pour demain. Car les armées n’ont plus assez de marge pour, à la fois, combattre et régénérer le potentiel militaire.

Pendant que la marine et l’armée de l’air remplissent leur mission en Libye, la formation des jeunes pilotes est arrêtée. Si l’opération dure jusqu’à la fin 2011, l’unique porte-avions français, outil-vitrine à disposition du président, sera au port en 2012 pour renouveler les équipements et qualifier les hommes aux normes exigées par l’OTAN. Plus généralement, à l’arrière du front, les matériels manquent pour l’entraînement. La disponibilité est mauvaise, moins de 50% pour les avions. Le moral n’est pas bon.

RESTRUCTURATIONS, PROJECTIONS EXTÉRIEURES, PHASES DE CONTRAINTE FINANCIÈRE…

Les responsables militaires qui se sont exprimés ont été convoqués et rappelés à l’ordre ; ceux qui voulaient le faire en ont été empêchés. L’appareil militaire est"au taquet", a pourtant convenu le ministre de la défense, Gérard Longuet. Depuis les années 1960, les armées ont connu des restructurations, des projections extérieures et des phases de contrainte financière.

"Mais jamais les trois à la fois comme aujourd’hui", souligne le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud. "Les armées sont fragiles et fragilisées, il ne faut pas le nier ni se voiler la face : nous sommes dans une situation difficile", admettait-il, en mai, devant l’Institut des hautes études de défense nationale. Les contraintes financières "grèvent notre endurance opérationnelle"et "demain (…) pourraient remettre en cause notre régénération, c’est-à-dire notre aptitude à assumer les missions qui nous sont confiées". Au moment où, bien davantage que l’affaiblissement du lien entre l’armée et la nation, la crise met en péril la cohésion nationale, les exigences financières dominent le débat stratégique.

Souvent comparées, les opérations aériennes du Kosovo en 1999 et de la Libye depuis mars, divergent ainsi sur un point notable. La guerre contre le colonel Kadhafi a été d’emblée jaugée au prisme de ce qu’elle coûte. C’est 1,2 million d’euros par jour, a dû indiquer le ministère de la défense, 100 millions en trois mois. Le surcoût des opérations extérieures dépassera sûrement 1 milliard d’euros à la fin 2011, quand 640 millions ont été budgétés.

L’argent dépensé de la sorte est "aberrant", a estimé Daniel Cohn-Bendit, coprésident des Verts au Parlement européen. Le député évoquait, en juin, la situation de la Grèce, pays aux 100 000 soldats pour 11 millions d’habitants, lancé dans une course aux armements avec la Turquie. Quel sens cela a-t-il de demander à des fonctionnaires de baisser leur salaire, quand leur pays vient d’acheter à la France pour 3 milliards d’euros d’armement, ainsi que six sous-marins à l’Allemagne, pour 1 milliard, s’est interrogé M. Cohn Bendit ? Selon lui, une initiative européenne pour le désarmement serait plus efficace pour régler la crise grecque.

LA SÉCURITÉ COMME THÈME DE CAMPAGNE ?

Dans ce contexte, la France partage avec les puissances occidentales un même défi : disposer d’une armée "au juste prix". Professionnelle et resserrée. Moderne et efficace. Soutenable par l’opinion et disponible dans l’heure pour le pouvoir politique comme ce fut le cas pour l’armée de l’air en Libye. Contrairement aux Européens, les Etats-Unis se définissent comme une "nation en guerre". Mais au moment où la question de la dette rattrape l’Amérique, les sommes dépensées en Afghanistan, 450 milliards de dollars (320 milliards d’euros) en dix ans, apparaissent, elles aussi, exorbitantes.

Si les militaires s’inquiètent de perdre à ce jeu, c’est que les budgets de défense européens ne cessent de baisser au profit des priorités économiques et sociales. L’effort ne peut pas être regardé comme faible dans l’absolu, avec une dépense annuelle de 31 milliards, dont 18 milliards d’acquisition, le premier budget français d’investissement public.

La question est bien celle du hiatus entre les ambitions et les moyens alloués. La contradiction est devenue par trop manifeste. "La question n’est pas : avons-nous ce qu’il nous faut ? Elle est : dites-moi ce que vous voulez que je fasse", indique l’amiral Guillaud. Le chef d’état-major "souhaite que la défense soit non un enjeu, mais un sujet pour 2012."

La stratégie nationale établie en 2008 dans le Livre blanc doit être révisée en 2012. Un Livre vert est à l’étude, qui poserait, avant l’élection présidentielle, un premier diagnostic sur la sécurité du pays et les menaces qu’il affronte. Une étape consensuelle. Sa déclinaison concrète – quelles opérations, avec quels moyens ? – exige un débat plus âpre. L’exécutif ne veut pas l’ouvrir avant la présidentielle.

Nathalie Guibert Article paru dans l’édition du 13.07.11

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La disparition du réseau diplomatique français

 

Point de vue

La diplomatie française n’est plus qu’un château de sable

LEMONDE | 23.06.11 | 13h52  •  Mis à jour le 24.06.11 | 14h57

Sur les planches de Deauville, accueillant le G8 hier, sur la Croisette demain pour le G20, il est facile de jouer une pièce de théâtre et de laisser croire que la France a les moyens de ses grandes ambitions déclaratoires. 

Nous aimerions applaudir sans réserve à cette séduisante mise en scène. Il y a tant à faire pour gagner les paris d’une mondialisation plus juste et plus humaine. Mais, si on passe dans les coulisses, les illusions s’évanouissent. Le château de sable de la diplomatie française est proche de s’écrouler à la prochaine marée… 

Alain Juppé avait exprimé en juin 2010, dans une tribune partagée avec Hubert Védrine, ex-ministre des affaires étrangères, la crainte que "l’instrument (diplomatique) soit sur le point d’être cassé". Il vit maintenant tous les jours l’état dramatique du ministère. Saura-t-il convaincre le gouvernement d’inverser la tendance pour assurer au ministère des affaires étrangères les moyens des ambitions affichées ? 

La diplomatie de crise, des communiqués et des coups médiatiques est la plus visible. Mais, à l’opposé de la diplomatie "de perron", la diplomatie de l’influence et la coopération souffrent gravement. La France est en train de perdre la bataille du soft power, qui se joue sur le terrain et à long terme.  

Se vanter dans les discours officiels de disposer du deuxième réseau diplomatique après les Etats-Unis est de la poudre aux yeux. Année après année, ce réseau s’appauvrit et devient une coquille vide. Qu’est-ce qu’une politique d’influence sans hommes et sans femmes pour la faire vivre sur le terrain ? Après avoir réduit ses effectifs de 10 % entre 1994 et 2005, le petit ministère des affaires étrangères (15 500 agents au total) doit en sacrifier deux mille de plus d’ici 2013, au titre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). 

Tandis que les chancelleries et les consulats manquent de personnels essentiels, ceux du secteur culturel et de la coopération, servant de principale variable d’ajustement, diminuent comme peau de chagrin… Au même moment pourtant, de nouveaux emplois "honorifiques" et très coûteux sont donnés à des amis(e) s politiques, dont l’action comme ambassadeurs itinérants ou thématiques est aussi floue que les missions, ou qui font fi des règles déontologiques s’imposant aux diplomates en continuant de mener leur carrière politique nationale. 

D’un débat budgétaire à l’autre, les gouvernements successifs ne disent pas la vérité et le Parlement se voile la face. Deux des 5 milliards d’euros dont est "crédité" le Quai d’Orsay ne font en fait que transiter pour faire face à nos engagements internationaux, tels que la contribution au Fonds de développement européen (FED) ou celle destinée aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, qui augmentent chaque année. 

Le budget effectif du ministère n’est que de 3 milliards environ. Subissant des coupes drastiques, il est largement insuffisant pour financer un réseau mondial et conduire une politique d’influence ambitieuse. 

Ce que l’on appelle la diplomatie culturelle, universitaire et scientifique a été sévèrement touchée et ne dispose plus que d’un budget dépassant à peine les 200 millions d’euros, soit l’équivalent de celui de deux grandes écoles françaises comme Polytechnique, ou du tiers du coût de nos opérations militaires en Afghanistan. La réforme en cours est un fiasco, vue du terrain. Le budget des bourses données à des étrangers est aussi en chute libre, passant de 105 millions d’euros en 2006 à 61 millions d’euros en 2010. Notre réseau scolaire – plus de 460 établissements qui accueillent 250 000 élèves, dont la moitié sont des étrangers qui paient leur scolarité et seront des vecteurs essentiels de rayonnement pour notre pays – est menacé par les conséquences d’engagements présidentiels inconsidérés. 

Les contributions volontaires aux programmes des Nations unies, qui témoignent de notre attachement au multilatéralisme et aux valeurs humanistes et de solidarité, ont diminué de moitié en trois ans : avec un total de 48 millions d’euros, la France devient un contributeur secondaire. Elle n’est plus qu’au 17e rang des contributeurs du Haut-Commissariat pour les réfugiés ou de l’Unicef, au 15e rang de l’Unwra (Aide aux 4 millions de réfugiés de Palestine), etc. Dans le même temps, 360 millions d’euros ont été promis par le président de la République pour le Fonds mondial sida. Où les prendra-t-on ? Où est la cohérence de notre action ? 

On pourrait multiplier les exemples. Quel que soit le secteur d’activité – culturel, linguistique, coopération universitaire et scientifique, audiovisuel, missions et invitations de jeunes talents et d’experts -, la baisse des moyens depuis 2008 varie de moins 33 % à moins 50 %, voire conduit à la disparition de pans entiers de notre coopération. 

Nos partenaires y voient au mieux la marque d’un décalage entre les paroles et les actes, au pire, celle d’un sérieux déclin, et les amis de la France s’en inquiètent partout dans le monde. 

Enfin, en matière d’aide publique au développement, nous nous vantons d’être le troisième donneur d’aide derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. En fait, l’aide publique au développement (APD) française repose pour 40 % de son montant sur des remises de dettes et sur la croissance très rapide des prêts bancaires accordés par l’Agence française de développement (AFD) aux pays émergents. 

Les flux encore positifs aujourd’hui deviendront négatifs demain quand le remboursement de ces prêts devra être comptabilisé. En tendance, l’aide publique au développement française est plus proche des 0,3 % du revenu national brut (RNB) que des 0,5 % annoncés publiquement à l’OCDE, et très loin de l’engagement pris lors du sommet du Millénium de porter notre aide à 0,7 % du RNB en 2015. 

La comparaison avec le Royaume-Uni est éclairante. Les deux pays affichent aujourd’hui des montants globaux comparables de l’ordre de 10 milliards d’euros, mais le décrochage de la France est patent au regard de l’argent "cash" que le Royaume-Uni investit dans des projets sur le terrain sous forme de dons, à travers des programmes bilatéraux ou multilatéraux, et qui est six fois supérieur au nôtre. Faute de peser financièrement, nous influençons de moins en moins les débats et les décisions dans les pays africains prioritaires pour nous, et ce sont les Anglo-Saxons qui s’imposent dans les enceintes où se concertent les bailleurs. 

Des mesures d’urgence s’imposent : L’acte I doit être la négociation du budget 2012, pour donner un coup d’arrêt à la dégradation et fixer un nouveau cap pluriannuel. Au-delà, une réflexion plus globale s’impose. Des états généraux de l’influence de la France dans le monde pourraient permettre de mobiliser l’opinion publique et d’identifier les voies et moyens du redressement nécessaire. Notre pays dispose (encore) d’atouts dans la compétition mondiale. Il n’est que temps de réagir.

Groupe Marly, diplomates français 

Article paru dans l’édition du 24.06.11

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Conseil de la création artistique: un grand coût pour rien

  

 J’avais exprimé ma surprise il y a deux ans à la suite de la création du conseil de la création artistique. Cette officine privée, sous contrôle direct du Président de la République au mépris du rôle du ministère de la Culture a été supprimée comme elle a été créée, en catimini et suivant la volonté du Prince.

 

Ce conseil n’aura donc marqué l’histoire culturelle que par son coût de 10 millions d’euros pendant que les budgets dévolus à la création artistique et notamment au spectacle vivant n’ont cessé de diminuer. Paradoxalement, sa suppression, annoncée par un simple communiqué de l’ Elysée, ne fait mention d’aucun grief. Sur ce sujet, comme sur d’autres, Nicolas Sarkozy passe désormais son temps à défaire ce qu’il a fait. Sous sa présidence, la France culturelle perd du temps et pire, sur bien des points, régresse. 

On imagine facilement comment ces 10 millions auraient pu être dépensés par notre nouvel Institut français.

 

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Que reste-t-il du modèle social français?

 Que reste-t-il du modèle social français et de ce qui faisait l’exemplarité de la France ?  On demande aux générations actuelles et futures de travailler jusqu’à 62, voire 67 ans pour être sûr de pouvoir bénéficier de sa retraite en occultant les chiffres alarmants du chômage actuel chez les seniors et chez les jeunes. Il serait plus judicieux de commencer à s’intéresser à la création et le maintien des emplois et la mise en place de nouvelles mesures incitatives à l’emploi des quinquagénaires, mais également à l’emploi des jeunes. Sinon, nous ne faisons que décaler le problème dans le temps et punir les générations futures. Près d’un Français sur trois aura plus de 60 en 2060, d’après les dernières projections de l’Insee.

Dans le domaine de la santé on remet en cause le remboursement d’un nombre croissant de médicaments par la sécurité sociale. Et que fait-on de l’égalité d’accès aux soins ? Ce qui faisait la grandeur de la France, son exceptionnel service de santé. Elle n’existe plus. Et l’égalité des chances à l’école ? Quant à l’égalité d’accès à la formation, au travail, n’en parlons pas. La liberté d’expression? On vole à des journalistes ayant travaillé sur l’une des plus troublantes histoires de délinquance financière française leur outil de travail et le recueil de leurs investigations.

La crise économique et financière que nous connaissons depuis l’an passé n’est que la surface immergée de l’iceberg qui fonce sur nous. Elle ne fait que mettre en exergue l’irrationalité du monde que nous avons fabriqué et dans lequel nous vivons, où un homme à lui seul peut ébranler le marché financier national. Les valeurs de notre société ont changé. Nous sommes devenus une société individualiste, matérialiste, une société dans laquelle la consommation régule le bien-être et est à l’origine du bonheur. Le sociologue Francis Farrugia parle depuis les années 90 d’une « crise du lien social », preuve que le problème n’est pas nouveau.

Cette logique de consommation s’étend et elle touche aujourd’hui à des biens de notre société qui ne doivent pas y être soumis. Pourtant, au nom de cette crise, on démantèle les services publics du domaine de la santé, de l’éducation nationale, de la justice, de la culture. On essaie de leur impliquer une logique comptable, de rentabilité. Or, ce n’est pas possible. L’éducation que l’on donne à un enfant n’a pas de logique comptable mesurable, et encore moins à court terme. Mais elle se conclura par une formation complète et solide, une bonne préparation au monde du travail, un emploi correspondant à ses capacités, un renouement du lien social. C’est ainsi qu’elle peut être mesurable.

On ne peut pas laisser les choses partir ainsi à la dérive. Quelque chose gronde dans la société. La crise sociale que connaissent l’Irlande et la Grèce risque fort d’être contagieuse. La dérive autoritaire d’exclusion, d’individualisation ne peut pas durer. Il faut réfléchir aux choses encore et encore, avancer pour l’épanouissement de tous, pour retrouver de vraies valeurs de solidarité, d’égalité, de liberté.

 

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Le fait du Prince, encore et toujours

Malgré sa compétence et son attachement au projet de modernisation des Archives nationales, qui ont  été unanimement loués, la directrice des Archives nationales de France est aujourd’hui la victime collatérale des caprices d’un Président dont le projet de musée de l’histoire de France a révélé la méconnaissance profonde de l’Histoire et sa volonté de l’instrumentaliser.

La décision expéditive de son éviction relève du fait du prince et traduit la pratique autoritaire d’un pouvoir qui ne supporte pas que ses projets contestables concernant notre patrimoine soient discutés par ceux qui ont la charge de la conserver. Est-ce là ce que l’on attend d’un président élu démocratiquement ? Est-il normal qu’entre deux élections celui-ci s’accorde le pouvoir absolu et que le seul rôle de l’opposition soit celui de dénoncer ces abus ?

 

Est-ce bien le modèle démocratique que nous avons encore la prétention de vouloir voir adopter par d’autres ?

 

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Dans l’oeil du cyclone

Le Premier Ministre irlandais discute en ce moment-même avec son parti de sa légitimité à conduire la prochaine élection au Parlement irlandais, qui sera anticipée, probablement en Mars. J’en profite pour partager avec vous un commentaire paru dans l’Est Républicain suite à l’entretien que j’avais eu avec ce journaliste lorsque ce scrutin a été annoncé dans l’urgence, suite à la colère qu’avait suscité l’adoption du plan de sauvetage imposé par l’UE et le FMI.  

«Dans l’oeil du cyclone »

LA COMMUNAUTÉ française n’est pas épargnée par la crise financière qui frappe l’Irlande. Explications avec deux Français vivant sur l’Ile.

« C’est effrayant. On a l’impression d’être dans l’oeil du cyclone », constate Hélène Conway. « Il y a une sorte de calme alors que l’on sait que des vents violents sont en train de tout dévaster ». Cette Française installée en Irlande depuis plus de 20 ans a une bonne connaissance de la société  irlandaise. Elle est chargée du département des langues au Dublin Institute of Technologie (20.000 étudiants).

Elle est aussi élue à l’Assemblée des Français de l’étranger pour l’Irlande où elle représente la communauté française forte de quelque 20.000 membres.

Une communauté peu présente dans cette petite république insulaire comparée aux 150.000 Polonais ou aux 200.000 Chinois sur une population totale de 4,5 millions d’habitants.

« L’essentiel des étrangers sont venus ici il y a cinq ou six ans quand l’Irlande a connu un formidable essor économique », explique Hélène Conway. « A cette époque, le chômage était de 3 % à peine. Il y avait un boom dans la construction. La croissance était à 14 %. Les jeunes qui sont venus se sont endettés pour acheter des propriétés qui, aujourd’hui, ne valent plus grand chose. Ils sont coincés : la vente de leur maison ne leur permet plus de rembourser les banques ».

Si certaines entreprises françaises résistent bien à la bourrasque financière qui souffle sur l’Irlande, comme Yves Rocher (cosmétiques) ou Servier (laboratoire pharmaceutique), d’autres, plus petites, se sont délocalisées à Londres ou ailleurs.

 «C’est brutal»

La crise financière frappe sans pitié tous les habitants. « Tout le monde a eu des réductions de salaire alors que les remboursements bancaires restent les mêmes », constate Hélène Conway. « Chacun se serre la ceinture. Autrefois, on pouvait se faire de l’argent rapidement si on achetait et on revendait au bon moment. Ce temps-là est fini. Finalement, le boom économique apparaît comme un accident de parcours. Les Irlandais en ont bien profité. C’est du jamais vu depuis 1916, date de la création de la République».

Quant aux jeunes qui sortent de l’université, ils savent qu’ils vont être forcés de partir. Ils ne trouveront plus de travail. « C’est une génération qui a connu l’aisance et qui va connaître des difficultés », souligne la représentante de la communauté française. « Le changement a été brutal. D’un mois à l’autre on vous enlève 10 % de votre salaire ». La faute à qui ? « Aux politiques», n’hésite pas à affirmer Hélène Conway. « Les décideurs n’ont pas su imposer un système de régulation du système financier pour encadrer la spéculation mondiale. Mais les Irlandais sont inventifs et capables de relever le défi ».

Marcel GAY

 

 

Retraites: l’arrogance de l’UMP dénoncée sur les ondes irlandaises


Parmi les moyens de combattre la réforme des retraites, j’ai choisi de passer sur les ondes et d’expliquer pourquoi les gens sont dans la rue pour manifester. De toute évidence les Français rejettent le modèle anglo-saxon qu’a adopté Nicolas Sarkozy qui nous fait croire que le bonheur passe par toujours plus d’argent. Les Français veulent une réforme juste dont le poids financier soit supporté également par tous, suivant leurs moyens.

C’est ce que j’ai exprimé dans l’émission "The Wide Angle", présentée par Karen Coleman, une émission d’actualité phare dans le paysage politique irlandais, diffusée sur Newstalk, radio nationale dont les programmes sont très suivis.

Pour écouter la deuxième partie de l’émission de ce 30 octobre : http://media.newstalk.ie/listenback/229/sunday/2/popup 
L’entretien commence à la 6ème minute, après les nouvelles et la météo, pour un total de 30 minutes. Mon intervention commence à la 22ème minute.

 

L’ambassadeur a défendu la ligne du gouvernement qui consiste a souligner  le caractère indiscutable du vote, sur la base que le parlement était l’expression démocratique du peuple et que celui-ci venait d’ approuver la loi sur la réforme des retraites.

Pour ma part j’ai développé un argument sur le type de société que nous voulions qui ne passe pas nécessairement par une explication comptable à tous les problèmes. D’autre part il ne faut pas oublier le CPE: le parlement vote les lois mais le peuple continue à être souverain. Cet épisode est encore frais dans les mémoires. Il était important de montrer que les Français ne sont  opposés aux réformes. Une concertation qui aurait permis la promulgation d’une loi plus juste dont le coût aurait été mieux partagé n’aurait certainement pas provoqué une telle réaction de la rue. Pour rendre l’intervention pertinente, il fallait garder à l’esprit que les auditeurs irlandais partent à la retraite à 65 ans et bientôt à 67 ans et que la situation économique et financière du pays est si catastrophique qu’on parle maintenant d’une intervention probable du FMI.

 

Image: Newstalk www.newstalk.ie

A l’étranger aussi, nous sommes inquiets pour l’avenir des retraites en France !

  Le Parti Socialiste appelle à suspendre le débat sur les retraites au Sénat

 

A l’étranger aussi, nous sommes toujours plus nombreux à nous inquiéter pour l’avenir des retraites en France !

 

L’avenir des retraites concerne tous les Français, en France comme à l’étranger. En effet, selon la reconstitution de sa carrière, un Français établi à l’étranger peut dépendre du système français de retraites. La loi de finance de la sécurité sociale de 2010 prévoit que le prix du rachat des trimestres passés à l’étranger sera multiplié par 4 à compter du 1er janvier 2011. La retraite peut subir une décote de 20%, voire plus, si aucune action n’est entreprise individuellement avant le 31décembre 2011.

 

La situation des conjoints est encore plus grave : carrières interrompues, activité locale impossible et retraites tronquées. C’est le montant des pensions de réversion qui est en jeu.

 

Une autre réforme que celle de la droite, qui prenne en compte la situation de tous les Français, en France et à l’étranger, est possible.

 

La force et l’ampleur croissante de la mobilisation dans notre pays peuvent encore faire reculer le Gouvernement. C’est une nécessité: malgré quelques faux-semblants dans le débat au Sénat, la réforme Sarkozy-Woerth reste profondément injuste et ne règle rien. Elle ne garantit ni le financement du système par répartition ni le pouvoir d’achat des retraités.

 

Les mesures du Gouvernement vont :

·         Transformer les jeunes retraités en vieux chômeurs, en obligeant les seniors à cotiser plus longtemps et contraindre les femmes qui ont eu des carrières fractionnées à partir à 67 ans ;

·         Entraîner une baisse du niveau des pensions, comme après les précédentes réformes de la droite ;

·         Exclure la prise en compte de la pénibilité, qui ne saurait être confondue avec l’invalidité ;

·         Faire porter plus de 90 % des nouveaux efforts sur les seuls salariés et rien ou presque sur les revenus du capital ;

·         Piller le fonds de réserve des retraites pour maquiller les déficits en vue des échéances  2012 sans régler durablement la question du financement.

 

Le Parti Socialiste propose :

 

1.    Le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, la protection pour les salariés ayant commencé à travailler le plus tôt et la liberté de choix pour tous ;

 

2.    Une juste prise en compte de la pénibilité, sur base de l’espérance de vie liée aux parcours professionnels ;

 

3.    Le financement des retraites du premier au dernier Euro par des efforts partagés : les revenus du capital et les banques doivent aussi contribuer à l’effort de solidarité ;

 

4.    La reconnaissance par des mesures démographiques de l’allongement de la durée de la vie ;

 

5.    Un fonds de réserve des retraites garanti pour amortir les chocs démographiques et économiques.

 

Mobilisons-nous pour une réforme juste, qui préserve nos retraites et celles de nos enfants !

 

Fédération des Français à l’Etranger : 00 33 1 45 56 77 82    

www.ffe-ps.org

 

Retrouvez toutes les propositions du PS sur les retraites à www.parti-socialiste.fr

 

 

Journées du Réseau français à l’étranger 2010

 Je vous fais ici un compte-rendu très succinct des Journées du Réseau français à l’étranger de Juillet 2010. 


Pierre Sellal, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et européennes a officiellement ouvert les journées. Il a déclaré que le réseau bénéficiait de moyens exceptionnels puisque les coupes budgétaires avaient affecté tous les ministères mais que les crédits des bourses n’avaient pas été affectés. Il s’est aussi félicité que pour la première fois une loi soit consacrée à l’action culturelle extérieure de la France. Il a rappelé que celle-ci restait de la compétence du MAE et donc de l’ambassadeur. Il a enfin souligné que la réforme, qui a trois ans pour être mise en place, passera par la concertation entre les différents ministères, un partenariat avec le monde de l’audio-visuel et la coordination avec l’Alliance Française.  
Dans les prochains mois un document cadre sera élaboré, les nouveaux EPIC seront opérationnels dès le 1er janvier 2011, les actions de formation seront amplifiés. Quinze débats-flash sont organisés. 


Ma réaction personnelle est que "le paraître" et l’auto-satisfaction évidente des responsables ne sont pas partagés par les près de 2200 participants dont l’inquiétude est grandissante chaque année. Cacher la nouvelle réduction de 10 pour cent qui frappe les postes par l’annonce du maintien de l’enveloppe des bourses (en omettant d’ajouter qu’elle n’est pas suffisante) est malhonnête. Parler de la mise en place d’une réforme dont personne ne connait aujourd’hui les véritables objectifs paraît déjà obsolète d’autant que le prochain ministre risque fort d’avoir sa propre feuille de route. Le gout amer décrit par nos sénateurs domine ces journées. 

 

Liens: 

Les Journées du réseau français dans le monde 2010 (19, 20 et 21 juillet 2010) sur www.diplomatie.gouv.fr 

Journées du Réseau culturel français à l’étranger 2010 sur le site de l’ADFE – Français du Monde

 

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La réforme de l’éducation nationale ou comment réduire les chances d’égalité et de réussite scolaire des élèves.

 Curieuse période que la nôtre. Alors que le ministère de l’Education nationale continue bille en tête son projet de réforme du primaire et du secondaire à coups de suppression de postes, de regroupements scolaires, d’augmentation d’effectifs dans les classes, la Cour des comptes présente un rapport fort instructif sur la bonne tenue par le ministère de ses engagements en termes de pourcentage de réussite des élèves. Et oui… Le ministère aussi a des objectifs autres que budgétaires ! Il doit faire en sorte que 100 % des élèves sortent qualifiés ou diplômés à la fin du secondaire, que 80 % des élèves accèdent au niveau du baccalauréat et que 50 % soient diplômés de l’enseignement supérieur. Or, force est de constater que le système éducatif français a échoué à la fois face à ses objectifs de réussite pour tous et de réduction des inégalités sociales. Il ne semble pas aujourd’hui se diriger vers une voie plus favorable. Le chemin que prend la réforme engagée par Luc Chatel ne va pas dans le sens des recommandations adressées par la Cour des comptes.

 

En effet, alors que la Cour des comptes pointe l’aggravation de l’écart entre les résultats scolaires des meilleurs et plus faibles élèves, révélant un problème aigu, spécifique et croissant de traitement de la difficulté scolaire, Luc Chatel demande la suppression des Rased, les réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté. Mais il n’y a pas que ça. Sous prétexte que « des études et des expériences récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites classes ne s’avèrent pas plus « performantes » », le ministère demande aux inspecteurs d’académie d’encourager les regroupements d’écoles, ainsi que l’augmentation des effectifs au primaire. L’objectif n’est pas l’augmentation des chances de réussite scolaire pour les élèves, mais la suppression de 16 000 postes d’ici 2011.

Or d’autres « études et expériences » ont également montré qu’une organisation différente des conditions de scolarité permet de lutter efficacement contre la difficulté scolaire. Ainsi, les pays de l’OCDE obtenant les meilleurs résultats sont ceux où il y a le moins d’heures de cours mais où l’on développe prioritairement le traitement de la difficulté scolaire comme en Suède par exemple.

C’est là-dessus que je souhaiterais insister. Au lieu de perdurer dans un système éducatif uniforme, il serait intéressant de mettre en place une scolarité plus souple, répondant à la demande des élèves. Outre une base commune à tous, plus limitée dans le nombre de matières obligatoires, celle-ci s’adapterait aux besoins des élèves, en leur offrant l’aide et le soutien dont ils ont besoin dans les matières où ils rencontrent des difficultés. Il est aussi important de réfléchir aux journées surchargées.

 

Notre système éducatif ne parvient effectivement pas à remplir les objectifs de réussite qui lui sont donnés. Par exemple, en 2008, la proposition de bacheliers généraux ou technologiques atteignaient les 51,2% soit moins de 80% de diplômés. De telles conditions ne permettent pas de remplir l’objectif de 50 % d’étudiants diplômés de l’enseignement supérieur.

On pourrait commencer par exemple à se demander si l’on doit envoyer les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés dans les établissements les plus sensibles. S’il est indéniable que la vocation des professeurs est ainsi testée cela peut avoir pour effet que de les décourager. Ce fut mon expérience personnelle. Il faudrait un recrutement plus adéquat, comme cela existe déjà pour les postes en classe préparatoire, pour trouver des enseignants dont le profil correspondrait mieux à ces établissements. Pourquoi décider de l’orientation d’un élève au collège ou au lycée selon ses échecs, et non selon ses réussites ? Pourquoi aujourd’hui la réussite d’un élève dépend tant de l’établissement où il est affecté et des enseignants qui le prennent en charge ? D’autres facteurs socioprofessionnels , culturels, sont à prendre en compte. Néanmoins, la France est l’un des pays où les destins scolaires sont le plus fortement corrélés aux origines sociales et au statut culturel des familles, alors que le système éducatif devrait être garanti d’intégration sociale, d’égalité des chances pour tous.

La réforme de l’éducation nationale doit être repensée pour remettre les élèves et leur réussite au cœur du projet et lui redonner pour base l’égalité sociale qu’il n’aurait jamais dû perdre.

 

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Les retraites, le grand dossier social pour 2010

Le constat est là. Le rallongement de l’espérance de vie et l’augmentation du nombre de retraités en comparaison au nombre de cotisants requière une remise à plat du système des retraites actuel. Il est impossible de justifier de repousser ce problème à demain. Il ne peut que s’aggraver, en particulier avec le départ en retraite des enfants du baby-boom de 1945 à 1976. La prise de conscience doit être générale, et elle doit s’accompagner d’une réflexion approfondie sur les solutions envisageables et sur des propositions pertinentes. Nous devons nous montrer force de propositions. Or de nombreuses idées reçues existent sur ces questions et empêchent toute possibilité de réforme. Pour lutter contre cela, il faut plus et mieux informer la société, de sorte que les réformes se fassent progressivement dans un réel climat de dialogue social et non de confrontation entre l’idée géniale dont seule notre président est capable et la mise en place d’un système moins complexe et plus performant.

Il est aussi intéressant de voir ce qui se fait dans les autres pays européens sur ce même sujet des retraites. D’autant plus que nombres d’entre eux, dont la Suède, l’Italie et l’Espagne ont déjà réussi à entreprendre une série de réformes à la fin des années 90 et au début des années 2000. Cela permettrait d’apporter au problème un nouvel éclairage, et peut-être des solutions pour la France.

Le système français repose essentiellement sur un système dit de répartition basé sur un régime de base et un régime complémentaire, tous deux obligatoires, permettant de calculer le montant des retraites. Ce système traduit une réelle solidarité intergénérationnelle (les actifs d’aujourd’hui cotisent et payent pour les retraités d’aujourd’hui). Ce système montre malheureusement aujourd’hui ses limites. Il peut être complété par un régime par capitalisation où chaque cotisant économise de l’argent sur son salaire dans un compte épargne géré par l’Etat. Mais celui-ci est peu populaire en France, trop fluctuant, trop aléatoire. Il est largement utilisé dans d’autres pays européens tels que la Suède, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique par exemple où il représente une part variable de la retraite touchée (de 2 % en Italie à 28 % au Royaume-Uni).

Passons à l’âge légal et l’âge effectif de départ en retraite. Il est pour l’instant à 60 ans en France pour les hommes comme pour les femmes, alors qu’il oscille autour de 65 ans dans les autres pays européens pour les deux sexes, avec un système de prime à ceux travaillant au-delà de l’âge légal et un système de contre-points pour ceux s’arrêtant avant. Néanmoins l’âge de départ en retraite effectif demeure généralement avant l’âge légal. L’allongement de la durée de cotisation, et donc le retardement de l’âge de départ à la retraite, est souvent énoncé comme une des solutions pour réduire la dette créée par le système des retraites. Curieuse solution lorsque l’on voit la part de chômage chez les 55-64 ans en France ! 30,3 % en 2000, 40 % en 2008 ! Pourquoi vouloir rallonger l’âge de départ à la retraite alors que les plus âgés peinent à retrouver du travail et que les moins de 25 ans ont du mal à en trouver ?

Le nombre d’années de cotisation nécessaire pour toucher à ces droits à la retraite diffère également entre les Etats européens où certains ouvrent des droits après un nombre très bas d’années de cotisation (15 ans au Portugal, 20 ans en Russie) alors que la moyenne européenne est à une quarantaine d’années de cotisation, tout comme le secteur privé français (le secteur public ne cotise que 37,5 années). De plus, en France, de nombreuses différences existent comme par exemple les 25 dernières années sont comptées dans le privé pour le calcul de leur pension au lieu des 6 derniers mois d’activité pour les fonctionnaires. Les régimes spéciaux qui vont de la SNCF aux fonctionnaires de la Cour des Comptes ont leurs propres spécificités. La multiplicité des régimes rend l’application d’une harmonisation des systèmes pratiquement impossible. Force est de constater que le système français des retraites est trop complexe pour que l’ensemble des cotisants français s’y retrouve et comprenne ce qui leur ait du puisqu’il n’existe pas un seul système de référence. Preuve en est que la majorité ignore que le montant de la retraite versée par le régime de base ne peut excéder en théorie la moitié d’un plafond de la Sécu (2 885 euros), alors que dans la pratique on se retrouve à 43 % maximum (1 240, 55 euros) de ce montant-là. « Une anomalie sur laquelle les syndicats qui gèrent la Sécu ne s’étendent guère »  [1]

L’information en la matière est limitée, et la mal-information entraîne les amalgames et empêche le dialogue social. Nous n’avons cependant pas le choix et nous devons nous attacher à ce que le système demeure viable pour les générations futures.

 

 

 

[1] Il s’agit d’un des « dix plus gros mensonges » sur les retraites repris et clarifiés par Laurence Allard dans un article du Point du 22 avril 2010.

 

Source Image: AFP

A quand la fin de l’économie de Casino ?

Nous vivons avec la politique néolibérale depuis le début des années 80. Thatcher et Reagan ont introduit les baisses d’impôts pour les plus riches, soutenu la dérégulation des marchés, démantelé les services publics et fait la promotion du libre-échangisme et de l’innovation financière. Nous supportons cette politique à laquelle Nicolas Sarkozy a mis un coup d’accélérateur pour la France depuis son arrivée au pouvoir. Les inégalités s’accroissent, les richesses sont transférées du bas vers le haut mais comme la France, comme beaucoup d’autres pays, a laissé filer sa dette pour laisser quelques miettes aux plus démunis tout le monde s’en sort un peu mieux et le peuple est silencieux.

Seulement quand l’équilibre penche vers la finance pour un rapport de 80 pour 20 laissés à l’économie réelle et que les marchés financiers n’ont plus aucune retenue alors le système bascule. Les pays qui soutiennent cet équilibre se trouvent attaqués comme de simples produits financiers sur lesquels les traders spéculent. L’UE contre attaque en imitant les pratiques du systèmes en place – voire les emprunts contractés en faveur de la Grèce.

Pour moi les questions fondamentales n’ont pas encore été posées. A quand la fin de l’économie de Casino ? A quand le retour d’un juste équilibre entre le travail et le capital ? A quand enfin l’introduction d’une régulation qui permettrait d’encadrer les folies que nous voyons tous les jours dans les journaux ? Au XIII siècle les Lombards ont introduit la régulation dans leurs échanges. Sommes-nous vraiment incapables de la même prudence ?

Tant que l’idéologie en place n’aura pas changé les ajustements resteront d’ordre cosmétique. Nous devrons commencer par sortir de la pensée unique et réaliser qu’un autre modèle de société est possible. Le diagnostic est fait mais aller chercher l’argent où il se trouve reste tabou. Alors à problème global solution collective pour être plus fort. L’Europe pourrait trouver sa force, si seulement elle en avait envie.

 

Non au Vandalisme Financier: les banquiers voyous doivent réparer les dégâts.

Campagne du PSE pour une Taxe sur les Transactions Financières from PES_Party of European Socialists on Vimeo.

 

A voir aussi sur la chaîne PSE sur You Tube.

Et aussi: Les Européens pour la Réforme Financière 

 

 

L’impossible réforme de la diplomatie culturelle

 Les parlementaires entament un débat qui devrait aboutir sur la création de l’agence a l’automne prochain.


Sans stratégie visible ni  possibilité de moyens financiers pour mettre en place cette reforme nos parlementaires n’ont pas la tache facile, comme le note l’article ci-dessous.
Pour moi le nom même d’Institut Victor Hugo pose problème. Si le nom choisi ne représente pas ce qu’il contient la partie est faussée avant de débuter.
En effet, cette marque va entrer en concurrence direct avec le Goethe, Cervantes, Camoes, et les nouveaux entrants sur le marché comme l’Institut Adam-Mickiewicz ou le  Confucius qui ont tous des crédits en hausse afin de soutenir le volet "culture" de leurs activités en plus des cours de langue, délivrance de diplômes et contrats de coopération qui rapportent beaucoup. Or, la reforme annonce que notre Institut Victor Hugo devra s’auto-financer. Une exposition de photos n’est pas montée pour faire de l’argent , et bien heureusement! Les fonds viendront donc de la structure Ecole de langues. On peut imaginer que sa mise en place dévorera les quelques crédits qui restent au Centres culturels actuel et qu’elle constituera la partie essentielle de l’Institut a terme.  D’autre part, il est difficile d’associer le scientifique et le technique avec Victor Hugo. Institut francais était trop simple et trop parfait!


Nous suivrons les débats avec attention.


 

L’impossible réforme de la diplomatie culturelle

Ce devait être le grand œuvre de Bernard Kouchner. Pas un traité historique ni un de ces discours inoubliables auxquels rêvent les ministres des affaires étrangères. Non, il allait faire opérer au Quai d’Orsay une révolution culturelle, une véritable décolonisation. Grâce à lui, les quelque 150 instituts français et centres culturels disséminés à travers le monde allaient échapper au giron pesant des ambassades, se rassembler dans une grande agence et gagner leur indépendance. Il avait tout : le modèle, le nom, le casting. Ne restait qu’à convaincre ses troupes et le président de la République…

Lire la suite sur Le Monde.fr 

 

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De la nécessité de l’histoire et de la géographie en Terminale S ou l’apprentissage d’un esprit critique citoyen et humaniste

 

D’après Nicolas Sarkozy l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire. Ce n’est pas une raison pour en faire sortir les élèves de terminale S. D’autant que notre président aime à convoquer Jaurès, Blum et Jules Ferry dans ses propres discours, à moins qu’ils n’aient été que d’ordre décoratif. L’histoire de France, qui semble encore utile au tribun politique, ne doit plus encombrer les cerveaux de l’élite de nos lycées. Ainsi en a décidé Luc Chatel le 7 décembre 2009 qui présentait une nouvelle partie de sa réforme du lycée, avec la suppression de l’histoire-géographie pour les élèves de Terminal S. La nouvelle m’avait choquée. Plus je réfléchis au sujet plus je pense que cette réforme est une grave erreur que nous ne pouvons laisser passer. Elle touche à l’enseignement secondaire général français et concerne donc l’ensemble des lycées français de par le monde. Il en va de l’enseignement mais aussi des repères, que nous souhaitons apporter aux jeunes générations pour qu’elles comprennent le monde, avant de contribuer à leur tour à l’histoire. Or, à l’heure de la mobilité et, dans une autre mesure, du débat initié par le Gouvernement sur l’identité nationale, cette réforme paraît complètement incongrue. Comment apprendre à se connaître soi-même et à connaître les autres sans les enseignements qu’apportent l’histoire et la géographie ? Quels bénéfices en tireront les élèves?

À l’heure actuelle, on ne peut plus penser l’enseignement ni une carrière professionnelle sans la notion d’ « échanges » et de « mobilité ». Nous sommes dans un monde mobile, où les gens, les savoirs, les traditions, les conflits se déplacent. L’histoire et la géographie sont nécessaires à la compréhension du monde et au développement d’un esprit critique. Comment comprendre ce qui se passe autour de nous si l’on ne sait pas d’où l’on vient ? Comme le disait Karl Marx, « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »… C’est par ces savoirs que nous parvenons lentement à faire tomber les dernières barrières tenaces de la xénophobie et de l’homophobie.

Sous prétexte d’allègement de l’emploi du temps pour favoriser l’enseignement des spécialités scientifiques, cette réforme m’inquiète sur le devenir de générations manquant de clés pour comprendre le monde, mais aussi sur le devenir de la discipline. L’éducation ne peut pas se positionner seulement dans une logique comptable de suppression de postes ! Les forums d’élèves et d’étudiants en parlent* : pourquoi vouloir enfermer les élèves de Terminale S dans leur environnement de sciences dures ? Pourquoi vouloir sacrifier une partie de leur culture générale ? Cette réforme oublie qu’une grande partie des élèves de Terminale S poursuivent leurs études supérieures dans les sciences sociales et humaines. Ces futurs bacheliers accuseront un certain retard face aux élèves issus d’autres filières. Et que dire de ceux qui souhaitent s’inscrire en classes préparatoires pour passer les concours des grandes écoles ?

On n’a simplement pas le droit de sacrifier l’apprentissage d’une citoyenneté critique et humaniste au profit d’une logique comptable et d’une rentabilité à court terme. Le prix à payer dans cette tentative d’habillage de la pénurie est beaucoup trop lourd.

 

 

*Forumdesados.net, planete-ados.com, facebook.com, forum MSN.

 

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