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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Erasmus a 20 ans

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Depuis mes débuts dans l’enseignement j’ai toujours cru à l’importance des échanges. Lors de ma première année dans l’enseignement secondaire j’ai organisé un échange par lettres entre mes étudiantes et une école à Vienne, dans l’Isère. Trois ans plus tard, à l’université, j’ai géré un programme Petra qui m’a permis d’envoyer cinq étudiants en France et en Allemagne pour 6 mois passés dans chaque pays. J’ai enchainé sur un programme Tempus qui m’a permis d’accueillir trois étudiants arméniens d’Erevan puis cinq étudiants roumains d’Oradea. Tous ont complété avec succès leur mémoire de recherche et ont été reçus à leur retour dans leurs universités.

Au début des années 90 j’ai organisé les premiers échanges sur la base d’un semestre. Il était alors difficile d’identifier le programme idéal chez des partenaires. L’accord de la Sorbonne, puis de Bologne ont changé le cours des choses. Fini le temps où seuls les étudiants fortunés pouvaient se permettre de partir un an pour découvrir le monde sans que ce temps soit comptabilisé. Erasmus permet, grâce entre autre au soutien financier qui est donné, de partir un semestre voire un an. Non seulement l’année n’est pas perdue puisque les crédits ECTS (60 au total pour une année) sont comptabilisés et permettent lors des conseils d’examen aux étudians de progresser mais elle est souvent très enrichissante et permet de nombreuses rencontres. En septembre, nous avons enregistré près de 300 étudiants. Les Français, les Allemands, les Espagnols et les Italiens viennent en plus grands nombres que les autres nationalités. Erasmus est basé sur un principe très simple. L’étudiant irlandais s’inscrit au DIT où il paie ses frais d’inscription et est remplacé par un étudiant venant d’un de nos partenaires européens. Pour l’instant, nous n’offrons que le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, l’anglais, l’irlandais, le russe et le chinois. Peu d’étudiants viennent d’autres pays puisque nous n’y envoyons pas les nôtres.

Eramus est une des plus belles réussites en matière d’éducation de la construction européenne. La reconnaissance des diplômes reste encore problématique mais le principe de reconnaissance des ECTS a permis de passer outre la recherche de cursus compatibles. L’échange des professeurs enrichit encore plus les enseignements que nous dispensons. Des fonds européens sont mis à la disposition des universités afin que les étudiants aient une visite de leur coordinateur. Ceux-ci donnent en général quelques heures de cours pendant leur séjour. Des réunions sont aussi organisées avec leurs collègues. Il arrive que des projets de recherche émanent de ces rencontres.

Les recherches réalisées sur ces échanges ont démontré la richesse des expériences. Tous les jeunes n’ont pas la chance d’aller à l’université et il serait bon de voir un programme similaire au programme Erasmus mis en place dans le secondaire. L’Europe s’apprend par l’expérience individuelle. Je note un changement radical chez mes étudiants à leur retour de leur année Erasmus. Ils reviennent avec plus de maturité et de confiance en eux-mêmes.


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