Vendredi 30 janvier, j’étais l’invitée de LCI pour réagir à l’actualité en Iran et les menaces de plus en plus persistantes de bombardements américains. Quelques éléments à retenir :
L’envoi de troupes américaines en Iran s’inscrit pleinement dans le show permanent de Donald Trump dans lequel il entretient le suspense. Il a pris goût au fait d’avoir une puissance phénoménale entre ses mains et continue dans cette logique de démontrer la puissance américaine.
Toutefois, l’électorat MAGA, qui a payé le prix du sang les guerres en Irak ou en Afghanistan, est contre de nouvelles interventions extérieures. Des élus républicains haussent également le ton. C’est avec ces réalités intérieures que Donald Trump doit composer à l’approche des midterms.
Le fait que l’Iran se trouve au fond du trou politiquement et économiquement satisfait autant les Etats-Unis que les pays arabes voisins qui voient d’un mauvais œil que le pays puisse être géré démocratiquement et in fine leur faire concurrence sur l’exportation d’hydrocarbures.
En réalité, tout est jeu d’équilibre. Aucun pays de la région ne souhaite un changement de régime en Iran, à commencer par Israël où Benyamin Netanyahou compte sur le Hamas et le Hezbollah, proxys de l’Iran, pour renforcer son narratif sur la sécurité et ainsi se maintenir au pouvoir. Ce qui va se jouer en Iran déterminera un nouvel équilibre régional mais également un nouvel ordre mondial. Car si l’Iran s’effondre demain, ce sont tous ses proxys — Houthis, Hamas, Hezbollah — qui dépendent financièrement du régime des Mollahs, qui s’écroulent aussi.
Le propre de toute autocratie est d’écraser sa population, la garder dans l’ignorance et d’étouffer toute forme d’opposition politique. Le problème est que lorsque ce type de régime s’effondre, le chaos s’installe car aucune alternance politique n’existe.
Retrouvez dans la vidéo ci-dessous l’ensemble de mes interventions :
