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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Réponses aux questions de la section de Bruxelles

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Je pense que chacune des questions appelle une réponse parce qu’une Sénatrice se doit de connaître et d’intervenir dans tous les thèmes présentés. Je vais limiter chaque réponse aux points essentiels mais serai prête à les développer si la demande est faite.

1. Quel est le rôle de l’action politique d’une Sénatrice des Français de l’étranger ?

– Débattre et voter la loi au Sénat où la gauche est minoritaire – S’occuper de la législation et de la situation relatives aux Français de l’étranger – Essayer de contrôler l’action du gouvernement par le biais de questions orales et écrites, de missions d’études et de missions parlementaires – Auditionner et connaître les responsables des grandes instances décisionnelles afin de mieux défendre et négocier nos intérêts – Rencontrer, écouter et intervenir en faveur de toutes celles et ceux qui demandent une intervention à Paris ou auprès du service consulaire ou de l’ambassade de leur pays d’accueil – Servir de relais entre les sections ADFE et PS et les tenir informé du travail législatif en cours ainsi que des prises de position politiques sur les sujets d’actualité – Suivre et participer aux débats de la FFE et de FdM/ ADFE – Faire campagne pour les candidats se présentant à l’AFE

2. Quelle est votre analyse de la nouvelle législation sur l’immigration ?

– Dénoncer le jeu politique de Nicolas Sarkozy qui veut récupérer l’électorat d’extrême droite en vue des municipales de 2008 et fait voter un nombre excessif de lois allant bien au-delà de ce qu’aurait demander le Front National ;l – Combattre les textes législatifs frileux et racistes proposés par la droite, suite logique des termes provocateurs utilisés par le ministre devenu depuis Président (Karcher, racaille) et de son discours inacceptable de Dakar ; – Proposer des mesures de contrôle des flux migratoires en concertation avec nos partenaires européens, opposés aux mesures répressives mises en place actuellement ; – Démontrer que la politique du gouvernement a un effet désastreux sur nos relations avec les pays du Sud dont les élites ont souvent été éduquées par la France et dont les enfants sont forcés d’aller aux USA ou au Canada parce que nous leur fermons nos frontières.


3. Que pensez-vous du système scolaire français ?

– Transposer ce qui fonctionne dans certains établissements de l’AEFE à l’étranger (petites classes, suivi individualisé, horaires aménagés, participation active des parents organisée en Association des Parents d’Elèves (APE) dans l’organisation d’activités …) afin d’obtenir des résultats identiques en France (98% de taux de réussite au Bac); – Revaloriser l’enseignement technique qui devrait être présenté comme l’équivalent de l’enseignement classique ; – Réduire le gaspillage des ressources mises à disposition des universités dans le premier cycle par une meilleure orientation des étudiants vers des filières qui ont de vrais débouchés ; – Redistribution des ressources vers les deuxième et troisième cycles ; recherche de partenariats avec les entreprises afin d’assurer une formation théorique et pratique et d’attirer les investissements qui vont pour l’instant essentiellement vers les grandes écoles ; – Disparition de la carte scolaire qui favorisait les riches qui avaient la possibilité de choisir un enseignement en dehors de l’école publique ou faire jouer leurs relations afin d’envoyer leurs enfants dans l’établissement de leur choix.

4. Quelles réformes pour assurer la pérennité de notre système de retraite par répartition ?

– Préserver le système de retraite par répartition qui est le plus juste ; – Harmoniser les cotisations dans la durée des contributions en tenant compte de la pénibilité du travail ; – S’assurer que la mobilité ne pénalise pas les Français qui travaillent dans divers pays et qu’ils puissent récupérer l’ensemble de leurs cotisations. – 5. Quel plan fiscal alternatif proposons-nous ?

– Réformer l’impôt sur le revenu ; – Supprimer les niches fiscales ; – Maintenir l’impôt sur la fortune ; – Donner une aide prélevée sur les impôts sur les sociétés aux entreprises qui créent des emplois et investissent dans la recherche.

6. Que devrait être la politique européenne du PS ?

– Préciser les objectifs politiques du PS dans tous les domaines touchés par les compétences octroyées a l’UE par les Traités. (Le socialisme a une philosophie qui a une résonnance et une mission universelles. Il devrait alors pouvoir accepter qu’il y a une logique inéluctable à l’action au niveau de l’UE);. – Promouvoir les objectifs et les principes de base énoncés dans les Traités qui correspondent à ceux du PS. – Utiliser les institutions, structures et politiques de l’UE pour faire avancer les politiques défendues par le PS. – Dans tous les domaines de la politique de l’UE, lutter pour une action en accord avec la vision socialiste.

7. Quel rôle pour l’Europe dans le monde et comment?

1. Être un outil d’aménagement de la mondialisation en faveur de ses États Membres et leurs citoyens. Si l’UE n’existait pas, nous serions obligés de l’inventer. Tous les États Membres se trouveraient aujourd’hui désavantagés s’il leur manquait la solidarité qui est à la base de l’action européenne.; 2. Promouvoir les avantages du multilatéralisme comme base préferée des relations internationales. (La triste aventure en Iraq montre à quel point une “coalition of the willing” est un substitut insuffisant à une action concertée);. 3. Contribuer sur les plans politique, économique, d’assistance civile et, en cas de besoin urgent, militaire, à l’instauration et au maintien de la paix.; 4. Prendre la tête d’une action efficace contre le changement climatique au niveau mondial..

8. Comment envisagez-vous une meilleure représentation des Français de l’étranger ?

a. Rejeter les conclusions du rapport Balladur qui sont à l’image de son Président, suffisant et compassé et majoritairement ridicule à force de conservatisme ; b. Elire des députés représentant les Français de l’étranger ; c. Transformer l’AFE en Conseil Général des Français de l’étranger et rechercher des ressources nouvelles ; d. Encourager la participation aux votes par la généralisation du vote à distance.

9. Quelles doivent être les priorités de la politique étrangère française ?

a. Continuer dans le multilatéralisme qui a toujours été la politique de la France ; b. Défendre l’indépendance de la France en matière de défense ; c. Se concentrer sur la relance de l’Union européenne en faisant le choix de la croissance et en agissant pour la cohésion sociale et le développement durable.

10. La francophonie a-t-elle encore un sens dans un monde globalisé ?

– La Francophonie permet l’expression de solidarités nouvelles. Elle mène une action politique en faveur de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme. Elle met en œuvre des actions de coopération multilatérale, conformément aux grandes missions tracées par chaque Sommet de la Francophonie. Elle ne dispose pas de moyens financiers significatifs et ses membres ne constituent pas un ensemble économique géographique ou organisationnel. – Avec le développement des moyens de communication et l’apparition d’une société mondiale de l’information, la préservation de la diversité linguistique devient un enjeu capital de la diversité culturelle. Le français est bien placé pour incarner l’ambition de la diversité. – Nous devons cesser de parler de « défense » du français. Il faut être offensif et affirmatif. Le français doit apparaître comme l’alternative à l’anglais, dans une bonne relation avec lui. Nous devons nous affirmer comme l’autre langue internationale, avec cette nuance valorisante qu’elle est plus orientée vers la culture, les valeurs universelles, l’art de vivre, la réflexion sur l’environnement. C’est ce que beaucoup de gens sur la planète attendent de nous. Loin de toute arrogance, une affirmation heureuse et confiante.


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