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L’Etat chasse la Justice
Je partage les objections au projet de réforme qui prévoit la suppression de la fonction de juge d’instruction. L’un deux me disait récemment que "quand l’Etat entre dans le prétoire la justice en sort". Ces juges là sont trop libres pour un président qui a besoin de tout contrôler.
Par contre je trouve plutôt affligeant le spectacle auquel se donnent nos représentants politiques. Je ne suis pas convaincue que nous puissions nous réjouir de voir des personnes en charge des plus hautes fonctions de l’Etat préférer passer devant les tribunaux que devant les électeurs. Le désarroi dans lequel se trouvent un grand nombre de jeunes, de personnes en fin de droit et une grande partie de nos compatriotes nécessite autre chose que des opérations de communication pour remonter dans les sondages. On ne soigne pas la souffrance sociale avec des statistiques. On n’efface pas non plus les problèmes en concentrant l’attention sur le futile et l’éphémère. Je me fais une autre idée de l’engagement politique.
Conflit d’intérêts et spéculation sanitaire: le scandale honteux de la « Grippe A »
A lire, absolument dans Le Parisien aujourd’hui :
ENQUETE
Des experts de la grippe A sous l’influence des laboratoires. Plusieurs chercheurs et médecins de l’OMS sont rémunérés par des firmes pharmaceutiques. Le numéro deux de l’organisation doit s’en expliquer ce mardi devant le Conseil de l’Europe.
MARC PAYET | 26.01.2010, 07h00
Ce matin, le numéro deux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Keiji Fukuda, est auditionné à Strasbourg par la commission santé du Conseil de l’Europe. Les parlementaires européens veulent savoir si l’institution onusienne a subi des pressions de la part de l’industrie pharmaceutique dans sa gestion de la crise de la grippe A pour en exagérer la dangerosité.
Ils interrogeront également un porte-parole des fabricants européens des vaccins pour savoir là encore s’ils ont cherché à influencer les experts de l’OMS.
Ces auditions sont effectuées à la demande de l’expert médical Wolfgang Wodarg, député socialiste allemand, qui, avec quatorze autres parlementaires, de tous bords politiques, rédigeront ensuite un rapport parlementaire sur ce sujet. « Sur quelle base scientifique l’OMS a-t-elle décrété qu’il s’agissait d’une pandémie ? demande-t-il. Il faut que l’organisation s’explique sur les liens d’argent qui existent entre certains de ses experts et les laboratoires. »
Selon notre enquête, les liens d’intérêts entre six experts de l’OMS et l’industrie pharmaceutique sont avérés. Ils faisaient partie des comités stratégiques qui ont conseillé la directrice Margaret Chan. Même s’ils affirment leur indépendance, leurs relations avec les laboratoires entretiennent les soupçons sur l’impartialité de leurs décisions au sein de l’OMS. En France, les mêmes questions se posent. Une majorité des experts du comité de lutte contre la grippe, nommés par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, ont des liens d’intérêts avec les laboratoires qui fabriquent le vaccin et les antiviraux contre la grippe A.
EN SAVOIR PLUS
A Genève et à Paris, ces scientifiques assument
Des doutes sur le comité de Roselyne Bachelot
Margaret Chan et ses conseillers très spéciaux
Le numéro 2 de l’OMS devant le Conseil de l’Europe
Bye bye 2009… bonjour 2010 !
Chers amis, chères amies, chers et chères camarades,
2009, longue est éprouvante, est derrière nous : vive 2010 !
Tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année et beaucoup d’énergie pour les combats qui nous attendent, car le gouvernement lui, est toujours là.
Pour la commencer sur une note optimiste, voici un rappel du petit cadeau venu du Sénat à la veille des fêtes, parce que c’est décidément très drôle !
Une bourde centriste qui restera dans les annales du Sénat
Une erreur de vote a entraîné, lundi 14décembre, le rejet de la loi sur le redécoupage électoral
L’improbable tuile. Le projet de loi ratifiant l’ordonnance de redécoupage des circonscriptions législatives, adopté le 20 octobre à l’Assemblée nationale, a été victime, lundi 14décembre au Sénat, d’une bourde centriste.
En se trompant de bulletins de vote, lors du scrutin sur la suppression de l’article unique, Jean-Jacques Pignard (Union centriste, Rhône), devenu sénateur le 24 juillet en remplacement de Michel Mercier, nommé au gouvernement, est entré dans l’histoire du Sénat. Et a passablement contribué à échauffer le climat dans cette assemblée d’ordinaire paisible.
Le texte devait en principe achever son parcours législatif au Sénat par un vote conforme à celui de l’Assemblée nationale. Le projet de loi tient en un article unique, ratifiant le redécoupage des circonscriptions effectué par le gouvernement. Une formalité, en quelque sorte. La tradition voulant que les membres d’une assemblée parlementaire n’interfèrent pas dans un mode de scrutin concernant les membres de l’autre assemblée.
L’accident ne serait toutefois pas survenu sans une certaine fébrilité de la majorité sénatoriale. Plusieurs voix critiques s’étaient en effet fait entendre au sein même du groupe UMP – dont celle de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui avait fait connaître son intention de s’abstenir. L’UMP avait fait ses pointages : « Ça devait passer ric-rac avec l’abstention d’une partie du RDSE [groupe composite dont les radicaux de gauche forment l’ossature] », assure un responsable du groupe. Résultat, lors des motions de procédure, une opposition offensive et une majorité empruntée. Et, au moment du passage à la discussion de l’article unique, lorsque la sénatrice communiste Josiane Mathon-Poinat présente son amendement de suppression, la majorité est minoritaire en séance. Voyant cela, le délégué du groupe UMP demande un scrutin public.
Le scrutin public au Sénat est une sorte d’assurance tous risques pour la majorité. Chaque groupe désigne un mandataire qui détient les votes de l’ensemble de ses membres. Les bulletins de vote – blanc pour les pour, bleu pour les contre et rouge pour les abstentions – doivent être déposés dans trois urnes disposées à cet effet de part et d’autre de l’hémicycle et au pied de la tribune.
Et c’est là que survint l’accident. En l’absence du président du groupe UC, c’est M. Pignard qui avait la délégation, avec consigne de voter pour… le projet de loi. A l’annonce du scrutin public, il se précipite pour mettre ses bulletins blancs dans l’urne. Quand il veut rectifier son erreur, il est trop tard, le délégué du groupe socialiste a déjà déposé ses bulletins dans la même urne. Le résultat est proclamé : 167 pour l’amendement de suppression, 156 contre.
Le feu s’est alors propagé au Palais du Luxembourg. Suspension de séance, demande de nouvelle délibération, invectives…, la président de séance, Catherine Tasca (PS) suspend jusqu’à 22h30, « le temps que chacun retrouve sa sérénité ». A la reprise, le gouvernement et les présidents des groupes UMP et UC exigent un nouveau vote. « Je prends mes responsabilités, annonce Mme Tasca. Je considère que l’adoption de l’amendement de suppression a, de fait, abouti au rejet de l’ensemble du texte. En conséquence je lève la séance. »
Fureur à droite. « C’est une honte, un coup de force, c’est de la tricherie », hurle M. About. « C’est un abus de pouvoir, tempête le président du groupe UMP, Gérard Longuet. Nous ne siégerons plus en votre présence. » Mme Tasca ne scille pas. «Il y a une règle simple au Sénat : lorsqu’un vote a eu lieu, il n’est pas remis en cause. Ce ne sont pas les menaces et la violence des propos qui me feront changer de position », explique la sénatrice des Yvelines, qui précise : «J’ai souhaité que le président Larcher vienne présider cette séance. Il a été contacté mais il a estimé qu’il n’avait pas à venir. J’ai donc assumé mes responsabilités. »
© Le Monde, Mercredi 16 décembre 2009, Patrick Roger