Ce lundi 17 février, j’ai participé à l’émission The Debate sur France 24 English consacrée aux enseignements de l’édition 2026 de la Munich Security Conference à laquelle j’ai participé. J’ai débattu avec Mark Owen, Ondrej Ditrych, chercheur analyste sur la Russie et le voisinage oriental au sein de l’European Institute for Security Studies (EUISS), Grégoire Roos, directeur des programmes Europe, Russie et Eurasiatique à Chatham House, et James J. Townsend Jr., conseiller au sein du Scowcroft Center’s Transatlantic Security Initiative de l’Atlantic Council.
Si cette année, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a adopté une approche beaucoup plus modérée sur la forme que le vice-président J.D. Vance l’an dernier, le fond reste inchangé : les intérêts américains priment sur les valeurs que nous avions auparavant en partage et qui manifestement ne sont plus ni une priorité, ni un lien qui nous unit. Nous voyons à travers le mouvement MAGA une volonté affichée de mettre en œuvre un programme politique qui va à l’encontre de ce que nous sommes, de ce que nous défendons en Europe. Dans l’assistance à Munich, il y avait malgré tout une forme de soulagement que le discours du chef de la diplomatie américaine ne soit pas aucun vindicatif que celui de l’édition précédente.
Aujourd’hui, face au retrait progressif des Américains du Vieux continent, beaucoup de partenaires européens se concentrent sur les questions de défense et de sécurité car ils craignent que les États-Unis ne nous quittent trop rapidement. À mon sens, ils ne se concentrent pas sur la question principale, qui est d’ordre politique. Gardons en tête que nous pouvons, en Europe, être minés de l’intérieur par l’arrivée au pouvoir de régimes ou de gouvernements d’extrême droite, ce qui signerait la fin de l’Union européenne et des valeurs que nous défendons. C’est exactement ce que veulent Donald Trump et Vladimir Poutine : affaiblir les Européens. C’est donc l’agenda politique qui devrait collectivement nous préoccuper le plus.
Aujourd’hui, l’Europe finance à hauteur de 100 % le soutien à l’Ukraine, ce qui n’était pas le cas au début de la guerre. En très peu de temps, nous avons mis en place des instruments financiers tels que le programme SAFE et EDIP. Qui aurait pensé, il y a cinq ans, que l’Europe allait réellement mettre tout cet argent sur la table pour faire avancer la défense européenne ?
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