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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

L’Irlande: premier pays à sortir du programme d’aide économique européen

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Notre gouvernement salue le travail exemplaire de l’Irlande qui sortira du programme international d’aide économique avant fin 2013, comme son Premier ministre Enda Kenny l’avait annoncé pendant sa présidence de l’Union européenne, au début de l’année. Après 3 ans de tutelle par les institutions européennes et le Fonds monétaire international, l’Irlande retrouve enfin une indépendance économique qui lui est si chère. Née en 1921, la République d’Irlande est en effet l’un des Etats les plus jeunes parmi les 28. J’ai grand plaisir à féliciter Enda Kenny ainsi que mon ami le Vice-Premier ministre Eamon Gilmore pour leur courage et leur détermination, leur obstination même à se relever rapidement du crash bancaire de 2010. Dans le contexte d’une récession étendue à toute l’Europe, l’effondrement du système bancaire irlandais avait mis le pays à genou. En revanche, n’oublions pas que le plan de sauvetage de 67 milliards d’euros accordé en 2010 par le FMI  et l’Union européenne a entraîné en contrepartie une cure d’austérité sévère, avec de douloureuses hausses d’impôts et des coupes drastiques dans les dépenses  publiques, notamment des réductions d’aides sociales.

Ce programme d’austérité parmi les plus sévères en Europe par son ampleur et sa longueur a permis de réduire le déficit public de plus 20% du Produit intérieur brut à de 8% en trois ans. Mais les conséquences sociales pour les plus vulnérables en Irlande sont lourdes. Les 10% les plus pauvres au sein de la population ont vu leurs revenus fondre de près de 20%, alors que les 10% les plus riches n’ont perdu que 11% de leur pouvoir d’achat. Le nombre de demandeurs d’emploi est certes tombé le mois dernier à son plus bas niveau depuis l’été 2009 mais le taux de chômage est de 13%. Un jeune irlandais sur trois est sans travail.

Les dirigeants de banques et les promoteurs immobiliers sans conscience qui portent la responsabilité majeure de cette crise profonde infligent à leurs compatriotes des souffrances qui ne pourront se dissiper que dans plusieurs générations. L’Irlande est aujourd’hui sur le chemin du redressement économique, en partie grâce à la politique de soutien aux investissements et aux entreprises irlandaises tournées vers l’exportation, mise en œuvre par le gouvernement de coalition d’Enda Kenny (Centre droit) et d’Eamon Gilmore (Travaillistes). Mais je suis en contact constant avec mes collègues irlandais et avec de nombreux chefs d’entreprises. Et je suis forcée de constater que la nouvelle équipe de dirigeants à la tête des banques du pays ne joue pas un rôle satisfaisant pour permettre une vraie relance de l’économie. Sans une implication plus sérieuse des banques, de nombreuses petites et moyennes entreprises qui pourraient créer des emplois sont condamnées à lutter pour leur survie.

 


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