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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Algérie

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Peu de pays entretiennent l’un pour l’autre des sentiments aussi forts et profonds que l’Algérie et la France. Pendant des siècles, la Méditerranée nous a séparés autant qu’elle nous a rassemblés. Ses flots ont porté vaisseaux de guerre et navires de commerce, depuis l’odyssée de Tarik jusqu’aux courses barbaresques. Nous connaissons la suite. Elle est écrite dans les archives et les livres. Elle est gravée dans les mémoires et dans les cœurs. 
 
Ces cœurs, ils sont ceux de cette extraordinaire richesse d’hommes et de femmes que nous sommes. Un Français sur six vit un lien charnel avec l’Algérie, qu’il en soit originaire d’avant ou d’après l’Indépendance. Ce sont des millions de personnes. Première, deuxième, troisième générations de rapatriés ; première, deuxième, troisième générations d’immigrés. A l’occasion de son premier voyage en Algérie en tant que président de la République en décembre 1981 François Mitterrand l’avait souligné : « Certains parmi vous sont nés sur cette terre, ils témoignent eux aussi et à leur façon de ce que, malgré les déchirements, l’amour que l’Algérie sait susciter a souvent dominé les épreuves et les contradictions ». Je le sais, plus que d’autres.. Faute d’avoir pu grandir sur une terre où je suis née, et dont Albert Camus – né à Dréan – disait « je sais les prestiges et le pouvoir sournois de l’Algérie, la façon insinuante dont elle retient ceux qui s’y attardent, dont elle les immobilise », j’ai saisi toutes les opportunités qui m’ont été offertes de lui rendre visite et de la comprendre. J’aimerais, sans vanité, sans excès et avec pour seul désir d’exprimer la simplicité de mes sentiments, dire que je me sens chez moi ici.

 
Vous êtes, vous que j’ai eu le plaisir de croiser durant ce déplacement, avec ce pays, une partie de ma mémoire, de mon identité par delà ce passé douloureux, complexe qui nous est encore parfois opposé que nous avons désormais dépassé. Nous ne devons cependant ni l’oublier ni le renier. Marcel Proust écrivait : "Certains souvenirs sont comme des amis communs, ils savent faire des réconciliations". Alors laissons nos souvenirs parachever la nôtre et sachons ensemble en construire de nouveaux. 

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