Mercredi 22 avril, j’ai participé à l’émission The Debate sur France 24 English pour débattre des conséquences énergétiques de la guerre en israélo-américaine en Iran.
Le conflit en Iran entraîne une crise mondial de l’énergie qui va bien au-delà de ce que nous avons connu dans les années 1970 avec les deux chocs pétroliers successifs. Il ne s’agit pas d’une guerre régionale mais bien d’une guerre internationale car Israël a entraîné les Etats-Unis dans ce conflit et les conséquences s’étendent à l’échelle mondiale. L’Iran a eu une stratégie très intelligente si l’on se place de leur point de vue : impliquer le reste du Golfe en frappant les pays producteurs de pétrole dans la région afin de mettre au pied du mur les Etats-Unis qui, désormais, ne peuvent pas perdre la face et se retrouvent embourbés dans une situation qu’ils pensaient pouvoir régler en quelques jours voire quelques semaines.
À présent, le détroit d’Ormuz étant bloqué, nous sommes face à une crise économique mondiale. Là encore, l’Iran joue ses cartes avec beaucoup d’habileté, car c’est un moyen de nous diviser en Occident : nous ne soutenons pas cette guerre – les Européens et le Royaume-Uni – et n’y participons pas, mais nous ne pouvons pas aller totalement à l’encontre de ce que font les États-Unis en raison notamment de la menace d’un retrait de l’OTAN. Tout cela nous ramène à notre dépendance en matière d’énergie et de sécurité.
Par ailleurs, en raison de l’incertitude qui règne au quotidien, entre les annonces d’un cessez-le-feu et les nouvelles déclarations du président américain qui viennent aggraver la situation, il est très difficile pour les gouvernements de planifier à court terme et de rassurer l’opinion publique afin de ne pas déclencher de troubles sociaux liés à l’augmentation du prix de l’essence et à l’inflation qui en résulte – souvenons-nous de l’épisode des Gilets jaunes. D’un point de vue politique, l’objectif est donc de maintenir le calme social en annonçant des mesures mais pas à long terme car il apparaît évident que la crise ne s’arrêtera pas du jour au lendemain et nous ne pourrons pas assumer le coût de ces dernières au long cours.
Enfin, cette guerre interroge aussi notre dépendance aux énergies fossiles. L’Europe est le seul continent à croire encore aux énergies renouvelables et au respect du droit international et du droit de l’environnement. C’est tout à notre honneur de continuer à nous efforcer de protéger notre environnement alors que nous constatons l’impact du changement climatique non seulement sur le plan financier mais aussi en termes de coût humain. Nous devons donc essayer de trouver le juste équilibre : nous devons être indépendants, nous ne pouvons pas compter uniquement sur d’autres pays pour notre énergie et notre sécurité mais nous devons aussi simplifier les procédures administratives afin de disposer de moyens plus rapides pour respecter les réglementations qui protègent les personnes et l’environnement.
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