A l’origine de la proposition de loi du Sénat, débattue en février 2024, visant à instaurer un arrêt menstruel pour les quelque 8 millions de femmes qui souffrent de règles douloureuses dans notre pays, je regrette que cet enjeu de santé publique ne soit toujours pas devenue une priorité du gouvernement.
Ce texte visant à améliorer et garantir la santé et le bien-être des femmes au travail en permettant aux femmes souffrant de menstruations douloureuses et handicapantes de bénéficier, dans le cadre de l’exercice de leur activité professionnelle, d’un à deux jours d’arrêt indemnisé et facultatifs afin de disposer d’un temps de repos.
Alors que la société en a fait un tabou et a admis que les douleurs menstruelles faisaient partie de la vie « normale » des femmes, nous ne pouvons pas nous résigner à accepter que cette douleur perdure sans qu’aucun cadre légal ne soit apporté pour accompagner les femmes souffrant de dysménorrhées. Dans une étude menée par OpinionWay en 2021, 68% des femmes interrogées estimaient que les règles étaient un sujet tabou en entreprise. En octobre 2022, dans une autre étude de l’IFOP, réalisée sur un échantillon de 1000 salariées, 21% des femmes interrogées disent avoir déjà subi des moqueries ou des remarques désobligeantes en raison de leurs menstruations. Plus inquiétant encore, 65% des femmes salariées ont déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail alors que 35% d’entre elles déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail. Le tout sans pouvoir disposer d’un temps de repos pour celles qui en souffrent le plus. Pour illustrer la nécessité d’un congé menstruel, 44% des femmes ont déjà manqué le travail en raison des menstruations.
Si cette proposition de loi a permis de mettre en lumière dans les médias et sur les réseaux sociaux cet enjeu majeur en contribuant à lever les tabous autour des règles, il n’en reste pas moins décevant qu’il n’ait pu trouver un écho auprès du gouvernement, laissant les entreprises et les collectivités l’ayant mis en place sans cadre juridique.
Je continuerai à en parler pour déconstruire les préjugés et démontrer que cette mesure est nécessaire, efficace et répond aux enjeux de justice sociale et de santé publique. Selon l’IFOP, 66% des salariées y sont favorables et 64% des femmes concernées pourraient avoir recours à cette mesure.
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