Face aux différentes menaces, l’Europe doit organiser son autonomie stratégique en ayant des projets concrets et des priorités identifiées.
Bien que la politique de défense relève des États, nombre d’enjeux appellent des réponses collectives. L’enjeu consiste à articuler les efforts autour de ce que les Européens sont prêts à défendre ensemble.
La dissuasion nucléaire ne saurait, à elle seule, répondre à l’ampleur des défis auxquels le continent est confronté. La dissuasion conventionnelle s’impose donc comme un complément indispensable, au service d’une dissuasion stratégique globale.
Plusieurs priorités se dessinent. Il s’agit en premier lieu de renforcer les défenses aériennes sur l’ensemble du spectre des menaces, des missiles aux drones ; de développer les capacités de frappe dans la profondeur, malgré les défis liés au déni d’accès (A2/AD) et à la guerre électronique ; d’accroître la logistique et les capacités de soutien dans des scénarios de haute intensité ; de moderniser les systèmes de commandement et de communication afin de garantir une réactivité interarmées et de reconstituer des capacités terrestres à l’échelle des divisions et des corps d’armée, en vue d’un affrontement symétrique.
Ces orientations se traduisent par des besoins très concrets : garantir les stocks (munitions, carburant, pièces détachées) ; renforcer les services d’appui (santé, génie, transmissions) ; soutenir les États de première ligne dans leurs fonctions d’hébergement, d’entraînement et de stockage dans une logique assumée de partage du fardeau ; moderniser les moyens et les infrastructures de transport stratégique intra-européens à l’image de l’« espace Schengen militaire ».

