Sénat

FRANÇAIS DE L’ETRANGER – Rencontre avec la sénatrice Hélène Conway-Mouret (Le Petit Journal)

Hélène Conway-Mouret a été élue dimanche 25 septembre sénatrice des Français établis hors de France sur la liste "La France est notre pays, le monde est notre avenir". Elle nous présente les priorités de son mandat 

Lepetitjournal.com : Vous venez d’être élue sénatrice des Français établis hors de France. Pouvez-vous rappeler votre parcours ? 
Résidant en Irlande, j’ai dirigé pendant quatorze ans le département des langues du Dublin Institut of Technology. Les questions de nationalité, d’éducation et de protection sociale m’ont fortement motivée à m’engager dans l’associatif citoyen puis en politique. Présidente de FDM-ADFE Irlande de 1997 à 2011, j’ai été vice-présidente du groupe FDM-ADFE de 2006 à 2009 à l’Assemblée des Français de l’Etranger. En 2010 je fus auditrice à l’IHEDN. Elue Sénatrice des Français établis hors de France le 25 septembre 2011, j’ai été nommée Secrétaire de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.

Quelles seront vos priorités au cours de ce mandat ?
Ma première priorité sera de placer les Français de l’Etranger au cœur de la collectivité nationale. Cela signifie que je veillerai à ce que la solidarité soit au centre de nos politiques publiques. Je souhaite également travailler à la promotion de la présence commerciale et industrielle dans le monde. Enfin je serai attentive à ce que les services consulaires retrouvent les moyens humains et financiers suffisants pour remplir pleinement leurs missions.

Que pensez-vous de la création récente d’un secrétariat d’Etat aux Français de l’Etranger ?

C’est une bonne chose. Je regrette cependant qu’il n’ait pas été créé pour les bonnes raisons. Celles qui ont prévalu sont malheureusement électoralistes. Je souhaite que ce secrétariat d’Etat soit pérennisé après 2012 : la communauté toujours grandissante des Français de l’Etranger mérite non seulement une représentation parlementaire mais aussi un interlocuteur privilégié au sein du gouvernement.

Quels sont les thèmes qui seront selon vous au cœur de la campagne des Français de l’étranger en 2012 ? 
La crise suscite une grande inquiétude chez les Français. Ils voient ce qui se passe dans leurs pays de résidence. Ils attendent une réponse forte de l’Union européenne, et de la France en particulier. Dans ce contexte l’action sociale doit être au cœur de la campagne des Français de l’Etranger, avec l’accès facilité à la santé (en particulier à la Caisse des Français de l’Etranger), à la recherche d’emploi, à l’éducation. Les services publics doivent être préservés.

Vous avez pris la décision de soutenir François Hollande pour  les Primaires Citoyennes organisées par le PS. Pouvez-vous nous expliquer votre choix ?
François Hollande a fait le pari de la jeunesse, et donc le pari de l’éducation, de la culture, de la formation et de l’emploi. Il a fait le pari de l’avenir. Il a pris l’engagement d’une réforme fiscale pour une société plus équitable en donnant à l’Etat les moyens de conduire une politique pour tous. Je souhaite promouvoir une société portée par des valeurs d’équité, de confiance, de rassemblement. François Hollande incarne ces valeurs et c’est le sens de mon engagement à ses côtés.
T. D. – (www.lepetitjournal.com) – Vendredi 7 Octobre 2011

 

A lire sur Le Petit Journal

 

La victoire de la gauche au Sénat vue par The Irish Times

The Irish Times – Tuesday, September 27, 2011

 

Social media the key to election success for Dublin woman

RUADHÁN Mac CORMAIC in Paris

“SHEER JOY” is how Hélène Conway Mouret describes how she felt when the news came through, late on Sunday night, that she had just been elected to the French senate. “It’s so big, it still has to sink in,” she said.

Ms Conway, who works at Dublin Institute of Technology, was elected for the Socialist Party from a panel of voters representing the 2.5 million registered French citizens living overseas.

The 51-year-old has lived in Ireland for about 30 years, having first come to Dublin to learn English after finishing school.

Since 1997, she has been the elected representative of Ireland’s French community in an assembly of peers from around the world, and that body made up the panel of voters that has just sent her to the national parliament. “What started as a hobby has somehow turned into something bigger, but I’m not a politician,” she says.

When she walks through the doors of the Palais du Luxembourg in Paris, where France’s upper house sits once a week, it will be the culmination of an arduous 18-month campaign across a wide, global constituency.

“Skype!” she replies when asked to describe her campaign method. “You’re on the go all the time. You do your day’s work, then in the evening you start answering emails, taking part in debates, writing pieces for your blog and Facebook.”

Ms Conway describes her win as a cause for “double celebration”, as she will take her seat as part of the first left-wing majority in the senate since the current French Republic was founded in 1958.“It will be nice to be able to push one’s own ideas and maybe make a difference,” she says.

“I just felt I was ready to turn the experience I have on the ground into legislation that will benefit a bigger number of people. I say that with a lot of humility. I’m not going to change French society, but I feel I can bring little bits and pieces that will make people’s lives a little bit better.”

 

The Irish Times a publié un second article sur la victoire de la gauche:  Shock for Sarkozy as left takes control of senate

 

Un tournant historique: le Sénat vire à gauche

Merci à toutes et tous pour votre soutien jusqu’à cette magnifique journée. Tous vos messages me touchent. 

Quel bonheur de voir le Sénat basculer à gauche! Les Français à l’étranger ont deux nouveaux sénateurs et nous ratons de très peu le troisième. C’est un signal fort pour notre Président, qui n’a plus la mainmise sur nos institutions;

Nous avons du pain sur la planche. Une nouvelle ère s’ouvre au Sénat, et d’autres échéances cruciales nous attendent. 

Mais pour l’heure, place aux sourires et à la joie.   

 

                                                                                                                                                 Richard Yung, Marc Villard, Jean-Yves Leconte, Hélène Conway, René Aicardi, Claudine Lepage 

 

Photos © Alain Fontaine  

« La France est notre pays, le monde est notre avenir »

 Chères et chers camarades,

Les huit candidats de la liste "La France est notre pays, le monde est notre avenir" ont franchi la dernière étape de la validation de la liste rassemblant les forces de gauche qui se présentera aux élections sénatoriales de septembre 2011. Après avoir été investie par le Parti socialiste et Europe Ecologie- Les Verts en décembre dernier il lui restait a solliciter l’ultime soutien du groupe FdM-ADFE. 

Tous les candidats se sont présentés devant le groupe qui s’est ensuite exprimé lors d’un vote a bulletin secret dimanche 6 mars. Nous avons obtenu le soutien de l’ensemble des Conseillers présents moins une abstention. 

Nous nous sommes fixés l’objectif de gagner 3 sièges. Nous espérons prouver par notre liste que l’unité à gauche est possible et qu’elle mène à la victoire. 



Amitiés socialistes,

Hélène Conway

Tête de liste sénatoriale

 

 

 

A l’étranger aussi, nous sommes inquiets pour l’avenir des retraites en France !

  Le Parti Socialiste appelle à suspendre le débat sur les retraites au Sénat

 

A l’étranger aussi, nous sommes toujours plus nombreux à nous inquiéter pour l’avenir des retraites en France !

 

L’avenir des retraites concerne tous les Français, en France comme à l’étranger. En effet, selon la reconstitution de sa carrière, un Français établi à l’étranger peut dépendre du système français de retraites. La loi de finance de la sécurité sociale de 2010 prévoit que le prix du rachat des trimestres passés à l’étranger sera multiplié par 4 à compter du 1er janvier 2011. La retraite peut subir une décote de 20%, voire plus, si aucune action n’est entreprise individuellement avant le 31décembre 2011.

 

La situation des conjoints est encore plus grave : carrières interrompues, activité locale impossible et retraites tronquées. C’est le montant des pensions de réversion qui est en jeu.

 

Une autre réforme que celle de la droite, qui prenne en compte la situation de tous les Français, en France et à l’étranger, est possible.

 

La force et l’ampleur croissante de la mobilisation dans notre pays peuvent encore faire reculer le Gouvernement. C’est une nécessité: malgré quelques faux-semblants dans le débat au Sénat, la réforme Sarkozy-Woerth reste profondément injuste et ne règle rien. Elle ne garantit ni le financement du système par répartition ni le pouvoir d’achat des retraités.

 

Les mesures du Gouvernement vont :

·         Transformer les jeunes retraités en vieux chômeurs, en obligeant les seniors à cotiser plus longtemps et contraindre les femmes qui ont eu des carrières fractionnées à partir à 67 ans ;

·         Entraîner une baisse du niveau des pensions, comme après les précédentes réformes de la droite ;

·         Exclure la prise en compte de la pénibilité, qui ne saurait être confondue avec l’invalidité ;

·         Faire porter plus de 90 % des nouveaux efforts sur les seuls salariés et rien ou presque sur les revenus du capital ;

·         Piller le fonds de réserve des retraites pour maquiller les déficits en vue des échéances  2012 sans régler durablement la question du financement.

 

Le Parti Socialiste propose :

 

1.    Le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, la protection pour les salariés ayant commencé à travailler le plus tôt et la liberté de choix pour tous ;

 

2.    Une juste prise en compte de la pénibilité, sur base de l’espérance de vie liée aux parcours professionnels ;

 

3.    Le financement des retraites du premier au dernier Euro par des efforts partagés : les revenus du capital et les banques doivent aussi contribuer à l’effort de solidarité ;

 

4.    La reconnaissance par des mesures démographiques de l’allongement de la durée de la vie ;

 

5.    Un fonds de réserve des retraites garanti pour amortir les chocs démographiques et économiques.

 

Mobilisons-nous pour une réforme juste, qui préserve nos retraites et celles de nos enfants !

 

Fédération des Français à l’Etranger : 00 33 1 45 56 77 82    

www.ffe-ps.org

 

Retrouvez toutes les propositions du PS sur les retraites à www.parti-socialiste.fr

 

 

Merci

 Je remercie de tout coeur celles et ceux qui m’ont apporté leur soutien pendant la campagne et qui ont ensuite exprimé leur confiance en m’accordant leurs votes le 24 juin. Une campagne demande beaucoup d’efforts et de travail. Elle force à aller chercher l’énergie que l’on croit ne plus avoir tout au fond de soi pour aller jusqu’au bout.

C’est aussi une incroyable expérience humaine. Elle permet de sceller de solides amitiés, de renforcer les liens et de découvrir parfois la vraie personnalité de certains. Sentiments de surprise, déception et satisfaction s’entrechoquent. Une multitude d’émotions s’opposent et se croisent en même temps.

C’est aussi un apprentissage qui demande une recherche accélérée et un approfondissement des dossiers. Le tout est un énorme enrichissement a tous les niveaux, avec l’envie encore plus forte de partager cette richesse. Enfin, il y a les mots d’encouragement et de felicitation qui font rire et pleurer tant ils sont forts.

Pour tout cela je veux simplement vous dire merci.

 

Source Image

Un dernier mot avant le vote

 Chère et cher camarade,

 

A quelques jours du scrutin des primaires sénatoriales, je souhaite compléter la présentation de ma candidature par quelques éléments qui vous permettront d’opérer votre choix. Je pense en particulier aux camarades isolés avec lesquels je n’ai pas encore eu la chance d’avoir un contact direct.

L’objectif de la primaire est de constituer une liste paritaire socialiste, avant d’y placer d’autres candidats issus du groupe FdM/ADFE de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), pour être en mesure de présenter une liste d’union de la gauche devant le collège des grands électeurs en septembre 2011. Il est donc primordial d’établir une liste qui soit le clair reflet des qualités de chacun, de la volonté de travailler collectivement et de l’expression de nos valeurs de gauche. Cette liste doit rassembler des candidates et candidats prêts à s’investir pleinement pour répondre aux attentes et aux revendications de nos compatriotes dispersés aux quatre coins du monde…puisque la circonscription d’un sénateur de l’étranger est le monde !


En tant que candidate, je m’engage à me battre pour faire gagner au moins deux sièges à la gauche. Les têtes de liste que vous choisirez doivent avoir la capacité d’intervenir au Sénat et de légiférer dans le sens du bien et de l’intérêt commun, afin d’affronter les défis découlant de bouleversements de société que nous vivons au niveau national et international. Votre sénatrice/sénateur devra pouvoir travailler en équipe avec le groupe socialiste et avec nos sénateurs socialistes actuels, ainsi qu’avec des personnes venues d’horizons géographiques, sociaux et professionnels les plus divers pour traiter des dossiers individuels concernant par exemple la nationalité, la fiscalité, le droit de la famille, l’éducation ou la formation professionnelle. Ce travail, je l’accomplis déjà en partie au quotidien dans mon environnement professionnel et associatif et par mon rôle de Conseillère élue à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Cette expérience est un atout essentiel.


Si vous m’accordez votre confiance ce jeudi, c’est forte de mon engagement de militante de terrain et d’élue à l’AFE que je continuerai, en tant que parlementaire, à garder un contact fort et régulier avec les communautés françaises à l’étranger. Je resterai à l’écoute de toutes et tous et mettrai tout mon dynamisme et mon énergie au service des incessants combats à mener pour plus de justice et d’égalité. 


Parmi mes objectifs, je compte aussi aider à créer des sections PS et Fdm/ADFE, comme je l’ai fait en Irlande, et à soutenir des actions citoyennes telle que celle lancée en Amérique du Sud pour la défense de TV5. Je ferai campagne auprès de nos futurs candidats aux élections législatives et à l’AFE. 


Je compte sur ma détermination et ma forte capacité de travail pour parvenir à siéger dans l’hémicycle du Luxembourg tout en allant à la rencontre des Français résidant sur les cinq continents. Je tiendrai à rendre compte régulièrement de mon activité parlementaire et travaillerai à la rénovation du Parti socialiste avec les sections et les instances fédérales et nationales.


Ma candidature repose sur un réel désir d’engagement. En me plaçant en première position, vous me donnerez les moyens de défendre les valeurs de la gauche que nous partageons. 


Ensemble, nous pourrons rassembler les forces de gauche, comme j’ai réussi à le faire en Irlande, afin qu’une liste unie emporte un maximum de sièges face à la droite lors de l’échéance électorale de septembre 2011. 

 

Les messages les plus sincères, les échanges de courriels ou les coups de fils ne vaudront jamais, je le sais, une rencontre personnelle pour se connaître et s’apprécier. Je n’ai malheureusement pas pu venir vous rendre visite comme j’aurais aimé le faire. Ce petit mot n’a d’autre objet que de vous dire combien je le regrette et de tenter de vous décrire brièvement ce que je fais et mes ambitions pour notre avenir de Français à l’étranger.

Spécialisée dans la communication interculturelle, je suis aujourd’hui directrice du Département des langues au Dublin Institute of Technology (DIT). Engagée depuis 1997 au PS et à FdM/ADFE, j’y ai assuré divers mandats, dont celui de membre du Bureau fédéral de la FFE. Mes fonctions universitaires comme mes activités politiques m’ont naturellement amenée à voyager et à découvrir sur place les réalités et les besoins de nos compatriotes.

Le trait commun à ces activités, c’est d’être toujours orientées vers les autres, avec la conviction que les solutions pratiques et réalisables de nos problèmes naissent des échanges et de l’entraide. Il n’est pas très différent de favoriser l’enrichissement intellectuel et humain de ses étudiants pour préparer leur avenir et de se battre pour que nos compatriotes soient mieux protégés et soutenus dans leur expatriation, et en fin de compte, plus heureux dans le pays qui les accueille.

Cette ambition demande une attention aux soucis de chacun, et consiste en discrètes avancées, en améliorations progressives tout autant qu’en changements politiques tel que le renversement de la majorité actuelle au Sénat. Il y faut écoute, patience et persévérance. Si vous m’accordez votre confiance, je serai très attentive à ce que nos propositions soient concertées et défendent au mieux les besoins de tous les Français. Elue et militante de terrain, je partage avec vous la passion de l’engagement politique dont vous trouverez le détail dans ma profession de foi.

Je serais heureuse et fière de vous représenter au Sénat et je vous demande votre appui jeudi, le 24 juin.

Je suis convaincue que nous pouvons retrouver confiance en l’avenir si nous nous battons ensemble pour plus de justice et plus d’humanité dans l’évolution de la société française, en France comme à l’étranger.

Amicales et sincères amitiés socialistes,

Helene Conway


Photos: Conversation Skype avec la section de Barcelone

Sur le cumul des mandats

 J’ai toujours défendu le principe du non cumul des mandats. Je démissionnerai de mon mandat à l’AFE si je suis élue. Je suis aussi pour le nombre limité de mandats. Se limiter à un mandat serait se priver de l’expérience acquise après la période « d’apprentissage » et aussi de  la possibilité de l’émergence de candidats prêts à prendre le relais.

Etre sénateur n’est pas une profession. Ce sont des fonctions que l’on assume.

Deux mandats successifs sont suffisants si l’on veut se donner à fond à son travail et conserver l’énergie nécessaire jusqu’au bout quand on est amené à faire le tour du monde au moins une fois par an. Le mandat d’un sénateur à l’étranger est particulier puisque sa circonscription est le monde entier. Sans négliger la circonscription d’où la/le nouvel(le) élu(e) émane et dont elle connait parfaitement la problématique j’imagine que celle/celui-ci concentrera d’abord ses efforts sur la communauté française qu’elle/il connait moins bien.

Cela permettrait également le renouvellement et peut-être ainsi à une présence féminine accrue. 

Image PIERRE VERDY AFP/ARCHIVES

Bye bye 2009… bonjour 2010 !

 Chers amis, chères amies, chers et chères camarades,

2009, longue est éprouvante, est derrière nous : vive 2010 !

Tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année et beaucoup d’énergie pour les combats qui nous attendent, car le gouvernement lui, est toujours là.

Pour la commencer sur une note optimiste, voici un rappel du petit cadeau venu du Sénat à la veille des fêtes, parce que c’est décidément très drôle !


Une bourde centriste qui restera dans les annales du Sénat

Une erreur de vote a entraîné, lundi 14décembre, le rejet de la loi sur le redécoupage électoral

L’improbable tuile. Le projet de loi ratifiant l’ordonnance de redécoupage des circonscriptions législatives, adopté le 20 octobre à l’Assemblée nationale, a été victime, lundi 14décembre au Sénat, d’une bourde centriste.

En se trompant de bulletins de vote, lors du scrutin sur la suppression de l’article unique, Jean-Jacques Pignard (Union centriste, Rhône), devenu sénateur le 24 juillet en remplacement de Michel Mercier, nommé au gouvernement, est entré dans l’histoire du Sénat. Et a passablement contribué à échauffer le climat dans cette assemblée d’ordinaire paisible.

Le texte devait en principe achever son parcours législatif au Sénat par un vote conforme à celui de l’Assemblée nationale. Le projet de loi tient en un article unique, ratifiant le redécoupage des circonscriptions effectué par le gouvernement. Une formalité, en quelque sorte. La tradition voulant que les membres d’une assemblée parlementaire n’interfèrent pas dans un mode de scrutin concernant les membres de l’autre assemblée.

L’accident ne serait toutefois pas survenu sans une certaine fébrilité de la majorité sénatoriale. Plusieurs voix critiques s’étaient en effet fait entendre au sein même du groupe UMP – dont celle de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui avait fait connaître son intention de s’abstenir. L’UMP avait fait ses pointages : « Ça devait passer ric-rac avec l’abstention d’une partie du RDSE [groupe composite dont les radicaux de gauche forment l’ossature] », assure un responsable du groupe. Résultat, lors des motions de procédure, une opposition offensive et une majorité empruntée. Et, au moment du passage à la discussion de l’article unique, lorsque la sénatrice communiste Josiane Mathon-Poinat présente son amendement de suppression, la majorité est minoritaire en séance. Voyant cela, le délégué du groupe UMP demande un scrutin public.

Le scrutin public au Sénat est une sorte d’assurance tous risques pour la majorité. Chaque groupe désigne un mandataire qui détient les votes de l’ensemble de ses membres. Les bulletins de vote – blanc pour les pour, bleu pour les contre et rouge pour les abstentions – doivent être déposés dans trois urnes disposées à cet effet de part et d’autre de l’hémicycle et au pied de la tribune.

Et c’est là que survint l’accident. En l’absence du président du groupe UC, c’est M. Pignard qui avait la délégation, avec consigne de voter pour… le projet de loi. A l’annonce du scrutin public, il se précipite pour mettre ses bulletins blancs dans l’urne. Quand il veut rectifier son erreur, il est trop tard, le délégué du groupe socialiste a déjà déposé ses bulletins dans la même urne. Le résultat est proclamé : 167 pour l’amendement de suppression, 156 contre.

Le feu s’est alors propagé au Palais du Luxembourg. Suspension de séance, demande de nouvelle délibération, invectives…, la président de séance, Catherine Tasca (PS) suspend jusqu’à 22h30, « le temps que chacun retrouve sa sérénité ». A la reprise, le gouvernement et les présidents des groupes UMP et UC exigent un nouveau vote. « Je prends mes responsabilités, annonce Mme Tasca. Je considère que l’adoption de l’amendement de suppression a, de fait, abouti au rejet de l’ensemble du texte. En conséquence je lève la séance. »

Fureur à droite. « C’est une honte, un coup de force, c’est de la tricherie », hurle M. About. « C’est un abus de pouvoir, tempête le président du groupe UMP, Gérard Longuet. Nous ne siégerons plus en votre présence. » Mme Tasca ne scille pas. «Il y a une règle simple au Sénat : lorsqu’un vote a eu lieu, il n’est pas remis en cause. Ce ne sont pas les menaces et la violence des propos qui me feront changer de position », explique la sénatrice des Yvelines, qui précise : «J’ai souhaité que le président Larcher vienne présider cette séance. Il a été contacté mais il a estimé qu’il n’avait pas à venir. J’ai donc assumé mes responsabilités. »

© Le Monde, Mercredi 16 décembre 2009, Patrick Roger

 

 

 

 

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