🏛️ Mardi 5 mai, nous débattions au Sénat des enjeux stratégiques de l’actualisation de la loi de programmation militaire. 🪖
🤝 Nous avions une opportunité unique de faire le bilan de nos choix précédents et de préparer ceux de demain, dans un climat apaisé, éloigné des échéances électorales pour dégager un consensus. C’est malheureusement une occasion manquée.
❌ Nous examinons en effet un texte élaboré sans véritable consultation, ni des industriels de la défense, ni du Parlement, ni de la Nation elle-même. Cette méthode devient inexcusable lorsqu’elle s’applique à des choix aussi structurants pour notre souveraineté. Cette absence de dialogue décrédibilise en effet votre désir affirmé de renforcer le lien entre l’armée et la Nation.
1️⃣ Quelle puissance militaire souhaitons nous être ? A force de refuser de hiérarchiser, nous renonçons à choisir. Et à ne pas choisir, nous entretenons un modèle d’armée échantillonnaire et finissons par être réduits à combler les trous capacitaires sans répondre aux véritables besoins. La réponse à cette question conditionne directement nos choix en matière de modèle et de format d’armée et influe sur notre stratégie à l’échelle européenne ?
2️⃣ D’un point de vue calendaire, avec cette actualisation, nous glissons en réalité d’une LPM 2024-2030 vers un horizon 2035. Pourquoi repousser ainsi l’effort, alors même que la Revue nationale stratégique tout comme le chef d’état-major des armées anticipent un choc majeur dès 2030 ? Être prêts signifie commander et produire dès maintenant pour éviter non seulement les ruptures capacitaires, mais aussi les pertes de compétences. Être prêts, c’est surtout durer dans un conflit majeur et honorer notre rang et nos engagements militaires, politiques et diplomatiques vis-à-vis de nos alliés.
3️⃣ Enfin, que faisons-nous concrètement pour soutenir nos entreprises et notamment les TPE et PME de notre base industrielle et technologique de défense, indispensables à notre souveraineté ? Ne serait-il pas opportun de tout mettre en place pour les soutenir en renforçant par exemple la « RAC » et les « centres experts référents » au sein de la Direction générale de l’armement et ainsi sa capacité de « force d’action rapide » pour répondre aux besoins urgents ?
💡 Il ne s’agit plus de penser la guerre d’hier, ni même celle d’aujourd’hui, mais celle de demain. Et dans cette course, nous risquons de décrocher si tout n’est pas prêt pour basculer en quelques semaines dans une économie de guerre en cas de choc majeur.
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