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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Le socialisme en Europe

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Hier soir, nous avons parlé des premiers 6 mois de Nicolas Sarkozy. S’il était difficile de parler d’autre chose que de l’homme et de sa façon bien particulière de faire de la politique nous avons aussi beaucoup parlé de l’état de la France. Les intervenants ont fait un tour d’horizon des avantages telles la créativité et l’innovation, la productivité, la qualité des services publiques ainsi que des handicaps de la France telles la loudeur de son administration (too busy not being busy), son incapacité à se renouveler, sa peur de la mondialisation et des changements mondiaux qu’elle n’a pas initiés et qu’elle ne contrôle pas.

Un des journalistes a commencé sa présentation en faisant référence à Nicolas Sarkozy comme une “bouffée d’air frais” après des années d’immobilisme. Il a terminé son exposé par la suggestion de se revoir dans 6 mois afin d’évaluer le bilan de Nicolas Sarkozy parce qu’il doutait fortement que les réformes promises aboutiraient. Le professeur de science politique a dit que, depuis le début de sa carrière qui a débuté en 1982, il n’avait connu que 2 présidents français et que si Nicolas Sarkozy avaient la même espérance de vie politique que ces deux prédécesseurs il serait encore là 2022. Cette paralysie dans laquelle la France donne l’impression de se trouver commence par sa tête qui ne se renouvelle pas et à qui il manque le dynamisme et l’énergie de la jeunesse. Il semblerait que la politique soit le seul domaine où l’on continue à travailler après 65 ans sans vouloir laisser la place!

Les questions étaient très intéressantes (un peu trop polies). Question sur le manque de confiance envers ses ministres dont j’ai accusé Nicolas Sarkozy. Ma réponse: NS veut instaurer un régime présidentiel et veut démontrer par la pratique qu’il est capable de l’assumer. Questions sur l’immigration. Ma réponse basée sur la politique de répression; rien n’a été fait depuis 2005 (référence aux émeutes); suspicion des immigrés. Question sur la suppression de la police de proximité. Réponse du représentant de l’UMP qui allait dans le sens de mon accusation que Nicolas Sarkozy était le nouveau leader du FN. Questions sur les réformes engagées. Ma réponse: NS est écartelé entre le besoin de plaire et d’être “aimé” et la mission qu’il s’est donnée. Trop d’effet d’annonce pour savoir s’il est vraiment sincère.

Lors de la réception qui a suivi le débat j’ai été entouré par les étudiants français qui m’ont assailli de questions sur le parti socialiste, son manque de visibilité, de programme porteur et d’un discours qui ne parlent pas aux jeunes qu’ils sont. Un seul s’est déclaré de gauche parce que ses parents étaient enseignants! Ils étaient d’accord sur le danger de laisser un pays entre les mains d’un seul homme et le besoin d’une opposition forte qui contrôle mais qui fait aussi des propositions. En quittant Trinity vers 22h30, heureuse d’ avoir gagné la bataille si nous n’avons pas gagné la guerre, je pensais qu’il y avait vraiment urgence à réussir la rénovation du parti. Nos idées doivent se défendre sur le terrain, dans tous les fora où nous pouvons convaincre.


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