Ma participation à l’édition 2026 du Paris Defence and Strategy Forum

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À l’occasion du Paris Defence and Strategy Forum, j’ai eu le plaisir d’ouvrir une table ronde organisée par Eurodéfense consacrée à un triptyque désormais au cœur de tous les débats : « dépenser plus, dépenser mieux, dépenser mieux ensemble ». Derrière cette formule, une réalité s’impose : la question de la défense européenne n’est pas seulement technique ou budgétaire, elle est fondamentalement politique.

Le retour de la guerre sur notre continent a mis fin à des décennies d’illusions. Nous connaissons aujourd’hui précisément nos lacunes et nous ne pouvons plus ni différer les décisions, ni déléguer notre sécurité. Dès lors, la question centrale est simple : sommes-nous prêts à assumer collectivement le coût de notre sécurité, dans un contexte de contraintes budgétaires fortes ?

En effet, l’endettement pour financer notre défense implique des arbitrages clairs au niveau national. Cela pose, en miroir, la question du rôle de l’Europe : doit-elle rester un cadre de coordination entre États, ou devenir un véritable levier financier et stratégique ? L’Union européenne a démontré qu’elle pouvait changer d’échelle et se doter d’outils puissants. Mais ces instruments ne seront pleinement efficaces que si les États membres acceptent de s’inscrire dans une logique véritablement collective.

C’est tout l’enjeu du « dépenser mieux » et du « dépenser mieux ensemble ». Face à l’urgence, le risque est grand de privilégier des achats rapides hors d’Europe, au détriment de notre autonomie stratégique et de notre industrie. « Dépenser mieux » suppose de renforcer notre base industrielle, d’adapter nos règles et de partir des besoins opérationnels. « Dépenser mieux ensemble » exige un pas supplémentaire : dépasser les réflexes nationaux pour construire une véritable souveraineté européenne.

Au fond, la question est celle de notre volonté politique. L’Europe a les moyens d’agir comme un bloc — économique, financier, industriel — mais est-elle prête à le faire ? Cela suppose que chaque État membre se reconnaisse pleinement dans un destin commun et accepte de mobiliser des instruments collectifs, y compris financiers, au service de notre sécurité collective. 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la table-ronde et le texte de mon allocution :


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