Mon intervention en séance sur le projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre la France et la Communauté caribéenne

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Ce mardi, je défendais à la tribune du Sénat le projet de loi, dont je suis la rapporteure, autorisant l’approbation de l’accord entre la France et la Communauté des Caraïbes (CARICOM) relatif à l’adhésion au protocole sur les privilèges et immunités de la Communauté des Caraïbes du 14 janvier 1985.

L’ouverture de la France à la CARICOM, cadre central de la coopération caribéenne où se discutent les politiques régionales, se coordonnent les réponses aux crises et se construisent les réseaux économiques, universitaires, sanitaires et environnementaux, apporte un changement concret pour nos collectivités françaises d’Amérique et sur la place qu’elle leur permet enfin d’occuper dans cet environnement régional.

Derrière des termes juridiques et techniques, ce projet de loi est, au fond, profondément politique et amène à se poser une question essentiel : comment permettre à des territoires français situés au cœur des Caraïbes de ne plus en être les marges institutionnelles ?

Les collectivités françaises d’Amérique sont des territoires français et européens mais elles sont aussi, par leur géographie, leur histoire, leurs liens humains, économiques et culturels, des territoires pleinement caribéens. Pourtant, depuis plusieurs décennies, un paradoxe persiste. Alors même qu’elles partagent avec leurs voisins caribéens des enjeux communs majeurs que sont les risques naturels, les vulnérabilités économiques, les enjeux sanitaires, les mobilités régionales ou encore la formation et la coopération universitaires, elles sont restées largement en dehors des enceintes régionales où se structurent ces coopérations.

Cette situation a eu trois conséquences très concrètes : une participation limitée aux dynamiques régionales, des coopérations souvent fragmentées, et, plus largement, une forme d’isolement institutionnel, parfois difficilement compréhensible pour nos partenaires. Cette adhésion à la CARICOM offre donc à nos collectivités une visibilité, une légitimité et une place régionales.

Si la Martinique est appelée à devenir, pour l’instant, la seule collectivité française d’Amérique à accéder à ce statut de membre associé, ce projet de loi ouvre la possibilité pour d’autres collectivités ultra-marines françaises de s’engager dans la même démarche.

Retrouvez ci-dessous mon intervention en séance :

Mon intervention lors de l'examen du projet de loi relatif à l'accord France - Communauté caribéenne

 

 


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