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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Retour de mon déplacement à Athènes et Thessalonique

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En compagnie de notre Conseillère consulaire et AFE Chantal Picharles et grâce aux bons soins de notre Ambassadeur, Christophe Chantepy et notre consule, Céline Pendariès ma mission en Grèce fut particulièrement réussie.

Comme à chaque déplacement et malgré les années qui les séparent j’ai grand plaisir à retrouver les amis de FdM/ADFE, toujours dans la même taverne, dans le quartier de la Plaka. Organisés par Chantal Picharles ces échanges sont toujours le meilleur baromètre des changements et tendances du pays. Ils m’offrent une bonne introduction à un programme toujours bien rempli.

Il a débuté à Thessalonique par la rencontre de notre Consul général et directeur de l’Institut français, Philippe Ray, pour rejoindre la « marche blanche », qui retrace le parcours des 50 000 Juifs saloniciens qui ont été rassemblés et recensés sur la place de la Liberté, en juillet 1942, avant d’être envoyés, dès le début 1943, à partir de la gare ferroviaire dans les camps de la mort nazis. Seuls 4% sont revenus après la Libération. Le musée juif, le monument dédié à l’ancien cimetière juif et le monument Menorah de l’Holocauste sont autant de témoignages du riche héritage séfarade et de la tragédie qui a frappé cette communauté pendant la deuxième guerre mondiale.

J’ai ensuite retrouvé la présidente de FdM/ADFE Françoise Avgeri et les membres de l’association autour notamment de Guy Brochard et Nadia Fahmi pour parler des problématiques du lycée français, premier établissement scolaire ouvert à l’étranger en 1906 par la Mission Laïque, complété par un Institut culturel dans les années 60 ainsi que de la présence limitée de l’administration dans ce consulat d’influence et des incidences sur le public service. Tous sont rassemblés dans les locaux communs de la « Maison de France ».

Les nombreuses activités de la nouvelle amicale francophone, présidée par Stellina Troianou, s’inscrivent dans une tradition bien francophile. Il en est de même pour la magnifique exposition         « Souvenirs de Salonique » à l’Institut français qui rappelle la présence française et les personnalités qui l’ont accompagnée. Sa mission est de faire découvrir les liens étroits tissés entre la France et la ville depuis 400 ans, preuves que notre histoire commune n’est pas terminée. Les architectes français continuent de marquer Thessalonique aujourd’hui tout autant que le contingent scientifique français de l’armée d’Orient en 1917 après le grand incendie.

De retour à Athènes j’ai rencontré les acteurs du monde économique en présence de Jean-Pierre Philippe, Chef du service économique de l’ambassade de France et Chantal Picharles. Avec les représentants de certaines de nos entreprises telles SERVIER HELLAS, ALD AUTOMOTIVE SA, GROUPAMA, PHŒNIX et SUEZ nous avons évoqué la longue crise financière, la réaction depuis 2018, les succès français avec CMA-CGM et Airbus en particulier, la longue implantation des entreprises françaises qui traversent les crises et restent fidèles à leurs missions, le manque de confiance en l’Etat et les problèmes que cela suscite notamment au niveau de l’Administration et terminé nos échanges sur l’impossibilité de prédire les résultats des élections à venir. Laurent Thuillier, Président de la Chambre de commerce CCI France Grèce, qui rassemble près de 300 entreprises, nous a ensuite présenté ses activités. Le besoin d’investissements étrangers est grand pour que le pays puisse capitaliser sur ses avancées en matière économique. Le besoin de soutien technique aussi dans le domaine de l’eau, des déchets et de l’environnement notamment. Notre discussion sur le service public hospitalier et l’industrie du médicament a débouché sur une discussion plus générale de la prise en charge d’une population européenne vieillissante et d’une spécialisation des pays dans le traitement de certaines pathologies. La GPA, légale en Grèce, semble attirer de plus en plus de couples européens et donc français.

J’ai ensuite été reçue par Madame Renn, proviseure du Lycée Franco-Hellénique Eugène Delacroix (LFH), les représentants de l’Administration, des personnels enseignants et des parents d’élèves, en présence de Pierre-Yves Thurellier, attaché de coopération éducative. Nous avons parlé du manque d’espace afin de répondre aux demandes dans le primaire et le besoin d’expansion dont le projet n’a pas encore abouti et la rénovation de la façade. Nous avons abordé également les menaces sur les postes de résidents et de détachés, l’avenir incertain des ex-recrutés locaux titularisés, la réforme de l’AEFE dont personne ne connaît encore les détails, la pression de l’augmentation de 3 points du prélèvement de l’AEFE sur les finances de l’établissement comme sur l’ensemble du réseau et la réforme du baccalauréat. Le bilinguisme représente une opportunité pour les familles grecques.

En présence de l’ambassadeur et de la consule j’ai rencontré les conseillers consulaires Basile Delivorias, Françoise Deschamps aussi présidente de l’UFE ainsi que la présidente de FdM/ADFE Elisabeth Jean-Benichou. Nous avons abordé les questions de politique locale, l’impact des réformes sur les services consulaires et de l’ambassade, notre communauté française, ses attentes et ses besoins. Les deux millions de touristes français qui viennent chaque année en Grèce font pression sur les services pendant les mois d’été.

J’ai enfin abordé les questions de défense avec le colonel Charles Aballea, attaché de défense près de l’ambassade et le député Kikilias. Nous avons parlé des tensions avec la Turquie, des problèmes migratoires et de la lente réaction de l’UE, de la place de la cyber-guerre et de l’IA, de l’OTAN et des liens avec les Etats-Unis.

C’est la deuxième fois que je participe à « Goût de France » à l’étranger. Ce fut l’occasion de rencontrer nos consules honoraires Hélène Pangratiou (Ioannina) et Katerina Kastrinaki-Gelasaki (La Canée en Crète). Une belle façon de terminer cette mission par un concours pour sélectionner le meilleur éclair grec. Les arts culinaires rapprochent les peuples et la France a de belles choses à partager dans ce domaine.


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