Recevez ma newsletter

Hélène Conway-Mouret

Hélène Conway-Mouret

Sénatrice des Français de l’étranger

Mon déplacement en Guyane

Partager cet article

La Commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées s’est rendue en Guyane en fin d’année dernière. Ce déplacement s’est fait autour d’une délégation d’une dizaine de députés et de sénateurs.

Voici ci-dessous le Compte-rendu d’une partie de notre déplacement qui a bénéficié d’un programme très fourni et intense, le reste des interventions devant la CAED sera mis en ligne quand le compte-rendu intégral sera publié dans les prochains jours :

La protection du centre spatial Guyanais, l’opération « Titan » Mme Hélène Conway-Mouret

[Projeter diapo 4]

La première mission des forces armées en Guyane est de protéger Kourou.

En 1964, le gouvernement français a décidé de se doter d’un centre de lancement d’engins spatiaux pour succéder à la base d’Hammaguir, implantée dans le Sud algérien.

Le choix s’est porté sur la région de Kourou en Guyane, qui dispose d’atouts uniques pour mener des opérations de lancement en raison de sa proximité avec l’équateur, favorable pour les lancements vers l’Est des satellites géostationnaires, d’une vaste zone de savanes peu habitées, de conditions météorologiques favorables et d’une façade maritime largement ouverte sur l’Océan Atlantique, qui permet de réaliser des lancements sur toutes les inclinaisons et en toute sécurité.

Le CNES s’est vu confier la construction de l’ensemble du Centre Spatial Guyanais (CSG) ainsi que des principales infrastructures nécessaires au soutien de l’activité spatiale (logements, réseaux, installations portuaires, hôpital…) transformant ainsi le bourg de Kourou en une ville de plusieurs milliers d’habitants.

Le CSG, que nous avons visité, s’étend sur 700 km², soit 1% de la superficie de la Guyane et 40 km de bande côtière. Dès 1968, un premier lancement de fusée sonde y était effectué et en 1970, le premier lancement de satellites avait lieu avec un lanceur Diamant.

[Projeter diapo 5]

La contribution des armées à la sécurisation du site de Kourou remonte au 1er lancement de la fusée Ariane 1 le 24 décembre 1979. Cette contribution est dénommée « opération Titan » depuis 2008. Ce nom fait référence au plus gros coléoptère du monde, emblématique de la Guyane, le « Titanus Giganteus ».

Kourou est le « port spatial » de l’Europe et c’est donc un site stratégique.

L’opération « Titan » menée par les forces armées guyanaises vise à protéger le centre spatial guyanais. Cette mission prioritaire rythme la cadence opérationnelle des forces armées en Guyane ; il s’agit de contrôler 700 km2 60 jours par an dans les trois dimensions. En 2019 le CSG a procédé au lancement de 9 fusées (4 ARIANE, 3 SOYOUZ et 2 VEGA). La cadence de déploiement va d’ailleurs augmenter avec Ariane 6.

[Projeter diapo 6]

En 2019, Les FAG ont engagé en permanence 25 hommes/jour dans les trois milieux terrestres, aérien et maritime. Selon le calendrier des transferts et des lancements de fusée, les forces armées déploient en supplément environ 250 hommes pendant en moyenne 32 jours par an.

La protection terrestre du site est principalement assurée par les légionnaires du 3e Régiment Etranger d’Infanterie (3e REI). Depuis octobre 2011 et la nette augmentation de la zone de protection terrestre liée au premier vol du lanceur Soyouz (lanceur russe) depuis la Guyane, le 9e Régiment d’Infanterie de Marine (9e RIMa) contribue également à la protection du site.

La marine intervient à chaque lancement dans le cadre d’une zone maritime d’exclusion surveillée à la fois par une vedette côtière de surveillance maritime et un patrouilleur léger guyanais (PLG) ;

Pour le volet aérien, les deux radars du centre de contrôle militaire assurent en permanence la surveillance du ciel de manière à garantir la sécurité aérienne du centre spatial.

La bulle de protection aérienne militaire du centre spatial doit permettre de faire face à tous types de menaces et être en mesure d’intercepter, de dérouter, voire de neutraliser, un appareil intrus.

Les déploiements TITAN sont un impératif : ils sont prioritaires. L’engagement sur les autres missions dépend de TITAN.

[Projeter diapo 7]

En fonction du niveau de menace et de la criticité de la charge utile, des renforts extérieurs venant de métropole peuvent être demandé, par exemple déploiement de capacités de surveillance aérienne, de police de l’air (Rafales), de ravitaillement (C135, MRTT) et d’avions Awacs. Le dernier déploiement de cette sorte a eu lieu en 2018.

La responsabilité de la lutte anti-drones a été attribuée par le au CNES et par délégation aux forces de sécurité intérieures (les gendarmes) dans leurs zones d’actions respectives. TITAN en est donc déchargé et ne possède pas d’équipements particuliers alloués à cette tâche. Le cout annuel est de 37 millions d’euros.

Nous ne pouvions pas passer en Guyane sans aller voir le service militaire adapté, le SMA.

[projeter la diapo 8 : SMA]

Le SMA de Guyane a été créé en 1961. Il est dédié à l’insertion socio-professionnelle des jeunes Guyanais âgés de 18 à 25 ans. S’adressant à des jeunes en difficulté, en décrochage, à de très jeunes mères célibataires, il obtient un taux d’insertion dans l’emploi remarquable, supérieur à 75%.

Je rappelle que les jeunes souffrent en Guyane d’une réelle difficulté d’insertion dans l’emploi. Un jeune sur trois est au chômage, 43% ne sont ni en emploi ni en formation.

Il propose 21 formations d’une durée de 6 à 12 mois réparties sur les sites de Cayenne et Saint-Jean du Maroni. Nous avons visité la compagnie de Cayenne qui regroupe les formations relatives aux métiers du secteur tertiaire et aux permis de conduire.  Le SMA de Guyane a même un programme spécifique pour les Amérindiens des communes de l’intérieur qui sont frappés par un fort taux de suicide. Le régiment accueille une promotion d’Amérindiens par an (15 jeunes).

Ces volontaires suivent un parcours de formation professionnelle multi technique de 10 mois.

Le SMA accueille 710 bénéficiaires chaque année, 570 en formation (volontaires stagiaires) auxquels s’ajoutent 140 cadres intermédiaires qui sont des volontaires techniciens, souvent d’anciens stagiaires du SMA, tous servant sous statut militaire. C’est une plate-forme qui a multiples partenaires économiques et associatifs : medef, entreprises, collectivités locales…

Le budget se décompose en 6,5 M€ en fonctionnement (qui est payé par les fonds européens) 1,9 M€ d’investissement et 16 M€ de masse salariale payés par le ministère des outre- mers.

Les résultats remarquables du SMA apparaissent à l’écran (diapo 9) et notre commission a déjà dit par le passé qu’elle serait vigilante, si le SNU est généralisé, à ne pas fragiliser le SMA.


Partager cet article