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Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Ma participation à la Conférence Nationale Humanitaire (CNH)

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J’ai eu le plaisir d’animer la table ronde « climat et humanitaire » dans le cadre de la conférence nationale humanitaire, organisée tous les deux ans par le Quai d’Orsay, qui réunit des ONGs, des représentants des institutions et des experts. La question du dérèglement climatique est d’autant plus d’actualité que l’on observe de plus en plus son impact qui n’épargne personne et les crises humanitaires qu’il engendre. L’aide humanitaire se doit aujourd’hui d’intégrer le volet climatique dans ses actions. Le thème est d’autant plus d’actualité que Samedi dernier l’Accord de Paris sur le climat fêtait ses 5 ans. A cette occasion, une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier ont réitéré leur engagement à agir pour le climat dans le cadre d’un Sommet virtuel organisé par les Nations Unies, en partenariat avec la France et le Royaume-Uni. L’Union européenne a ainsi annoncé sa volonté de réduire d’au moins 55% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (en hausse par rapport aux -40% initialement prévus).

Dans le cadre de cette table-ronde, il m’a semblé utile de rappeler que :

·         2020 fait partie des 3 années les plus chaudes jamais enregistrées  

·    Le nombre de phénomènes climatiques extrêmes (typhons, sécheresses, inondations) a quasiment doublé au cours des 20 dernières années par rapport à la période 1980-2000, touchant plus de 4 milliards de personnes et entraînant des pertes économiques à hauteur de 2,97 trillions de dollars US (récent rapport du Bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes) 

·        Les besoins humanitaires qui en découlent sont énormes et les populations les plus vulnérables ont de moins en moins les capacités de rebondir entre les chocs climatiques (encore plus d’actualité avec la pandémie en cours). 

Le secteur humanitaire ne peut ignorer cette réalité et doit nécessairement s’adapter. Dans le cadre de cette table ronde, nous avons abordé cette nécessaire évolution à travers deux axes majeurs :

1.      L’alerte et l’action précoce pour consolider l’autonomie et la résilience:

Comment intégrer plus systématiquement les actions d’alerte et de réponse précoces dans les réponses humanitaires à court et plus long terme afin de mieux anticiper et limiter les impacts humanitaires des typhons, cyclones, sécheresses et inondations sur des populations déjà vulnérables?

2.  Pour une approche globale de la responsabilité environnementale et l’humanitaire:

    Comment améliorer la responsabilité environnementale des acteurs et actrices de l’humanitaire ? Le défi climatique requiert une transformation en profondeur des pratiques du secteur pour réduire l’empreinte carbone de l’ensemble des acteurs et actrices humanitaires ainsi que la mise à disposition de moyens suffisants pour répondre aux exigences croissantes des bailleurs de fonds.

Ces deux axes nous ont permis de réfléchir à d’autres problématiques telle que :

la réalité du changement climatique et son impact sur les besoins humanitaires. Comment l’aide humanitaire peut-elle davantage anticiper les risques liés aux changements climatiques plutôt qu’uniquement lors du déclenchement d’une crise ?

Comment mieux concilier la prise en compte de l’impact environnemental d’un point de vue programmatique avec l’exigence de célérité de l’action humanitaire et dans la structure même des organisations ? Quels leviers et instruments peuvent-être mis en place et soutenus par les bailleurs de fonds afin de permettre une intégration satisfaisante des préoccupations environnementales dans les modalités d’action humanitaire, aussi bien dans les grandes que petites structures ? Comment assurer une harmonisation progressive des approches envisagées par les bailleurs en la matière ?

Autour de cette table-ronde, nous avions la chance d’avoir 5 intervenants qui ont présenté leurs analyses et leurs actions :

·         M. Stéphane CROUZAT, Ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, pour les énergies renouvelables et la prévention des risques climatiques

·         M. Petteri TAALAS, Secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale

·         Mme Aurélie CEINOS, spécialiste climat et résilience, CARE

·         Mme Gaëlle NIZERY, cheffe d’équipe prévention et préparation des risques, Commission UE

·         M. Aliou SAMBA BA, Réseau Billital Maroobé (RBM), Organisations d’éleveurs et pasteurs d’Afrique

Ces interventions ont été conclues par un échange de questions-réponses avec la salle virtuelle.


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